‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 165 sur 267 · Genre Myloden, Owen · texte numérisé non relu

Genre Myloden, Owen

Description of the skelelim of an e.vtind yignntir sloth^ etc. London, 1842, in-4».

Ce genre se rapproche, par la forme générale du crâne, du genre existant Bradypus, et peut être regardé comme le prototype gigantesque des Paresseux actuels, dont il diffère surtout par ses membres plus courts et plus massifs, qui reproduisent d'une manière un peu modifiée les caractères des membres du genre Scrlidotherium.

Ayant déjà noté dans la description antérieure de ce genre toutes les analogies de la conformation du squelette et les différences génériques de chaque os, il me semble inutile de donner ici une description détaillée du genre actuel, qui a été aussi décrit par Owen si parfaitement que possible, dans Touvrage cité plus haut, et traité déjà par moi dans les Anales del Mm, Publ. d. B. A.^ tome I, page 100 et suiv. Je me bornerai donc à reproduire ici seulement les caractères principaux génériques fixes et les différences du genre. Les caractères génériques sont les suivants :

Stature du corps asiez grande, mais le crftne court, le museau tronqué; os intermaxillaires ne dépassant pas beaucoup le bord des 08 du nez; arcade zygomatique divisée en trois branches, dont la médiane se rapproche de rap(q)hysc zygomatique de Tos temporal, sans être soudée avec elle. Dents inégales, les antérieures cylindriques, les postérieures prismatiques ; chacune plus large que longue, sauf la dernière de la niftchoire inférieure, qui est bi-anguleuse, et a le double de longueur des autres. Membres assez courts et forts, l'humérus sans pont audessus de répitrochlée, le fémur avec le ligament rond ; les

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pieds antérieurs pourvus de cinq doigts, les pieds postérieun de quatre^ dont les deux ou trois internes ont de longs ongles faleiformes. Queue longue et grêle. Surface du corps coarerte de petites plaques osseuses implantées dans la peau ; chaque plaque a la surface externe presque plane, couverte de petites fossettes^ et lisse à la convexe interne. Toutes les plaques sans cavités pour les racines des poils.

En comparant le cr&ne du Mylodon avec celui du Scelidotkrivm, on peut voir que celui-ci est tronqué en avant, presque au bord de l'orifice du nez, et a eu en même temps le museau rétréci. Il suit de cette altération de la forme générale que les orbites sont posés beaucoup plus en avant chez le Mflodon que chez le Scdidotherium^ et que la caisse encéphalique paraît plus grande en comparaison avec la portion du criue correspondante au visage. Malgré cette différence du type commun^ la conformation particulière du crâne est la même dans les deux genres, et chaque os est seulement un peu modifié, sauf l'os intermaxillaire et la portion de la mâchoire inférieure qui y correspond. L'os intermaxillaire n'a.pas été conun d'OwBN, car il était perdu dan^ le crâne reproduit dans son ouvrage, pi. IV; j'ai eu le bonheur de le trouver, et je l'si décrit dans les Annales déjà citées, I. l'TO. Le dessin se troure pi. y, fig. 5 des mêmes Annales. Il a complètement la forme du même os du Choleapus didactylm^ et en raison de cette analogie, je donne à présent les dessins de la tête de cet animal et des espèces du genre Bradypus^ à ma disposition, à la pi. ^ de l'Atlas, et je renvoie le lecteur au texte de cette planche pour étudier les différences génériques et spécifiques indiquées dans mes dessins.

Chaque os intermaxillaire du Mylodon a presque la forme d'un angle droite composé de deux branches osseuses, dont Tune plus large et plus courte, un peu recourbée en dehors avec son bord libre antérieur, forme le bord antérieur du palais, «t l'autre presque droite, plus étroite, terminée en pointe, suintercale avec la branche correspondante de l'os de l'autre cdté, dans la fente triangulaire du commencement du palais osseux, bien représentée dans l'ouvrage de Owbn, pi. IV, et laissant seulement visible, dans cette incision, la moitié de la bai^ ^^ la branche de l'os intermaxillaire ; l'autre moitié est pl*^ au-dessus du palais, dans l'intérieur de la cavité du nés- -^ Tendroit où les deux branches se réunissent, il reste libre ^'^

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petit espace rond, formant avec le palais osseux contigu un trou, correspondant au conduit incisif de l'homme et des animaux^ et serrant de communication constante entre la cavité du nez et celle de la bouche pour le passage des nerfs et des vaisseaux sanguifères. Dans le palais de TUnau [Choleopus didaciylus), pi. XII, fig. 5, on voit les mêmes deux ouvertures^ une de chaque côté, qui sont relativement plus grandes, comme cbez la plupart des Mammifères, mais généralement ells ont un diamètre plus considérable.

C'est aussi le cas chez Myladon Darwinii^ espèce remarquable par la grandeur des os intermaxillaires très larges, qui laissent deux sillons en avant du palais au lieu des trous incisifs et s'unissent en haut par une arcade osseuse aux os du nez, également très-avancés avec leur bord antérieur.

L'autre os du Mylodon, un peu différent de l'os correspondant du Scelidotherium, est l'os zygomatique. Cet os se partage aussi en branches, convergeant en arrière, mais leur distribution est différente, car le Myiodon n'a que trois branches au lieu des quatre du Scelidotherium. De ces trois, la supérieure est trèslongue et sa pointe recourbée dépasse beaucoup l'apophyse zygomatique de l'os temporal; la seconde est de longueur moyenne, quoique plus longue que la correspondante du ScelidO' iherium^ et elle touche l'apophyse par une suture sans se réunir avec elle. Enfin la troisième branche est plus courte que les deux autres ; elle est dirigée en bas, élargie dans cette direction et pourvue de deux coins plus saillants qui correspondent aux deux branches courtes inférieures de l'os zygomatique du Scelidotherium. De cette^ manière, l'os du Myiodon ne présente qu'une légère modification du même os du Scelidotherium.

En ce qui concerne les autres différences du crâne, il suffit de dire que le museau court du Myiodon va en s'élargissant on peu en avant, tandis que celui du Scelidotherium est plus pointu à cet endroit. Il résulte de cette différence que le Myiodon a une mâchoire inférieure plus élargie en avant, et avait sans doute des lèvres charnues, très-larges et très-grosses, tandis que celles du Scelidotherium ont dû être plus étroites et plus minces. Une seule espèce de Myiodon, le M. Darwinii, se rapproche un peu plus de cette forme par la portion antérieure plus longue, moins élargie, des deux mâchoires. Il en est de même du nez, large chez le Myiodon, étroit chez le Scelidotherium Je ne trouve pas d's^itres différences remarquables à dé-

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crire, et pour achever la comparaison des deux crânes, je n'ai plus à ajouter que la base de la caisse encéphalique, ainsi que le trou occipital et les condyles, sont les mêmes dans les deux genres, avec cette seule différence que cette partie du crâne du Mylodon est plus retirée en arrière, et par conséquent la surface occipitalen'est pas poséeperpendiculairement^maisassez inclinée. Les trous à lu base du contour des rochers sont aussi les mêmes, ainsi que Timpression sur cet os, pour la réception de l'os styloïde, qui a, chez le Mylodon^ comme chez le Scelidolkt' rium et le Megaiherium^ la forme d'un T, mais est moins long dans la portion correspondante au tronc de cette lettre.

Tout ce que nous avons remarqué pour les différences du crâne du Mylodon^ comparé aux autres de sa famille, peut aussi s'appliquer à la mâchoire inférieure, elle est analogue dans les deux genres, sauf qu'elle est plus courte en avant et très-élargie dans la portion du menton, comme je l'ai dit auparavant. En outre, l'apophyse coronoïde et le condyle sont un peu plus forts chez le Mylodon^ la première surtout est plus large, mais pas plus haute; la portion postérieure du rameau horizontal est moins haute, quoiqu'elle soit signée avec les mêmes 3 à 4 faibles crêtes obliques sur le côté externe.

Il reste à parler des dents qui sont moins semblables dans les deux genres, quoique le nombre et la relation des dents entre elles soient les mêmes. On peut dire avec niison que la différence principale des dents réside dans leurs dimensions; nous avons trouvé les dents prismatiques du Srelidolhenvm plus longues quelarges d'avant en arrière; celles du Mylodon sontplus larges que longues, et par conséquent chacune est relativement plus courte, mais aussi plus grosse que la correspondante du Sœlidotherinm. L'espèce la plus grande du genre fait exception à cette dimension des dents, elle les a de forme allongée ellip* tique et toutes les dents égales; les autres espèces les ontim" gales. Concernant le nombre des dents, il est remarquable q^'" se trouve quelques variations du nombre normal de cinq^" haut et de quatre en bas. Nous connaissons deux cas de nombre égal dans les deux mâchoires, soit de quatre ou soit de cinq, manquant dans la supérieure l'une de cinq, la première (.V-P'"** ninii), ou une cinquième adjointe en bas en arrière des quatre (.V. gigantens).

Les vrais Mylodon typiques ont la première et la second*' dent de la mâchoire cylindri(iues, les trois autres triangulai'^*"'

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ivec les coins fort arrondis. La première dent est un peu plus petite que la seconde et sa circonférence est faiblement anguaire ; la seconde a une forme elliptique et les deux ont leur liamètre le plus long dans le sens d'avant en arrière. Les deux intérieures des trois suivantes sont un peu plus grandes que la lemière et ont le côté le plus étroit de leur circonférence triangulaire tourne vers l'intérieur de la cavité de la bouche, ce ôté est légèrement sillonné perpendiculairement et ses trois oins sont arrondis, l'externe est le plus gros. Les quatre lents de la mâchoire inférieure sont plus inégales, et chacune i une forme particulière. La première est cylindrique de forme elliptique et la plus petite des quatre. La seconde est prismaique triangulaire, avec des coins arrondis, et la facette interne lettement sillonnée comme celles des dents du haut. La troiâèrne a la circonférence un peu quadrangulaire, mais comme es coins sont arrondis et les deux facettes plus larges sillonlées, la dent présente la forme d'un 8. Elle est posée obliquenent contre l'axe longitudinal de la mâchoire, les deux farcîtes les plus étroites dirigées en dehors et vers le côté interne. Snfin, la quatrième dent a le double de longueur des autres et son contour est bi-anguleux ; le diamètre le plus long est di- •^é d'avant en arrière. Les deux coins des angles saillants M)ut tournés vers l'intérieur, la face externe est presque Iroite. L*angle antérieur est allongé en avant et un peu plus !;raad que le postérieur non allongé, mais tronqué en arrière. Jhez le Mylodon giganteus (Lestodon) et le M. Darvinii, les deux angles sont tellement arrondis, qu'ils se changent en deux lobes 'lliptiques, dont l'antérieur est plus grand que le postérieur.

L'épine dorsale du Mylodon o. tous les caractères de celle lu ScelidoUèerium et le même nombre de vertèbres ; celles-ci lont toutes un peu plus grandes. J'ai relevé quelques légères liiTérenees dans la description de l'autre genre. Le Mylodon aies ^puphyses transversales des vertèbres cervicales un peu plus ortes et de forme égale; celle de la septième vertèbre est aussi >crforée par un grand trou et la branche inférieure est égaleuent développée que dans les deux autres. Les apophyses épineuses sont un peu plus hautes et plus larges, surtout celles le la septième vertèbre cervicale. Il en est de même pour les ertèbres dorsales, chez lesquelles je ne remarque rien de pariculier, sauf une dimension un peu supérieure. D'après le squeette presque parfait du Mylodon gracilis, que j'ai à ma disposi*

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tion, Tapophyse épineuse de la première vertèbre dorsale n est pas la plus haute, c'est celle de la seconde; la première est ft^ rondie au bout en avant et se termine en arrière par un coii aigu, faiblement remontant, ce qui la fait se rapprocher davtiitage de l'apophyse la plus haute de la seconde vertèbre. Lei suivantes deviennent peu à peu un peu plus basses, mais aniti plus larges jusqu'aux vertèbres lombaires. Celles-ci, au nombre de trois, sont soudées aux vertèbres sacrées du bassin et forment avec lui une pièce très-solide non interrompue ; les apophyiei transversales et épineuses sont aussi soudées, ainsi que le corpi des vertèbres, ce qui forme avec le sacrum et le bassin une grande masse d'os. Le nombre des vertèbres soudées dans ces deux portions de l'épine dorsale est variable dans les différentes espèees, du moins dans les squelettes parfaits que j'ai pu examiner. Le Myloion giganteus a, comme les autres espèces, trois vertèbres lombaires, mais deux seulement sont soudées entre elles et avec les sacrées, dont le nombre est de six. Le Mylodon gmXi a le même nombre de vertèbres, mais les trois lombaires sont toutes soudées entre elles et avec les sacrées. Enfin, le JJ^yUM robustus a trois lombaires et sept sacrées, soudées toutes les dix en une pièce solide.

Les vertèbres de la queue sont très*probablement au nombre de 23 à 24, mais je n'ai jamais vu une seule queue parfaite; il manque toujours les dernières. La queue de l'échantillon do Mylodon robustus, décrit par Owbk, avait conservé 20 vertèbres, mais l'auteur dit que les dernières manquaient, et il calcule les absentes à 2. Dans notre échantillon du Mylodon gracilis, ^ partie restante de la queue se compose de quatorze vertèbres, dont la dernière correspond à la douzième du dessin de Owis; ce qui me fait supposer qu'il manquait 9-10 vertèbres de Itfio- Je connais seulement quelques vertèbres coccygiennes séparées du Mylodon giganteus ; elles ne donnent aucune indication probable sur le nombreltotal et appartiennent à celles du commencement.

Les facettes articulaires de toutes les vertèbres sont lei mêmes que dans le Scelidotherium^ avec la même position ^"^ vertèbres et la même relation entre elles. 11 reste à faire obser ver que l'arcade vertébrale est encore visible, dans la quene da Mylodon gracilis, à la quatorzième vertèbre, où elle forme un fin conduit d'une ligne à peine de diamètre, et que les facettée arti* culaires en dessous des corps des vertèbres, pour rattachement

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des apophyses épineuses inférieures, existent encore complètes à la même quatorzième vertèbre, ce qui fait supposer qu'elles se continuent jusqu'à la seizième ou dix-huitièrae.

Nous avons les côtes et des pièces du sternon, des trois espèces nommées, mais complètes seulement celles du Mylodon gradlis^ demi-complètes celles du M, robustus^ et quelques moroeaax du if. giganteus. Je décrirai spécialement celles de la première espèce.

La première des seize paires de côtes est la plus courte; elle a une longueur de 8 pouces en ligne droite, et la portion en haut, qui s'attache à la première vertèbre dorsale, touchant aussi le corps de la dernière cervicale^ est de 2 pouces ; la distance entre les deux facettes articulaires de la tête et la troisième de la tubérosité, ces facettes y compris, est un peu moindre. Les côtes suivantes sont toujours un peu plus longues et leur portion articulaire un peu plus forte, ce qui augmente afiissi, comme dans le Scelidotherium, la distance des facettes articulaires, mais très-peu. Ainsi la quatrième côte a 12 pouces de longueur, la cinquième 15, la sixième 18, la septième 21, et les distances des facettes articulaires, c'est à-dire la longueur de la facette terminale de la tête, jusqu'à la 6n de la tubérosité, 3 à 3} pouces. La septième paire de côtes est la dernière qui s'attache directement au sternon par les os sternocostaux; des paires suivantes s'attachent chacune à l'os stemocostal de la précédente. Nous parlerons plus tard de ces os et finissons auparavant la description des côtes. Jusqu'à la neuvième et la dixième, la longueur augmente, ainsi que la largeur de l'arcade de la côte au milieu ; les côtes, depuis la huitième jusqu'à la onzième, sont les plus longues et les plus larges; depuis la onzième et la douzième, la forme de chaque côte devient différente^ elle est moins comprimée, plus cylindrique, et la longueur se diminue de nouveau. Il y a au Musée deux côtes trèsgrêles, que je crois être les dernières ; elles ont 16 pouces de long en ligne droite^ 1 pouce de large au milieu, sont trèspointues à la fin, et la base a 3 pouces de long entre les deux facettes articulaires de la tête et de la tubérosité. Toutes les antérieures ont presque la même distance entre ces facettes, mais elles sont plus longues ; la plus longue a 23 pouces, les aatres 22; leur largeur varie entre 2 et 2\ pouces vers Textrémité inférieure faiblement plus étroite, qui est tronquée par «ne surface rugueuse.

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J'ai donné une description détaillée, avec des dessins, du sternon et des os sternocostaux, dans les Anales del Mm. Pûhl, de Buenos Aires^ tome I, pajçe 165 et suiv.; je ne la reprendrai pas ici , il suffit de dire que chaque sternon se compose de sept plaques osseuses, presque carrées, pourvues à la surface inférieure d'une élévation qui porte huit facettes articulaires pour les os sternocostaux. Chacun de ces os occupe qtatre facettes, deux d'une plaque et deux de la suivante ou de la précédente. Les os sternocostaux sont intercalés chacun entre deux plaques, correspondant à leur union et alternant avec \ts plaques mêmes ; ils sont de différentes formes et leur longueur va en augmentant depuis le premier jusqu'au septième, qaiest le plus long. Chacun a une tête articulaire qui s'unit aux facettes des deux élévations de deux plaques sternales, et une tubérosité un peu plus en dehors, qui s'articule avec les facettes des pitques sternales elles-mêmes. Plus en dehors de cette portion articulaire, chaque os devient plan, un peu plus large et grw à la surface inférieure, pour devenir un peu plus fort jusqa'àU fin, où il se termine par une facette rugueuse, qui s'unit par ase substance cartilagineuse fibreuse à la côte correspondante. Le j[)remier des sept os du sternon, le manubrium, est le plus grand, et le dernier est le plus long; ils ont ensemble une longueur de 17 5 à 18 pouces. Le premier des sept os sternocostaux du J/yWo» gracilis^ a 4 pouces de long, le septième 13; leur augmentation successive varie entre 1^ et même 2 pouces pour chacun. Après le septième, ils deviennent plus courts et plus petits, à mesure qu'ils sont plus éloignés du septième. Celui de la dixième côte, le dernier que je connaisse, a 4 pouces de long et est assez mince* Dans le sternon du Mylodon robmlm^ le premier était sonde avec sa côte, comme dans le genre Megalherium ; chez le J^lfW<* gracilis il est libre.

Les os des membres antérieurs ressemblent tout-à-fait à ceux du genre Scclidotherium, comme je l'ai déjà dit dans la description de ce genre ; les dilTéreuces se bornent à une relation diffc* rente dans les dimensions. L'humérus du 3fy(o<ion est relativement plus court, et l'avant-bras encore davantage. thczi<î ScelidoU^rium les deux portions du membre sont presque de longueur égale; chez le Mylodon l'humérus est d'un tiers pluslon^ que le cubitus. Il lui manque aussi le pont de l'épitrochlce; de là sort la différence caractéristique de l'humérus du A^îa** therinm. Le pied nïême du Mylodon est relativement plus pcti^

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nais la différence principale réside dans le nombre de doigts, car le Mjflodon a cinq doigts parfaits. Plusieurs petites différences »e présentent dans les os du carpe et des métacarpes. Ainsi, le Bunéiforme du Mylodon touche, en dehors de runcifopdîe^ le métacarpe du cinquième doigt, et chez le Scelidotherium il en reste ^rès-distant. Le trapézoïde touche le métacarpe du troisième doigt, qu'il n'atteint pas chez le Scelidotherium. Le trapèze ftssez grand est soudé avec le métacarpe du pouce, et ses deux phalanges ont une éyolution parfaite, quoique plus petite que les mêmes os des deux doigts suivants. Les trois phalanges ongialifères ont une forme bien distincte, plus falciforme, pins comprimée, plus recourbée et plus aiguë à la pointe ; elles sont surmontées à la base d'une gaîne plus grande et plus distante le Taxe osseux de l'ongle. Cette phalange ongulifëre existe à chacun des trois doigts internes, elle manque aux deux externes qui se distinguent des autres par des métacarpes plus longs et plus grêles, mais aussi par leurs deux phalanges restantes beaucoup plus petites. Ces deux doigts externes du Mylodon et lu Scelidotherium sont en complète harmonie, quoique la forme particulière de chaque os soit assez différente dans les deux genres.

Les 08 des membres postérieurs sont plus différents dans les deux genres que ceux des antérieurs. La différence principale conaiste en ce que tous les os de ce membre, chez le Mylodon, Bout moins forts et un peu plus grêles en proportion que ceux du Scelidotherium.

Le bassin est moins large entre les coins externes des iliona, mais plus long dans la direction de haut en bas et d'avant en arrière. Les liions du Mylodon sont moins triangulaires, ils se rapprochent de la forme d'un orbite, et les ischions avec les os du pubis sont plus allongés et relativement plus grêles. Ainsi, le petit bassin a une circonférence allongée-ovale chez le Mylodon^ tandis que celle du Scelidotherium est elliptiquecourte, et l'ouverture postérieure est à peu* près circulaire.

Une très-grande différence existe dans la longueur du fému r comparé avec les os courts du tibia et du péroné. Cette proportion est pour les deux portions du membre postérieur, comme 18 est à 8, chez le Mylodon gracilis^ et 19 à 9 chez le Myf^tkm robustus^ et 26 à 12 chez le Mylodon giganteus. Il suit de ces mesures, que les os de la jambe sont plus courts que la moitié du fémur chez Mylodon, et assez plus long que cette moitié chez •Ép. ABC. — T. m 23

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Scelidotherium. Quant à ce qui est de la forme particulière, le fémur du Mylodon est plus grêle, surtout dans sa moitié ioférieure, oCi ses deux bords forment une sinuosité très-forte à l'iDtérieur. La poulie de la tête a une impression pour le ligament rond sur le côté interne, et un très-gros trochanter sur Textenie. La partie du fémur entre les deux trochanters est un pen plus large que l'inférieure entre les deux tubérosités en dessons des condyles, mais sensiblement plus large que l'endroit le plos étroit du milieu. Chez le Megatherinm et le Scelid^iheritm^ les trois dimensions transversales du fémur sont relativement beaucoup plus semblables entre elles, l'inférieure est toujours nnpeo plus grande que la supérieure entre les trochanters, et celle du milieu un peu plus courte. Ces relations me semblent prouver un degré de force d'action moindre dans les membres postérieurs du Mylodon, que des deux autres genres. Les trois bcettes articulaires de l'extrémité inférieure sont en contiet, comme chez le Scelidotherium.

La rotule ressemble à celle du genre précédent, sauf qu'elle est relativement un peu plus large dans la moitié supérieare ; elle dépasse la grandeur de la rotule du Megaîherium^ dont elle se distingue par la prolongation inférieure, qui manque à pet près chez celle-ci.

Les deux os du tibia et du péroné ressemblent aussi beaocoup à ceux du Scelidotherium; ils sont séparés et unis Bellement par substance conjunctive. Comparés aux os correspondants du ScAidotherium, ils sont moins forts aux extrémités a^ ticulaires, mais un peu plus gros au milieu. L'articulation inf^ rieure des deux os du Mylodon est surtout moins forte et le malléole externe beaucoup plus petit que le correspondint dn Scelidotherium.

Les pieds postérieurs des deux genres présentent de plt< grandes différences, quoique li forme générale 8oitlâmfi0^ sauf que le nombre de doigts est de quatre chez le JfjfM^; avec l'indication* du cinquième, l'interne ou l'orteil, V' manque complètement chez le Scelidotherium, quand le second est assez rudimentaire et les trois autres seulement sont coiB' plets.

Les os séparés offrent les différences suivantes : le ctlc^* néum a une forme tout-à-fait différente de celui dn SeilH^ therium, par suite de la grosseur très-développée du miliencb^ le Mylodon, Cet os est à peine un peu étranglé au milieu p^'

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une sinuosité courte et faible qui peut même être fermée par un pont osseux, comme elle se trouve chez le M. gigantem, tandis que les autres espèces Tont ouverte. Le dit étranglement divise le calcanéum en deux portions, Tantérieure articulaire etla postérieure du talon. Celle-ci forme une grosse tubérosité irrégulière, un peu plus haute que large, ayant un bord arrondi <m aplati externe, servant à l'attache du tendon d'Achille. L'autre portion, Tantérieure, s'étend plus en haut et en bas, et forme en haut une sorte de crête, en bas une autre grosse iabérosité , et se termine en avant par deux facettes articulaires, dont la plus grande, la supérieure, est fort sinueuse et s'unit à l'astragale ; l'autre, plus petite, inférieure, est triaugalaire et s'unit au cuboïde. La supérieure peut se diviser, par une interruption profonde transversale presque au milieu, géparant la portion postérieure plus grande, de l'antérieure plus petite. Cette séparation se trouve dans le calcanéum du Mflodùn gigantetis et constitue un second caractère particulier de la séparation de cette espèce des autres, comme l'a déjà établi Gbrvais, sous le nom de Lestodon (voyez page 347). Les deux autres espèces de M, robmtus et de if. gracilis n'ont pas cette séparation ; leur facette articulaire servant à l'union arec l'astragale est simple et présente ainsi un caractère trèsdiitinctif entre le Mylodon et le Scelidotherinm d'un côté, et le Mègotherium de l'autre; seulement chez le M. gigantens la facette articulaire pour l'astragale est séparée en deux.

L'astragale est variable dans le genre Mylodofi, ainsi que le calcanéum, car il peut avoir tantôt six facettes articulaires, comme celui du Scelidotherinm et du Megatherium (voyez pages 314 et 338) tantôt seulement cinq. Le premier cas existe chez le Jf. gigantem^ le second dans les deux autres espèces M. rohuit» et M. gracilis. La forme générale de l'astragale rappelle complètement dans le premier cas celle de l'astragale du MegatkerivMy sauf qu'il est moitié plus petit {*); dans le second cas, il prend une forme plus particulière, il reste plus petit, plus bas, et devient plus allongé ; sa facette articulaire supérieure pour le tibia, au lieu d'avoir la forme d'une demi-poulie, est un peu

f^ Dans l'ouvrage de Owen, sur le genre Mylodon , l'astragale de cette catégorie, appAitenant au M. giganteus, est dessiné pi. 23, fig. 3 et 4, et a été pris hypothéticément comme celui du Megahnyx, Aussi dans le voyage du Beugle, tome I. pL Î8, ftg. 5 et 6, ce même os est représenté comme celui d'un Mylodon:^

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])lus plane, car elle est moins séparëe en deux portions: l'externe la plus large et basse et l'interne la plus étroite fort convexe. Les trois autres facettes articulaires de l'astragale sont les mêmes avec celles des autres genres ; une petite latérale externe sert pour le péroné, une concave antérieure pour le scaphoîde et une convexe en dessous de la concave pour le cuboîde.

Les autres os du cou du pied sont moins différents des correspondants du pied de Scelidolfieritim et ne demandent pas une description détaillée, puisque J'en ai déjà parlé dans le genre précédent. Aussi les os des métatarses sont semblables, ceoxda moins des deux doigts externes, qui s'attachent au cuboîde. Les deux autres du deuxième doigt et du troisième méritent une étude un peu plus spéciale, à cause de leur union avec les os cunéiformes et leur forme particulière. Le Mylodon a, comme le Scelidotlierium^ au moins deux os cunéiformes, et peut-être trois, comme chez l'homme. Je trouve dans les deux pieds parfaits dn M, graciliSy une différence notable en ce qui concerne ces os; d'un côté Tos cunéiforme interne est soudé au métatarse da second doigt, de l'autre, ces os sont séparés, et il reste en dehors de la facette articulaire, pour le second cunéiforme, une b* cette articulaire très-petite au scaphoîde, à laquelle un troisième cunéiforme plus interne y a été sans doute réuni. Ce petit os s'est perdu dans les deux pieds, comme il manque aussi dans les autres pieds postérieurs du i/y(odan, jusqu'à présent connns; mais on voit toujours une partie libre du scaphoîde en dehors du second cunéiforme, aussi au pied du M, gracilis que noos possédons, avant le métatarse du second doigt. 11 semble que dans l'échantillon du M. robusluSy décrit et dessiné par Owbï, ce petit os était conservé, car on voit dans les dessins, pi. 21 et 22 de l'ouvrage de Owen, un petit os (f) intercalé entre k métatarse du second doigt et le scaphoîde. Ce métatarse dessiné ressemble tellement à celui des deux pieds du M. gracitit de notre collection, dans lequel le cunéiforme est soudé avec le métatarse, et non à l'autre, où ces deux sont séparés, que j< suis très porté à croire, (|ue la même union intime existaitao^ <lîins rindivi<lu dessiné par Owkn, et que le petit os [f) dessiw avant le second cunéiforme est en réalité le premier et q^il s'articulait au seaphimle par le coin interne qui parait lihï* dans le dossin. Je crois alors que le Mylodon a eu le doigt interne (orteil) du pied postérieur rudimentaire, comme le Sceliiofi^ rlum a vu le second doigt rudimentuire, et que, dans cesdeu^

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res, la déformation des pieds est toujours plus grande pour pieds postérieurs

lu ce qui concerne les doigts parfaits internes du pied du odon, nous trouvons que le second doigt présente la ne inclinaison de T union de l'os cunéiforme avec le métale que chez le Scelidotheriumy ce qui prouve une progression a diminution de ce doigt chez les trois genres : Megatherium, idotkerium et Mylodon, Le Megatherium a seulement l'os eubrme, comme seule pièce qui reste du second doigt; le Scelilerium a cet os soudé au métatarse sans phalange, et le lUyn a aussi cet os soudé au métatarse du même doigt, avec une le phalange parfaite avant l'ongulifère, tandis que le doigt T^antdes pieds du Mylodon, tout comme le troisième des autres ix genres, a toujours deux phalanges.

la forme des phalanges ongulifères du pied postérieur du odon est encore à noter. Elles sont beaucoup plus petites que es des pieds antérieurs, moins falciformes et ont à peine la .tié de la dimension des correspondants des autres pieds, tanque les deux doigts externes postérieurs sans ongles falcines dépassent au contraire un peu les correspondants auteurs en grandeur et en force.

ies quatre espèces de ce genre, dont on trouve les ossements ts les dépôts quaternaires de notre République, sont des aniox moins massifs, que le Megatherium et le Scelidotheriumy quoielles soient plus grandes que celui-ci. Leurs membres plus irts et la constrction plus faible, des postérieurs principalent, ne laissent pas douter que leur manière de vivre a été isi différente. En examhiant la forme grêle, quoique recourides phalanges ongulifères, je suis disposé à croire que les idi antérieurs de l'animal ont été destinés plutôt à gratter 'à faire descendre des branches d'arbres. En proportion de lévation de leurs corps dans la position perpendiculaire, les smbres postérieurs et la queue me semblent trop faibles, les teneurs trop courts et les ongles de ceux-ci trop petits pour ncher des branches d'arbres; je crois plutôt que l'attitude irmale de ce genre a été la marche simple portant le corps en ^tion horizontale, et que son alimentation a été plus spéciament composée de graminées que chez les autres genres. Chez Tune des quatre espèces, j'ai trouvé des petits os ayant k forme d'une demi-noisette, qui étaient implantés dans là peau ftl animal vivant et qui couvraient probablement toute la sur

358 EDENTES GRAVIGRADES

face externe. Lorsque, prochainement, Je parlerai de ce tt« espèce, je décrirai ces os plus en détail.

En étudiant les quatre espèces au point de vue de leurs différences, on trouve chez chacune quelques modifications caractéristiques du type général, qui peuvent amener Tobserrateur à des divisions ultérieures génériques, basées sur ces différences. M. Gervais a ainsi créé le genre Lesiodon^ et H. Riii- HARDT le genre Grypotherium. Mais en examinant les deux espèces réunies dans le genre Lestodony on trouve bientôt une si grande différence dans la conformation des dents et du squelette entier, qu'il devient nécessaire de séparer ces deux espèces en genres différents, car Vnne^leLeslodon myloides^se rapproche, dans ses autres parties, beaucoup plus du Mylodon rttbwlyn qne de son congénère, le Lestodon armatus, comme M. GBRVAismême a compris plus tard. Il en est de même du M. Darwinii (le Grifpolheriwn) si on le compare avec le M. rohustus. Ces deux espices sont séparées par des caractères aussi positifs que les deux espèces du genre Lestodon. Je crois donc préférable de laisser les quatre espèces dans le même genre et de les présenter comme des modifications spéciales du même type général Elles se distinguent alors facilement comme il suit :

!• Portion antérieure des deux mûchoires trës-allonfir^e, plus leofo* que la série des dents, la supérieure unie aux os du nex par oie arcade osseuse. M. Dsarirlmll*

!!• Cette môme portion de la mïlclioirc supérieure est plus courte qac la série des dents, et complètement séparée du nez.

A. Dernière dent de la mâchoire inférieure bi-anguleuse , les trois antérieures de forme inégale prismatfquc.

sa. Première dent des deux mAchoires tronquée horizontâleueot comme les autres. JII* r«i^a0t0i«

b. Première dent des deux mâchoires tronquée obliqueoieDt, les autres horizontalement. H. ^rsielllft*

B. Dernière dent de la niAchoire inférieure composée de deux lobe* elliptiques; toutes les autres dents de forme elliptique égale, nuis la première des deux mâchoires tronquée obliquement.

GKNRK MYLODON 3ô9

A. L*os intermaxillaire allongé, uni par une arcade osseuse aux 08 du nez; la partie correspondante de la mâchoire inféneure également prolongée, aussi longue que la série des dents. Grypotherium, Rbinhaedt.

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