DESCENDANTE DE LA CORDILLÈRE
Il est digne de remarque que la continuité de la faune australe et occidentale, que nous avons reconnue, s'explique bien par l'identité géognostique du sol argentin dans la m&me direction. Tout le plateau de la Patagonie est d'une formation tertiaire supérieure, à laquelle d'Orbignt a donné un nom d'après cette partie de la République Argentine (voyez t. II, p. 219), et cette même formation se présente sous la figure de grands conglomérats, à la base orientale des Cordillères (1.1. 24S), sans remonter très-haut dans les ravins et les gorges voisines, quand tout le terrain central et oriental de la pampa est formé par la grande couche quaternaire, connue sous te nom de diluvienne. Il suit, de cette observation, que les contreforts de la base des Cordillères sont contemporains de là plaine patagonienne et plus anciens que la plaine de la pampa, et par conséquent ces endroits furent habitables en raison de leur élévation au dehors de la surface de la mer, qui les couvrait auparavant. Si à cette époque des êtres organisés ont déjà peuplé les Cordillères avant le dépôt de la formation tertiaire supérieure, ces êtres pouvaient prendre possession facilement du sol nouveiau ; la faune des flordillères descendait dans la plaine jusqu'à la Patagonie actuelle, car oette plaine existait déjà quand la pampa, plus au nord, était encore submergée, à cause de son niveau beaucoup plus bas. Il est même probable que les premiers êtres organisés de la Fatagonie descendaient du grand plateau bolivien et de sa contintiation, qui forme aujourd'hui le désert d'Atacama ; cat* ce plateau existe encore dans la partie boréale argentine de la Cordillère ; plus au sud, elle se change en chaînes étroites et ne présente plus un terrain assez étendu pour ^existence d'êtres organisés. Ainsi les êtres animés se sont propagés, peu à peu, du nord au sud^ gagnant à la fin les contreforts patagoniens, à mesure qu'ils sortaient l'un après rauti*e de là mer, formant une terre basse s'étëndant au bord de l'ancien Océan Atlantique. Aucun de ces êtres ne pouvait descendre jusqu'aux régions orientales actuelles de notre République^