Genre nacltaerodiui Euiup
Ossem. fossil. I. (1833)
Voyez l'Atlas, II. Mammifères, pi. IX et X.
Ce genre se distingue très-bien de celui des vrais chais {Féli$) par la grandeur des canines supérieures, ayant la forme courbée d'un petit sabre court, fortement comprimées de deax côtés, avec les bords aigus finement dentelés comme une scie; les canines inférieures sont beaucoup plus courtes et d'ane forme conique, avec deux arêtes opposées, bien dentelées de petits tubercules. Les incisives sont également coniques et dentelées d'arêtes opposées; quand les fortes molaires sont réduites à trois dans la mâchoire supérieure et souvent à deux dans l'in* férieure, la première fausse molaire des vrais chats manquant.
La configuration du squelette est en outre plus robuste qne celle des chats d'égale grandeur et le crâne un peu plus allongé, moins sphérique que celui du genre Félis,
Les espèces de ce genre sont toutes fossiles ; la plupart de celles de l' Ancien-Monde appartiennent à l'époque tertiaire; celle de notre Faune est quaternaire. Elle était répandue dans le Brésil, où l'a découverte M. le D'' Lund, et jusque dans le terrain aux environs de Buenos- Ayres, où M. le D' Muiïiz a trouvé, près de Lujan, le squelette presque complet de notre Musée. L'espèce se nomme:
[]II«rh««rrodu« neogacua Luhd
PiCTET, Traité de Paléont. I. 231, — Burm. Ann. d. Mus Pùbl. d. B -Air. 1. 123. — JD."i4W. d. naturf. Gfsaisch. i. Halle, tome X, av. pi.
Hyaena neogaeay Lund, l'Institut. 1839. tom VII. 125. — Ann. d. scienc. nat. IL sér. XI. 224 et XIII. 312. — Mém. d. l'Acîid. Roy. danoise. VIII, 94 et 134.
Smilodon populalor, Litnd. ibid. IX. 121. tb. 37 et 47— Gibbii. Pauna d. Warw, I. 41.
GENRE HACHAEBODUS
MafUfelis boiuOnnsi», UnSiz, Gazeta Meroanttl d. B.-Air. n» ee03 (9 Oot. 1845).
Rlis Smilodou, Blaiktillb, Ostéog. descript. geora Fetit pi. XX.— Smilodon Blaintillii, Debharest, dons Chbbu Encycl. d'hist, nat. tom. Ut. Mammifères.
Le sqaelette de notre Musée a une longueur de 6 pieds (1,83 m.) sans la queue, qui manque, et une hauteur de 3 pieds i poDces (0,965 m.) au milieu du dos. Il se compose du même nombre d'os Que celui des chats, c'est-à-dire le crâne, les sept Tcrtibres da coa, quatorze du dos (*), six lombaires et deux du lacmm ou coccygiens; la première vertèbre de la queue entore existante est soudée à la seconde du coccyx. Les os des membres sont les mêmes que ceux des chats, sans aucune différence dans le nombre.
La base du crâne a exactement 13 ponces de long, depuis les bàsives jusqu'à la fln des condyles occipitaux et 16 pouces de long de la crête sagittale; sa hauteur la plus grande est de S ponces et demi, etlalargeurentre les arcades zygomatiques utde 9J pouces. Pour faciliter la comparaison, je donne ici les mesures en centimètres, des trois espèces les plus grandes du genre Fétit, en regard de celles du crâne de Mackaerodus; les mesures des denx premières espèces sont prises des figures de IXlRl^graphie de Blaihtillb, les denx autres des ciânes de notre Unsée.
Liin^fUr do crine
Hiutear da sommet
Urfieur entre les ot lygomatiques, ,
Longueur du palai« ,
Lonsaeur de U mâchoire infOrieiire.
UiDiearde l'apopb. coronoïde.... .
Uiutenr de l'occipot
DiiUace des canines lupëripures..
n Sconal H M compte dan* le «lueletta de* chats qne Irtiie vertèbre* doruJe* itfmi \t nombre de* dMe*, mai* a\on le nombre dei lombaire* e*l de *efit.
r*) Il tiDt noter qoe ee ctine e*t d'ua mile le plai piDi et qoe gèoéraleiiKal les b4m des oBcei «mt plni petili.
Ces mesures prouvent que la configaration du erftne de Machaerodus se rapproche plus de celle du tigre que de celle dt lion, mais comme son crâne est évidemment plus long que ehft* cun des deux autres, quoique un peu moins large, il se itpproche par sa largeur aussi moindre de celui du lion et noa exactement de celui du tigre. Une notable différence se pré* sente dans la hauteur du crâne qui dépasse beaucoup celle dei trois grandes espèces de Félis ; cette hauteur donne au crâne di Machaerodus une certaine analogie avec celui de la hyène, qû possède une crête sagittale et occipitale plus haute que le Ikn et le tigre. On peut dire avec raison que la largeur moindre des arcs zygomatiques du Machaerodus établit aussi eette analogie entre ces deux genres hétérogènes, analogie que Lvn avait déjà constatée.
Les qualités les plus particulières du crâne de Machaeroim sont en relation avec cette double différence d'être plus long et moins large que celui d'un grand chat. La grande laideur de b portion antérieure du crâne, contenant le nez et la cavité deb bouche, provient de la plus grande évolution des canines sapé* rieures et constitue sans doute une autre particularité ausii remarquable que la hauteur du front et du sommet. On pent dire que la grandeur de la cavité du nez, produite par la largeur de cette partie du crâne, a influé aussi sur la hauteur du front et que la forme allongée ovale des orbites et des cavités oculifèrei étroites est aussi le résultat de cette même modification de Ift portion antérieure du crâne. Il est bien connu que le lion a le globe de l'œil relativement plus petit que le tigre et les auiiei chats, et on peut soupçonner avec raison, par la forme de Tor^ bite, que le Machaerodus l'avait aussi relativement assez petit Il est remarquable que chez le lion, qui a l'orbite moins grand que le tigre, le canal infra-orbital est plus grand que chez celui ci ; il en est de même chez le Machaerodus^ dont le canal infra orbital est encore plus grand que chez le lion et a une ouverton allongée ovalaire de 3 cm. de diamètre. La grande extensioi de ce canal prouve que les nerfs passant par ce conduit ont éU très-forts, et comme leur grosseur est en relation avec l'exteii sion et l'épaisseur de la lèvre supérieure, il est juste de croîn que cet organe du Machaerodus a été d'une grandeur énorm< et servait évidemment h recouvrir la base des grandes caninei supérieures, qui sortaient, avec leur couronne, librement ai dehors de la lèvre, descendant de la bouche. Les os du nez pré
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sentent une configaration particulière dans leur union avec les 08 frontaux. Cliez tous les chats, ces os sont plus pointus en arrière et l'os frontal descend avec une prolongation fine sur les côtes des os du nez, entre ceux-ci et la partie voisine de la mâchoire supérieure. Ces prolongations de Tos frontal sont plus étendaes et plus grêles chez le lion que chez le tigre et Tonce, et la partie voisine de la mâchoire supérieure est prolongée en arrière chez le lion aussi bien que les os du nez, elle est plus courte chez tous les autres chats. Le Machaerodus se rapproche da lion par la prolongation de la mâchoire supérieure en arrière égale à la longueur des os du nez, mais il diflfère de celuici et de tous les autres chats, par la forme non pointue des mêmes os, presque aussi large à l'extrémité qu'au commencement (pi. IX fig. 2). C'est un caractère tout-à-fait singulier et qui ne se rencontre ni chez les hyènes, ni chez les chiens.
Le crâne du Machaerodus prési^nie d'autres caractères particnliers. Ainsi Texcavation remarquable du front en avant est terminée en arrière, par une sorte de crote transversale obtuse ; rélévation plas marquée de la bordure interne des orbites n'a pas, comme chez le chat, le petit coin tuberculaire,*au'dessu8 de l'onrerture du conduit lacrymal ; le coin obtus peu élevé du bordgupériear de l'arcade zv:;omat:que es; très-distant du coin orbital postériear de Tos frontal, et :a convexité de ce coin eM pins prononcée aa-deiiu? du plan fr>s;a'. : l'évolution énorme delà région mastoîde de i'ocripu:. 'î^*?en'3'4nt en avimt au-dessous de ronvercnre du c'-2'îi>. i*; -1:1:'. f- .-r^e u.^e nji?*f: \n: %^ impose surtoacd'ane cr-iirr 1-: 1 ,■-. '.f^ih »ri.. d*: :.'olç;*ooc^ii <î*î long, se rapprochasi près*. -- ô-r -i r-rl vn ar.îculalre d«î i o« zjgomatiqae; enfin 1 os c-r^l/i'-il ^:r.l; *:: é^ré e*; dlr-^é «ra arrière plus obliqneanen: «^ -^ :u^fz 1*? -iiiiî t\ \>'/^\\^. iAn* ^-/zvjz direction le tnm oe«p:iiI pli.?-:: -lit 1.1:;. '/^':\\^sr, a y^n':H 'Atîlaire de Tos oeeipîial ne *:-l: ji? i-.znr. Ji^ilt é^:ri.*ra:*^at prolongée en arrière ei laLsi^ «■ n- p '» '<,z i*:u'.T\ \h\ 'y.L-iv.M ^lecôtédn iroao»Ép-*-i'. \j^ f.rn^ c* li %1'.?^ \j".'j\z.'.'.\*i allongée triangnlair?. *'jn -t-sj-.-it *i ^Ti:,: r; '^\.iji '^y^z.rrzr '.\h chezlei chats fpL CL rz- S r:»; r:^ r^-i.:'.i i^ \'r.'.*: -^z ..^z^sytion en arrière.
La mâchoire in^erié^r^ *£: ii -è I r ^ ;^:^ *>^ -, :-. . .:, «t- i\ tigre, Cl dififere 4e «-!> c*ï i*'ix * :-'rr- :.^ ii^v :-î.' .> -.^i ^wactèrcs panieslâeri. Alit. t - tr:.--!!!*- ii '.r.r'.,v i.- * cAtëde la stauire i« m.*aVia. Li iî.'-, vi.-^r^^ »^ :* -t^ *•. vr-,-.»
assez forte descendant obliquement et dépassant la bordoreiitf* rieure du menton par un grand coin aigu, ayant la forme d'une dent (pi. IX, fig. 1). Cette crête est un peu dirigée en dehors el guide en quelque sorte le mouvement de la grande dent canine supérieure; elle l'empêche de tourner vers le menton, en donnanl à la pointe de cette dent une direction un peu inclinée en deboit. On a ainsi la preuve que la plus grande partie de la couroonc de cette dent était visible en dehors de la bouche et placée dam une interception de la lèvre inférieure, correspondant à cette crête du menton, qui n'était recouverte que par la gencive, quoi* que cette lèvre fût assez forte, comme le prouve la grandearde l'ouverture du conduit alvéolaire, en arrière de la crête que nous avons décrite.
Une autre différence notable réside à la partie postérieure de la mâchoire, dans l'apophyse coronoïde. Cette partie est notablement plus faible et plus petite que la correspondante du lion, du tigre et même de l'once; l'apophyse est plus basse et plu étroite que celle des diverses espèces de chats. La distance même des deux branches de la mâchoire en arrière est une plu petite, car je trouve les coins externes des condyles distante de 18 cm. dans le crâne de l'once et seulement de 16 cm. cha le Machaerodiis. Cette diminution de l'ouverture de la mâchoire en arrière est en harmonie avec celle des arcades zygomi' tiques, qui portent à leur base l'articulation allongée tranver sale pour la mâchoire inférieure (pi. IX, fig. 3).
Les dents du genre sont déjà caractérisées en général ptf leur grande similitude avec celles des chats; elles n'en diffèrent que par quelques-unes, les autres correspondent au typedi genre Félis. Nous en donnons ici la description comparée.
Les incisives, au nombre de six dans chaque mâchoirt (pi. IX, fig. 4), sont remarquables par leur grandeur relative plus approximative entre elles, que celles des grands chats. Chez ceux ci, les quatre du milieu sont presque de grande égale et les deux externes sont excessivement plus grandes, niai< chez le MachaeriHlus^ l'augmentation de la grandeur est progrtf sive, les deux du milieu sont très-petites, les suivantes un J^ plus grandes et les externes augmentées dans la même ftc portion, sont plus grandes que toutes. Chacune de ces deat a une couronne plus distinctement conique que chez les chai et n'a pas, comme chez ces animaux, la division distincte 6 deux tubercules, un l'antérieur plus élevé et le postériei
GENRE MAGHAERODUS 111
plus bas. La couronne de Machaerodus est simplement conique, mais pourvue à chaque côté d'une crête latérale, moins forte et plus longue sur le côté externe de la couronne, plus courte, pins basilaire et plus grosse sur Tinterne. Nos figures 5 et 6 de la planche IX rendent bien appréciable cette configuration. La fig. 5 a représente la seconde incisive supérieure gauche en arrière, la fig. bble côté externe ; dans la fig. 5 a la crête plus longue est sur la gauche (côté externe) et Tautre plus courte et plas tuberculiforme à la base à droite (côté interne). La fig. 6 représente l'incisive gauche du milieu, vue en arrière dans fig. 6, et du côté externe en a. Les racines très-grandes, fortement comprimées et presque lamelliformes sont aussi indiquées dans ces quatre figures ; elles sont caractéristiques du genre et fort remarquables.
Les incisives inférieures sont un peu plus petites que les supérieures, mais ont la même forme générale et la même relation entreelles. Je donne, pour mieux préciser cette conformation, la hauteur de la couronne de chaque dent en millimètres:
Hillimëtret
'L'incisive moyenne de la mâchoire inférieure. ... 8
La seconde de la même mâchoire 10
La moyenne de la mâchoire supérieure. ., 16
La seconde de la même mâchoire 20
L'externe de la mâchoire inférieure 21
L'externe de la mâchoire supérieure 25
La grosseur de la couronne est en relation correspondante de pins en plus forte avec la hauteur de chaque incisive, comme le prouve la fig. 4.
Les canines offrent le caractère le plus remarquable du genre par leur forme particulière et la grande différence des deux mâchoires. Celles de la supérieure (pi. IX, fig. 8) sont d'une grandeur extraordinaire; elles ont avec la racine 11 1 pouces (27 cm.) de développement total dans leur courbe et 10 pouces {24 cm.) en ligne droite. Cette énorme extension est ainsi divisée; la couronne a cinq pouces, la racine 5 pouces également ^tle reste IJ pouces appartient à la portion couverte par la gencive et dont la configuration particulière est bien distincte des deux autres portions. La dent entière a une courbure régu- U^re, un peu moins prononcée que celles des autres espèces du g^nre^ quoique son extension générale soit plus grande. "£110 a
les deux extrémités se terminant en pointe, pins fort accnminée à la fin de la couronne ; celle de la racine est arrondie avec une légère dépression au bas; la dent est fort aplatie dans tonte m longueur, ce qui lui donne une coupe transversale elliptique. La compression de la couronne est un peu plus forte que celledela racine; ses deux coins sont aigus, finement dentelés dans toate la longueur et forment une véritable crête d'émail, en forme de scie. L*émail a quelques légères rides longitudinales rar toute la couronne ; en bas il se termine par une ligne fort on* duleuse comme un S, marquant la limite de la gencive, pendant la vie de l'animal. Au-dessous de cette ligne, ilyanne courte portion lisse, sans émail, qui était couverte par la gencive; ensuite commence la racine finement striée et terminée par une ligne transversale presque droite, conservant longtemps une largeur égale et devenant à la fin rapidement plus mince, pour se terminer dans l'extrémité de la dent, qui est arrondie et peu creusée. La racine n'a pas les coins aigus, comme la couronne, dont j'ai donné la coupe transversale au milieu de son extension (fig. 9) ; elle est arrondie en deux bordures prin* cipales, l'antérieure et la postérieure, et moins fortement comprimée que la couronne. Ces détails expliqueront suffisam* ment la iig. 8, qui représente la canine supérieure de grandeur naturelle.
La canine de la mtlchoire inférieure a une configuration tout à fait différente, tellement que M. Kaup, qui a créé ce genre, avait établi d'après cette canine inférieure un genre particulier qu'il nommait Agnotherium. Elle est, en proportion de la grandeur de la supérieure, d'une petitesse étonnante et beaucoup plb9 petite que la canine correspondante des grands chats; elle eifc un peu plus grande seulement que l'incisive supérieure externe et presque de la même forme, comme la donne la flg. 7 de la pi. IX. Cette figure représente la canine inférieure de grandeur naturelle ; le dessin a montre la dent gauche entière, vue du côté externe, et b la couronne du côté interne. Elle est conique d'une hauteur de 2(3 mm. La base a 18 mm. de largeur ; elle est faiblement courbée, comme les incisives, plus convexe en dehors, son bord postérieur est garni d'une crête longitudinale, finement dentelée; la crête crénelée, part d'un tubercule basilaire placé sur le côté interne et va en diminuant jusqu'à l'extrémité (fig. 7 b,). La racine est forte, de 2^ pouces de longueur, un pe« renflée au milieu et devenant peu à peu plus étroite vers la pointe
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rrondie qui est fiAiblement creasëe. Il est important de noter qae îB espèces des grands chats ont aussi sur leurs grandes canines oniqueSy deux crêtes aiguës, mais simples, sans dentelures ; ces rêtes sont faiblement recourbées, et leur position est presque la nême que celle des crêtes dentelées du genre Machaerodus. dnsi les canines supérieures ont une crête antérieure et une lutre postérieure: la première avec une inclinaison remar- [uable à sa surface intérieure; les canines inférieures ont une îrête très-distincte, sur le côté interne de la couronne» et une iutre sur le bord postérieur.
Comme nous venons de le reconnaître, la configuration des calûnes particulières du Machaerodm se rapproche bien par quelques caractères spéciaux de celle du type des chats. Cependant les dents molaires sont presque identiques, et ne diffèrent dans aucun de leurs caractères, de celles propres à la famille des Felinae, Les figures 10-12 les donnent de grandeur naturelle; on voit qu'elles ne sont pas plus grandes que celles du lion et du tigre, quoique leur couronne soit un peu plus haute. La mâchoire supérieure en a trois (fig. 10), l'inférieure n'en a que deux (fig. 11). 11 manque la première fausse molaire plus petite des vrais chats, au moins dans Tindividu de l'espèce que nous possédons, mais ce manque n'est pas général, car la figure de Blainvillb prouve que la dent peut se conserver (*). Si l'on compare ces dents avec les mêmes du lion et du tigre, on ne trouve d'autre différence de forme que dans la hauteur des tubercules qui est pins élevée chez le Machaei^odtis^ comme il est facile de le reconnaître dans la fig. 12; les tubercules sont plus aigus, leurs bordures libres plus coupantes et la séparation entre eux plus marquée, caractères qui sont en harmonie avec ceux des canines et prouvent la férocité plus grande de cet animal. La fausse molaire supérieure (a) possède trois tubercules, la carnasaère (ft) quatre et la petite tuberculeuse ( 10, c) une faible crête transversale onduleuse. Dans la mâchoire inférieure, la grande fiwsse molaire (fig. 12 c) est un peu plus longue que la carnas- «ière et pourvue de quatre tubercules; la carnassière (rf) a deux forts tubercules coupants, plus inégaux de .longueur que (eox des vrais chats et usés à la crête supérieure.
(•) Dus qodqoes antres espèces de Machaerodui^ par exemple le M. Megan- (frM, Il première fsnste molaire existe aussi dans la m&choire iufèrieare, comme nodiqoe la Bgnre de l'Ostèogr. do Rlaimvillb, pi. XVII, du genre FilU et du crâne 4t UodiÊendm. pi. XI.
aÉP. ABG. — T. m. ^
J'ai donne assez en détail la description des antres os du squelette, dans mes commnnications citées pins haut ; il est inutile de les répéter ici. Il est suffisant de faire remarquer que chacun de ces os est semblable aux correspondants du sqa^ lette d'un grand chat, de même que les dents, sauf que leur structure est plus forte et plus grosse. Les deux premières Ttftèbres principalement, Tatlas et Taxis, sont plus grands et leon apophyses plus longues et plus fortes que celles du lion; toutsi tes autres vertèbres, et surtout les côtes, dépassent en forée celles de la même espèce ; elles ont presque le double de groiseur de celles du lion. Le stemon également est plus fort que celui du même animal. Les sept vertèbres du cou mesurent ensemble 16 pouces, les quatorze du dos 26, les six lombaires 14 et les deux coccygiennes 4.
Les os des membres prouvent d'une manière encore plis évidente, la supériorité de force de notre Machaerodui. L'omoplate a 28 cm. de long et 12 cm. de large au milieu ; sa forme est un peu plus ovale que celle du lion, et la fossa m/roiptfMls, plus large que la supraspinala, à cause de la grande courbure du bord postérieur, complètement en opposition avec celle des grands chats actuels, qui ont la bordure postérieure de l'omoplate droite et la plaine sous la crête médiane longitudinale moins large que celle en dessus. L'humérus a aussi 38 cm. de long, et le cubitus de Tavant-bras 36 cm. Le bassin a une extension de 37 cm. de la crête de Tilion, jusqu'au tubercule d'ischion, et une largeur de 23 cm. en avant, entre les crêtss nommées, mais 21 cm. en arrière entre les tubercules d'ischion. Le fémur a 41 cm. de long, le tibia 28 cm., et le pied en avant 21 cm., celui d'arrière 32 cm. Ceux-ci surprennent par la grandcur des phalanges ongulifèrcs érigées et par leur gaîne de capuchon, énormément développée, qui renferme l'axe triangulaire mince de l'ongle incliné en arrière.
Pour connaître l'épaisseur des os, il suffit d'étudier notre figure du squelette pi. X, reproduit d'une photographie et donnant exactement la forme de chaque os. En comparant cette figun avec celle que Rlaikville a faite du lion ou de l'once, on voit aussitôt la grande supériorité de force du Machaedarus y prouvé par la plus grande épaisseur de tous ses os. Je développerai plus en détail ce sujet dans le texte de l'atlas, où j'étudierai les os du Felis spelaca, le plus grand chat diluvien de l'Europe, bien connu par les recherches de Ooldvitss et de Schhbbltvo.
GENRE MACHAERODUS 115
Les 08 du Machaedanis ne sont pas rares dans notre dépôt diliiYien ou qaaternaire, où il se trouvent dans le même niveau avec ceux de Megatherinm et des Olyptodon ; cet animal est contemporain de ces grands colosses et appartient à la même époque. Comme ces animaux ont vécu ensemble, la dimension des canines supérieures du Machaerodus m'a fait soupçonner qu'il attaquait ces autres animaux, et que ses grandes canines ont été destinées, soit à perforer la peau épaisse du Glyptodon ou du Myhdon (♦), soit à transporter leur corps pesant, dans sa retraite cachée. Il me semble aussi que Vépaisseur considérable des os des membres du Machaerodm^ en proportion de leur longueur à peine plus grande que ceux des grands chats vivants, explique la probabilité de ces luttes, surtout si l'on compare ces os avec ceux correspondants du Felis spelaea» qui sont plus longs, mais moins épais, ou tout au plus de la même épaisseur. Cet animal était plus grand que le Machaerodns, mais pas plus fcrt, si toutefois la structure des os des membres prouve la force de l'animal.
Le même caractère se retrouve dans les propositions des deux parties principales de chaque membre entre elles. Chez les chats, ces deux portions sont d'égale longueur, mais chez le Machaerodus^ la supérieure est plus longue que l'inférieure, comme le prouvent les mesures données plus haut. La portion inférieure, plus courte que la supérieure, augmente la force de l'animal, pour retenir et porter ; mais la prolongation de la portion inférieure plus allongée que la supérieure, indique une igilité et une célérité plus grandes. Le Machaerodus était moins igile que le tigre actuel, mais plus puissant pour abattre et retenir sa proie et pour transporter même des objets très-pesants. Cette faculté est aussi prouvée par la troisième portion de ehn^ 411e membre, le pied seul ; aucun chat n'a les pieds si grands 411e le Machaerodns et même les os connus des pieds du Ftli$ tpe- Im sont quoique plus longs, pas plus gros que ceux correspondants de notre genre. Principalement les os des ongles du JfocAo^v^oditt surpassent tous les correspondants des grands chats vivants et ressemblent presque entièrement à ceux du feli» tpelnea. qnand les phalanges et les os du métacarpe et méinUkrêt de
n J'ai décoBvsrt au Ues de la pcao d'op M^hém éa pcOti mnmttat et pvAem f «e demi-DoiseUa ; de teaibkibi<« obtcnatioss «t Hk Uikt par le Ir Lm. ckcs « Platyon^x. Voyes Maun's, Artkir, 18C6. pig« M, «t IMI, par» 75*.
cette espèce soient considérablement pins longs. Aussi la grandeur raisonnable da talon du pied postérieur du Mackaeroim^ parle-t-elle éloquent, comme la grandeur des ongles de Tanterieur, en faveur de la puissance de l'animal, pour retenir et rapporter un objet pesant, tandis que la longueur plus grande de tout le membre postérieur et la proportion moindre des onglei de l'antérieur du Felis spelaea^ indique une plus grande agilité chez cet autre animal. Il semble d'après ces comparaisons que le Machaerodus a tenu en une très-grande analogie avec l'once, car cette espèce possède, parmi chez les grands chats actneli, les membres relativement plus courts et les plus forts.
Observation. — Dans notre Masée public se conserve un haméras d'il animal malade, da genre Machaerodus qai, quoique trôs-déformë, se semble mériter une description détaillée. C'est an os du c6té droit, ajait une grande exostose sur toute la portion médiane; il n'y a d'inctaciqae 1m deux parties terminales, ainsi que les condyles des articulations et leon circonférences. En comparant en outre cet os avec les os sains da sqaeletti entier existant au Musée, j'ai constaté que Tos malade a la même grandeor aux deux extrémités et qu'il est même un peu plus fort, mais que la loogneir totale est plus courte que celle de l'os intact. Cette diminution qui dépam deux pouces, ainsi que le peu de courbure de cet os, me donne la presfe que l'os a été fracturé un peu au-dessous du milieu et guéri dans une p»* sition un peu fausse, comme on peut en juger parla détérioration des bordi de la fracture; et vu le défaut d'usage du membre pendant le temps deU guérison, il s'est formé peu à peu une masse d'os nouveaux au-dessus de il surface primitive des bords de la fracture. Maintenant l'os a au «^ôté interne postérieur, un plan presque droit, correspondant assez bien à l'ancienne surface naturelle, mais déformée par quelques excavations et excroissaneee, qui prouvent la conformation artificielle de cette surface, après la fractoie moins parfaite peut-être, de ce côté. L'autre côté antérieur ou externe est déformé par une excroissance osseuse de 6 pouces de long et 3 pouces de large, placée à la môme hauteur au-dessus du niveau primitif de rhuméras, qui a eu dans cette même place 2 pouces d'épaisseur naturelle. C'ail l'endroit le plus faible de tout l'os et celui-ci pouvait, par conséqaeott être cassé là, avec plus de facilité que dans tout autre endroit de soi extension. Toute la surface extérieure de l'exostose est garnie par un grand nombre d'aspérités longitudinales, en forme de rides et de sillons, qui donnent à cette surface l'apparence d'une crête presque élégante; les deux côtés sont lisses et n'ont que quelques sillons formés par les vaisseaax sanguins, qui sillonnent les surfaces par des anastomoses bien visibles.
Pour donner mon opinion sur la formation de cette excroissance maladive, je crois pouvoir avancer que pendant un combat singulier de deux da ces grands animaux, l'un d'eux a saisi le haut du bras de Ttatre eta casié
rof, on lai donnant, an milieu de rhuméras, nne dislocation de sa position BAtorelle. Ponr consolider de nonveau cet os, la partie cassée a été àblorbée anx coins, et il s'est formé à sa place une grande portion d'os non- Toanx qui, pen k peu, par le mouvement de la patte malade pendant la marche de l'animal, a pris une forme irrégullère et sa grandeur actuelle, qui est en vérité étonnante. Tout prouve d'un côté la force formidable du Mitchaeroêiêt et de l'autre côté la grande énergie vitale de cet animal.