‹ Description physique de la République ArgentineChapitre 71 sur 267 · Fells Onea, Lixn · texte numérisé non relu

Fells Onea, Lixn

Systema Naluraey éd. XII, tom. I. page 61, n*» 4. — Cuvm. Règn. anim. I. 161.— Pr. Wibd, Beilr. z. Naturg. Uns

— Rbngoer, Sdugelh. v. Parag. 156. — Wagnbr, Scnsn. Suppl. II. 474. 4. — BuRM. Syst. Ubers. d. Th. Bras. I. 8i

Yaguareléj Azara^ Apunt. etc. quadr. Parag. I. 91. n*X.

— Markgraf, hist. fiat. Bras. pag. 235.

C'est le plus grand chat du pays et de l'Amérique en général Les créoles Argentins l'appellent toujours Tigre; il estconna chez les nations guaranies sous le nom de YaguareU^ accepU

par Markoraf et Azara; les créoles portugais du Brésil le nomment Once, et cette dénomination a été consacrée par la science.

L'animal est un peu plus grand que le Léopard ou la Panthère (Feliê pardus) de l'Ancien-Monde, auquel il ressemble par sa eouleor et les dessins ; les grands individus mâles se rapprochent par la taille du Tigre du Bengale et sont aussi féroces que celui-ci. Les dimensions du plus grand exemplaire de notre Musée sont, du museau jusqu'au commencement de la queue, de 4 pieds 10 pouces ; la queue a 2 pieds, la tête seule Ipied; la hauteur du milieu du tronc 2 pieds 8 pouces, mais quelques-uns ont presque 3 pieds de haut. La couleur dominante sur toute la surface, sauf la gorge et le ventre, qui sgnt blancs, est d'un beau jaune orange clair, avec quelques nuances pluB ou moins foncées sur le dos et les côtés. Sur ce fonds se présentent des taches rondes ou ovalaires noires, ayant la dimension variant entre celle d'une noisette, jusqu'à celle d'une aoix, et formant sur la tête et les jambes des dessins particuliers assez symétriques, les plus grandes sur les joues et le nûlieu des membres, et devenant plus petites en haut et en bas. Sur le milieu du dos, ces taches s'arrangent à plusieurs séries irrégolières, mais sur les côtés du tronc et la partie supérieure des membres, les taches rondes se distribuent en cercles, soQTent nn peu ovalaires, de 2 à 3 pouces de diamètre, contelumt presque tous une tache centrale et 6 à 8 taches inégales dans la périphérie. Souvent le fonds de ces cercles est un peu plus foncé. Sur la queue, ces taches forment des anneaux inégnliers, et vers l'extrémité, elles se changent en anneaux ^mplets, non tachetés ; de même sur les membres, qui à la partie inférieure sont également annelés de demi-cercles noirs. En général, il y a sur le milieu du dos deux séries de taches simples. La lèvre supérieure est blanche, avec une grande tsehe noire à l'angle des deux lèvres ; les oreilles sont blanches i Tintérieure, jaunes aux bords libres^ avec une tache noire nutrqaée d'un point blanc central à la surface externe. Les Jtfo, jaunes-brun- clair ont la pupille presque circulaire. Toute lagorge, le ventre et la surface interne des pattes sont blancs^ ftîec quelques faibles taches noirâtres au commencement de 1a partie blanche, où elle touche au fonds jaune.

La femelle est un peu plus petite que le mâle, d'après la diffibence de« crânes de notre Musée : le crâne d'un mâle très*

grand a une longaenr de 14 pouces sur la crête sagittale, josqu'an museau, et celui de la femelle à peine a 12 pouces.

Les jeunes sont d'abord d'une couleur claire gris-jaun&tre et quelques-uns sont presque blancs, avec des taches brun*noirfttre, plus irréguliëres, moins fournies, et généralement nesont pas disposées en cercles ; elles n'ont presque jamais la tache centrale. Leurs poils sont plus longs et relativement ont le double de longueur de ceux des individus adultes. Avec l'ftg^ ils deviennent plus foncés ; la couleur du fond n'est pas encore Jaune, mais d'un brun-gris rougeàtre, qui devient peu à pe« plus clair et se rapproche peu à peu du jaune des vieux.

Le Jaguar se trouve principalement dans les provinces orientales de notre République, où il préfère le voisinage des grandes rivières et des terrains humides couverts de forêts; il manque dans toute la Patagonie, depuis le Rio Colorado, et dans les Cordillères, oi\ le Couguar {Felis concolor) prend sa place. II est assez commun sur les îles, à l'embouchure du Rio Paran& et sur les terrains voisins d'Entre-Rios et de CorrienteSi d'où, l'on apporte à Buénos-Ây res le plus grand nombre de peaa^ pour les vendre. Il n'est pas rare aussi dans le Grand Chaco et et dans les forêts des provinces de Santiago del Estero, de Tocuman et de Catamarca ; il est assez commun dans le Par^' guay. Dans ces diverses régions, ainsi que dans les province* voisines du Brésil, l'Once atteint sa grandeur la plus consid^' rable, qui ne le cède pas beaucoup à celle du Tigre de Bengal^i plus au Nord, il devient notablement plus petit, les m&les re^' semblent alors aux femelles du district austral, comme gra^' deur. Il fait sa proie habituelle des diverses espèces ce cer^qui vivent dans ces régions, ainsi que du cochon d'eau {Hyir€^ ehoertts Capybara) qui se trouve communément sur les bor^^ de toutes les grandes rivières de l'Amérique méridionale, t^ dévore aussi les animaux domestiques, comme vaches et ch^' vaux, quand il peut les atteindre, et il est même dangereux pou^ l'homme. Il chasse par plaisir ou par nécessité les poissons « et il passe à la nage les rivières d'un côté à l'autre. J'ai vamcd' même une Once nageant dans le Rio Paran&; on voit mêm^ sur cette rivière des Onces entraînées sur les tles flottantes # pendant les grandes crues et j'ai été témoin de la capture an Rosaire, de plusieurs de ces animaux, qu'avait facilitée l'échouement d'îles flottantes, sur la côte près de la ville. L'Once ne se trouve pas au Chili, mais il existe depuis le Pérou orien*

GENRE FELIS ISl

taljnsqn'aux bords du golfe des Antilles, dans le Mexique et même dans les provinces australes de rAmérique du Nord. AzABA et Rbkggbr sont les auteurs qui ont le mieux décrit ce qui ooncerne cet animal.

Obsertatioh. — L'Once n'a pas été reconnue par Buffon et Davbeiiton, eomme formant une espèce particulière ; ces deux auteurs la confondaient avec la Panthère, quoique Linné Tout bien séparée de celle-oi, acceptant Tespèce d'après la description de Markgrjif. C'est principalement ÂUHA, qui a prouvé le premier évidemment la distinction spécifique de l'Once, à laquelle il avait conservé le nom guarani de Yaguareté, nom que les auteurs plus modernes ont changé en Jaguar,

î. La fçrande variété des taches noires et de la couleur du fonds a fait croire au public, qu'il y avait diverses espèce d'Onces, mais Vexamen scru poieux de Rengger prouve assez clairement que ces variétés sont seulement individuelles. On trouve des individus totalement gris-blanchâtre et d'antres presque complètement noirs, avec le fonds d'un brun-noirAtre, et lei taches noires indiquées dans ce fonds, assez bien reeonnaissables.

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