DES
Me trôuvant à Londres pendant l’hiver de 1814, j'y #is la éonhaissancé d’un naturaliste nerwégien distingué, M. Sihith , et je le vis souvent. Nos conversations s’arrêlaient ordinairement $ur-la grande facilité avec laquelle on se transporte de cette capitale du monde vers presque toutes les régions connues, et le désir d'en profiter devint bientôt si fort, que nous résolämes enfin de visiterdles Canaries > Où NOUS pouvions espérer de voir du moins un petit aperçu des productions et des phénomènes des climats des (ropiques. LE -. Des contrariétés de différentes espèces arrêtèrent Je Vaisseau qui dévait nous Prendre à son bord , ét il ne uouS fût permis de nous embarquer à Spithead près de Portsmouth , que le 51 mars 1845. Les avril nous quittâmes définitivement le Canal, et, après uné heu. reuse ('aversée, nous mimes pied à terre le 21 avril ä
Funchal dans Pile de Madère, Nous restâmes douze jours sur cette ile fortunée, 0Ccupés à faire de petites courses sur les MOnfignes et à éludier, autant que püût
le permettre la pluie qui tomba continuellement pendant notre séjour, la végétation nouvelle, et pour nous inconnue, qui se développait SOUS n0$ yeux. Le 2 mai TROUS en partimes de nouveau et NOUS dirigeâmes len- fement, mais toujours en aVançant, vers les Cana-
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ries. Le 4, le capitaine prétendait voir le Pic, appa-
remment d’après les nuages, qui couvraiént Sa, cime ;
mais le 3 àla pointe du jour, toute l’île de Ténériffe s'offrit à nos regards. Le Pic ; éloigné d’à peu près six. lieues marines, s'élevait majestueusement par-dessus les nuages, et la neige qui couvrait sa cime jusque vers lé commencement des forêts, faisait. ressortir de la manière la plus brillante, la belle: végétation qui se développait à son pied. En passant devant Tacaronte, nous y vimes les habitants déjà occupés de faire la récolte du froment; plus loin, la Villæ Orotava se montrait au-dessous des nuages du Pic à peu près comme Frascati de Rome ; une lave noire se dessinait parfaitement bien à travers lés champs ; depuis eet endroit jusqu’au bord de la mer (*).
Nous abordâmes le 6.de mai, à dix heures du matin,
dans le petit port de Puerto Orotava.
Les neiges nous avaient empêché.de penser de suite à uné ascension au Pic. Nous nous étions occupés à étudier les forêts au-dessus de. Villa Orotava, les rochers de Santa-Ursula:;.de Realajo.et de la Rambla, les environs.d'Icod et de Garachico, lorsque enfin le 48 mai
| nous entreprimes de monter au Pic.
..Nous;n'aurions pas pû supposer que sur un chemin qu'onayaitsuivi tantde fois, ilpouvaitnous être réservé de faire encore des observations qui eussent échappé à d’autres naturalistes..D'après beaucoup de relations, nousnous attendions donc à entrer de suite, au-dessus des-châtaigiers d’Orofava , dans les forêts de pins d’une espèce particulière à ce que M. de Humboldt avait, déja supposé (Rel.,.i, 486) ;mais nousRe vimes que le seul Pino del Dornajito ei encore celui ci a-t-il été détruit depuis par.un grand débordement des torrents. Il est
(*) Foy.,dans l’atias la-oarte de Tenéritfe.
ee”: TTÉNÉRAIRE. " = 6] héanmoins trés Certain qu'autrefois on passait au mi-
lieu d'une forêt enticrement formée de ces arbres, et qui s'étendait depuis les régions inférieures jusqu’au pied du PIC même. C’est ainsi que l'avaient vu Édens et
le BAFeuillée au‘commencement du siècle passé, et même le chémin était parta
gé en différentes stations par des arbres de cette espète et d’une forme particulière, parle Pino de da Caravëlæ, et plus haut par Celui dé 4 Meriènda. Mais ceûseci n’ont pas pu échapper à la hache destruétrice ; et ne s'est conservé jusque là protégent contre les située au pied de cet arbre. Des ont pris la place des pins, e la roüte, dans dé étendu objét qui puisse rappeler à tOUru, et qui puisse ainsi points de, I route sur formité. ss. > "Gette monotonie défilé du Portillo et il semble qu’on rétr blime tranquillité q des hauts glaciers des Alpes.
néige; les hommes se perdent presque sans bornes r
; Que parce que ses branches
tl'on ne rencontre plus sur e de plusieurs lieues , aucun la mémoire le chemin par-
laquelle règne une grande uni
cesse bientôt dès qu’on a passé je quon s’avance vers la base du Pic:
ouve ici la même solitude et cette su ui saisissent l'imagination au milieu
Comme surles champs de
ecouvert de pierres-ponces d’une blancheutéclätante : Ce qui paraît un bloc dans léloignement devient peu à peu-un rocher; des collines pe: des, en appareness’agrandissent et: deviennent de grands cônes avec des ératèrés, sans qu’on sésoit apercu combieñ estgrande la distanee qu'on à franchi pour à S’approcher d'elles. Les mesures de ta plaine n'avaient
plus aucune valeur pour les objets d’une telle gra deur; le Pic même paraissait beaucoup plus élevé sur-sa basé que: nous ne d'avions-encore supposé jusqu'alors.
le Pino'del Dornajito
rayons du soleil une belle source petits buissons d’érica
servir à fixer les différente
encore ici sur le penchant
ET ou
ce ES LES
Des rubans noirs vitreux descendaient de ses flanes. À peine.s’aperçoit-on qu'il faut encore troïs heures pour traverser celte espèce de plan incliné de ponee , et parvenir jusqu'au bord d’un courant de lave. oùl'ona disposé d’une manière assez grossière quelques, gros blocs d’obsidienne autour d'espaces vides, pour en faire des salles et des bancs. C’est là qu'on.passe ordinairement.la nuit; c’est L Éstañcis aba.xo deos Ingleses. La montée devient plus difficiles depuisrcet endroit, surtout depuis.qu’on est chligé de traverser le courant de verre même., où en vain l’on voudrait conserver ses souliers. Malgrécela,, ces difficultés ne Sont nullement comparables à. celles d'une ascension à la cime d'u : des Pies couverts de neige des Alpes. Nous trouvèmes les premières taches de neige à. 0500 pieds de hauteur, près de la Cuevaæ del Hielo : mais elles n'étaient que fort petites, et elles ‘disparaissaiént même émlièrement vers la cime. Arrivés au cratère, nous nous arrêtämes plusieurs heures sur les arètes ou dans le fond de ce cratère, Tout à coup-nous Vimes paraître vi à-vis de nous madame Hammond, écossaise, avec ses compagnons de voyage. C'était , d’après l'assertion des guides, la première femme qui futjamaismontée jusqu’à cette cime :-celte dame eut -encore lescourager de faire le tour du cratère, de visiterlapartie sipeu fréquentée des voyageurs, qui se trouve vers Chahorra; et quoique ses souliers fussent en lambeaux , el qu’elle éutiété blessée aux pieds par les laves obsidiennes , elle descendit encore avec nous vers la remarquable-grobte de glace qui, pendant tout l'été, fournit cette matière, nécessaire et indispensable aux villes de Sainte-Croix , de Laguna et d'Orotava. Vers le soir, nous descendimes tous vers l’Orotava. Les guides.et les muletiers ne cessaient de chanter lés aventures de la journée, et marquaient le rhythme de leur poésie par les chocs de deux ” bâtons frappés l’un contre l’autre, et par le bruit d'une
PAU CTINÉRAIRE, | ÿ balle de plomb tournée plus ou moins vite dans un gobelet. A huit heures qu Soir, nous avions regagné notre
demeure au Puerto Orotava. s' - Lé 27Mai, nous montâmes de nouveau vers le Pic. Mais nous äbandonnâmes la route ordinaire à l'entrée “de plaine dés Retamas ; nous côloyämeés les rochers qui forment le cirque dont le Pic est entouré, pendant plusieurs heures, et nous montâmes enfin vers le pas- Sage de Guaxara. Les buissons de Retamas { Spartium
fubigenum ) Couvrenttoutes ces hauteurs de leurs fleurs blanches d'où s’exhale un
des plus agréablés ; - Tivâmes au village 4043 pieds au-dess Ja première fois av
,; Le)
etsc'ést la-seule qu'on connaisse sur l’ils. Le village de Chasnamémeestfortagréablemententou ré quantité de poiriers, depruniers et d? amandiers qui s’élèventsur les hauteurs. Nous aurions pu nous altendre à retrouver avec ces arbres les végétaux herbacés de l'Europe ou même des prairies, circonstance tout-à-fait
d'unegrande
inouie dans. le
reste de l’île. Vers le soir transportâmes
nous conduisit vers un vallon peu éloigné du côté de l'ouest, mais très eSCATPÉ, où. il y avait quantité de Grottes creusées , à différentes hauteurs, dans les murs de tufs, et remplies de momies des Guanches. Des moneaux d'ossements de ces momies formaient des petites : toilines au pied de ces grottes, Nous restâmes ja nuit .
Suivante à Rio, afin de pouvoir le lendemain étudier les
barancos (") et les environs de. las Virgas ét de Granadilla, et nous retournâmes enfin vers Chinama. Don Antonio nous fit connaître le miel délicieux que dans le cirque du Pie les abeilles savent extraire des fleurs-de la belle Retama. Tous les habitants des villages du voisinage de Chasna, de Chinama, de Granadilla et de Rio montent verslepied du Picau commeñcement du mois de mai, avec leurs raches d’abeilles formées par le tronc creux de l’arbre du dragon, et ils cachent ces ru- Lu dansles fissures des rochers: Dés millionsd’abêilles sedispersent alors sur les grandes et belles fleurs odo- FRranle du’ spartium nubigenum et; dans peu de temps elles ont rempli leur ruche. On enlève le miel qu'elles ont déposé deux fois dans-le courant de l'été, et toujours on en retire üne quantité considérable ; et jamais l’Hyblaou Y Hymettus ni Chamouny n’ontproduit ce que ces abeilles peuvent préparer" dans: cètte localité , tant le goût: de ce ‘miel est: aromatique et délicieux , tant sa couléur est belle et sa transparence parfaite. Celui qui réussirait à introduire ce! büisson en Europe, et.qui pourrait faire jouir: les Habitants de ses produits, acquérerait par là des droits incontestables à leur reconnaissance. On n'a aucune raison de croire qu’ une telle transplantation soît impossible; car ce buisson ne croît que là, où.la neige couvre. le sôl depuis le mois de décembre jusqu'à la moitié detcelui d'avril, et où la température est assez basse pour s'Opposer à la venue d'arbres de toute éspèce. L'essentiel serait donc de trouver un pays où.€e€ FES QE A0 À
eee
(*) Baranco est un mot espagnol, par lequel on désifmesdans Je pays 1 | les sillons à flancs verticaux qui sont creusés dans les rôches volca- ‘ * niques : ce sont des valléessétroites.où il n’y à point ordinairement d'eau, et dont l ape est tellemient particulier, qu’on a dû leur dônner un nom spécial : il était donc naturel de leur conserver le nom éspagnol.
échänge elle est
TINÉRAIRE. ; 7 jouir d’un étéégalement chaud ét sec et il semblerait que detellesS expositions pussent se trouver facilement.Mais, jusqu'ici, aucun grain de celte plante n’a voulwléver en Europe, et, quoiqu’en disent les catalogues ,on ne j'a encore vu végéter dans aucun jardin botanique. AUTRE,
Le 31 mai , Nous descendimes vers le bord de la mer,
nous nous arrêtâmes au port.de los Christianos, le
point le plus méridional de l'ile. Mais l’aspect.des envi-
rons n’estpas encourageant, et la sécheresse du ‘sol devient vraiment éffroyable. On ne voit pas la plus légère habitation dans la distance de plusieurs lieues , excepté
une seulé petite maison quiest située près du port, et
déstinée aux équipages des bâtiments qui amènent en été du fromént de. Sainte-Croix aux villages de cette partie de l’île. On ne voitpas L'ombre de terre végétale surle fond detuf dir blanc éblouissant , formé de morétaux: de pierre- ponce : et les. buissons qui s’y trouvent ne $e Couyrent que de feuilles rares ;étroités , et d’une
teinle grise qui leur donne un aspect triste et désolé ; Souvent même la plante n’en porte pas du tout, mais en
couverte de longues épines. L'Æuphorbia Cañariensis Y présente des formes tout-à-fait fantastiques, et le triste Plocama pendula laisse Pendre, ses branches molles et effilées, comme un saule-pleureur, Une mélancolie invincible s'empare de l'esprit quand on parcourt ce désert; et c'était avec de vifs sentiménts. de plaisir que nous en sortimes enfin pour remOnier à Adexa. Nous y entrâmes par une grande allée d'agaves en fleurs, puis nous passâmes une longue suite demaisons Pour arriver au grand et ancien Château fort du marquis d’Adexa, comte de Gomera , don Antonio de Herrera,où don Baltazar Bal Cazar nous fit une-péception très hospitalière. VE MRS
Le baranco au-dessus d'Adexa méritait certainement d'êre visité, Le plus grand ruisseau de l’île coule au
milieu de ce vallon ; l’eau-se pârtagé et se perd dans une infinité de jardins et de plantations qui produisent tout ce qu'il est, possible .de cultiver sous un climat aussi heareux: Nous trouvâmes dans les défilés audessus des jardins, sous les précipices et’ dans les fentes des rochers , presque tout ce qui n'avait pwêtre observé jusqu'alors; et beaucoup de plantes.qui avaient fleuri et ne laissaient apercevoir que des:tiges mortes, nous firent croire que-vraisemblablement les botaristes pourraient encore trouver dans ces lieux des-espèces inconnues jusqu'ici. Les-géologues peuventaussi tirer des lumières précieuses de étude de ce barancoïdel infiernog parce que dans aucun autre endroit il n’est permis de s’avancer aussi loin vers l’intérieur du Pic, et d’en observer pour ainsi dire la charpente. Adexa est à 923 pieds au-dessus de la mer: Nous en pee sur des plans de tufs; oùdes petits buissons de Justicia"Hyssopifolia, de Cistes; de Conyza, d'Armoise, de Thym et de Lavandule présentent une nourriture abondante aux nombreux trotpeaux de chèvres , qui s’abritent dans quelques mélairies dispersées sur les montagnes. Le lait de ces animaux. est délicieux et un grand bienfait pour le yays. Chaque chêvre en donne une quantité. étonnante, souvent une. pinte et demie, et. peut-être encore plus, ef le lait, gras comme celui des rennes, est d’un goût pur el exquis. On ne saurait reconnaître dans ce lait celui si peu estimé avec raison de nos chèvres duñord, qui, en effet, sont loin aussi de pouvoir trouvera se nourrir de. feuilles de justicia, de Jaävandule et de cistés. La . chèvre elle-même parait être. aussi d’une tout dutre espèce. On serait tenté de là comparer pour l'élégance et la légèreté de ses mouvements à une gazelle. Ces cornes, courtes et lisses, sont couthées derrière lefront; et son poilnoir et sans raideur, est au contraire lisse , fin et luisant comme de ébène. On ne sesert pas d’ tre
: WTINÉRAIÏRE. 9 lait dans toute l’île de 'énériffe : il esimême probable qu'il serait toujours préférable au lait de vache-etde là vient'que dans toute l’île n’y a peut être pas un seul de ces animaux. Le fromage frais qu'on fabrique avec ce lait ressemble beaucoup au sérac des Suisses.
*En passant des déserts immenses de laves , “toujours sans culture, sur lesquels les pauvres villages de Guia, de Chio et d hopale ne trouvént que de faibles moyens
d'existence, nous gagnâmes la vallée de S. Yago, qui réunit la partie dusud de l’île avec celle du nerd. C’est là, enfin, qué Smith. (rouva’ pour la première fois, la belle Eupliorbia. atropurpuréa, que Broussonet avait décrite le premier", nous la vimes s’éléver en larges et beaux. buissons assez fréquents. Nous étions disposés à remonter au Pic’de ce côté et à observer de près l'immense quantité de cônes d’ éruptions dispersés sur ce penchant; mais nous ‘en fûmes empêchés par les | Pluies et par les bouillards. qui avaient couvert tous ces penchants “jusqu’au pied de la montagñe: "Nous ‘éûmes besoin de‘près d’une demi-heure pour passer le gränd courant delave qui, en 1706, a entièrement détruit la Ville de Garachico'; mais nous nous rendies avec plus de facilité à Icod los Vinos, dont la situation et l’aspect ‘ férmentun tableau des plus agréables. C'est celte contrée qui, pardes vins qu’ ‘elle produit, avait principalement Conribué à donner au port de Garachicoson activité et son impoñlance. Le vin malvoisie d’Icod a conservé sa réputation depuis des. siècles. Il est encore exporté en
“assez frage quantité: par le port de l'Orotava, Li : £ipalémen en Angleterre. RL:
Une masse de courants d'obitfienne. de re
| liènés de largeur couvre les penchants de la montagne auprès d'Icod. Elle a comblé les barancos et nivelé les
hautenrs. C'est sur ce plan incliné que descendent les
pins déshauteurs qui entourent le Pic, et quelques uns
d'entre eux s’avancent même jusque près du bord de la
mers Cest un fait très remarquable ; car ducune autre espèce. de pin ne jouit d’une. telle Jatitudé de zone de température. Elle vient parfaitement bien vers 1e:Pic à une-hauteur dont le climat ne peut être COMparé qu'à celui de la Norwège, et sur le bord de la mer elle végète.encore dans le climat de Mogador et de Maroc. IL faut convenir cependant que-laforme a considéra- blement changé dans les régions basses. Le Pino.sañto, un pin isolé; qui porte uhe image miraculeuse entre Icod-et los Guanches, frappe. de.loin. par sa forme singulière. Les branches s’élèévent'peu , maïs elles s’étendent sur une largeur immense , de manière que l'arbre couvre un. très grand espace, Les:feuilles ou les aiguilles ysontsuspendues, en $’avançant sur les branches. pendantes, et ontune longueur d’un piedet demi, et même quelquefois de deux pieds ; ces branches Rs peu près à cet arbrel apparence d’une têté baissée, couverte d'une longuethevelure;, dôntelle serait entièrement-enyéloppée. PIüS haut, vers la montagne , les feûilles n’affectent plus bitolénsubrià démesurée jet toutsà-fait vers lalimite supérieurede ces arbres, les feuilles ne différent guères en longüeur'de celles ‘des pins communs des forêts du nord ; alors la forme extraordinaire à disparu. Le 4 juin, nous fümes de retour à Puerto Orotava. Le 12 juin ,-nous allâmes à liaguna. Nous y enirâmes, pour ainsi dire, dans Un nouveau monde: Le penchant richement cultivé” sur lequel passé laroute, rappelle toujours les climats méridionaux. Santa-Ursula est entourée de palmiers , et T'acaronte LE dans les vignes qui l'entourent. Mais avec la’ plaine/de la Lagunacommence la région des brouillards. quis’élévent journellement de la surface dela :mef: On voit des Champs de blé à perte de vue, mais en vain chercherait-on les arbres fruitiers , les vignes ; et surtout des paliers. Laguna est le chef-lieu de l'ile ; aussi la ville est-elle grande et belle: c'est la résidence de la plupart
PFINÉRAIRE: 5 6 11 dés grands sir iélaires , marquis où comtes, qui sont Jes descendants des anciens conquistadores.
"Nous nous éfablimes dans une grande maison vide, £ garnie denombreux balcons etde beaucoup de fenêtres. - C'est là , sur ces balcons. même, que Smith fit une dé- ‘ouverte à à laquelle il'ne s'attendait certainement pas. Tous les botanisies qui sont montés de Sainte-Croix à Laguna ont dû êfre frappés; commestout voyageur qui voit cette ville pour la. première fois ; de trouver tous les toits couverts dé pétits buissons dé Semper PiVumM ; " qui ressemblent ärde petites forêts suspendues: Qui aurait pû croire que cette planté, tant de fois admirée et observée, n'avait encore jamais été ni étudiée , ni décrite? Elle est totalement différente, du ter vivuni canariense, avec lequel on avait toujours confondue, déj même par ses fleurs qui sont forméestde panicules blanclies ; tandis que le Sempervivim cänariense. en porte de jaunés ; de manière que Smith se erut parfaitement : autorisé de nommer cette nouvelle.espèce Sem- "pervivum urbicum, d'après Ftplacé singulière où elle a principalement été observée, L'air échauffé, vers le bord de:la mer ,:s “élève dans le, courant de la journée avée Ja vapeur aqueuse. Arrivé: à Ja plaine de Laguna , :cet air s’y étend. et-se refroïdit j jusqu'au-dessous du Doi de 1e condensationde 14 vapeur. Celle-ci est obligée d'a bandonner SON état gazeux ei de sé présenter sous forme de-brouillards. Les conditions nécessaires pour les différentes, espèces de joubarbes , l'humidité, chaleur net Un abri contre les rayons directs du soleil, se, trouvent alors. réunis sur.les toits de Laguna. La raison qui détermine les brouillards à s'étendre pus autour de Laguna qu’en (out autre parlie de l'ile, se trouve facilement dans la forme échanerée Fin nr lagnes au milieu desquelés la ville est bâtie, circonslance qui-permet au vent alisé du nord- est dé se mêler au vent du sud ou au vent de mer qui s ‘élève depuis
Ja
Sainte-Croix. Ce vent nord-est, qui, vient fräpper les montagnes {out près de la ville, se change par rés flexion en un ventéu nord-ouest ; ex effet, un moulin à vent, mu par ce courant d'air, aconstamment les aïles tonrnés vers le nord-ouest. Plus bas et à moitié chemin de Sainte-Croix, et à peu près à 900ipieds d’élévätion | au-dessus dé la mer, on voit.un autre moulin, mais dont les ailes sonttoujours tournées vers le sud, car le vent de mer.s’élève jusqu'à cette hauteur; et c'est un spectacle bien curieux de voir ces deux, moulins constamment en mouvement Faq dans une tion tout-à-fait opposée.
Ces brouillards et lesbelles sources qui en résisht ont. un effet puissant sur la végétation des collites. On ne voit nulle.part de plus beaux arbres, que dans la superbe forêt de l’Obispo à l'Est de ion et on y trouve réunis tous les arbres que l’île produit dans la région des forêts. La source nommée l’Agua dela mercéde, au milieu de la forêtest'un endroit délicieuxs dés lauriers d’une hauteur.immense (Laufusindica, Barbusaño, Fil. ) y forment une voute élevée ét impénétrable aux rayons du soleil, du dessous de laquelle l'eau s’échappe, pure ettransparente, du sein de la terre et s'écoule en formantun ruisseau considérables Lesolse couvre des feuilles élégantes d’uñe cinéraire qu’on est obligé de regarder de fort près, pour ne pas les prendrépour dé jeunes pousses du peuplier noir. Des bancs entourentées eaux et on y trouve presque constamment desssociètés de Laguna qui se plaisent à y respirer la fraîcheur.
Ces forêts , les barancos , les rochers'vers Puntaäi Naga, le village daube that caché au-dessous du rocher de Taganana’, celui de Teguesta , de Taeaïonte, nous arrêtèrent long - temps à Laguna et ce ne füt qu'avec regret que nous quittâmes la grande maison | déserte que nous habitions tout seuls à Laguna, pour or le 24 juin à-Sainte-Oroix. La . vie sociale
ITINÉRAIRE. ( 13 y avait eñcore eu beaucoup d'agréments-pour nous. M. Le Gros; artiste français aväit établi .une école. de dessin, qui avait répandu Je bon goût parmi les habitants,de l, ville; ét nous le trouvâmes entouré d'une trentaine d’écoliers. Le docteur Savinion avait un ca- -binet de physique dont ce savant modeste savait tirer parti. Outre ses connaissances élevées en littérature, le marquisde Nava était versé dans beaucoup d’autres Parties des sciences: et sa belle bibliothéque aurait été un ornement-pour une ville d'Europe: Le président du tribunal Don Nicolas de Las Torres entendait parfaitément bien toutes les branches de la physique ,. et il rasseniblait soigneusement {out ce qui pouvait avoir rapport aux sciences qu'ileavait cultivées. Nous {rouyâmes le même intérêt dans l'aimable famille de Carvaiho et dans beaucoup d’autrès nu CUS RE ie TS autre L'an Ent Lg * Sainte-Croix ne pouvait plus.offrir au-botaniste, vu lasaison avancée, rien qu’il n'eut déjà vu ailleurs avec plus de fruit ; mais nous eûmes le Srand avantage. d’y trouver Don Francisco Escolar , qui avait parcouru toutes les îles ; et qui partout avait fait des observations géologiques curieuses etexactes. Ses collections et’ses instructions ont eu une part considérable dans tout ce qu'il nous à êté permis d'apprendre sur l'histoire na{urelle detes îles, …
Deux ou trois fois par semaine arriv un grand bateau qui vient de la grand de fruits et de bestiaux ; c'est la communication ordinaire entre ces deux îles. Nous profitâmes de ce moyen
detransport le mercredi 23 juin à cinq heures du soir. On nous avait fait espérer que nous Pourrions déjà aborder le matin süivant à la £rande Canarie ; mais les Yent$ nocturnes, entre ces îles, sont trop variables et tropfaibles. Nous n’atteignimes la côte, qu’à quatre heures del’après-midi, dans la petite baie déserte etinhabitée
e, à Sainte-Croix e Canarie, chargé
Lisa 3 à AE ES & M sam at Cats TESTS RME
de la‘Sardina (*). L'endroit lé plus proche, Galdas était & une lieue dé là: on nous y reçut d’une fnanière bien véillante et surtgtit avée beaucoup d’hospitalité daris la maison de. Don Joäquim , vieillard prévenant, affable et vivant dans l’aisaänce. Sur la route que nous Suivimes” le lendemain pour gagner Las Palmas, la capitale de * l'île, située à.peu près à six lieues de distance, rien ne pouvait plus nous rappeler ‘Ténériffé. Partout nous retrouvâmes l'aspect des contrées de l'Afrique et de YOrient. Des palmiers entourent tous les villages , et 15. setrouyentici en apparence dans un climat convenable à leur végétation. L'eau coule de tous côtés travers de beaux champs de-maïs et vivifie la contrée, Nous pässimes beaucoup’ de vallées, celle de Moja, éelle de Teror-toutes verdoyantes et singulièrement embellies . par des touffes de beaux "palmiers. A Palmas on croit
voir dans les premières maisons ét dans les prémières
rûes üne ville. comme Tunis ou Alger. On descend Jelong de la continuation .de l’aride montagne de Saint- Antoine. Les maisons sont creusées dans lé tuf de cette
montagne et on ne les reconnait qu’à des trous de diffé-
rentes grandeurs, qui forment les portes et les fenêtres’ Viennent ensuite de petits cubes avec une seuleouverture:qui est la porte ; enfinsles maisons s'élèvent mais elles: restent toujours entièrement plates dans le haut
‘et sans toit. Même à Sainte-Croix nous avions encore .
vuedes toits et tout au plus pardessus un large bal€on ou une loggia. Mais à Las Palmas rien ne brise 16s lignes horizontales ‘des bâtiments, qui’ paraissent comme atfachées sur les blanches et arides coflines auxquelles elles -Sont adossées et dont on ne saurait les dis-
tinguer. Des palmiers s'élèvent de tous côtés ainsi que
beaucoup d’autres arbres qui-ne Fappellent rien des formés européeunes; le lamarin ‘y croit en grande abondance , ainsi que le Caréca Papers! mais cesont
Foy. FR catte dé Pile de Canarie.
ES ITINÉRAIRE. 45 toujours des Espagno
culent dans.les'rues. A4 ITÈT % Las Palmas est une ville considérable. Elle st plüs . Srande que l’Orotava et'que Saïnte Croix et presque aussi Srande que Laguna. Elle contient8,096 habitants. “Elle est séparée “comme Sévilla en deux parties iné- Sales parlé fort ruisseau de Guinequada. La plus petite, nommée la Veguëta contient la grañdeet belle cathédrale - Sothique, le palais de J üstice; lepalais de l'évêqueetpar Suite {outes les mäisons des chanoines, deschapitres et des grands propriétaires de l'île: Il n’est donc pas étonnant, qu'On y rencontre beaucoup plus de rôbes noires él de Chapeauxfen formé de toit, qui sont portés par que dans l’aûtre partie de ‘la ville la
Is, et non des Orientaux, qui &r-
des prêtres , Triana. Dans celle-ci sont rdssemblés les marchands , les artisants et tous céux, qui doivent travailler pour Sagner leur vie: Comme des iles, s'élèvent du milieu de
cette masse ‘de maiï$ons : ‘deux couvents. de religieuses et un Couvent de Franciscains :.ét sur la haüteur, {outä-fait isolé, on voit le chateau del Rey , réüni par âne longue muraille avec le petit château:de Casa Matas qui lui même se rattache de Ja même manière aû châ- * eau de Sainte-Anne sur le Bord dela mer. Le L'évêque partage avec le Roi et de chapitre ‘les réveñus de l'ile et sa part est évaluée à cent millé piastres,. best par conséquent sur l'ile le centre de tous les mouveménts, Tous ceux qui € dans.les grades ecclésiastiques se réunissent autour de “lui, et son palais est entouré des institutions oùon prépare, par l’enseignement et l'instruction , iæ jeunesse destinée à occuper un jour'ces places. L'objet de la plus haute importance consiste donc à savoir tout ce qui Concerne l’évêque; ce qui se passe dans le reste ‘dé l'Europe et: même en Espagne n’inquiète et n’intéresse Rullement cette population, et la Rouvolle de là bataille de Waterloo, avait, au moment de son arrivée, le même
herchent à S’élever
intérêt pour les habitants, qu’aurait pour nous'la nouvelle d'unebataille entre les Chinoiseet les Boukhares. L’évêque Don Nicolas: de Berdugo nous reçut avec ‘bienveillance, et nous assurä de sa protection pendant notre séjour sur l'île: ‘ll nous envoya son médecin Don Juan :Bandini Galli, et nous procura ainsi une des conhaissañces les plus agréables et leS plus instruetives quenous ayons pu désirer: M. Bandini , ami ‘intime du célèbre Viera depuis de longues années , avait suivi ses traces. Ses collections renfermaient tout cequi pouvait être regardé comme utile ou curieux. sur l'ile*ét ses maruscrits: cContenaient une foulé d'observations :eu- rieusés et piquantes.Il savaït encore communiquer les connaissances qu il avait acquises.
Ce ne fut pas non plus sans quelque surprises que nôus vimes les jeunes gens du séminaire, excités par l'exemple de leurs maîtres, discuter sur des objets,.que nous ne nous serions pas atteñidus àVoir traiter da ns une semblable école; ces discussions roulaient sur le Soleil, lé mouvement et lirritabilité.des plantes, Sur des plantations ‘d'arbres fruitiers, sur les pépinières de ces arbres et sur leur utilité pour l'île, sur l'influence de la lumière et dé la chaleur dans la végétation. L'évêque protégeait toutes: ces études et encourageait avec. beaucoup de zèles - 7 -
Après avoir examiné les environs de Las Palmas, nous côtoy âmes le 5 5 juillet les tristes et aridesscôtes de, ja mer jusqu’à-T elde, village qui, comme tant d’autres, ressemble, par sa verdure etses palmiers , à une oasis au-milieu du tuf. Ensuite nous montâmes vers l'intérieur pour gagner le Val Sequillo, où, une petite plaine permet de cultiver avec succès beaucoup de blé. L'eau se précipite le long de cette vallée’et elle estentourée, de la manière la plus agréable, par des plantations de courges et protégée par le large feuillage
des colocasia, Sur le village même, s'élève un rocher remarquable 1e Rocque del Saucillo dans les fentes duquel Smith découvrit une belle espéce de jodbarbe , entièrement nouvelle ( Sermnpervivum cœspitosum ) qui depuis el par lui est.entrée dans tous les jardins botaniques de l'Europe , et dans beaucoup d’autres encore. Nous montâmes plus loin juSqu'’à la plus grande hauteur : de l’île, le Pico del pozo de las Nieves, de 5,842 pieds de hauteur, mais l'espérance que mous avions de pouvoiry embrasser l’île entière d’un seul coup d'œil ne fut pas remplie. L’atmosphère paraît être ici constamment remplie d’un brouillard sec, qui empêche la vue, de s'étendre Nous ne vimes. que les plus proches vallées et point.du tout les côtes ni là mer. La cime elle-même n'a rien de remarquable : lle est couverte plutôt de Pierres que de plantes : il n°y éroît guère que le beau Peucedanum aureun , et Cette-piante qui ne se trouve que Sur cette hauteur est la seule compensation: offerte au botaniste pour là peine qu’il s’est donnée dans cette ascension. L’agréable village deS.-Mattéo quicommence
déjà un peu du dessous de la cime mème, présente un aspect bien différent, car à côté d’un beau ruisseau, : s'élèvent de grands et beaux noyérs et châtaigniers, et les vergers y sont couverts d’une infinité d'arbres fruitiers. À Lecheguillo , le premier endroit de la vallée et à la hauteur de 3,013 pieds, les habitans vinrent à notre rencontre, pour nous offrir de superbes reines-claudes;
leurs Maisons entourées de grandes galeries forment, sur le penchant de Ia montagne autant de petits tableaux qui sé groupent Surtout d’une manière admirable et gracieuse autour de l'église de S.-Mattéo même. Plus bas commencent les vignes et les maisons de Campagne des habitans de Las Palmas, le long de la Vega de S.-Brigita, jusqu’à ce qu'enfin la grande # chaleur et Ja sécheresse de la zone inférieure ne per-
Fe
mette plus le développement d'aucune autre végétation que. celle-des buissons à longues épines où à feuillage cris , long et étroit.
Le 11 juillet nous nous trouvâmes à Teror. C’est là résidence d'été de l’évêque. Elle .est éloignée de quatre lieues-de la “ville, et située dans une vallée profonde. Une image miraculeuse y attire encore beaucoup de ménde , et quelques personnes S'y rassemblent de plus pour visiter une source faiblement acidule mais abondante. la température de cette source est.de 22 C. (47. 6. R.!). Le petit palais de l’évêque est assez élégant et l'église présente une grande magnificence et là majesté qu'on doit attendre d’nn centre de pélerinage. Noùs passames la montagne et la forêt de Doramas,, qui par son nom rappelle toujours le plus renommé : des héros des Guanches, et-nous descendimes dans la grande vallée de Moja, où ily a encore ‘uné source | acidule, plus faible que cell de Teror , mais à là même température. Danñs d’autres climats moins chauds, on nommerait ces eaux des eaux tièdes et .ne-leur prèterait. pas beaucoup d'attention sous le rapport de l'acide qu’elles renferment. Effectivement, même ici, . on les estime moins que les superbes fontaines qui, un peuau-dessus deMoja, jaillissent hors des rochers de basalteet qui sontassez considérables pour formerun'ruisseau. Ellessont connues sous le nom de’ Æqua Madre di Moja. Des lauriers Til d’une grandeur énorme les entourentetles recouvrentd’une coupole impénétrable au s0leil etaussi élevéeque le dôme d'une église. L'eau y coule avec une grande vivacité sur le fond et y répand cons-
tamment une douce fraicheur, nous trodvâmes sa tem-
Éras de 14, 75 C. (15, 4 R), celle de l'air étant à 23, 87, C. (ADR). |
C É T'amsonce des eaux, qui principalement donneaux vallées de la grande Canarie l'aspect de cul-
tureet de vie qu'elles possèdent à un si haut degré. On s'empare deces eaux là où elles sortent des gorges des montagnes, el On les distribüe en mille canaux sur les collines de tufiet dans Tes champs au fond de la vallée. On est étonné de'ce que la nature peut produire sur un SO] ainsi arrosé, On Y fait trois récoltes'successives PAT année , et chacune d’éllegst d'une production sur- Prenante. On y récolte deux fois du maïs, en juin et en décembre, ét puis on y plante encore des patas ou Pommes &e terre, fruit qu'on estime beaucoup dans Cette île. La Canarie étant beaucoup plus large qüe Ténériffe ; les eaux dés montagnes nepeuvent pas S'enfoncer au-dessous du sol pour ne reparaître que dans la mer . même ; les vallons qui rayonnent du point central sont devéritables crevasses , qui les forcent plutôt à sortir ‘2 àdleur surface pour répandre de cétte manière la fertilité et la vie sur le reste de l’île. GE PS “On vendait des grappes de raisins au marché dès ‘le commencement du mois (fjuillet \. Peu après on “apporta de très’ belles müres » Qui sont un fruit très agréable dans ce tlimät si sec , d'excellentes poires des plaines de l’Aldéa, et enfin une grande abondance de figues vertes des plus délicates. À la-fin du mois Mençait à mûrir le Tuna, Cactus Opuntia, qu’on vend également sur le marché. C’est le moment où ce fruit müritquile fait estimer ; car ôrdinairement on le trouve dans des Parties de l'ile où il est impossible de se procu ver une goulte d’eau jet pendantdes chaleurs excessives Le mardi 17 juillet, nous quittâmes la ville pour traverser l’île par ie Milieu, et pour en faire ensuite le tour du côté du sud. Nous passâmes Telde de NOUVEAU, puis Âguimez, à travers un véritable désert de Pierres et de tuf. Peut-être fallait-il mettre beaucoup de cet attristant aspect sur lé Compte de la saison avancée, car les mois de l'été sont Fhiver Pour ces contrées.
com-
Tout ce D
qui peut croître, fleurir et mürir , a depuis long-temps achevé son cyclé de vie ; il n'en geste pas même latrace , et la recherche la plus soignée n’est pas en état de faire découvrir un atome de ce qu'unespluie abondante fait lever en peu de jours alors comme parenchantement; ce qui peu avant présentait l'aspect de l’aridité la plusaccablante et la plus parfaite , se couvre de fleurs el de verdure. Le petit village de ‘Tamisas , déjà assez élevé, nous parût. donc un endroit fort agréable, parce qu'un petit ruisseau dans lé vallon,suffit pour arroser païr ses canaux les penchants de Ja montagne , et. y développer La végétation. Nous n'avions jamais Vu auparavañt dés oliviers d’une si étonnante hauteur que dans*cet en” droit. En général, on en voit pas beaucoup sur ces îles ; mais , pour ceux -ci, on aurait pules méconnaître entièrement. En continuañt de monter, nous arrivâmes enfin sur le bord d’un précipice qui , se déroulant toutà-coup au clair de la lune, nous fitirecénnaître.la Cal- ” dera de la grande Canarie. Nous descendimes sur une côte abrupte, et arrivâmes à neuf heures du soir à Sainte-Lucie, au fond de cette ‘chattdière« cetle ville est le chef-lieu de la grande paroisse deTiraxana. Nous y trouvâmes la température des déserts de la Lybie ; jamais encore la chaleur ne nous avait tourmentés’ jus qu'à ce point . aucun vent ni de terre, ni de mer ne pé-” nètrent dans cet endroit reculé ; il y a pas le moindre mouvement dans l'atmosphère ;et toute la nuit lethermomètre se soutient à 24 d. R. (50 C.). £
La Caldera peüt avoir trois lieues de diamètre. De Sainte-Lucie, nous montames à Fonte et à Saint-Bartolomée, quisontencore du ressort de Tiraxana; mais depuis ce dernierendroit, lamontée, vers les rochers delaCumbre(*), devient beaucoup plus rapide. Peu après Saint-
(*) Mot espagnol qui signifie créle, par lequel Vanteur désigne l’arête principale des montagnes ou ligne de partage deseaux. (W.auT.)
mt
7 VAINÉRAIRE. | . 21 Fartolomée ; not$ arrivâmes à Pinar, c'est-à-dire à la forêt de pins des Canaries , qui ne-consiste qu’en arbres elair-semés ; le C istus mon$peliensis, des Ononis et des Salvia CToissent dans les parties inférieures, On transporte. le boïs de. cette forêt à travers.la Cumbre à -S--Maiteo, ef on en fait descendre chaque matin la quantité nécessaire aux besoins:de lawille. A'la hauteur de
3,642 pieds, on travérse un col » le Paso de la f'lata, et
l'on descend dans un vallon profondément encaissé, qui Poursuit son cours vers la partie sûd ; puis-on remonte Pour traverser le Paso,del. rocque de Nublo, dont la hauteur est de 4,796 pieds; mais on ne reste pas fort long-temps sur ces hauteurs. La vallée de Texeda , à Jaquelle on ‘arrive, s'enfonce rapidement , et c'est à peine si l’on trouve un chemin pour y descendre; les rochers; s’avançant en arêtesset en pointes , en mas-
uent la profondeur : il semble alors. qu'on se retrouve
dans les gorges des Alpes »Surie versant des montagnes du côté de l'Italie. Le village de Péxeda même, à Ja hauteur de 2,945 pieds ; est encore entièrement caché dans ces défilés: De là il nous a fallu remonter beaucoup Pour gagnerie village d’Artenarà : c’est l'endroit le plus élevé de l'ile, il se trouve à 3,694 pieds au-déssus de ‘Tamer, et sa population est de 1,175 habitants. Mais ce Villäge est invisiblé: on se trouve au milieu sans qu'on puisse s'en: apercevoir , et l’église sur la hauteur est Le seul objet Qui: puisse annoncer que ce lieü est habité : c'est que toutes es maisons, même celle du curé, sont excavées dans le roc; on n’en Voit que la porte, et encore souvent avec peine. La vallée s'ouvre entièrement vers la belle plaine de l’Aldex, sur le bord de la mer: elle SSt,couverte* de superbes palmiers’ et de champs de Mais qui S’étendént à perte de vue. Elle appartient aû MTS de Naya de Lagüna, êt nous fûmes reçus dans sa Maison de la manière [& plus obligeante.
"Nous.
avions gagné Ja partie ouest de l’île ; elle est
inaccessible aux vents alisés dû nord-est ,'et les vents de mer arrivent rarement jusque daris celte vallée. Nous n'avions jamais encore observé les buissons d’un climat africain , le Plocama pendulum et Euphorbia balsamifera jusqu’à unesi grande hauteur; qu'entre l’Aldea et Mogan. Les euphorbes dans le vallon de Beneguera sont grands comme des figuiers, etils y forment une véritable forêt. Le suc laiteux , blanc et très doux de ces arbres gonfle tellement l'écorce, que celle-ci en paraîttout-à-fait lisse et luisante , et qu’un seul petit coupede bâton süffit pour en faire jaillir une fontaine de lait qui s’élance jusqu’à une très grande éistante. JL. n’est pas étonnant que lés anciens aïent pu voir dans ‘ce phénomène des sources sortant d’une F'erula, douces et innocentes quand elles proviennent de l'intérieur de l’euphorbe balsamifère , mais aigres et nuisibles quand c'est dé l'euphorbe des Canaries, plante anguleuse, piquante et tortillée, qui ne manque jamais dans le voisinage de la mer. SANTE Le Pinar descend, dans les environs deMogan, depuis la Cumbre jüsque versles bords de la mer. Le petit sentier qu’on suit sur les rochers devient à la longue fort incommode, et à cause des détours immenses que ces rochers , souvent à pic sur la mer, obligent de faire,'il faut mettre beäucoup de temps dans.ce trajet. Nous avions quitté Mogan à six heures du mâtin ; mais nous ne pûmes arriver à Arguaneguin qu'à trois heures du soir Sans avoir vula moindre habitation. Arguaneguin __ même, malgré la grandé réputation que cel endroit © s’est faite dansl'histoire de la conquête de File, n'est composé que de quâtre chétives maisons isolées ; qui appartiennént , Come touté Ja pañtie sud-de l’île ; au comte Castillo de las Palmas. Le seul puits qu'on trouve dans 16-fond d’un barañco contenait de l’eawdont,la température était de 26, 8 C:5 ce qui ne la rendait guère potable ; c'était apparemment ün reste duruiséeau qui
ITINERAIRES | 25
coule dañs ce baranco pendant le temps des pluies: A travers les déserts, nous n’arrivimes que la nuit-à Maspalomas , village formé de dix à douze maisons rangées en rue-et entourées de champs de maïs et de pommes deterre. C'est le torrent quissort de la grañde Caldera qui produit cette fertilité du sol. Après deux heures de Marche'sur des plaines arides et Vâmes à Huan Grande, centre des possessions du comte Cassillo, situé à peu de ‘distance de grandes. salines , Où l’on fait de très beau sel dans plus de trois cents petits téservoirs creusés sûre bord de la-mer. Il nous fallait trois heures pour arriver de’ cet enidroit au viHage de Corrizal, et nous ne fûmes de retour à las Palmas que le 29 de juillet, vers la nüittombante, - HNRAGYES Nous nepûmes repartir délas Palmas que le {1 d'août. ous allâmes vers cinq heures. de l’a de la Luz, vers l'Isleta MIN Couvert de piétons même route pour ée re
brûlantes , nous arri-
le‘vent de terre et le Courant nous firen
vite ; et à dix heures du matin nous.ét
nouyeau dans le port de Sainte-Croix de Fénérifte.… | Les vallées entre Sainte -Croix, et là Punta di Naga
nous Gecupèrent plusieurs jours. ÆElles Je méritaient
bien ; car chaque rocher y est remarquable’, et chaque
baranco contient quelque phénomène qui lui est parti- __culier. Le plus intéressant de tous est, sans contredit, le dernier verslapointedelile, levald’Yguesto.Ons’y croirait aux grandes Indes ; dans toute la vallée.les grandes feuilles des bananiers réfléch'ssent l'éclat du Soleil, et des petits hameaux entourés,de grenadierset de figuiers couronnentdes deux côtés tette brillante forêt. Les habitants descendent le long de cette vallée , portantsur la tête de larges co rbéillesremplies d'excellentes bananes, dont nous achetämes autant que nous pûmes en emporter* pendant toute la journée, nousne man geâmes rien autre chose, car c’est.un fruit non-Seulement agréable et parfumé.,-mais encore très nutritif. Nous traversàmes cette forêt de bapaniers , au, milieu de laquelle des sources d’eau limpide, qui.jaillissent entre les racines.des arbres, se précipitent en cascades vers le fond dela vallée. Les larges feuilles des bananers tressées en immenses,afcs, empêchent les rayons du soleil de.pénétrer dans ces galeries de.fraicheur et de vie; et les enfants du voisinage ,. attirés-par ces délicieux -ombrages , viennent=au milieu des eaux s’ébattre comme des insectes. Vers le commencement de la vallée, nous trouvames sur Ja hauteur, tout-àfait isolé, l’Atalaya ou la maison de garde, qui annoncé l’arrivée des vaisseaux à Sainte-Croix. Peu audessous, vers la vallée, nous aperçümes un dragonier, dominant les. buissons ‘du penchant , fort éloigné de toute habitation , et qui, en apparence, a poussé dans cet endroit sans y avoir été planté ;,ce qui.paraît assez remarquable. RPL Lel8 août, nous passämes à la Laguna pour recueillir ! dans les forêts des sémences-müûres, et nous quittimes cette ville le 25-du mois , pour {raverser Ténériffepresquê dans la totalité.dé sa longueur , ettoujour$ en longeant l’arête qui sépare les deux mers. Depuis le village
ITINÉRAIRE. 25 d'Esperanza NOUS ne rénconñträmes plus d'habitations. L’arête devient de plus en plus. aiguë, et la mer des deux côtés parait en baigner le pied. Nous restämes-la nuit sur là hauteur d'Orotava, entre des buissons de retamas Toute cette contrée est si solitaire ét si peu Misitée, que des chèvres: sauvages s’y multiplient en Pleine liberté. Il estrare de les voir pendant la journée ; Mais le matin , de bonne heure; éllés ont coutume de se rassembler auteur de la Fuente de la montana bianca., qui est présque la seule source sur ces hauteurs : elle rest'élevée de 61053 piedssur la mer. Sur le mont Yzana, x nous eûmes une vue admirable de l'immense cône du : Pic en entier > entouré de son cirque. Nous descendîmes
dans ce cirque près de lAngostura,-et.de suite nous y Yimesdes plantesen fléurs, que Smith avait pas encore observées et qui l’occupèrent pendant toute la journée, la Céntauréa, Tey dis (argiita,nees) et la Scrophularia - 8labrata. Lesoleil était brûlant, tant dans le cirque que “vers l’'Estancia. Son ardeur faisait éclater de tous côtés
‘les gousses mûres du Spaïtium nubigenum ; ce qui occasionnait un bruit vif continuel etrès singulier , ana- +Togue à un feu de peloton non interrom ne fûmes pas peu surpris d'entendre.
pu, ef que nous = Nous restâmes plusieurs jours sur ces hauteurs däns Je Canadaef sur le penchant du Chakorra, et nous eus- “sions bien désiré nous yarrêter plus long-temps sit avait été Possible des procurer de l’eau. Lorsqu’enfin nous destendimes sur les courants d’obsidienne du Ghähorra par le Pinar , vers la Guancha, nous n'avions ‘pas Vu une goutte d’eau pendant touté la journée, et les habitants des maisons les plus élévées, que nous ‘rencontrâmes, étaient encore obligés d'aller la chercher à une demi-lieue de distance. Mais ils ne se conten- Lèrent pas de nous aPporter de l’eau; ils pensèrent qu'après un Séjour aussi long sur la Cumbre , nous
pouvions encore avoir besoin dequelques autres rafraichissements, et bientôt tous les Voisins arrivèrent, chacun pour nous offrir quelque chose, ou des raisins, ou des figues, des pèches, ou enfin des œufs qu'ils. nous firent accepter de la manière la plus prévenante et la plus affable. Nous arrivämes fort tard au Puerto Orofava, et retournämes.le lendemain à la Laguna: Ce ne fut que le 2 septembre que nous retournâmes décidément à notre ancienne demeure du Puerto Orotava, après en avoir été absents plus de deux mois.
Le 142.de septembre nous montâmes vers la forêt de VAgua Manza, où prennent naissance toutes les sources. qu’on distribue ensuite par des milliers de canaux sur toute la vallée de Taoro , et nous atteignimes la Cumbre près de Perexil:; nous la longeâmes jusqu’à une croix qui désigne la plus grande hauteur au dessus de Guimar et nous désce ndimes enfin la gorge profonde vers le côté dusud. C’estläoù nous trouvâmes tout-à-faitcaché, dans ce vallon étroit et profond, la cone d’éruption d’où était sorti, en 1705, le courant de lavé, qui s'est précipité vers Guimar.etJa'mer. Nous y restâmes dans’ une grotte et suivimes le lendemain le courant i jusqu’à son extrémité. Nous nous rendîmes ensuite à la Candelaria:, célèbre endroit de pélerinage, et remontâmes la Curmbré; en traversant le baranco Hondo, et en passant auprès des superbes fontaines Fuente delos Verros{ (des cressons), entre ce baranco ét l'Esperanza, Enfin après avoir traversé les hauteurs au-dessus de Matañza, de de Vittoria et de Sainte Ursula, nous descendimes e montagne pour regagner d Orotava. x
Depuis lengstenps nos désirs s'étaient portés vers l'ile de Palma, qui toujours en vue depuis POrotava semblait sans cesse nous inviter à aller Ja visiter. Mais le bateau de Palma ne partit que le 20 septembre à quatre heures du soir. 1] Re charge considérable
d'hommes et de pommes de terre, et n’était pas plus agréable que celui dela Canarie. Un petit vent de nord-otest ne nous permit de faire que peu de chemin, etmous n’appercumes l’île ; Que très tard vers la soirée à travers [e brouillard et lapluie. À force de rames, nous avançâmes doucement et presque sans bruit, et ce ne. fut que l'interruption des petits Coups de rames quinous fit apercevoir que le bateau touchait les rochers qui s'élèvent audessus du port deSainte-Croix de la Palma. On ne nous permit pas de le quitter avant. le ‘grand jour (#4, x 2. | | nee à EP Sainte-Croix de la Palma est située d'une manière très pittoresque au haut des rochers. Les maisons s’éièvent les unes suidles autres: et le Pinar descend des hauteurs jusque tout près de la ville. Les maisons qui forment les rues sont grandes, et rappellentles coutumes | orientales par les grands balcons grillés qui s’étendentsur leur façade. Nous ne restämes pas lohg-temps dans la ville , et nous montâmes de suite vers [a maison de Campagne de Buenavista; puis, par une forêt de Mrica faya'et d'Erica arborea, à travers une cumbre en forme d'arête très aiguë et de 4255 pieds de hauteur, noùs : descendimes’ dans la belle vallée de Ja Layanda. À cinq heures du Soir nous arrivâmes à Arguall’Ingeno, planlation de sucre. formée par un octogone de grands et beaux bâtiments avec une belle. porte d'entrée, Le : directeur de la fabrique , Dôn Francisco Diaz , nous | reçut dela Mänière 14 plus prévenante et la plus polie. C'est le’seul débris qui reste encore dé toutes les plantations de sucré autrefois: si étendues dans les Canaries set encore cette seule plantation ne se cultive qu'avec peu de succès. Elle neseconserve qu'au moyen de la quantité d'eau dont.on peut, disposer, et qu'on
fait passer Sans discontinuer sur les champs. Car le
(} Por. Ta carte de l'ile de Pama.
RÉNALE Doha nm rm V NY ET EE ©
ruisseau de la Caldera ; le plus fort de tous ceux des îles Canaries, est conduit jusqu’à Argual, et descend d’iéi en Cascades et en canaux à Tazacortesurlebord dela mer. Argual est élevé de 894 pieds ; les plantations les.plus élevées le sont de 940 pieds mais celles'de Tazacorte s'élèvent peu au-dessus de la mer. Cette exposition à une influence sensible sur la production du sucre ; ce qui, à cequ'il paraît, suffirait pour prouver qüe ces îles ne sont pas encore destinées à recevoir la culture dece roseau indispensable. À Argual il y à 40 fanegades de terres plantées de cannes à sucre; il n*y ‘en a qué 50 a Tazacorte. Mais ces dernières donnent héaucoupplus de produit, et par conséquentaussi beaucoup plus de dimes que les premières. La canne fleuritrà Tazacorte ; elle ne fleurit-jamais à Argual. Li canne à sucre a besoin de deux années pour lever et pousser de jeunes plantes; pendant deux années consécutives on la coupé au mois de février, et deux autres années sont nécessaires pour : faireyeniretmürir les semences.Toute la production se borne à 4,000 arobes, chacune de 35 livres, fandis qu'un seuli ingeno, à laHavane, produit jusqu’à 30,000 arobes. Le directeur estmême d'avis que dans la plupart des endroits on retireraitplus de profit déla culture dela vigne. La canne d'Otaheiti sé distingue facilement de la commune par sa couleur moins foncée, wrais on ne l’estime pas beaucoup ,.parce qu 'apparemment on marque . autant d’eau que de chaléur pour la faire bien venir. Elle est beaucoup plus grande et plus forte que la commune; mais elle donne ici trop de bois, et parconséquent moins de sucre : en outre, le Sucre produit est d’une couleur fontée , et non pas blanc comme celui de. la canne ordinäire. La canne. es{' entièrement broyée, et dans cet éfat on j’étend dans les endrôits où l’on renfeFme les bestiaux. C’est un engraïs très-estimé et très nécessaire aux sucreries, Qui en consomment ‘ beaucoup.
ITINÉRAIRE. 29 Le 25 septembre nous remontâmes l'éfroite vallée de las Angustias , Vers Tà célèbre Caldera. 11 n°y-a point de chemin tracé Qui mére à cette Caldera ; les rochers se rapprochent souvent de si près, qu’on ne peut pas même "avancer én restant. dans le ruisseau même. Il
faut Se cramponter, grimper, Sauter commé on peut et Selon que le besoi
in l'exige. Ce mauvais passage se suite, jusqu’à. ce de l'observateur l’enimmenses rochers coupés à pic :
yY en à Cértainez
‘ Prolonge pendant trois’ heutes de qu'enfin s'ouvre sous les pieds Ceinte sublime de ces alors on jouit.d’un aspect comme il Ment peu dans le monde: ES TR
Nous trouvâmes en.ce lieu des paysans occupés à chercher elà recueillir le$ racines d’Z7 élecho ou de‘la Pleris aquilina qui couvre presque toute là surface des petites collines dahs le fonds "Avec cette racine, mêlée d’un peu de farine grossière > iS Préparent un pain ‘très noir, grenu, d’un’aspect métallique, qu'ils mangent, non pas dans des temps de‘disette, comme on l’a dit quelquefois, mais pendaht toute l'année ; et ce n'est pas seulement la coutu
me de quelques habilants, on peut assurer avec certitude que les deux tiers des habitants de la Palma ne COnnaisseñt pas d'autre
nourriture. 11 faut croire que ce*climat fournirait des Prodüctions bien préférables pour les habitants, si la Propriété des Guanches n'avait pas élé partagée en majorats et en fiefs entre le nombre très limité des conquistadores, Là récolte de cette mauvaise racine nese fait pas même sans peine’: beaucoup de räcines sont tellement amères qu'on ne peut s’en servir du toüt : et malheureusement 6n n’a pas encore découvert Je moindre moyen de distinguer par l'extérieur une racine amère d’une racine douce. Si ceux qui font cette récolte “trouvént dans un même endroit autant de l’une que de l'autre, ils sont obligés d'abandonner Jeux recherche ,
et ils ne peuvént revenir dans celte localité qu’ après plusieurs années de relâche.
Une superbe forêt du pin des Canaries couyre le fond de l'enceinte au piéd des rochers ; le pin des Canariés y'est mêlé avec une quantité de fort grands arbres du Juniperus oxycedrus, ou cèdre des Canaries, qui est
si rare à Ténériffe. Nous restâmes la nuit dans cette
forêt au-dessous des rochers, à peuwprès comme audessous des rochers de-la Dent- de-Morclès en Suisse ; et, en effet, ils paraissent également inaccessibles ‘et aussi élévés. Les longues feuilles du pin nous procurèrent'un lit très agréable et très doux, el nousn'eûmes pas lieu de douter que les habitants ne pussent Se ser-
.vir fréquemment de ces feuilles pour en faire des coussins.
Nous, ne vimes point de palmiers dans cetté Caldera ; son fond-est déjà trop élevé pour leur permettre-de-s’y développer, car ilestà 2,257 pieds au-dessus delamer; maisnousytrouvâmes, à notre trèsgrand étonnement, le Cacalia K leini en gtands buissons. Tout au milieu nous renconträmes des figuiers ‘et des amandier$ , qui sont, à ce qu'il paraît, des débris d’ancienneshäbitatiôns. Ée Myrica faya etbT Ilex Péfado forment, comme d'ordimaire, le reste des forêts.
Nôus retournâmes le 27 septembre : à Sainte- Éroix dela Palma, et nous établimes dans la gr rande et belle maison de Don Felipe Massieu de Monte Verde de Laguna, qui avait eu la bonté de nous la faire ouvrir pour occuper.
arrivée de la barque de Ténériffe ne nous laissa plus que le temps de monter sur la crête des montagnes et
Sur le bord de l'immense cratère; à {ravérs un {rès grand pinar qui entoure ces cimes- Du haut de la Calderas la vue des parties inférieures est aussi effrayantes que sublime. Les escarp ements ont en effet 4,000 pieds
r \ 4 ITINÉRAIRE 51
de hauteur ; et il est certain qu'ilen existe peu d'aussi considérables dans Je monde entier.
Le 5octobre, vers cin mit à Ja barque de parti sentiments de véritable bontés que nous de Tierro, Odaliy flotter par une m le matin nous éti du nord-
de l’Orotava » €t nous,jeta dans 16 canal qui se trouve thire Gomera et Ténériffe, C’est alors que nous demandâmes à être débarqués sur .cette: côte même, et nous mîmes pied à terre
C > dans le petit port de S.-Juan, audessous de Guia.
Nous montâmes surles laves, Mais nous-ne pûmes att nuit, Nous priâmes-l’ :
et nous fâmes bien agréablement. surpris, lorsqu'il NOUS répondit qu'il regarderait toujours comme.un
Srand honneur d’avoir logé dans doctor que buscastodas las plarita restâmes que peu de moments bon curé de S.-Yago; et après Qui sépare cette v Téprîmes , par le belle êt ouvérte nuation de celle de S.
heures du soir, le vent perr. Nous prîmes congé avec des reconnaissance pour-toutes les
et Monte Verde, etnous nous laissâmes er assez houleuse et incommode. Vers ons tout près de Gomera ; Mais le vent
accablés par la chaleur ù elndré Tamaimo qu'avec-la
sde la ÿsla. Nous ne le lendemain. chez le aVOIr traversé le col
Yallon du Corrizal Me chemin de la
-Yago , et qui se termine vers Ja aYista, Cette vallée s'élargit IVée partout * en paysages rian(s et a àGarachico.
L'aspect de cefte ville, jadis si florissante , est aussi
singulier qu'il est tr
iste. Les rochers de la lave qui a détruit la ville "
avions reécues des excéHentes familles
est S’étant fait sentir, nous éloigna-de la route
alcade.de nous recévoir.chez lui;
sa Maison e/ famoso
allée dü sauvage vallon de Maca , nous
vallée du Palmar, qui ést là conti
sont coMMe suspendus sur lés maisons
A. mn me
qui peuvent à peine , sur celle surface raboteuse,, former-une espèce de rue : malgré cette difficulté, le nombre des couvents surpasse celui des rues..il y a deux couvents de femmes ét trois couvents d'hommes. Tous les religieux sont restés dans la ville, tandis que la plupart des habitants actifs l’abandonnèrent pour se fixer. au port de J'Orotaya. 11 n’y a que le côté de l’est dont l’aspect soit un peu moins. triste, surtout à cause de là grandé maison , éntouréede longues galeries ; de Don Melchor de Ponte.
Nous reprimies le Chemin de Puerto Orotava, en lon- ‘seantla belle côte d’Icod et de la Rambla, et le 6 octobre’, assez tard danñs la soirée, nous étions de retour dans cette ville.
Nouseûmes lieu-de regarder comme un accident des plus heureux , que l’Æ/bion ; le bâtiment qui devait nous ramener en Angleterre , eût recu l’ordre de se réndre à Lancerote pour y prendre de la barilla. Sans : cette circonstance, nous aurions pu difficilement es- , pérer de pouvoir visiter encore cette île éloignée.
Le11 octobre nous étions à bord ; nous restämes toute ja journée en rade, enticrement occupés à considérer la multitude des objets:qui se développaient sous nos * yeux, qui tous nous étaient devenus familiers, car presque chacun d’eux nous rappelait un moment agréable ou instructif. On leva lés ancres pendant® la nuit ; le faible vent. de terre ne nous fit avancer que très lentément, él dans la matinée nous nous trouvâmes vis-à-vis des rochérs et de lapointe*de Hidalgo. À midi nous avions Ja pointe de Naga à quatre lieues au Sud-ouest, mais nous marchions à peine. Le 14 au matin nous apercûmes peu à peu s'élever l'ile de Fuerlaventura, qüe nous longeâmes pendant toute la journée. Vers le soir nous vimes sur Ja côte nord plusieurs cônes d'éruptions peu Ciexés, mais nulle part ducune montagne d'une
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Sr) hauteur un peu considérapi
ie ne se présenta à nos re- Sards. Nous n'arrivâmes à l'entrée du détroit qui sépare Lancerote de Fuertaven
tura que le 15 au matin; mais le vent d’esl qui soufftait avec violence nous en défenditl'entrée, et nous fûmes obligés de louvoyer pendant toute la journée, Toutefois ce contre-temps nous permit d'observer la forme des deux côtes, tant celle de Lance- Tole,dont tous les penchants paraissen( couverts de la 74bayba oudel’Æuphorbia baisami era, Que celle de Fuer-° ventura où des cônes d'éruptions paraissent s'élever l’un derrière l’autre, quelques-uns d’entre eux même avec | des cratères bien évidents. C'est avec grande peine que NOUS parvinmes à doubler dans la soirée le cap Papagayo, car nous R avancions qu’au moyen d’un courant extrêment faible. Le matin suivant nous nous rouvâmes visà-vis le port de Naos » dont on pouvait reconnaître toutes les maisons : des pilotes arrivèrent , et les papiers du bâtiment furent envoyés à terre. Mais le reflux s'établit avant que nous eussions passé la ville, et bientôt il ne resta plus assez d’eau pour entrer dans le port : Celle circonstance nous obligea de retourner en mer et de louvoyer de nouveau entre Jes deux îles, Enfin, le 47 octobre à midi, dans le port, entre des îl la mer, La ville en est & lieue ; elle n'est formée mais elle parait s'agrand a donné évidemme C'est un spectacle a
partout, sur toutes les routes, dans les champs et dans les rues de la ville, une quantité innombrable de cha- Meaux chargés de barilla. L'aspect est encore plus ex- {raordinaire, quand on Voit dans les champs un chameau traîner une charrue, côle à côte avec un âne qui paraît entièrement se perdre à Côté de ce grand animal.
le Vaisseau jeta l'ancre ots à peine élevés au-dessus de
loigaée à peu près d'une demique d’une seule rue, sans pavé, ir. Le commerce de la barilla jui n{ beaucoup de vie , et effectivement Ussi inat{endu qu'intéressant de voir
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Toute cette culture, qui actuellement fait l'oceupation principale des habitants, l'objet de toutes leurs pensées, n’est pas très ancienne, Quoique son introduction soit un grand bienfait pour l'ile. Elle ne demande pas beaucoup de peire , et offre la marchandise toute prête même avant de lavoir enlevée des champs. En effet on produit la barilla avec le esembryanthemum crystaliinum , dont les larges feuilles couvrent entièrement le np et le protègent contre l'action brûlante des rayons solaires. On retire les jeunes plantes des couches dans lesquelles on les fait venir par semence, et on les transporte dans les champs après les premières pluies de lhiver. Deux mois après, on élève la terre autour des plantes et on les dépouille des mauvaises herbes. Vers ie commencement de l'été, auand les rameaux commencent à devenir rouges , on les retire, on les fait sécher pendant quelques semaines, el enfin on les brûle par petits monceaux. 1] reste à leur place une grosse pierre, que les chameaux transportent de suite vers les magasins des négociants, Cette culture n’a été introduite dans l'ile qu’au milieu du siècle passé, et par suite de circonstances bien particulières. Lorsqu’en 1742, Don Joseph Garcia Duran, curé de Lancerote, Éénasait d'Espagne, il fut pris pa et emmené en ste à Enr s sh ma
ju on retire des EX de ceite ne il profita de cette verte à son retour, s’en servit pour son usage, communiqua pas son procédé, La plante se multioiia it beaucoup , et les habitants ignorant ses qualités, étaient sur le point de la détruire entière ment, ae peureusement le capitaine vénitien l'île; connaissant la plante, qu’il paya de suite 4 réaux a ne vrirent bientôt les yeux sur leur
et la culture du Mesembryanthemum prit en très peu de de temps un si
8rand développement, qu’en 4810 on estimait là Quantité de barilla produite à 150,000 quintaux Chacun de la valeur det90 réaux ( Viera, tratado sobre la Barilla, en gran Canaria 1810). Toutefois, ce cemmerce fucratif a perdu beaucoup depuis par la production de Ja soude retirée du sel marin.
Peu d'îles sont aussi bien situées pour caltiver la Plante de la barilla que Lancerote; car elle est si peu élevée que les vents du nord-est la traversent sur la plus grande étendue de sa surface et la couvrent de l'écume des Yagues de la mer. Cette écume salée est si nuisible au feuillage des arbres qu'on n’en voit aucun sur l’île entière, excepté quelques buissons qui croissent dans la partie abritée du sud-ouest. Les feuilles de Mesembryanthemum » AU Contraire, s'emparent du sel, le décomposent et en absorbent la soude, pure et débarrassée de son chlore. Cette décomposition se fait par les feuilles, et non par les racines. 1 faut donc que le chlore du sel se disperse dans l'atmosphère, car on ne le trouve ni dans le Sol, ni dans aucune autre partie de la plante. Ce phénomène remarquable devait presque inévitablement nous engager à le mettre en relation avec Un autre qui était encore très présent à la mémoire des habitants. An commencement de ce siècle, pendant que la fièvre jaune faisait d’affreux ravages à Sainte- Croix, à lOrotava et à la Canarie, Lancerote ne se ressentit nullement de cette maladie , quoique la communicalion n'eut jamais été ipterceptée un seul moment. On n’en avait pas peur, car depuis long Lancerote avait la réputation de n’être jamais atteinte Par aucune maiadie contagieuse. La matière qui déve- - loppe la fièvre jaune a une certaine pesanteur. Dans les
climats chauds , Il ÿ à constamment une infinité de pelites parties solides qui nagent dans l'air et lui enlèvent
ra
f & temps