CUMBRE ENTRE OROTAVA ET LAGUNA
Sur le chemin qui mène d'Orotava à Laguna, on ne voit aucune. roche qui ait quelque analogie avec tés coulées modernes appartenant aux éruptions volcaniques du Pie :-on n’observe non plus sur le flanc de la. montagne aucun cône de rapilles. Au-delà de 5. Ursulä,. toutes les couches sont recouvertes “par la Tosca, et cette roche se prolonge jusqu'à Vittoria, située à une hauteur plus considérable au-dessus de la mer ; cependant la Tosca ne Se continue pas tout-à-fait jusqu'à Matanza qui est encore plus élevé: Près de Vittoria, on voit au-dessous une masse très bul= leuserempliedepéridot. Cette couche présenteles carac-
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tères des coulées provenant d’un point élevé, à un plus haut degré que les couches basaltiques qui , dans les ba rancos, allernent avec les con glomérats. Ces coùlées ont «quelque chose de très particulier ; si évident que soitlétr caractère de fluidité primitive, on ne peut pourtant pas fixer avec certitude la largeur qu’elles occupent : on ne les voit pas non plus se limiter dans un espace resireint, tel qu’une Vallée , une crevasse-ou un baranco, comme cela arrive pour les coulées-du Pie.-f] paraîtrait d'après cela que ces matièrés recouvrent tout le flanc dela montagne jusqu’au sommet de la Cumbre. Elles semblent aussi être le résultat de phénomènes tout-àfait différents et beaucoup plus puissants que de simples éruptions volcaniques.
‘La Cumbre, depuis là céinture qui environne le Pic jusqu’à Laguna, forme sur une longueur de six lieues une arête qui s’abaisse d’une manière constante et Presque insensible de la hauteur de 7,600 pieds qu’elle à à Angostura jusqu’à la plaine de Laguna, qui n’est plus qu'à 4,620 pieds au-dessus dela mer (pl. VID). La largeur de cette crête de la montagne diminue avec plus de rapidité ; auprès du Cirque, cette largeur est d’environ une demi-lieue , près du Péréxil cet au-dessus de Guimar, elle est réduite à moins de cent pas ; etentre Viltoria et Candelaria, la crête de’ la montagne est formée par une arête si aiguë, terminée de chaque côté Par des pentes si raides, qu'on peut à peine y trouver Place pour marcher. A cause de cette disposition, cette Partie de la Cumbre a été nommée €! Cuchillo, c’est- À-dire le Couteau. Sur cette hauteur on ne voit Presque rien autre chose que des scories rouges répandues sur {oute a surface et analogues à celles qui se trouvent ordinäirement à la surface des couches de conglomérats. Seulement. auprès du Péréxil, on voit sur une petite longueur une masse tabulaire composée de feldspath,
et oùse trouvent de longs cristaux de hornblende. LÈ feldspath est en larges lames ayant. peu d'éclat ; quelques-unes de ces lames lui donnent l'aspect d’un schiste brillant , et, à ce qu’il paraît, on l’a aussi quelque-fois considéré comme du micaschisie. Peut-être cette masse forme-t-elle un filon à travers les couches basaltiques.
De là jusque sur el Cuchillo la crête de la montagne s'abaisse d’une manière peu rapide, et les parties arrondies qui se trouvent au-dessus de Vittoria et de Matanza sont recouvertes de scories qui ressemblent encore plus à de simples fragments de conglomérats, et qui. se présentent sur le flanc et sur le sommet de l& montagne en masses fibreuses et tressées , sans qu’on puisse toutefois remarquer ni cône d’éraption ni cratère volcanique. Cependant la montagne qui se trouve audessous de Fuente Fria, source située au - dessus du es: d'Esperanza, est élevée de 409 pieds, et paraît
‘êtreabsolument formée que des matières scoriformes peine de rapilles ; ce pourrait être le cône d’éruption, auquel appartiendrait la lave basaltique que l’on rencontre sur lé chemin de Eaguna entre Matanza et
l'Aqua Garcia.
Avant d'atteindre cetle coulée volcanique ; On VOiÉ paraître une masse grenue d’augile qui se présente er roches solides et en grosses boules, comme celles qui 4rès souvent recouvrent les couches de basaltes. On peut surtout observer cette roclie dans:la partie de la montagne, de laquelle on peut apercevoir le village ‘d'Arafo.sur le flanc méridional : elle ee alterner -avec dés--couches de rapiiles.
A partir d'Ésperanza, l’arête de la Cumbre disparaît tout-à-fait ; elle s'élargit en s’abaissant jusqu’à 1 grande plaine où se trouve Laguna, et sur la pente qu'elle forme s'élèvent de grands cônes qui n’ont entre
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eux aucuñe liaison. Ces cônes sont sans doute des eônes d’éruption des volcans isolés, comme on a l'habitude de les appeler , et chacun d’eux est probablement le point de départ d’un courant de lavé. Bien qu'ils s'élèvent jusqu’à plusieurs centaines de pieds de hauteur, il n'y a rien de solide dans les masses qui les composent, ils Sont {ous formés de rapilles et de scories sans cohésion: On observe à leur sommet des cratères bien déterminés. Généralement , on reconnait le côté par lequel la lave à dû s’écouler par l’échancrure des bords du cratère, Qui sont moins élevés de ce côté. | |
Le plus élevé et le plus remarquable de ces cônes Voôlcaniques est le Monte Chigita, qui s'élève à 5,400 Pieds au-dessus de la mer. Cette montagne fait éncore partie de la Cumbre elle-même, avec l'arête de laquelle elle n’est pourtant reliée que par des rochers étroits: Ce volean est situé presque au-milieu de la ligne qui réunirait Esperanza et Candellaria ; il se compose, dans toutes ses Parties, de couches de rapilles noirs ou rouges, .à fragments anguleux ou arrondis, n'ayant enire eux aucune liaison. Ces couches suivent: tout autour l'inclinaison des flancs de Ja montagne. et ilest évident, d'après cela , qu'elles ont été relevées versie Point central où sommet du cratère. Vers la base méridionale, se montre une masse solide qui appartient à ce Cône d’éruption: probablement elle s'étend-le long des barancos vers. la côte méridionale de lite, où elle *e présente avec les caractères d’une coulée.
Celte masseest fort extraordinaire ; depuis Laguna, A montant la crête de la montagne , on ne rencon{re absolument que des roches d’augite, et cependant la lave de Chigita ne contient pas de {races de cetts substance. La masse. principale en est tres poréuse et d'un grisbleu : on ÿ voit des cristaux d'hornblende et de feld- Spatb ; les premiers de couleur noire les autres
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jaunes, tous très difficiles à reconnaître, et présentant: à peine encore quelques traces de clivage. Ces cristaux sont en quantité tellement considérable , qu'il est évident que cette lave n’est plus de nature basaltique ,.mais appartient aux trachytes. L'action voicanique, en brisant les couches basaltiques au-dessous desquelles elle s’exerçait, n’aurait-elle pas pu. amener de l’intérieur ces roches tract aytiques qui paraissent à. la surface ?
Plus bas , tout-à-fait isolé et à peu de distance d’Esperanza, se montre le Monte del Carbonero ; sa hauteur est de plus de 300 pieds, et à son sommet se trouve un cratère bien déterminé , et qui frappe de loin par son aspect. Les scories qui forment ce cône volcanique sans présenter de cohésion, ne sont cependant pas en fragments aussi mobiles les uns sur les autres que celles qui. forment les, cônes de rapilles des coulées modernes. 5
Sur le chemin de Laguna, on. voit un courant de lave formé de basalte très poreux et contenant beaucoup de grains. de péridot. Cette lave appartient probablement à la même coulée que celle qu’on observe en suivant le chemin de Laguna à Matanza.
Sur la pente de la montagne du côté du sud ou vers S. Isidoro, s'élèvent deux autres cônes volcaniques analogues, et qui se trouvent dans la même direction avec le Monte Carbonero : les flancs qui sont tournés du côté de la mer en sont très escarpés. Le premier de ces cônes est formé de fragments de scories entrelacés. Vers Santa-Cruz , on trouve une masse tout-à-fait semblable à une coukée- moderne ; elle est composée d’une roche à grains fins , contenant quelques cristaux mal caractérisés d’'hornblende et de feldspath , et des grains très visibles de fer oxydulé magnétique. Cette masse $ ’arrêtesur les parties élevées el ne descend point
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE.. 215 dans les barancos dont les côtés sont iei formés, comme cela à lieu généralement, de couches alternatives de basalte et de conglomérats : dans cette partie. de l'île, les coulées de lave ne Peuvent jamais être suivies sur de grandes longueurs. HER USE
Il est très remarquable que ces cônes d’éruption se trouvent précisément dans la partie où le sol de l'ile s'élève peu au-dessus du niveau de la mer. Ils y ont produit des éruptions isolées qui, peut-être. ont précédé le soulèvement du Pic lui-même : Car, si ces vobans avaient quelque connexité avec le Pie, les coulées de lave qui en proviennent seraient mieux déterminées $ et l'on pourrait les suivre dans le fend des. barancos.
Dans les. parties où ces laves atteignent la Tosca celles sont cachées par cette roche qui les recouvre ; or;-les Coulées qui appartiennent au Pic s'étendent toujours au-dessus de la Tosca. .
pr s de. + ; PTS
LAGUNA, TAGANANA. :
Laguna lire son nonr d’un fac peu considérable, qui | actuellement est complétement desséché::5a circonférence pouvait être d'environ deux lieues , et pour eette île où l’on peut à peine trouver une plaine d'un quart de lieue d'étendue, celte surface à quelque ehose de fort remarquable, Cette plaine sépare l’île. de Téné- : riffe en deux parties inégales , mais qui sont parfai- ! lement distinctes. x 526
La Cumbre se termine complétement avant d'arriver Jusqu'à Ja plaine de Laguna, et à environ deux lieues
, de distance s’élève-une autre crête fort aiguë, qui se: Co2linue au nord-est jusqu'à Punta de Naga.
Laguna est 3x 1,620 pieds au-dessus du niveau de la
mer;et, par conséquent, c’est dans l’île de Ténériffe le point de partage des eaux le moins élevé au- dessus de la surface de la mer.
Au nord-est s’élévent encore deux autres crêtes, l’une un peu au nord de la plaine, l'autre au sud : ces deux
, montagnes ne sont éloignées l’une de l’autre que d’une demi-lieue; elles s'étendent en se rapprochant, et embrassent la plaine de Laguna commeé par un immense golfe ; elles se réunissent à une demi-lieue de la ville en une autre crête qui se continue jusqu’à la mer , où elle se termine en forme de promontoires escarpés.
Ces deux chaînes de montagnes ont tout-à-fait la même composition ; dans les parties inférieures , on voit partout une couche de tuf sur laquelle repose une masse puissante de basalte. Le tuf est très brun, et se compose d’uñe agglomération de petits fragments arrondis et poreux de scories avec des cristaux d’augite. Le basaïite est compact ou à grains très fins, et il ne renferme en grande partie que du"péridot en petits grains très distincts. Ces diverses couches alternent souvent les unes avec les autres : généralement l’épaisseur des masses de basalte ne s'élève pas au-delà de 41) pieds.
Si l’on étudie la crête où les deux chaînes se réunissent, on y retrouve les mêmes alternances de couches. Seulement la couche de tuf paraît n’être composée que de scories , et le basalte est souvent à gros grains, contient peu de péridot, et, au contraire, beaucoup de grains de fer oxydulé magnétique.
Depuis Laguna, on ne voit plus de traces ni de lavé ni de cônes volcaniques; mais on observe älors un phénomène très intéressant : les rochers qui forment les flancs des barancos sont traversés par une multitüde de filons verticaux , qui s'étendent sur les pentes à travers les rochers dont se composent les diverses
__ DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 247 couches ; ils Se prolongent du haut en bas comme de grandes murailles qui se correspondent des deux côtés des barancos , et ils s'élèvent parallèlement les uns aux autres. Ces filons se continuent avec ure constance
telle, qu'on peut les observer dans un grand nombre de:
barancos, depuis la base de la montagne du côté-de Laguna jusqu’à Taganana, et probablement ils s’éten= dent encore plus loin. La crête la plus élevée de la montagne paraît même n'être rien autre chose que la tête d’un de ces filons. Le chemin qui suit le sommet de. Ja Montagne traverse plusieurs fois le filon qui forme
les pointes les plus élevées de la chaîne et les roches.
qui sont le plus rapprochées de sa cime. De là résulte vraisemblablement la forme déchiquetée-que présentent toutes ces pointes qui offrent l’aspeet des créneaux
d’une tour fortifféé, On’ serait presque porté à croire que ce sont ces filons qui conservent à cette petite portion. de lflesla forme d'un toit dont ils seraient
Pour ainsi dire la charpente, car les couches ellesmêmes que ces filons traversent ne sont en grande partie composées que de scories ou masses poreuses, n'ayant entre elles aucune cohésion. La masse des filons se compose de fragments {rès anguleux de basalte noir et solide, renfermant des petits cristaux d’augite et un Srand nombre de grains de fer oxydulé magnétique. Les fijons n’ont eux-mêmes que quelques pieds de puis- Sance , et cétle faible épaisseur leur donne un äspect d'autant plus surprenant quand ils s'élèvent isolés audessus de la surface du sol.
Les flancs de la montagne sur chaque versant s’abais. Sentid'une manière si rapide, que, du sommet , en Croirait de chaque côté voir la mer sous ses pieds.
Les flancs des barancos sont aussi formés par desmurailles presque verticales, et sont souvent tellement fscarpés, qu'ils sonttoui-à-fait inaccessibles: At point
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où viennent aboutir le baranco del Bufadero, le baranco Secco du côté du sud, et le baranco de la Mina du côté du nord, se trouve un rocher qui fait partie d’un fiton solide : ce point, qui est le plus élevé de toute la chaîne, se trouve à 2,868 pieds au-dessus de la mer; et cette hauteur, qui à Santa-Cruz paraît fort considérable, serait presque inappréciable dans les environs du Pic. Cette cime de la montagne parait aussi fort élevée, lorsqu'on descend sur le versant septentrional vers Taganana. La pente est en effet si rapide et si escarpée, que c'est avec la plus grande peine qu’on a pu ÿ tracer un chemin. On descend sur un conglomérat
Trachyte.
formé de gros fragments, puis sur un {uf composé de petites scories brunes en couches horizontales. Le milieu de la pente est occupé par des forêts de lauriers qui masquent les roches dont se compose la montagne ; mais dès qu’on a dépassé ces épaisses forêts, on voit apparaître au nord-ouest une immense muraille de rochers taillés à pic, qui forme une des limites du baranco de Taganana, et qui se continue jusqu’à la mer. La partie supérieure est recouverte par des couches horizontales de tuf et de conglomérat ; au-dessous se trouve une masse. puissante de trachyte, qui s'élève jusqu’à 16 ou 1,800 pieds au-dessus du niveau de la mer. Plus bas, cette roche se montre à découvert, et elle est alors
se
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 219 découpée-en pyramides et en.aiguilles qui lui donnent Un aspect bizarre et très varié : elle se. divise aussi en colonnes verlicales bien déterminées et en écailles recourbées. ‘Le trachyte se retrouve dans toutes les parties avoisinantes du baranco ; au-dessous de l'église de Taganana, on voit s'élever le trachyte à la hauteur de S00 pieds , et sur le côté occidental de la vallée, äl y a un rocher isolé qui se trouve à 1:400 pieds de hauteur et qui se termine brusquement du côté de Ja mer.
Le trachyte lui-même est très bien caractérisé, La Masse principale est une pâte feldspathique foncée, gris de fumée, et finement esquilleuse , qui enveloppe une grande quantité de petits cristaux blancs et brillants de feläspath , et quelques longs cristaux de hornblende: On y observe aussi quelquefois des grains ou des dodécaèdres de fer oxydulé magnétique. Lorsque, par Suite de la décomposition , la masse principale a perdu
Sa teinte foncée et e$t devenue très blanche, les cristaux “noirs de hornblende sont plus visibles, et les cristaux
de feldspath brillent d’un plus grand éclat , parce qu'ils sortent en partie hors de la masse. Souvent on trouve dans la, roche des cristaux transparents, jaune de vin,
de titane oxydé. Quelquefois la pâte feldspatique de- Vient si. compacte, ei les cristaux qui y sont englobés Sont si dispersés , que la roche se rapproche des schistes Porphyriques de Bohème. Du côté de la mer, lesTochers de {rachyte sont polis et taillés à pie, et is paraissent se diviser en belles colonnades analogues aux prismes de basalte. Ces colonnes se recourbent. vers le haut, et d'autant. plus.qu’elles sont plus rapprochées de F exté- Tieur de la masse, de telle sorte qu'elles paraissent tendre vers un point central qui serait situé vers la cime des rochers , à peu près comme les prismes basaltiques qu'on voit sur les escarpements de l’Elbe, au- Près d’ Aussig en Bohême. Il ne parait pas que, jusqu’à
la surface de la mer, il se présente aucune roche sou ce trachyle ; mais celui-ci est recouvert par un tuf basaltique brun , et même par du basalte; c’est ce qu’on peut très bien observer sur les côtés du baranco : il est d’ailleurs d'autant plus probable qu'il en est ainsi, que sur le côté méridional de la montagne, les couches basaltiques s'appuient sur les roches trachytiques, et s'étendent jusqu'au rivage de la mer, en plongeant de 90 degrés au sud.
- À Yest du baranco, au point où les rochers verticaux se terminent , les derniers escarpements , élevés à 600 pieds au-dessus de la mer, paraissent n’être formés de rien autre chose que de evuches solides de trachyte gris, tourmentées dans toutes les directions, et présentant toutes les inclinaisons au milieu de couches de tuf poreux. Ensuile reparaît la roche amygdaloïde, contenant de petits nodules de mésotype, et de gros noyaux et cristaux de hornblende. Toutes les parties en général présentent une grande confusion qui est encore augmentée par les nombreuses crevasses qui traversent cette masse poreuse. L’aspect de l’ensemble général semble devoir faire supposer que toutes ces couches bouleversées sont venues de dessous le trachyte; il est évident, au moins; qu’elles sont recouvertes.par les rachere trachytiques les plus Voisins. Ces dérangements et bouleversements proviendraient alors d’une action intérieure.
Le trachyle lui-même s'élève à l’est du baranco de Taganana jusqu’au sommet de la crête de la mentagne, car la rocque de Payba sur la pente &u baranco de S: Andrea est formée de trachyte, et c’est de ce rocher que proviennent tous les blocs qui recouvrent en si grande quantité ce beau vallon jusqu'à son ouverture, à peu de distance de Santa-Cruz, et qui excitent d'autant plus d'intérêt que rien dans les environs ne peut fairé soup-
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 221 fonner l’existence Qu trachyte, On n'a pas cherché à reconnaître si Ce trachyte se présentait encore plus loin vers Punta de Naga. Les montagnes s’abaissent très rapidement du côté de ce cap ; déjà sur le Val Ygueste , la crête de la montagne s'étend en une large plaine, et Punta de Naga même n'est pas élevée à plus de quelques centaines. de pieds.
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SANTA-CEUZ.
Si on imagine que la petite chaine de montagnes qui s'élève: au nord-est de Laguna se prolonge aussi Vers le sud, de manière à entourer complétement la Plaine de Laguna, et qu'ensuite cette enceinte a été letournée vers la mer, du côté de Santa-Cruz, de manière à couvrir le penchant comme un vaste manteau, on pourra se faire une idée de l'aspect et de la nature de la-pente de cette montagne. Dansie fond des barancos, se trouvent toujours des couches alternantes de basalte, de tuf et de scories; mais on trouve répandue sur toute la surface une masse que l'on ne peut considérer que Comme provenant d’une coulée de lave. On peut en observer le cours dans quelques-unes de ses parties, Mais il est impossible d'étudier ce courant dans tout son ‘BSémble : on ne peut déterminer exactement ni l'ori- Sine ni les dernières limites de cette coulée, cé qw’ilest, AU Contraire, si facile defaire pour les coulées modernes.
Les coulées dont il est ici question se composent de Toches basalliques : on y observe:de l'augite: et du péridot en grande quantité, mais: point de feldspath, À la Surface, dans les points où la coulée est mise à nu de quelque manière; la masse est:Composée dé Scories en forme de vagues dirigées. de haut en bas, °u de matières tressées comme des cordes. Dans l’in-
térieur on remarqué dans la roche des soufflures allongées parallèles entre eïles et à l'inclinaisôn de la lave. On observe un courant de cette nature et bien déterminé au-dessus de l’étroit baranco Hondo, à l’ouest de Santa-Cruz , on peut le suivre même jusqu’à um cône volcanique qui s'élève au milieu de la pente de la mon” tagne, non loin dés moulins à ventsitués éntre Santa” Cruzet Laguna; cette montagne se nomme MonteUredo. Il est, au contraire, très difficile de remonter ainsi à l’origine des coulées qui s’avancent jusqu’au dessus de la ville même. La chaîne basaltique s'étend jusqu'auprès dé Santa-Cruz, et atteint même le-rivage de la mer à une faible distance de cette-ville ; or la masse de lave qui recouvre le hasalte s’avance aussi au pied
de ces rochers jusqu’au baranco del Paso alto,’ où elle se termine tout à côté de endroit où | cessent aussi les rochers basaltiques.…
ll serait par conséquent très nossibls que la suppo=* sition que cette masse a été jetée sur les flanes dela mon=. tagne comme une immense couverture, fût plus près de la vérité qu'on n’aurait-pu le croire au premier abord:
:Si-on imaginait que la Cumbre, au lieu de s'arrêter au-dessus de Fuenta F ria, s’étendit au-delà, en s’abaissant de la même manière, la Cumbre de la petite île se trouverait presqueexactément dans son: prolongement, et la crête des montagnes s’abaisserait à peu près uni= formément jusqu'à l'extrémité la plus reculée de l'ile: La crête des montagnes se ‘trouve brisée par la plaine où se trouvé Laguna. Or, dans cette plaine on remar” que de grands cônes dérüption et de larges coulées doft onne Voit plus de tracés dans la petite île qui setrouve au nord de Laguna. La pente de Ja montagne jusqu'à la: mer est très unie, et ne présente aucun rocher saillant partout où ces courants de lave se sonf répandus ; il paraît, d’après cela , évident que ce son!
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 2935 des éruptions anciennes, presque tout-à-fait inconnues, qui ont rompu la Cumbre , Qui Sans cela eut dominé la contrée de Laguna jet qui ont couvert de leurs produits tout le‘versant de la montagne. .
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