‹ Description physique des Îles Canaries, suivie d'une indication des principaux volcans du globeChapitre 30 sur 90 · NE · texte numérisé non relu

NE

Coupe de la plaine de Laguna. : Coupe de La Cumbre de Santa- Cruz +32

Tout au bas de la montagne’, auprès.de Santa. Cruz et à cent pieds au plus au-dessus de la mer, on retrouve le -tuf blanc, connu sous le nom ‘de Tosca ; il forme au-dessus des autres roches une couche peu épaisse. Ce {uf paraît quelquefois se: confondre au se. mêler avec de larges coulées. de lave, mais ilest difficile de supposer qu'on puisse démontrer avec certitude que la lave repose par-dessus. | ; | 3 La présence de la Tosca au-dessus des coulées de lave, les distingue des courants qui proviennent du Pie, et porte à croire qu'elles appartiennent aux éruptions isolées de Laguna. Peut-être ces coulées: sont-elles Je Tsuliat de la tendance que l'action volcanique avait à se développer auprès de Laguna, antérieurement à ‘Époque où elle a réussi à 8e manifester sur. une si lande échelle en produisant le soulèvement du Pic

dans Ja partie occidentale de l'ile? ré La coupe des montagnes de Santa -Cruz jusqu’à la Mer, auprès de Punta de Naga, présente beaucoup d'intérêt et donne une idée de la véritable COMposition D} QG. Cour A S,. Andrea, Laguna, x B Bufadero. :

T Taraconte. T Taganana,

des masses qui forment la montagne. On y observe qué jes couches s’élèvent et s’abaissent avec. une grande : irrégularité. À une certaine profondeur; et après s'être montré sur üne faible étendue, ces couches disparaissent de nouveau. De toutes parts, on voit s'élever à travers les couches des filons basaltiques des formes les plus bizarres ; on croirait voir des rochers qui 5€ sont élevés de intérieur, qui ont disloqué les couches, sans toutefois parvenir jusqu’à la surface extéricure. Entre les deux barancôs de Bufadero et de $. Andrea, ces phénomènes se présentent d’une manière si multipliée, qu’il est tout-à-fait impossible de les énumérer tous. À la partie inférieure, près de la mer, on voit ordinairement un conglomérat formé de fragments grossiers , contenant des morceaux de basalle gros corme la tête , et des blocs considérables qui paraissent être des débris de couches. Cette roché est très solide, et les parties en sont bien agglomé< rées. Elle renferme assez souvent, comme cela a lieu extre les barancos Secco et Bufadero, des coquilles fossiles, appartenant à la famille des Cônes : ces fossiles qui sont englobés dans la roche se trouvent aussi sut le rivage de la mer. L'aspect de cette roche peut facilement induire en erreur, et on pourrait croire qu’elle appaïtient aux couches ‘inférieures qui formént la montagne : elle est cependant le résultat d’une simple agglomération de fragments tombés des parties supérieures et que les vagues accumulent journellement au bord de la mer. Généralement, la couche la plus inférieure ést formée d'une roche amygdaloïde de 20 pieds de puissance, et remarquable par de nombreux petits nodules contenant du spath calcaire blanc ef druses. Celles-ci sont formées de rhomboëdres épointés lenticulaires (equiaxes), agglomérés en boules. 02 les observe principalement dans le voisinage de la mef

DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 225 et point dans. les nodules des Parties supérieures de la roche. La masse de l’'amygdaloïde. est brune, très tenace , à cassure grenue et inégale: elle contient beaucoup de points bruns clairs et jaunes qui paraissent n'être que des restes de matières feldspathiques. On observe dans la roche des soufflures allongées parallèles les unes aux autres et qui. suivent l’inclinaison de la couche. Au-dessus se trouve ordinairement une couche très irrégulière de tuf ponceux : cette touche a peu d’étendue et s’interrompt brusquement.

Les fragments qui Ja composent sont de la grosseur d’une noix, et ils sont toujours mêlés avec des fragments de couleur noire : on voit ensuite un tuf formé . de scories brunes, puis le basalte solide. Toute cette masse est traversée par des filons ; tantôt verticaux, tantôt très Contournés ; il y a aussi de ces filons qui, après s'être élevés verticalement, se divisent et pene-

trent de chaque côté entre les couches ; comme une , nouvelle couche (*), vs

Comme de véritables couches :

étiraversent toutes les autres couchés » Prenant ainsi

uelques autres. qu’on .a long- temps considérés q 1 8 P !

se redressent subitement

(Pr Basalte. E Basalre, ss poncenx, Dasalte.

D À m Ygsaloi 1h PA

tous les caractères dés filons. Généralement, ja masse dont: ils sont composés est formée de basalte noir, grenu , ne contenant point de péridot. Au contraire, les cristaux de feldspath y sont toujours bien évidents. 2° Les filons s'élèvent souvent hors dés roches qu'ils traversent, comme d'immenses murailles : souvent aussi ils sont complétement isolés, et ils forment dans la mer des écueils très étendus qui se montrent au-dessus de Ja Surface. Près du soupirail de Bufadero , par lequel l'éau de la mer est rejetée sous forme d’une source jailissante , on remarque un filon d’une grande puissance , il a vingt lachter (toises) d’épaisseur, et est ésrmé de basalte contenant des cristaux d’augite el beaucoup de cavités remplies par une zéolithe quipourraîitôtre de la stilbite : lamatière concrétionnée, tendre, d'un blanc de néige, qui recouvre les parois des cavités, considérée à la loupe, paraît être formée de fibres, à quatre pars, terminées par une base perpendiculaire. Le filon traverse des couches formées de rapilles rouges et defragments anguleux de tuf. De chaque côté, le long de ce basalte , se trouve ue couche d’ur pied d'épaisseur, composée de fragments scoriformes, qui forme comme une salbande : dans le basalte lui-même il y a des grandes cavités. parallèles, et verticales comme le filon.

Ces flons sont les indices et les restes d'une action postérieure à la formation même des couches : caf celles-ci sont tellement bouleversées et brisées qu'on ne peut les suivre que sur une faible étendue ; peutêtre que ce résultat n'est-il que la suite de la sortie el du soulèvement de ces filons.

“ Les couches qui forment les parties supérieures des roches, paraissent être seulement une agglomération de cristaux de hornblende, qu’il est impossible de méconnaitre à leur cassure et à leur forme. Entre ces

DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 297 cristaux , on Voit une quantité considérable de petites druses de zéolithe d’uné blancheur éclatante, mais qui sont tellement petites, qu'il est impossible, de préciser plus particulièrement leur nature. La masse ‘principale, quand on peut l’observer, paraît d’un gris de cendre et les cristaux de hornblende s’y distinguent de loin par leur éclat : cette roche est d'un fort bel aspect. On remarque une autre roche dans le baranco de los Santos, un peu au-dessus de Santa-Cruz , à l'endroit où les eaux du baranco sont prises pour être amenées à la ville. Elle parait se rapporter tout-àfait à celle qui se présente auprès de l’Agua Manza, au-dessus d'Orotava et à Perexil : c'est un mélange 8roSsicr de fragments de hornblende » d’augile et de feldspath. Au-dessus se trouve un tüf blanc, puis du basalte compact contenant des petits grains de péridot, très poreux et boursouffié à la surface. Ce basalte appartient aux coulées de lave de Laguna; il est recouvert par la Tosca.

Plus haut, dansie même baranco, on voit sortir du Sol de la vallée de belles colonnes prismaliques de basalte, et plus haut encore au point où deux barancos se réunissent en un autre plus considérable, s'élève un rocher basaltique aigu , lequel a soulevé les couches de tuf qui recouvraient la vallée, de manière que cel'es-ci

s'étendent de chaque côté sur les flancs de ce rother. À une certaine distance du basalte , Ces couches re- Prennent leur première inclinaison. Ce phénomèneest, Entre tous ceux de ia même nalure , celui qui se trouve le plus près de Santa-Cruz, et il se présente à fort peu dé distance de la ville.

Dans aucuns des nombreux barancos qui se trouvent enire Santa-Cruz et Punta de Naga, on ne voit nulle Part le irachyte en place. Les blocs immenses et nom-

breux qui recouvrent le baranco de S. Andrea, et

qu'on'n'observe que dans cette vallée , proviennent de la Rocqüe de Payba, que l’on doit considérer comme appartenant au versant septentrional de la montagne. Dans le dérnier de tous les barancos du côté dela pointe extrème de l’île, dans le beau vallon de Ygueste, dont toute la surface, à la vérité peu étendue, est presque entièrement recouverte par des forêts de bananiers, les rochers inférieurs sont formés à peu près complétement d’augite à gros grains : mais à la partie supérieure se trouverft de très puissantes couches de tufs et de conglomérats basaltiques.

DESCRIPTIGX GKOG NOSTIQUE.

Page 1