ERUPTION DE
Comme le vaisseau sur lequel je comptais retourner
en Angleterre dans l’automne de 4815 » s'arrêta quel
Que témps’sur le côté méridiônal de l'ile Lanecrote , au Port.de-Naos | ous més efforts furent dirigés vers ce but, d'étudier de plus près l'éruption qui en-1730° dé: lruisit presque le tiers de l'Île. Elle a quelque chose
de singulier, d’ext raordinaire; il n'avait jamais.existé .
- à Lancerote un volcan propre , un pie s'élevant à une grande hauteuf et renfermant intérieurement “un cra> tère principal. Encore aujourd’hui, après cette catasirophe, nous avons , en passant près de l’île, promené: inutilement nos regards de tous..côtés ; pour voir. de
uelle hauteur avaient pu provenir cesimasses qui ont
Tépandu. partout sur leur Passage la plus désolante dévastation. L'île sémblait partout plate, quand on ve- Maïit de quitter les îles si élevées de Ténériffe, de Palma ;
€ Canaria, et aueuñe montagne ne se distinguait par
liculièrement. du reste du pays"... "tes , À Porto de Naos J'appris avec quelque surprise-que l montagne brülait encore etque Pour cette raison elle tait nommée Montana de Fuégo: Mais on ne savait PaS positivement -où elle était située’, et l’on- m’a-
x Es ‘ ©) Voir la carte de Lancerote.
une pme UE ses ER ET A ET D dE a LA rot s
dressa à la capitale Zéguize, éloignée de ge” petits milles, où l'on devaif me l'apprendre plus exactement- Dans le fait , le voisinage d’une éruption se fit bientôt reconnaître. À peine à une demi-lieue du port, SUT le chéminide la ville, danssun vallon uni par lequel passe le chemin, parut un courant de lave noire. On le voit venir de l’est entre dés collines , et suivre les formes du vallon, comme uñe matière liquide’, tantôt s’élargissant , tantôt se rétrécissant dans les parties plus escarpées. Il se perd dans la mer une lieue au-dessous de Porto de. Naos , et est ici d'autant plus remarquable, qu'il est énvironné de champs de blé , et que sur le sol on né voit ni rapillés ni scories. Cette lave est aride et sans trace de culture, et à peine le chemin y laisse-t-il quelque- marque apparente. Sa masse est très noire ; mais elle ne se laisse pas facilement reconnaître à cause des bulles. Elle ne renferme ici aucune substance mélangée. Les roches au, contraire, qui forment le rivage près dé Porto de Naos, et par dessus lesquekes se dirige le-courant de laves, sont bien moins noires et moins compactes, On voit nettement que c’ést un mélange grenu de cristaux verts et blancs, semblable à une do. lérite à grains, fins ; et effectivement à l'aide’ d’une forte loupe; on'y distingue facilement de l’augite dans les grains verts; mais dans les grains blancs on ne reconnaît pas distinétement du feldspath.# ils m'ont par beaucoup trop, nombreux pour pouvoir être assimilés aux prismes hexagonaux de néphéline de Capo di Bovt: Cés masses sont (traversées ‘par un très grand nombre de grandes cavités, un peu-allongées,:el tapis” sées de druses intérieurement. Elles forment, près du port au-dessous du château S. Gabriel, des colonne semblables à des colonries de basalte, de 2 pieds d’épaisseur'et d’une longueur apparente dé 6 à 8 pieds: comme ellés recouvrent tout le pays qui environne Je
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 293
port, on ne peut pas facilement y apercevoir une direction de coulée; elles se distinguent encore essentiellement des couches basaltiques de ces îles, én ce qu’elles ne constituent pas dés masses distinctes de rochers ,: et nese {rouvent pas en couches alternant avec des amy g-
daloïdes et des conglomérats de tufs. ’ sé Au-dessous de l’ancien cône d’éruption de Tayhe duquel est sortie une coulée delave, cachée même sous des champs de blé; le chemins’élève vers Téguize, et se trouve alors tracé dans du calcaire. Cette roche forme une cowche péu épaisse qui récouvre les colonies de dolérite, Le calcaire est jaune isabelle et blanc jaunâtre, à Cassure esquilleuse ou terreuse; en quelques places où célte Couche est la plus épaisse, elle à au plus deux pieds dehautéut; dans d'autres elle ne paraît que comme une stalagrmite déposée sur le sb] et ele a au plus un pouce d'épaisseur. Assez fréquemirent, peut être même partout,ils ytrouve des fossiles qui paraissent appartenir à des débris de coquilles terrestres semblables à des hélices, des bulimes et des spirales: Dans toutes les parties de ce calcaire , on observe des fragments de lave ancienne de diverses grosseurs. Quelques-uns sont assez considé- Täbles pour Sarpasser la puissance de la couche et alors is s'élèvent au-dessus de sa surface ; d'autres au con- lraire sont très petits et entièrement englobés par le Calcäiré, Sur lés flancs de Ia couche, le calcaire devient 0olithique et cette texture ést tellement prononcée, que dans quelques fragments on croirait voir des débris de Couches calcaires de là formation jurassiquesl.c gise- Ment de cette coucheest tout-à-fait singulier" He nese trouve pas dans fes parties profondes’; mais seulement : 4 Sur les benchants unis de lamontagne, ct elle se continue Sans intérruption sur les pentes jusqu'à la hauteur de S00 pieds.et peut-être même davantage On né là retr Ouve pas auprès de Porto de Naos, non plus que dans
toutes les parties méridionale et- orientale de l'ile. de serais fort tenté de croire que cette couche doit son exis- - tence aux vents violents et impétueux qui soufflent du
nord-ouest pendant l'hiver, et quitransportant surtoute l'ile les eaux.de la mer sous forme de brouillards , les dépose Sur la montagne.;Les eaux pluviales qui en résultént dissolvent des matièrés salines qu’elles entrainentetqu’elles déposent en forme de stalactites calcaires lesquelles englôbent des petits fragments et produisent de l'oolithe, tandis que les gros morceaux de rochessont simplement empâtés à Fétat de congloméraf; il résulterait enfin de toute cefte action une couche qui s’étendrait au loin sur tout le versant de la montagne,
À Téguize on me montra de loin vers-le-sud-ouest une série de collines parmi-Jesquelles je devais trouver le volcan ; on m’indiqua auprès Tingdaton comme ‘le point le plus rapproché de cette montagne enflammée. Dans la large vallée qui sépare ia ville de - Tinguaton, je fus obligé de traverser de nouveau ur bras.de la laye provenant de cette éruption. Cette partie.de la coulée s'étend aussi jusqu’à la mer du côté du nord; mais l'ouverture par laquelle elle est venue à la sutfaéo se-trouvait encore cachée par les collines qui
s’élevaient. deyant moi. Enfin derrière Tinguaton ja perçus un cône élevé dont les flancs éfaient du haut el bas formés de fragments de rapiülles incohérents. Di vers cônes élévés lesüuns au-dessus des autres se mot iräient dans le lointain; et on voyait des masses de ‘laves semblables à des Dlaciers noirâtres se précipitef de leurd@ommets. vers les parties inférieures, A un lieue plus loin, je parvüis enfin à cette lave qui formail comme un vaste. champ dévasté, La surface noire. el raboteuse de la lave est recouverte de grosses écailles entreélacées y@uguleuses, semblables à d'immenses yagues; ellesn’ont que quelques pieds de hauteur, mais elles
Sont si serrées Que plusieurs personnes placées près les unes des autres ne pourraient s’y reconnaître. Vers le haut, ces écaillés sont réunies avec les parties supé- : rieures de la coulée par des vaguesarrondies, visqueuses, dont quelques-unes sont très considérables ét fort étérdues. Vers le bas elles forment dés escarpements presque verticaux, d’imménses voûtes irrégulières sous lesquelles se cachent des masses de Scories, et de grandes Cavilés. La masse qui compose la-lave est peu poreusé , elle estgrenue’et dans les cavités renfermedes cristaux Pien.déterminés , le plus souvent formés d’augite. Elle contient aussi très souvent du péridot en masses aussi belles et aussi considérables que les laves de Weissenstein auprès de Cassel. Rien de plus surprenant que l’as- Pect de ces masses de péridot qui sortent en partie de la Yoche et se présentent comme des boutons à sa surface. Evidemment le péridot.non fondu a été-empâté et re tenu par la Vistosité de la lave qui s’écoulait vers les parties basses de la montagné; en effet-il est très facile de séparer le péridot de la masse de la lave. Partout'où la surfice de la lave présente des pointes saillantes | Celles-ci sont toujours terminées par une pareille masse d péridot, souvent. grosse comme la tête. Ce péridot à le plus, souvent conservé sa belle couleur vert- - OliVE et présente des traces évidentes de cassure Jamellaire : il est mélangé d’aûgite conîime à l'ordinaire. Lorsque l'action de la chaleur sur cette substance a été . Plus intense , Cle devient brune. ou gris de perle Mat, et ld masse de lave s’est introduite entre les fissures des grains qu’elle englobe de toutes parts. J'avais déjà remarqué de semblables masses de péridot dans le$ coulées de Fuente-Caliente à Palma, mais ja- Mais dans aucun volcan et-dans üne véritable coulée 9ù n’en trouvé d'aussi considérables, et hors de-ces îles ° n’en 6bsérve de semblables que dans le Vivarais où
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les coulées se présentent immédiatement sur le granite.
Après une montée pénible d’une heure et demie sut le champ de lave, je‘parvins àl’orifice même par lequel cette matière s’est fait jour pour venirià la surface: C’est une montagne formée de scories et de rapilles qui reposent les uns sur les autrés' en formant uné grande quantité de couchesfort tourmentées. Lecratère de l’intérieur duquel s’est échappée la lave, est terminé de (ous côtés par des murs verticaux. Dans les parties seulement où la laye s’est, frayé un passage, les bords du cratère sont échancrés jusqu’au fond qui à l'origine de la coulée forme une.petite plaine. Je pus ici encore vérifier ce fait constant dans tous les cratères d’éruption , € ’ést que du côté où a coulé la lave lés bords. du cratère sont fortement échancrés, souvent. même complétement détruits. Ainsi c'est le cas des deux érup= tions volcaniques qui, eñ Auvergne, ont répandu suF un espace de plusieurs millesles coulées de Volvic et.de Talande: On observe la même chose à Ténériffe dans l'éruption de la lâve qui a servi à construire, le hâvre de l'Orotava : il en est de même à la Gran Canaria, au mont Rosso de l'Etna ét dahs toutes les petites éruptions
du Vésuve.' A Lancerotemême, je me Suis servi dé cetté
observation au cratère de Tayhe et à celui de léruption de Corona pour retrouver le, côté par. lequel là, lavea dû s’écouler, Surdes bérds du Rhin entre Coblentz ‘et Andernach, oùles coùlées de lave sont recouvertes €! masquées par des couches de pierres-ponces, celte T6” marque est du plus grand secours pour reconnaître Jef orifices d’éruption et la direction dé ces coulées. Tout-à-coup sur le bord le plus élevé du cratère, pa raît un nouveau. cratère qui s'enfonce à plus de 500 pieds de profondeur sans présenter cependant ni lave ni OF” fices ; mais au lieu de ces ouvertures on voit de large*
fissures s'étendre à travers les roches depuis le fond jusque sur les, flancs du cratère. Quand on approche Plus près de ces crevasses, on observe. qu’il s’en dé- Sagedes vapeurs fort échauffées ; dañs lesquelles la température du thermomètre: s’élève rapidement jus= qu'à 145°F (62°, Te.)etilest probable qu'il atteiñndrait, dans les parties inférieures des fissures, la tempé- -rature de l’eau bouillante, s’il était possible d'observer et instrument à cetté profondeur. Ces vapeurs parais- /Sent n'être rien'que de la vapeur d’eau ; ellés se condensent en gouttelettes qui ruissèlent sur les corps plus froids qu’on approche de ces crevasses. Cependant ces Vapeurs ne peuventêtre de l’eàu pure: en effet, les parois des fissures sont de chaque-côté couvertes d’incrusfa- Üons bjanches, assez singulières, car elles sont composées de gypsé et 6bstruent les fissures presque jusque dans leur milieu. De queiqueé-unes de ces crevasses, on voit aussi s’élever des vapeurs desoufre qui en se déposant sur lesscories des environs les recouvrent de cristaux de soufre: mais ces dégägements sont -loin d'être aussi fréquents et aussi intenses que ceux. du cratère du pic de Ténériffe, | | | Ces divers phénomènes ont fait donner à cette monlagne ,:le nom de Montana ‘de Fuego' et cependant leurs effets annoncent si peu d'intensité dans les actions-qui les produisent, en comparaison de ce qui a “dà déterminer immense dévastatiôn de Ja contrée aVoisinante , qu’on est fortement porté à croire que ces actions sont Simplement déterminées par l’'oxydaion de quelques débris de-matiéres métalliques restées entre les scories dans l’intérieur de la montagne , ef ne résulteñt nullement d’une source püissante et active de Chaleur. 6: | Kays |
Un troisième cratère, mais plus petit, se trouve en “ennexité avec le grand cratère, et est creusé dans fa
LS
crête la plus élevée‘dela montagne. Ik est d’après des : mesures barométriques, à 655 pieds au-dessus de Tinguatoh et à 1,578 pieds au-dessus de la mer. Du haut de cette’ montagne, on découvre l'horizon de la mer par-dessus tous les cônes environnants ; il n°y à que l'immense cône d’éruption de Corona sure rivage septentrional de l’île qui s'élève un peu au-dessus de la trace de cet horizon.
On ne saurait décrire-l’aspect de désolation que pré-sente à l'œil de l'observateur toute la contrée qu’ou aperçoit de ces hauteurs. Un espace de plus de trois milles carrés qui s'étend vers l’ouest jusqu ’àa la mer, est entièrement couvert de scories noires au-dessus desquelles s'élèvent çà et là de petits cônes de rapilles. Aucune maison, aucun arbre, aucune végétation ne vient rompre la monotonie de cette surface inégale et raboteuse ; tant que la vue peut s'étendre, tout estmort et dévasté.. Il était évident que cette immense. masse de lave n'avait pu provenir d’un seul orifice d'éruption el que la Montana de Fuego dont la coulée $’étend vers l'est, n'avait pu contribuerque pour une petite portion, et de ce côté, à cette dévastation de la contrée, Depuis longtemps j'avais par conséquent gherché à reconnaître où pouvaient être placés les autres ‘cônes d’ éruption ; d'oüavaitpuprovenir cetteé énorme quantité de matières: Quel ne fut pas mon étonnement, lorsqu'à la partie supérieure de la montagne, je vis se développer devant moi une sérieentière de cônes tous aussi élevés quelaMontaïa de Fuégo elle-même, tous exactement dirigés sur une étendue de plus de deux milles géographiques, suivantJa même ligne, etsi régulièrement disposés, que ces cônes étant pour la:plüpart cachés les uns parlés autres ; 0 n'apercevait que leurs sommets. Depuis le rivage octidental jusqu'auprès de Florida, à un demi-mille de Puerto de Naos, j'ai compté douze. grands cônes,
. DESCRIPTION GEÉOGNOSTIQUE. 299 parmi lesquels la Montanade-Fuego se trouvait placée la Sixième. En outre On voit une grande quantité d’autres petits cônes placés en parlie.entre les précédents, en parlie hors de leur direction commune : c'est évidemment la répétition du phénomène de Jorallo, ou de celui des Puys en Auvergne. L'éruption avait aussi probablemént eu lieu tout le long d’une grande faille, qui a-dû se produire avec, d'autant plus de force et de violence, qu’il
b'exislait pas auparavant de volcan ou de cheminée CommMuniquant-avec l’intérieur, qui pût atténuer l'inlensité de l’aétion mise.en jeu lors de cette éruplion.
a Jusqu'à Florida, j'ai gravi la plupart de ces cônes 3 {ous sont exactement semblables; ce sont. des aggloméralions de,5 à 400 pieds de hauteur, formées dé rapilles, grôs comme des fèves, anguleux , incohérénts et poreux, roulant avec bruit les uns. sur les autres, Lés.cralères s'ouvrent généralement vers l’intérieur de l'île, oùles-coulées se sont réunies en un im mense champde lave, et plus on àpproche.de l'extrémité de celte chaîne d’éruption vers Sobaco , ‘plus le péridot devient rare dans cette lave, Enfin , Ôn ne trouve plus cetie substance que dispersée , et dans.les. coulées des cônes les plus éloignés, -on ne la voit plus, comme si lle eût été entraînée et dissoute par la matière liquide, Pendan( son mouvement, Cette circonstance et la posilion singulière des masses de péridot sur-les-pointes Extrêmes des parlies anguleuses de la lave auprès de Tinguator, sembleraient suffisantes pour prouver la Préexistence dè ce péridot. dans lès, laves , si on-ne sa- Vail pas déjà que cette substance, quand elle. se trouve €n masses aussi considérables et de cette manière » Caractérise principalement certains basaltes particuliers. Au reste, i] n’est pas difficile de trouver ici là roche que l'action du feu a transformée en lave. LaMancha-Blanca, ui estune partie de Tinguaton, estcomposéedecolonnes
de basalte compact, contenant souvent degros grains très visibles de péridot : cette roche est'tout à fait semblable -au basalte. qui, auprès. de Rio, s’étend sous forme de couche fort étendue sur les couches d’amygdaloïde. Au-dessus de ce basalte colonnaire s’élève la éhaîne des cônes d’éruptions, et par tonséquént cette roche doit avoir été brisée et entraînée, à l’état fluide par jes éruptions. La nature de la masse de la lavé n’a pas ‘non plus dû lui permettre de donner naissance à du péridot ; en effet, il paraît à peu pres prouvé que le péridot ne se trouve point ou {rès rarement ; et seulement en petits grains; dans les roches basaltiques , qui tant qu'elles contiennent encore un peu de feldspath, prennent une couleur plus claire, due au ‘mélange grenu de cette matière; ce péridot né se présente noh plus que dans les basaltes dont la texture annonce un mélange de diverses substances. Or la lave de Montana de Fuego est grenue commê une dolérite à gräins fins, et ne ressemble aucünement aux masses qui ordinairement empâtent'du péridot. Les | On doit être naturellement curiéux d'apprendre de quelle. manière! se’sont ianifestés les phénomènes qui ontaecompagné cette grande éruption. Les descriptions qu'on en a faites Jusque ici ; nè jettent pas beaucoup de clarté sur ces faits; j'ai cependant trouvé à Santa-CruZ de Térériffe, une relalion manuscrite, faite lors de cèt événement par Don Andrea Lorenza Curbeto, cüré de Yais, endroit très peu éloigné du siége de l'éruption et la Série des phénomènes, tels qu’ils ont été décrits pe cet observateur, me paraît mériter d’être rapportée: Le 1° septembre 1750, dit Don Lofenza Curbeto». “a 9 ét 40 heures du soir, la terre s’entr'ouvrit tout à-coup auprès de Chimanfayaä, à deux lieues de Yaïsà- Dès Ja première nuit, une énorme montagne s'était élevée du sein de la terre, et de son sommet s 'échap—
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE 304 paient des flammes qui continuèrent à brûler pendant dix-neuf jours. Peu de jours après, un nouvél abîme se forma probablement au pied des cônes d’éruption. qui Yenaient de se produire, et un torrent de lave se précipita sur Chimanfaya, sur Rodeo et sur une partie de Mancha Blanca, Cette première éruption eut lieu ainsi à l'est de la montana de Fuego, à peu près à moitié chemin, entre cette montagne et Sobaco. La lave s’6coula sur les villagés, vers le nord, d’abord avec autant de rapidité que l’eau, mais bientôt sa vitesse se ralentit et elle ne coula plus qüe comme du miel. Mais le 17 septembre, un rocher considérable se souleva du Sein de la terre, avec un bruit semblable à celui du tonnerre, et par sa pression il força la lave, qui d’abord se dirigeait vers le nord, de changer.de route el dé se porter vers le nord-ouest et l'ouést-nord-ouest. La Masse dé laye atteignit enfin et détruisit en un instant les villages dé Macetas et de Santa-Catalina, situés dans la vallée. ee : RE A
L'apparition de ce rocher est un phénomène extré- * mement remarquable, que le curé pouvait parfaitement * bieh ‘observer dé Yaisa, et on n’a aucune raison de ré- Yoquer en doute la vérité de son assertion. Ce. rocher aura été détruit.par une éruption subséquente, car on ne voit rien sortir de la lave qui ressemble à un rocher Solide. Ce fait nôus indique comment des rochers isolés Peuvent s'élever ‘du sein de la nier. Celui-ci n’aurait-il Pas été produit parle relèvement d’üne portion non fondue de la couverturebasallique supérieure, qui sesérait Soulevée pendant un.certdin temps? ni
Le 41: septembre, l'éruption se renouvela avéc plus defôrce, et la lave recommenca à couler. De Santa- Catalina; elle se précipita sur Maso, incendia et recou- Yrit tout ce village, et poursuivit son chemin jusqu’à. la mer ; elle coula pendant Six jours de suite ayec un
bruit effroyable et en formant de véritables cataractes Une grande quantité de poissons morts surnageaient à. la-surface des eaux de la mer, ou venaient mourir Sur le rivage. Bientôt tout $e calma, ét l’éruplion parut avoir complétement cessé. Malgré l'énorme masse de lave qui s'était étendue de là jusqu’au rivage de la mer, en recouvrant plusieurs villages , il était évident que jusqu'ici l’éruption n’avait eu lieu que par un seul ori- . fice situé à pèu près entre Tinguatonet Tegoyo. Se Mais le 48 octobre, trois nouvelles ouvertures se for- ! mèrent immédiatement au-dessus de Santa-Catalina, qui brülait encore, et de ses orifices s’échappérent des masses d’une fumée épaisse qui s’étendit sur toute l’île; elles étaient-accompagnées d’une grande quantité de rapilles, dé sables et de céndres, qui se répandirent toutautour;et de tous les points on vittomber des gouttes d'eau en forme de pluie, Les coups de tonnerre et les explosions qüi ac compagnèrent ces phénomènes, l'obscurité produite par la masse de cendres et de fumée qui recouvrait l'ile, forcèrent plus d’une fois les habitans de Yaisa et ‘des lieux «irconvoisins, à prendre la füite, mais ils révenaient bientôt, car ces détonations ne paraissaient accompagnées d’aucun autre phénomène dé dévastation. Le 28 octobre, l’action volcanique s'était exercée de cètte manière pen" dant dix jours entiers, lorsque tout-à-coup le bétail | tomba mort, asphyxié dans toute la contrée, par un-dé= » gagement devapeurs pestilentielles, qui se condensèrent et tombèrent sous forme de gouttelettes. Le 30 octobre ; tout redevint tranquille. Cétte éruption paraîtn’avoir été accompagnée d'aucune éjettion de lave. à 74 Mais, deux jours après, le 1° novembre, les fumées, et les cendres recommencèrent à à paraître; et ellès se dégagèrent constamment jusqu’au 10 : alors parut uñe nouvelle coulée; toutefois, celle-ci causa peu de dommages, Car tout dans les environs était déjà prülé,
DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 30% tavagé et couvert de lave. Le 27 , une autre coulée se :Précipita avec Uneincroyable vitesse Yers les bords de la Mer; elle atteignit le rivage le 4° décembre, et forma *u milieu des eaux uné petite ile » tout autour de Jaquelle “0h fouva beaucoup dé poissons Môrts, LS À Le 16 décembre Ja lave qui jusqu'alors s'était préci- Pitée vers la mer, changea de direction, et se défournant Vers le sud-ouest » atteignit Chupadero qui bientôt, le17 , ne fat plus qu’un vaste incendie: Elle ravagea en- Suitela fertile Vegade Ugo, mais ne s’ étenditpas au-delà ; Le 7 janvier 1751, de nouvelles éruptions. vinrent bouleverser toutes les précédentes. Des Courants incandescents. accompagnés, de fumées très épaisses, sôrtirent par deux ouvertures qui s'étaient formées dans la ‘Rontagne. Les nuages de fumée étaient fréquemment traversés par de ‘brillants éclairs d’une lueur bleue et Touge ; suivis. de violents coups. de tonnérre, comme dans les orages, et ce Spectacle était aussi effrayant ‘que nouveau pour les habitants car où ne connaît pas les . Prages dans ces contrées. Le 10 Janvier, on vit se-sout lever une immense Montagne, quile même jours’abîima “ans $on propre cratère avec un fracas épouyantable, Ebéouvrit l'ile de cendres et de pierres. Des coulées de ‘Ve brûlante déscendirent comme des ruisseaux à tra- Vers le Malpays jusqu’à la mer. Le 27 janvier, cette “uption était.terminée. Se
€S montagnes qui sé sont formées pendant cette
“uption .- existent Probablement encore : plusieurs ‘entre elles » Situées près les unes des autres, et ayant € grands cratères échancrés $ur un Côlé, presque jus- Ta leur fond, appartiennent au Septième groupe et ‘lèvent à l'ouest du côté: de la mer. On m'a assur é, au
Vins, Qüe. c'est un cône de 400 pieds de haut, faisant Partie de ce groupe , qui a détruit Ja sTande' et floris-
nfe bourgade de Santa-Catalina.