‹ Description physique des Îles Canaries, suivie d'une indication des principaux volcans du globeChapitre 41 sur 90 · D NU · texte numérisé non relu

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Le 3 février, un nouveau cône fut soulevé; il brûla le viltage de Rodeo, etaprès.avoir traversé toute la contrée qui enyironne-ce Village , la lave atteignit les bords de la mer ‘elle continua à couler jusqu’au 28 février.

Le 7 mars. s’élevèrent d’autres cônes, et la lave qui ensortit, se dirigéa au nord vers la mér ct atteignit Tingafa, qui fut complétement dévasté. Les cônes S£ disposèrent presque régulièrementsur un mèmealigne ment, de. l’est à l’ouest, comme sitles éruptions pro” duisaient dans intérieur. une immense fracture qui trouvait moins de résistance à s'effectuer: vers l'ouest. De nouveaux cônes , terminés par des cratères , se SOU” levèrent lé 20 mars, à uné demi-lieue plûs loin versJe nord; et par conséquent , faisant toujours partie de Ja même série volcanique : ces cônes furent en éruptio® jusqu'au 5 mars. Le Gavril, ils recommencèrent ayet plus de violence , et réjetèrent un courant incandescent! qui s’étendit obliquement du côté de Yaisà, sure champ de lave ‘déjà formé. -Le 15,.deux montagnes s’affaissé ‘rent. avec un fracas épouvañtable, et Je, 41* mai, cet. incendie volcanique paraissait éteint, mais ilse renouveli

Je” mai, à un quart de lieue-plus loin ; une nouvelle” colline se souleva ;. et une coulée de lave vint menace

Je village de Yaisa. Le 6 mai, ées phénômènes dvaiclii cessé , et pendant tout le reste du mois, cette tinmensé éruption parut être entièrement terminée; mais le 4 juin trois ouvertures s’ouvrirent à la fois, et-ce-phénomèn® ‘accompagné de violentes secousses et de flammes, qui 5€ dégageaient avécun bruit épouvantable , : vint de noU° veau plonger les habitants de l’île dans la consternati0B Cette éruption. se fit de nouveau auprès dü Tingafaÿ® 1 à peu près dans la partie où s’élève là Montana de Fuég°° Les orifices se réuniren bientôt en un seul cône tres élevé, duquel sortit une lave qui se précipita jusqu'à Ja mer. Le 48 juin, un nouveau cônese souleva entre ceux

DESCRIPTION GÉOGNOSTIQUE. 505 qui s’élevaient déjà sur les ruines de Mato, de Santa-Calalinaet de Tingafaya ; c’est Vraisemblablement la même Montagne , à laquelle on donne encore acluellement le Nom de volcan, qui a rejeté la lave dirigée vers le nord- Ouest, Un cratère, ouvert sur le flanc de ce cône ;

lançait des cendres et des éclairs, et d’une autre monlagne située au-dessus de Mazo, se dégagea une vapeur blanche, qu’on n’avait point @ncore observée jusque-là. | | Vers le même temps, à la fin de juin 1751 ; toutes les Plages, et le rivage de la mer, du côté de l’ouest, se cou- Yrirent d’une quantité incroyable de poissons morts, de toutes sortes d'espèces, et quelques-uns de formes qu'on n'avait jamais vues. Vers le nord-ouest, on Voyait, de Yaisa, s'élever du sein de la mer une grande masse de fumée et de flammes, accompagnées de violentes déto alions , et on observa la même chose sur toute la mer, du côté du Rubicon , sur la côte occidentale. | Ces flammes , qui jaillissaient du côté de la mer, paraissent surtout avoir jeté l’épouvante dans cette con- …trée, Chaque relation de cette éruption cite la sortie de . ces flammes , en ajoutant qu’elles furent accompagnées tn même femps du soulèvement d’un rocher considé - Table qui s’éleva dans la mer, à une grande distance du TiVage. Le curé d’Yaisa ne parie point de ce rocher qu’il devrait avoir vu, et je ne lai non plus trouyéindiqué Sur aucune carte. ue 50 Si la mer eût été couverte de pierres-ponces, ce fait Cût été très important, et aurait pu faire supposer que les flammes provenaient d'une grande profondeur. Les éruptions qui ont eu lieu par les cônes, n’ont certaine Ment apporté à la surface , aucun fragment de picrres- Ponces, et aussi loin que j'ai étudié l’ile de Lan- ‘erole , -je n’en ai nulle part trouvé sur les rivages

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toutefois, je n'ai vu la côte du Rubicon que du pont du vaisseau.

Mais, que pouvaient être ces flammes qui s'élançaient ainsi du sein de l'Océan, et d’une telle profondeur ? Ce phénomène n'a rien d’extraordinaire dans le voisinage de ces îles volcaniques. On a plusieurs fois observé le même fait près de Saint-Michel, dans les îles Azores : s’est manifesté asiavec une grande intensité en janvier 1783, à cinq milles géographiques de Reikianes en Islande en pleine mer. Il est difficile d'admettre que ce puisse ètre de l'hydrogène, car on ne saurait supposer que ce gaz, après avoir traversé une grande masse d’eau. eut encore une température suffisante pour que son inflammation eut lieu dès qu’il arrive en contact avec l’atmosphère ; on est plus porté à admettre que ce fait est le résultat de la combustion de substances métalliques, telles que du potassium, du sodium, ou quelqu’autre métal terreux , qui sont lancés du sein de la terre, et qui viennent se brûler à la surface de l'Océan.

En octobre et en novembre, de nouvelles éruptions vinrent renouvelerles angoisses des habitants de l’île; la position des cônes d’éruption qui se produisirent alors n’est pas déterminée d’une manière précise; mais le 25 décembre 1751, l’île fut ébranlée par le tremblement de terre le plus violent qu'on eut jamais ressenti depuis les deux années désastreuses qui venaient de s’écouier, et le 28 décembre, un courant de lave sortit d’un cône quh s'était soulevé, se dirigea vers Jaretas, incendia le vil. lage, et détruisit la chapelle de Saint-Jean-Baptiste, au près de Yaisa. Les habitants commencèrent alors à désespérer de voir jamais cesser ces affreux désastres» et ils abandonnèrent l’île avec leur curé, pour se refugier à la Grande Canarie. L'action volcanique ne cessà pas de s'exercer de -la même manière, pendant end

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années consécutives, et on ne vit le terme de ces éruptions que le 16 avril 1756. Pendant cet espacede temps, les éruptions paraissent avoir eu lieu de nouveau par les points où elles avaient d'abord commencé, car la belle vallée de Tomara avait déjà été ravagée, peut-être en 1752 ou 1755, et ensuite les coulées de lave s’étendirent de nouveau dans cette vallée, jusqu’à un mille plus bas, tout près de Puerto de Naos. Tel est le récit de Don Andrea Lorenzo Curbeto.

Lorsqu'on observe de plus près les phénomènes de Cette terrible éruption , onest fortétonné de voir queles fluides gazeux qui ont été pendant six années consécu= tives en fermentation dans l'intérieur de la terre, etdont l’action était assez puissante pour s’ouvrir violemment Un passage, tantôt d’un côté tantôt de l’autre, n’aient Pas été en état d'établir une communication durable et Permanente avec l'extérieur. Si cette malheureuse île de Lanceroteeut possédé un volcan comme l’île de Ténériffe, ilest probable qu'aucun de ces nombreux cônes d’éruption ne se serait soulevé , et peut-être aucun des Villages qui couvraïent l’île n’eût été détruit. Les fluides Sazeux sont presque les seules matières qui s'élèvent du foyer mème de l’action volcani que;lessubstancessolides, les laves, les scories , les rapilles, les cendres, n’en proviennent en aucune façon; j'ai déjà fait remarquer plu- Sieurs fois , Que la nature des laves, des scories , des ra- " Dilles et des cendres qui en dérivent , participe toujours de celle des roches de la surface, et que ces matières ne * Proviennent quede ces roches. Les laves quisontsorties à travers des couches trachytiques, ne sont jamais basal. liques, et ne renferment jamais de péridot; dans celles, 4U Contraire , qui proviennent de couches de basalte ou d'amygdaoïde on ne remarque point de felspath. T Outes les roches qui, dans l’île de Lancerote > R'appariennent pas immédiatement aux cônes d’éruption ,

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