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forment des couches de véritable basalte compact, d'amygdaloïde et de conglomérat tuffeux, comme dans toutes les îles de soulèvement. On reconnaît parfaitement cettecomposition sur les falaises verticales de 1,200 pieds de haut, qui bordent l’île dans sa partie nord, auprès de Rio. On ne voit nulle part Les roches trachytiques qui principalement contiennent du feldspath ; aussi, nè trouve-t-onaucune trace de feldspath dans tous les produits qui, pendant six années, se sont répandus de toutes parts sur l'ile. Siles vapeurs trouvent un orifice pour se dégager , alors aucune roche n’est mise en fusion, il ne se produit pas de coulée, la surface extérieure n'est pas bouleversée, enfin les champs et les vallées ne se recouvrent pas de cendres et de rapilles. Ces orifices qui laissent un libre passage aux vapeurs, sont généralement ces dômes élevés de trachyte qui probablement ont été soulevés de l’intérieur, et que l’on doit. considérer comme les véritables volcans, comme les cheminées particulières destinées à établir une communication constante entre l’atmosphère et le siége des actions volcaniques, qui s’éxercent jusque même à une distance fort considérable. M. de Humboldt a fait remarquer (dans la deuxième partie de ses voyages), qu’après la grande éruption du volcan de Saint-Vincent; qui eutlieu à la suite du violent tremblement de terre de Caracas, en 1810, on ne ressentit plus de secousseÿ dans la contrée de Venezuela. En 1797, après que Puracé, auprès de Popayan, eut cessé de rejeter dé flammes et de la fumée, la vallée de Quito fut au contrair® agitée par de violentes secousses , qui ravagèrent et dé” truisirent Rio -Bamba. Aussi, il est probable que si le Pit était resté constamment ouvert, les Yapeurs n'auraient pas cherché à se faire jour à Lancerote, en brisant 1€5 couches basaltiques, dont la surface de cette ile était Te” «souverte.
DESCRIPTION GEOGNOSTIQUE. . 508
On voit par là combien il est nécessaire de distinguer €xactement les éruptions volcaniques d'avec les volcans. Après tant de cônes d'éruption, de cratères et de laves, il n’y a encore à Lancerote aucun volcan et il n’y en a
jamais eu. La croûte basallique et le trachyte qu'elle
recouvre est Vraisemblablement trop puissante, pour permettre l'existence de canaux: ouverts aû loin au {ravers d’elle, et formant une cheminée de dégagement Pour les produits volcaniques. Il faut qu'un dôme, un bic de trachyte s'élève de l'intérieur, qu’il s'ouvre à Son sommet , et que par les ouvertures ainsi formées il permette aux vapeurs une libre sortie vers l’atmosphère, Si après un long espace de temps le cratère se comble à son sommet, les vapeurs se font jour par les pentes , et la lave qui auparavant s'élevait se précipite alors sur les flancs; mais l'apparition passagère de ces ouvertures d’éruption sur tout le circuit du grand cône, montre suffisamment que dans celui-ci seulement; consistait la liaison principale avec le foyer volcanique. C'est ce que montre aussi très nettement la disposition Si remarquable de ces cônes trachytiques les uns derrière les autres, qui indique si clairement une fente norme, ouverte sur une partie considérable de la surface de la terre. Je citerai seulement comme exemple cette série frappante qui environne tout l'archipel des Molucques ; la série des volcans des iles Kurilles, qui S'étend vers le Kamtschatka, ou celle -qui, dans le loyaume de Guatimala , unit les montagnes de,Darien avec le plateau de Mexico. æ
Une pareille liaison ne se manifestera-pas ‘dans les îles d’éruptions , lesquelles paraissent toujours être le
résultat de phénomènes moins grands, et agissant. à
une moindre profondeur. Par suite aussi, parmi les iles Azores, le Pico seul est un volcan, et nullement l'ile de Saint-Miguel, quoique dans cette ile les phéno-
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mènes volcaniques soient très fréquents. De mème les îles de Palma, de Gran Canaria, ne sont pas des volcans, quoiqu'elles aient eu des éruptions de courants de laves et de cendres, L'île de l’Ascension , l’île d'Amsterdam et beaucoup d’autres semblables, ne sont pas des volcans quoiqu'’elles renferment des cratères de soulèvemenbet des courants de lave. Il leur manque à toutes le
pic élévé ‘de trachyte, quicaractérise les centres d’ac-
tions volcaniques.
Il existe donc trois espèces différentes d'îles, qui paraissent devoir à des forces volcaniques leur élévation
au-dessus de la surface de la mer :
1° Les îles basaltiques. Consistant en couches de ro-
ches basaltiques , renfermant communément un cratère de soulèvement.
2° Les volcans. Elles sont isolées, renferment des. pics élevés et des dômes de trachyte, presque toujours avec un grand cratère au sommet.
5” Les îles d'éruptions qui ne doivent leur existence
“qu'à des éruptions isolées; elles existent rarement
‘et même À es ns jopiois, sans îles see