RIO. LA CORONA
Plus des trois quarts de l’île, jusqu’à l'angle septentriotial le plus extérieur, consistent en cônés plus OÙ moins larges, et lors même que l’intérieur de l'île sem” ble se relévér, ce relèvement paraît être dû plutôt au
“prolongerhent du pied de ces cônes, qu’à l’élévatio®
réelle de tout le pays. Comme ces cônes, ainsi qu äl paräitconsistént en rapilleset en'scories incohérehtes, on serait toujours daüs le doûte sur la nature de Ja
masse Solide de File si on n’en voyait que cette portion
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Mais la pointé qui s'étend vers le nord, et qui se termine avec le Sund de Rio , entre Lancerotè et Graciosa, donne sur ce sujel la sitio la plus complète. Le pays s'élève sans interruption depuis la ville de Teguize, jusqu'immédiatement au-dessus du détroit , puis il retombe verticalement de toute la hauteur jusqu’à la mer, et des rochers à pic entourent toute la pointe séptentrionale. Ils sont dans la plupart des endroits entièrement inaccessibles, et peut-être n "existe-t-il qu'un seul
Chemin qui conduise du sominet à Salinas.
Déja avant d'atteindre l’église de la Madona de is Nieves, et même un quart ée lieue auparavant, on voit ‘les couches basaltiques qui forment là couverture supérieure de cette suite de rochers ; et de Jà on peut les sui- Yre sans interruplion jusqu'à la hauteur de Salinas. C’est un basalte-très caractérisé, compact, noir, avec des grains de péridot très nombreux, petits, transparents , et des cristaux -d’augite, et formant une couche très puissante. Immédiatement au-dessous se trouve , -aïnsi qu'on peut le voir dans les escarpements , uné fôthe amygdaloïde encore plus puissante, où les cavités doinent presque sur la masse principale; des rognons ärrondis de mésotype recouvrent leur surface intérieure. Puis en dessous vient une couche de Conglo mérat, ou de roches formées de petits morceaux de basalte. Sur Je chemin de Haria à Salinas, on voit Saillir du milieu de ces couches de conglomérat, une Masse informe de morceaux anguleux très poreux , les- Quels se lient avec un conglomérat, sorti évidemment Plus tard à travers les couches, et à côté s'élèvent verlicalement au milieu du tuf de grandes cavernes vides, absolumentcommeon le voit près de Rambla à Ténériffe.
Le terrain de l'ileest par conséquent basaltique , et Cest à {ravers cés couches de basaltes que sont sor(ies les éruptions volcaniques.
La ligne de rochers, qui, près de Téguize , se dirige d’abord du rivage verse nord, puis seulement ensuite se tourne vers l’est, comme le détroit de Rio, descend doucement du sommet vers la côte orientale, de manière que les vallons se trouvent tout au bord occidental, et traversent cette partie étroite de l'ile dans toute sa largeur. Deux beaux villages, Haria et el Marques » en{ourés de figuiers et de palmiers s'élèvent dans ces vallons. Ces vallons n’ont pas les murs escarpés, ni les entailles profondes des barancos, sans quoi ils conduiraient facilement à cette conséquence que leur direction s’accorderait avec la pente extérieure d’un cratère de soulèvement, et que la ligne de :rochers serait le mur intérieur d’un pareil cratère , rait dû retomber dans la met, ris
Du milieu des couches basaltiques s'élève, entre Ha- ria: et les rochers de Salinas, le grand et hardi volcan de la Corona ; il forme la sommité la plus élevée de l’île, et se voit de loin dans la mer. Il est entièrement isolé, s'élève à 600 pieds au-dessus du sommet des rochers, et à 1,750 pieds au-dessus du niveau de la mer. Des petits rapilles noirs recouvrent toute la sarface du sol aux environs, ainsi que la pente, de manière qu’on
ne reñcon{re rien autre jusqu’au sommet. Toutefois la pente est tellement escarpée, qu’on ne peut la franchir qu'avec beaucoup de peine. Ellene pourrait même s€ maintenir ainsi, s’il n’y avait au bord supérieur, où elle est la plus élevée, une masse de laves qui se dirige versie bas le long de la pente. Par suite aussi ce bord est si exlraordinairement étroit, qu’on peut à peine s’y te nir sur les pieds, et qu'on ne peut s’y maintenir au mi” lieu du vent. Dans son intérieur le cratère est tout aus5} fScarpe, et s'enfonce ainsi presque de 500 pieds ; Mais le bord aussi descend. assez rapidement vers l’est, ensorie que le courant de lave quitté bientôt ce: côté
dont le reste au-
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oriental, pour se diriger dans un vallon vers Rio , Cet là, il se précipite comme une cascade de la hauteur de 900 pieds, comprise entre le sommet et le rivage de la mer. Ce point de vuetést encore aujourd’hui des plus frappants et des plus remarquables. L'œil est frappé de très loin par l'aspect de cette bande aride de lave qui s’étend sur la tranche des couches basaltiques horizontales, et qui porte encore maintenant les caracières d’un liquide noir ayant coulé du haut en bas de l’escarpement. La lave s’élargit ‘encore au pied des rochers , et a même notablement éloigné la mer de la base de ces falaises.
Getle éruption a encore la nouveauté et la fraîcheur de celles qui ne datent que de quelques siècles; cependant elle remonte bien au-delà de l’époque de la Conquête de l’île, et les produits seuls de cèt évènement en ont conservé le souvenir.
La Corona se trouve dans une même direction avec deux autres cônes d’éruption, qui semblent lui être contemporains, l’un vers l’ouest, presqu’immédiatetement au-dessus du bord des rochers basaltiques, un peu moins élevé, et presqu'aussi vaste que la Corona
elle-même, l’autre plus petit, et dans la direction de l’ést. Ils sont tous trois entourés d’une quantité incroyable de petits rapilles noirs. Des couches de Tapilles recouvrentainsi toutes les montagnes, les collines et les champs de el Marques et de Haria, et quel- Quefois, mais rarement, l’on voit au-dessous de ces 'apilles un courant de lave presque entièrement caché. La lave ne renferme ici que peu de péridot et aucune trace de feldspath. | |
FUERTAVENTURA.
C’est aux recherches de Don Francisco Escolar que nous devons tout ce que l’on connaît sur la constitution géologique de cette île. Il n’a cependant donné que très peu de notions soit sur cette île, soit sur les autres Canaries, et, par suite, ce que l’on peut en dire est très court et.très incomplet.
Cette île paraît être une continuation de er , et toutes deux présentent dans-leur aspect extérieur une ressemblance frappante. À Fuertaventura, iln’existe également aucune montagne qui domine le pays environnant. Des cônes s'élèvent les uns à la suite des autres, et sont séparés entre eux par des plaines : ce sont tous des cônes d’éruption, dont peut-être aucun n'’atteint la hauteur de la Corona de Lancerote.
Les courants de laves et le malpays qui en résulte ne sont pas étrangers à celte île ; seulement on ne connaît aucune éruption qui se soit effectuée depuis la découverte de celte contrée.
De la chaux carbonatée se trouve entre-les cônes et est exploitée pour les besoins des îles. C’est vraisemblablement une formation tout-à-fait locale, due à l'accumulation du cron de la mer, transporté loin du rivage par les vents. Ce calcaire, qui est transporté à Majada Blanca , présente une cassure terreuse gro$sière, et renferme une grande quantité de fissures. On n’y a pas observé de pétrifications. —Dans beaucouP d’endroits ce calcaire est répandu sur les champs comme des stalactites d’un jaune isabelle, et à cassure ter-
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reuse. M. Escolar croit cependant qu'on le trouve quel- Quefois au-dessous de la lave.
On à trouvé dans quatre ou cinq endroits différents de l’île, du beau gypse lamelleux et fibreux ; mais ce n'est jamais en couches , et ce gypse est très mélangé de sel marin, qui est même visible.
Sur la côte sud-ouest de l'ile, se trouve la capitale Santa-Maria de Bethencuria, entourée presque circulairement de collines peu élevées. Ces collines sont composées de hornblende en grains allongés avec du feld- Spath blanc, roche semblable à celle du schiste micacé ; ensuite se(rouve une roche formée d’un mélange de mica et de feldspath, qu’on prendrait au premier abord pour une roche primitive; mais on ne voit point de quartz dans ce mélange. On ne se serait guère attendu
à rencontrer de pareilles roches dans des collines si peu élevées. |
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