‹ Description physique des Îles Canaries, suivie d'une indication des principaux volcans du globeChapitre 44 sur 90 · NATURE DES PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES DANS LES ILES CANARIES · texte numérisé non relu

NATURE DES PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES DANS LES ILES CANARIES

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Très souvent on donne le nom de volcan aux ouvertures qui livrent passage à des coulées de laves. On n'entend pas cependant désigner par là le siége de Nouveaux phénomènes Volcaniques, et on ne se sert de ce terme, au lieu de l'expression propre de bouche d’éruption volcanique, que pour abréger le langage. Ainsi, lorsqu'on donne le nom de volcan, soit aux CBocche Nuove» qui, en 1794 » Ont détruit Torre del Greco, soit au Monte Rosso qui a recouvert, en 1669, une grande partie de Catania de produits Volcaniques , on est fort éloigné de penser que ces phénomènes soient autre chose que des éruptions du Vésuve ou de l’Etna. à.

Ilen est demême à Ténériffe : les traditions qui parlent des volcans de Guimar, de Garachico , de ceux de Chio ét de S. Iago, ne désignent par ce nom que des éruplions isolées du Pie. On doit concevoir facilement que

Auand il s’agit de la cuve d’un haut fourneau, on ne

Peut pas considérer comme des cuves isolées tous les vides qui, produits par la chute d’une brique, donnent Passage à quelques fumarolles. |

Il suit de là que le Pic est, de même que tout Volcan principal, le point central autour duquel se font les éruptions; et la disposition de toutes ces éruptions autour du Pic montre clairement que ce cône est la principale communication entre l’intérieur du voifan et la surface du globe.

Il n'est peut-être pas aussi évident que la même liai-

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son existe entre le volcan principal et les éruptions des îles les plus éloignées, et on pourrait considérer comme hasardée l’opinion qui rattacherait au Pic de Ténériffe les éruptions de l’île de Palma et même de Lancerote. Cependant, cette relation devient évidente quand on observe que ces éruptions se présentent avec les mêmes caractères que celles qui entourent le pied du cône principal. |

En outre , on n’a jamais eu d'exemple, même dans les îles les plus éloignées de Ténériffe, que plusieurs éruptions se soient effectuées par le même orifice, ni qu’elles se soient comme établies sur la même île, et s'Y soient succédées à divers intervalles. Au contraire, on doit croire que lorsqu'une éruption est terminée, l'ile qu’elle a ravagé peut compter sur une longue période de tranquillité. Généralement , en effet l’éruption suivante se manifeste sur une partie située du côté opposé du Pic ou volcan principal; ce qui prouve évidemment que des phénomènes se rattachent constamment à €e centre et se manifestent autour de lui, par-une suite d’oscillations qui s'étendent jusqu'aux parties les plus éloignées. R

Les éruptions volcaniques sont très rares dans les îles Canaries, mais le petit nombre de celles qu’on connaît, montrent très clairement ces oscillations autour du volcan principal , et, sous ce point de vue, elles méri tent d’être étudiées de plus près.

Les innombrables coulées de lave qui couvrent l'es” pace compris entre Icod et Adexe dans l’île de Ténériffe, les courants de l'Isleta dans la Canarie , les petites masses de lave de Vandama ; enfin, les coulées d'Olivä dans la partie nord-est de Fuertaventura, ont telle” ment les caractères de produits volcaniques moderne” que l’on est autorisé à croire que l’époque à laquelle ces matières se sont répandues à la surface, serait Pair

PHENOMÈNES VOLCANIQUES. 521 faitement connue si l'histoire de ces îles remontait audelà de trois siècles , €tembrassait seulement la moitié de l’espace du temps des traditions dela Métropole,

La première éruption qui ait été observée et décrite d’une manière précise , eut lieu le 15 avril 1583 dans la

Lavanda de l'ile de Palma : le courant de lave qui en résulla , atteignit la mer, après s'être étendu sur un espace de presque deux lieues.

La seconde éruption-eut lieu également dans l'ile de

Palma le 47 novembre 1677., et détruisit les bains

Chauds de Fuencaliente. |

Les . deux éruptions suivantes se succédèrent plus rapidement dans l'ile de Ténériffe : l’une auprès de Guimar s’effectua du 51 décembre 1704 au 5 janvier

1705 ; l'autre, qui, sur le côté opposé du Pic, détruisit Garachico , eut lieu le 5 mai 4706. | ;

+ Du 4° septembre 1750 jusqu’en 4756, les éruptions se continuèrent presque sans interruption dans ja partie occidentale de l’ile de Lancerote ; et ravagèrent à peu près le tiers de toute 1 surface de cette île. de

Le 9 juin 1798 ilse fit une nouvelle éruption au pied de la montagne de Chahorra du côté du sud-ouest. La toulée sortit d’un point dont la hauteur au-dessus de la

Mer est de plus de 6,000 pieds; ily.a peu de coulées dans l’île de Ténériffe qui proviennent d’une telle hauteur ; dans toutes les autres îles les orifices d’éruption sont loujours beaucoup moins élevés. Celui de tous qui se trouve à la hauteur la plus considérable , est celui de la Lavanda de Palma, et cette hauteur ne surpasse pas 2,600 pieds au-dessus de la surface des eaux de la mer.

Enfin, la dernière éruption eut lieu en novembre

1824, à une lieue au nord-ouest de Puerto de Naos, dans Pile de Lancerote, à peu de distance du cap de los Ancones.

Bien que ce petit nombre d’éruptions suffisent pour

montrer que le Pic de Teyde est le centre de toutes les actions qui les ont déterminées, on irait cependant trop. loin sion voulait. rattacher toutes ces îles à un tout unique , et ne les considérer que comme les débris d'un grand continent, bouleversé et brisé en diverses parties par les actions volcaniques. Chaque île forme en elle-même un tout bien déterminé, auquel il ne manqut rien d’essentiel , chacune d’elle présente en son milieu un cratère de soulèvement d’une étendue considérable, sur les flanes duquel se relèvent de toutes parts des couches basaltiques. Cette disposition est si évidentedan® V'ile de la Grande Canarie, que le contour même formé . par les côtés de l’île indique presque entièrement ja direction et la forme de la Caldera qui en occupe Je milieu ; la forme tout-à-fait cireulaire de l’île est tellement frappante , qu’au premier coup d'œil on reconpaît clairement que ce ne sont pas les débris d’un continent : toutes les parties tendent au contraire vers un point central sur lequel s’est exercé la force qui; très probablement , a soulevé l'île entière du fond de la mer. Cette action et ses résultats sont peut-être encoré plus évidents dans l'ile de Palma, parce que l'ile ést plus pote et cependant beaucoup plus élevée, et que pa conséquent la pente,douce des couches qui s’appuien! sur les bords de la, Caldera et forment les flancs ex” térieurs du cratère, échappe moins à l'attention ‘8 l'observateur. À + Les cratères de soulèvement de. Fuertäventura et de. Lancerote, sont moins biens caractérisés. Ces deux îles produites par un soulèvement analogue à une faille ont une forme allongée. On y reconnaît cependant les cratères: daus l’île de Lancerote, le cratère est. fort par la ceinture de rochers presque verticaux PL bordent le canal de Rio, entre l’île et Graciosas dans l'ile de Fuertaventura, c'est la dépression au milieu de

| PHÉNOMÈNES VOLCANIQUÉS. 525 laquelle est bâtie la Capilale, Santa-Maria de Bethen- Curia, | r

I résulte de là qu’on ne doit considérer les îles Canaries , que Comme un groupe d’iles qui ont été isolément soulevées du fond de la mer, par une force qui a du longtemps se concentrer dans le sein de la terre ; avant d'acquérir une intensité suffisante pour vaincre la résistance que les masses supérieures Opposaient à son action. Mais alors, cette forte a brisé les couches de basalte et de eonglomérat qui se trouvaient au fond de la mer, et sur une certaine épaisseur dans l’intérieur ; et les a soulevées jusqu’au dessus de la surface des eaux, sous forme d'immenses cratères. Après le soulèvement d’une masse aussi considérable, une partie au moins retombe sur elle même, et ferme bientôt l'ouverture par laquelle l’action volcanique s'était frayé un passage. De ce'soulèvement il ne résulte donc pas de volcan proprement dit. Mais au milieu d’un de ces cratères de soulèvement, s'élève un dôme immense de trachyte, qui forme le pic: une communication permanente est alors ouverte entre l'atmosphère et l'intérieur de la terre , et par cette ouverture s'échappent incessamment des masses considérables de vapeurs , qui Æ lorsque Quelque nouvel obstacle s’oppose.à leur sortie, peuvent se frayer un passage au pied du volcan ou à une petite distance, en entraînant avec elles des coulées delave, sans qu'il soit nécessaire alors que l'action de ces matières Soit assez puissante pour déterminer un nouveau sou-lèvement. Le volcan qui ne peut être obstrué que vers son sommet, et jamais dans les parties inférieures, par le refroidissement et la chüte des matières fluides, reste le point central autour duquel se coordonnent tous les phénomènes. fl n’y a donc dans les îles Canaries qu’un seul volcan, le pie de Teyde ; c’est le volcan central.

Tous les volcans de la surface de la terre peuvent

être rangés en deux classes essentiellement différentes : les volcans centraux et les chaînes volcaniques. . Les premiers forment toujours le centre d’un grand nombre d’éruptions, qui ont lieu autour d'eux dans tous Îles sens d’une manière presque régulière. Les volcans qui appartiennent à la seconde classe du aux chaînes volcaniques, se trouvent , le plus souvent, à peu de distance les uns des autres, dans une même direction, comme les cheminées d’une grande faille, et emeffet ils ne sont probablement rien autre chose. On compte parfois vingt, trente et peut être même un plus grand nombre de volcans ainsi disposés , et ils occupent souvent une étendue considérable à la surface-de la terre. Quant à leur pos- tion à la surface du-globe, elle peut être aussi de deux sortes ; ou bien, ces volcans s'élèvent du fond de la mer sous formes d’iles et comme des cônes isolés, et alors on‘observe g oénéralement à côté et dans la même direction, une chaîne de montagnes primitives, dont la,base semble indiquer la situation des volcans, ou bien Es

s’élévent sur la crête même des montagnes primitives et en forment les plus hautes sommités.

Ces deux espèces de voléans ne diffèrent pas les uns des autres dans leur composition et leurs produits. Ce sont presque toujours, et à peu-d'exceptions près, des montagnes de trachyte, et les produits solides qui en dérivent,, participent eQure de la nature des roches trachytiques.

Si l’on considère les chaîne es de montagnes: comme des masses qui se-sont élevées à travers une grande faille, on comprendra facilement ces deux modes de gisement des voleans. Dans l’un des cas, la masse volcanique trouve une fissure toute formée, par laquelle elle peut s élever et se répandre à la surface de la terre alors. les volcans forment le sommet de la chaîne Primitive: dans l’autre, les masses primitives qui-recou-

PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES. 325 Vrent.la faille opposent un obstacle trop considérable 4 la sortie des matières volcaniques : le mélaphyre, comme cela arrive. ordinairement, se fait alors jour Par une fissure qu’il détermine au pied de la-chaîne primitive, dans les parties où elle commence à s’élever; la masse volcanique se soulève dans ce cas, au pied de la chaîne primitive. gere on Lorsque les matières, qui cherchent à se faire jour jusqu’à la surface , ne trouventaucune faille par laquelle elles puissent facilement se frayer un passage, où lors- Que la résistance, qüe les masses primitives ‘opposent ‘à-la fracture est irop considérable, Paction volcanique ainsi comprimée au-dessous de Ja croûte du globe, S’accroit et augmente d'intensité jusqu'à ce qu’elle soit capable de vaincre cette résistance et de briser les masses qui lui font obstacle. Il se forme alors une nouvelle fissure , qui, lorsqu'elle est assez considérable,

établit une communication Permanente de l’intérieur

de la terre avec l'extérieur. Il s’est produit alors un volcan central. Toutefois, l’action volcanique produitrarement de semblables effets, avant de s’être d’abord frayé un passage, en déterminant la formation d’une île avec un cratère de soulèvement.

Cedernier mode de formation ne parait éxiger aucune réunion extraordiuaire de circonstances favorables, ilne demande pas un état particulier de la surface terrestre, Comme, par exemple, la formation d’uné chaîne de Montagnes. L'action volcanique peut done tou jours se

Manifester de cette manière, et c’est ce qui paraîlarriver |

en effet. Nous avons vusous nos yeux des flessesoulever du fond de la mer, etsi on suit lesnouvelles découvertes desnavigateurs dans la mer du sud, ou si-on étudie Jes descriptions intéressantes que. M. de Chamisso à don--. “nées des îles de cette mer, on ne pourra se refuser deréconnaître qu'il s’est produit, de nos jours, un nombra

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326 PHÉNOMENES VOLCANIQUES.

considérable d'îles nouvelles, qui se sont soulevées jusque près de la surface de la mer, où même jusqu ’audessus de cette surface, L'histoire de la mipheies avait déjà conduit à cette conclusion.

Tous les différents volcans forment à la surfice de Ja terre divers systèmes, et pour bien apprécier leur nature , des données de géographie physique plus développées et plus exactes seraient d’un grand secours; et d'autant plus intéressantes ; que la forme et la configuration des continents ne paraît pas sans infuenée sur les systèmes des volcans.

Dans ce qui suit j'ai cherché à énumérer les principaux volcans de la surface de la terre. .

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