‹ Description physique des Îles Canaries, suivie d'une indication des principaux volcans du globeChapitre 66 sur 90 · VOLCANS DU KAMTSCHATKA; { PL. XII · texte numérisé non relu

VOLCANS DU KAMTSCHATKA; { PL. XII

. La plus plie partie de la presqu'ile. du Kamtschatka est traversée , dans toute sa longueur, par deux chaînes de montagnes , qui différent beaucoup, et dans leur aspect, et dans leur composition, La chaîne du côté de l'ouest s'élève peu au-dessus de Ja limite desarbres. Elle

ne présente point de pics marquants, point de voleans, |

et conserve presque partout la même hauteur, avecdes pentes assez douces vers. les côtes de l’ouest. La chaîne orientale, au contraire, celle qui regarde l'Amérique ; n’ ‘est formée, que de cônes et de pics gigantesques, sou—

vent sansliaison entre eux, mais dont la plupart sont des Yolcansactifs ; d’ autres présentent tout-à-fait les carac- |

ières des dômes . volcaniques » ils se rapprochent de Ja mer, et y forment des côtes escarpées., On saisit admirablement cette. série de pics et Jeurs formes particulières, dans les belles vues qu’en à donné l’amiral Kru- senstern dans l’atlas de son voyage ; ils ressemblent parfaitement à de grandes cheminées ouvertes-aux vapeurs sur l’immense crevasse qui PAFCORES l’intérieur de cette partie du globe.

Les volcans qui constituent cetté chaine senti ñ

40 Opalinskaja Sopka, ou Pic Koscheleff (Krusenstern). £af, 5o 21” Long. 1549 59° E, de Paris. Le caprs

PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES. 447 laine Chwostow croit que sa hauteur doit surpasser celle du pic de Ténériffe. Il a fait de grandes éruptions à la fin du siècle passé, Son nom, au reste. (montagne brûlante) , indique assez sa nature. PS

20 Second pic. Le. 51° 52; long. de Paris. 154° 5° {1odutka Sopkal (Postels), Lar. 310 55’; long, de Paris, 155 14 E. on 2liis: 1100 ER ani 4 Æssaïschinskaja Sopka. Lat, 52 2 long. de Paris, 155" 52° ,.E. Ce.volcan. a rejeté une telle quantité de cendres en juin 1828, que le vent du sud-ouest a pu:en transporter jusqu’à Petropawlowsk ; à une distance de plus de quarante lieues (A. Pôstels, sur Les volcans du Kamischatka , Mémoires présentés à l’Académie de Pétersbourg, 11. 1835). | sd - D Pie Poworotnoï, Flat Mountain du Capitaine Beechy ;. selon lui, élevé de 7,442 pieds de Paris, audessus de la mer. Las. 59% 29. long. de Paris, 4530 MR init nt ob «ic-ontaét oi re G'Wiliutschinskaya ou Paratunka Sopka,au suddela baie d’Awatscha. Lai 520 59; long, de Paris A5G° 4 B. La mesure trigonométrique du capitaine Beechy, faite à terre, lui donne 6,M8 pieds de Paris de hauteur. M. Horner avait déterminé cette hauteur, sur mer, et à vingt-deux milles de distance ; la hauteur angulaire étant alors de 2: 47°, d’après ses observations, cette hauteur serait de 6,444 pieds de Paris. DIE 7° Volean d’{watscha ou Grorelaja Sopka.Lai:53°4T ; ce volcan a, par ses éruptions excité les alarmes des habitants de Petropawlowsk. Les Russes l'ont toujours nommé Volcan d'Awafscha. Les Anglais au contraire, depuis Cook, ont la coutume de nommer Volcan q'A- Watscha, le pic beaucoup plus élevé , situé un peu plus Yers le nord, et en même temps. vers l’ouest, de mahière qu'on le voit à gauche du pic de Gorelaja c'est

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448 PHÉNOMENES VOLCANIQUES.

le pic Streloschnoÿ des Russes. 11 semble plus naturel de se conformer à la dénomination usitée dans le pays. MM. Mongez, Bernizet et Receveur sont les prerniers qui ont eu le courage de visiter son cratère, et d’ y observer le baromètre, en septembre 1787. Céfle observalion lui assigna une hauteur de 8,199 pieds de Paris. Il leur avait fallu trois jours entiers pour franchir les neiges qui couvraient la montagne (7oyage de la 1 Peyrouse , IH, 155). ‘M. Ernest Hoffmann ée l'expédition de M. de Kotzebue, y monta en juillet 1824 ; enfin MM. Postels et Lenz, qui accompagnaient le capitaine Lutké, firent deux exeursions vers ce volcan le 25 septembre 1827, et en juin 1898. Sa base est composée de schistes de transition en couches fortement inclinées ; qui alterneñt avec des grauwackes, et souvent avec des masses informes de diorite. Les couches se dirigent du nord ouest au sud- est, et plongent de 50 degrés vers le sud-ouest. Elles se prolongent jusqu’à une hauteur assez considérable, c’est-à-dire jusque près de la limite des arbres. Des blocs énormes de trachyte se présentent

bientôt après , et couvrent le penchant j jusqu’à ce qu’on

ait atteint une espèce de plaine située au pied du dernier cône, et dont l’aspect est des plus singuliers: Le sol de cette plaine est composé d'une couche épaisse de cendres, dans laquelle on enfonce jusqu'aux genoux. Suf cette surface S’élèvent, à péu de distance les uns des autres, une très grande quantité de cônes de douze pieds de hauteur et de trente pieds de circonférence ; et chacun d'eux donne issue par son sommet à une fumarole, qui exhale une forte odeur d'hydrogène sulfuré. Cette disposition singulière, dontM. Postels donne une vue, rappelle les Hornitos du Volcan de Jorullo décrits par M. de Humboldt. Depuis cet endroit, justement nommé Gorelaja Ratschka, lé champ brûlé , on s'élève le long d’un mur de trachyte qui contient en

abondance du feldspath vitreux ; mais le cône devient si escarpé , qu'on parvient rarement à atteindre le bord du cratère même. De là vient, Sans doute , que les mesures barométriques de cette montagne sont {toujours fort au-dessous des déterminations (rigonométriques. Le cratère de la cime doit être immense, et ne peutguère être restreint à quelques centaines de pieds, comme le veulent quelques récits. Une vapeur dense s’en élève continuellement , produite. par les fumaroles qui se dégagent des crevasses ouvertes d etoutes paris sur les penchants. M. le capitaine Lutké a trouvé pour la. hauteur du bord au-dessus de la mér, 8,580 pieds de Paris. Le capitaine Beechy,quinomme le volcan Pic Koselskoi, lui donne, d’après un relevé sur terre 8,499 pieds de Paris de hauteur, ce qui effectivement paraît assez vraisemblable, et qui s'accorde mieux que les autres déterminations avec la mesure des naturalistes francais. M. Hoffman avait trouvé 7,664 pieds, M. Lenz 7, 705 pieds, non pas certainement pour la cime même. Le volcan avait fait une éruption terrible le 27 , ét surtout le 29 juillet 1827. Le grand cratère avait yomi une quantité immense de blocs et de cendres. Peu après, on vit pendant huit jours de suite, du côté du sud-ouest, descendre un courant de laves incandescen tes,‘ qui s’élait fait jour par le flanc de la montagne. 7

8° Volcan Stréloschnoï ou Æoratskaja. Sopka, le volcan d'Awatscha des Anglais, Lat, 530 19; long. de Paris 1560 90° E. Pic très effilé. qu’on voit jusqu’à 120 Tilles en mer. Aussi, la moyenne de {rois mesures trie Sonométriques du capitaine Beechy, lui donne-t-clle 10,747 pieds de Paris d’élévation au-dessus de la mer. M. Horner , du voyage de l'amiral Krusenstern, avait trouvé pour cette hauteur 10,704pieds, M. Lutké 411,576 Pieds. 11 fume peu du côté dü nord, et on n’en connaît Point d’éruptions remarquables. fl doit en avoir eu de

très considérables, car les obsidiennes sont fréquentes sur ses flanes. M. Hoffman, qui a étudié les roches dont ilse compose jusqu’à la hauteur de près de 5,000 pieds, a vu le trachyte descendre jusqu’au pied même de la montagne. Des roches basaltiques se présentent, sur une assez grande étendue , à quelques lieues du volcan, vers Natschika , et plus bas, vers les côtes occidentales, on voit paraître le Schiste micacé. (-#rchives des Mines de Karsten , 1,273.) + Pa : go Schupanowskaja Sopka. Lat. 530 55" 507. Chappe, Sauer et Postels pensent qu’il doit être cité parmi les “Volcans, quoiqu’on n’en connaisse point d’éruptions. 400 AronotzkajaSopka. Lat. 54 &, volcan imposant, situé sur le bord oriental d’un grand lac, et à peu de distance de là mer. Deux mesures de.M. Lutké lui assignent 10,574 pieds de hauteur. Le cratère à la cime jaïsse constamment échapper une très grande quantité de vapeurs, |

“44° Tolbatschinskaja Sopka, volcan qui semble re-

céler un immense cratère. Il est situé dans la vallée du Kamfschatka, s'élève de 7,410 pieds, d’après les calculs de M. Adolphe Erman , fume encore, quoique son, activité ait beaucoup diminué. Kraschenini koff et Steller avaient cru que cette montagne était un des volcans les plus terribles, surtout en#739., 12° Volcan de Ælutschew, le plus grand et le plus ac- | tif de tous les volcans de Ja presqu'île. Il doit même être | rangé parmi les plus hautes montagnes du globe, car il | y en a bien peu, qui comme lui, s’élancent d’un jet pres” que depuis la surface de la mer jusqu'à l'étonnante hauteur de sa cime; aussi les navigateurs en parlent constammient avec admiratiôn , et ils prétendent qu’il l'est visible jusqu'aux côtes de l'île. de Behring, à une

distance qui surpasserait celle de Palerme à Naples. : M

{sauer, Poyage de Pillings ; p. 506). Sa hauteur à 6lé

PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES. 45 déterminée en septembre 1829, au moyen d'obseryations astronomiques très délicates et très soignées, -paï M. Adolphe Erman de Berlin ; la différence de position de deux points, Kliutschu et Kosuirewsk, situés au pied de la montagne, déterminée avec une grande exactilude à l’aide de chronomètreset par des observations azimutales et solaires, lui a servi de base. D'après ces recherches, le bord du cratère s’est trouvé en Las, 5Go 3’ 57”, êt Long. de Paris 4580 23 48” E,, et Sa-hau. teur au-dessus de la mer, 14,656 pieds de Paris. M. Lutké

| avait cru, d’après une mesure faite à 40 lieues. ma

rines de distance d que cette hauteur pourrait atteindre | 2,585 loises on 15,510 pieds, M, Erman a yu ce volcan

en pleine activité : un courant de laves, qui brillait la nuit avec une lumière rouge très yive, sortait d’un point situé à peu près à 700 pieds au-dessous de la cime, | ets éçoulait du côté du nord-ouest, vers le pied du cône.

Les vapeurs, qui apparemment s’élevaient du cratère de

la cime, se condensaient dans la journée et formaient

un nuage épais et fort étendu sur la montagne, La nuit, on obseryait que le cralère jetait encore des pierres, en apparence enflammées. La largeur angulaire de celte -gime donne,pour le diamètre du cratère,une étenduede 2,220.pieds de Paris, vers lecôté du nord-est. M.Erman observades roches qui entouraient un vallon profond, et qui , quoique volcaniques, avaient plutôt l'apparence de former le corps de la montagne, que d’avoir fait partie d’un courant de laves. Ces roches étaient composées de labrador et de pyroxène ;.le premier .en cristaux d’une longueur qui surpassait souyent celle d’un pouce. C'était donc une dolériteet par cette singu- Jarité, le volean de Klutschew serait analogue à l'Etna et différerait considérablement du reste des volcans du Kamtschatka. M. Postels a donné une belle vue de cette montagne remarquable ; une autre vue qui, quoiqu’ex- Li 2

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452 PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES. | trêmemenñt bizarre, n’est pas tout-à-fait dénuée d'in-

- térêt, se trouve dans les Mémoires de la société d’His-

toire N aturelle de Moscou , 11 , 190. Elle à étédessinée par üun employé des mines, Daniel Haus. On y voit assez bien les limites des bouleaux , puis celle des aulnes (alnus incana), que M. Erman place à 2,957 pieds , et on peut se faire une idée de la hauteur de la cime au-dessus de eette limite. Il paraît que Haus a été jusqu’au cratère, car il dit qu'il a un werst de diamètre, et que dans le fond on voit deux ouvertures à côté d’une troisième plus large, d'où des vapeurs sulfureuses et suffocantes s'élèvent continuellement. Des courants de laves , extrêmement fréquents, se précipitent sur les glaces de la montagne composant, à ce qu’il paraît, un véritable glacier, qui, pendant quelque temps au moins, | oppose une digue à lalave. Mais bientôt cette digue est | rompue par la chaleur etpar la pression dela masse incandescente, et le tout se précipite enfin du sommet dela montagne avec un bruit si effroyable, qu'il se fait entendre jusqu’àplus de cent wersts de distance. Les fumaroles

déposent du soufre en abondance sur la neige; quand

celle - ci fond, elle entraîne le soufre, qui se dépose au bord des ruisseaux, lorsque ceux-ci sont parvenusau pied du volcan. C’est alors que les habitants le recueillent. Le volcan dé Klutschew se rattache du côté du S. S.-0., à un autre dôme volcanique, qui frappe beaucoup par sa forme en cloche régulière et par son excessive hauteur ; M. Erman croit qu’elle ne peut guère être moindre que de 15,000 pieds. Un courant de laves s’en échappe vers le village de Kosuirewsk, mais on n’en connaît point d’éruption. C’est l’Uschkinskaja Sopka. Les deux volcans forment une arête dirigée du S. 60 ouest, vers pe nord-est, de manière que, continuée, elle passerait à dix Votes à l’ouest de Schewélutsch. Quoique cette dE ne se prolonge pas aussi loin, on peut néan-

PHENOMÈNES VOLCANIQUES. 453

moins encore la poursuivre de six lieues au nord - est du Kliutschu, et d'autant au sud-ouest de l’Uschkinskaja Sopka. Cette configuration est très. remarquable, car d'un côté elle rappelle la formation d’un grand filon , et de l’autre , celle des chaînes de montagnes. | 15 Schewélutsch,, volcan qui était presque inconnu avant le voyage de M. Adolphe Erman. Krascheninikoff ( Description du Kamischatka, 1766, p. 87) et Sauer (Æxpédition de Billings , 1802, p. 306) ,-en ont parlé vaguement , et eux-mêmes ne savaient pas trop bien oùle placer. M. Erman n’a pas seulement déterminé cette position avee une très grande précision, mais il s’est encore élevé sur la montagne même jusqu’à une très grande hauteur , et il en a rapporté une quanlité d'observations intéressantes et curieuses. La monlagne forme une pelite chaîne, où une immense arête, parallèle à celle du Kliutschu » Sur laquelle s’élévent plusieurs pics; le plus haut de ceux-ci, et en même temps celui qui s’avance le plus vers le nord, est situé sous une latitude de 56° 39° 54”, et Sous une longitude de 159° 9° 19” E. de Paris. Sa hauteur est de 9,904 pieds; M. Érman n’y a pas vu de cratère; mais on se rappelle très bien d'en avoir vu sortir des vapeurs et de la fumée. Le roc est ici plus visible et plus éxposé que dans le Volcan de Klutschew où les cendres et les rapilles couvrent tous les penchants , et cachent les arêtes saillantes. C’est un mélange à petits grains d’albite vitreux, et de longs cristaux noirs et brillants d'ämphibole, empatés dans une masse compacte, tantôt grise, tantôt Touge de brique, mélange qui serait par conséquent une andésite, comme dans les volcans de l'Amérique. La vallée de la Jelowka au pied du Schewélutsch qui est une continuation de:la grande vallée du Kamtschatka , met un terme à cette roche volcanique, Les collines qui l'entourent sont formées de schiste ‘argileux, et de

454 __ PHÉNOMEÈNES VOLCANIQUES.

schiste talqueux, avec une grande quantité de couches de quartz, puis de diorite, et de serpentine, le tout en cou” ches extrêmement inclinées et parfaitement semblables à cellesqu’on voit entre Petropawlowsk et Bolscheresk et apparemment aussi fout le long de la vallée du Kamtschatka. Les’ granits, s’il y en a, paraissent être toutà-fait restréints à la partie occidéntale du pays , partie qui W’à pas encore été visitée par les naturalistes.

M. Erman s'était rendu au volcan de Schewélufsch, en débarquant à l'embouchure du Tigill, sous 58° de latitude, Il nous a fait connaître par là la composition intérieure de la presqu'ile dans sa partie la plus reculée vérs le nord. Les roches schistousés ne passent point la vallée de le Jelowka. Les hauteurs ; qui forment le partage des caux-entre lés deux mers; sont composées de dolérites, qui seprésententsous la forine de beaux prismes, rangés ét visibles sur une très grande longueur. C’est de cette disposition de la roche que lé passage même Stolbowaji Tundra (Hauteur des piliers}, a tiré son nom, En descendant de ces hauteurs, élevées de 4,896 pieds au-dessus de la rer, et en se: rapprochänt des côtes de l’ouest, on sé voit entouré dé müurs-escarpés de roches trachitiques ; d’uné hauleur de 800 à 1,000 pieds, qui entourent, en denii cercle, unie plaine dont le fondest occupé par un petit lac. C’est ici, qué M. Ermañ a cruremarquer de véritables coürants de lavé couverts’ de scories, ainsi que des éruptions particulières, à cé qu'il paraît, ear on ne voit nullé part aucun volean auquel on pourrait les rapporter. Lés fiontagres de Wajompol; vers le nord, élevées de 3,500 piéds de hauteur, quoique ‘de nature trachytique , ne sont pas des volcans. La chaîne occidentaié du Kamtschatka , s'esl dont déjà terminée sous le 570 de latitude, et les roches volcaniqües n’ont pu traverver jusqu'aux plainés de Vuest. En effet, le petit endroit de Sedanka, assez éloi-

PHÉNOMENES VOLCANIQUES. 455 gné de lamer, est entouré de couches tertiaires, formées d’un grès noirâtre , dans lequel se trouvent empâtées une foule de coquilles identiques avéccelles qu'on trouve encore vivantes dans les mers adjacentes, des tellines qui paraissent ne point différer de la Zelina lactea, - des natices à spire surbaissée, Nucula rostrata ét des bivalves solénacées. Cette formation se maintient jus- ‘qu'au dessous de Tigilsk, et jusqu'aux bords de la mer. Des couches de lignite à à Jelowka, qui contiennent beaucoup de morceaux de suecin, appartientient encore à cette même formation. Elle n rest interrompue | que quelques lieues au-dessus de Tigilsk, par une chaîne de collines composées d’une dolérite en forme d’amygdaloïde très prononcée , dont les cavités sont remplies par des calcédoines ét des cristaux de quartz. C’est donc une formation qui s'éloigne déjà beaucoup des véritables productions des volcans ; il semble qu’elle occupe une grande partie du nord du pays, car on voit les collines se poursuivre fort loin dans cette direction , et la plaine tertiaire s’y fait moins remarquer. On doit donc s’ättéendre à voir des basaltes de ce côté, comme M. Hoffman les observés au-dessus de POBCAERESE.

CHAINE DES ILES S ALEUTIENNES. œ XHE, 4.)

M. de Hoff fait remarquer avec bug de justesse que la série volcanique du Kamtschatka ne commence, pour s'étendre ensuite versle sud, que dans les parties où cessent les îles Aleutiennes, ou plutôt les iles de Bebñing qui en sont la continuation (ur, 445). Cepen-

dant les volcans des îles Aleutiennes sont déjà depuis longtémps cachés au-dessous de la surface avant d’atteindre les côtes de l'Asie. F?

49 Semi. Soposchna. Latitude 52; A0’, long. de Paris. 176° 9-35” E. C’est le premier volcan de cette chaîne qu’on connaisse à l’ouest. Les vues dessinées par Sauer (p.277) montrent que la montagne se termine en poinie , mais qu’elle est peu élevée ; elle est située dans la partie sud de l’île. D’autres parties brülantes peuvent être considérées comme descônes d’éruption.

2°. Goreloi, à l'ouest de Tanaga ( qu'il ne ‘faut pas confondre avec l’île de Goreloi, située à l’est ):c’est un volcan très haut et très rapide, qui s'élève par une pente uniforme depuis la mer jusqu’à son sommet ( Sauer, . 8° Zanaga. Volcan situé dans Ja partie nord-ouest de l'île , c’est peut-être le plus grand et le plus beau : volcan de la chaîne. Le pourtour de ce cône trèsabrupte, est de près de dix milles géographiques, c’est-à-dire presque aussi considérable que celui de l’Etna. Lé sommet se divise en plusieurs pointes, dont la plus élevée fume constamment. Une neige perpétuelle séjournesur cette sommité jusqu'au milieu de sa hauteur qui est souvent recouverte de cendres ( Sauer , p. 221, avec !/ un fort beau dessin représentant cette montagne },

4 Kanaga. Ce volcan est entouré par une grande quantité de sourcés chaudes qui jaillissent- près des bords de la mer. Autrefois les habitants de la contrée recueillaient dans le cratère de cet immense volcan un , quantité assez considérable de soufre (Lasarew, Relations de Schlozer sur les iles nouvellement découvertes entre l’Asie et l'Amérique. Hamb. 1776 , p. 65. Sauer,

5° Amuchta. ( Relat, de Schlozer, p.167), =

6% Ümnack. Les volcans, de cette île sont dans un

PHENOMÈNES VOLCANIQUES. 457 éfat particulier d'activité ( Chamisso, p. 166). Elle a souvent été confondue avec Unimak, La meilleure et la plus exacte description du soulèvement de l'île qui s’est formée dans son voisinage, est sans contredit la relation du capitaine Kotzebue (EntdeckungsReise , 1, 106). Le 7 (18? ) mai 1796, M. Kriukoff, agent de la Compagnie Russo-Américaine ,: se trouvait sur Ja pointe septentrionale d'Umnack : un violent-ouragan, vénu.du N.0, avait obscurci la surface de la mer. Le 8, le temps s’éclaircit, et à quelques milles de distance de la terre, il vit une.colonne de fumée s'élever du sein de la mer; puis; vers lesoir , parut quelque chose de noir, qui servant de base à la colonne de fumée , s'élevait un peu au-dessus de la surface des eaux. Pendant la nuit des gerbes de flammes s’élancèrent de ce point, quelquefois avec tant d'intensité, que l’on pouvait reconnaître les contrées avoisinantes de l'ile jusqu’à dix milles de distance. L'ile fut alors ébranlée par un violent tremblement de terre, et un bruit effrayant se fit entendre dans la montagne dans la direction du sud. L'ile qui s'était soulevée lançait des pierres jusque sur l'île d’Umnack. Au lever dussoleil, les secousses cessèrent, le feu diminua, et l’on vit cette île paraître sous la forme d’un bonnet noir pointu. Un mois plus lard d M. Kriukoff Ja trouva considérablement agrandie ; elle n'avait pas ‘cessé pendant tout cet intervalle de rejeter de la flamme. Mais dès qu’elle eût encore augmenté en hauteur et en étendue, les flammes cessèrent presque complétement, et on ne vit plus sortir de ce volcan que des vapeurs.et de la fumée. Quatre ans après, on ne Woyait même plus de fumée ; et au bout de huit ans (en 1804) des chasseurs allèrent en explorer la surface, Ils trouvèrent l’eau encore fort échauffée , et le so] était encore si chaud , qu’en quelques endroits on ne pou-

Vait pas y marcher,

Au bout d’un certain laps de temps, l'ile avait pris un nouvel accroissemént en longueur et en hauteur. Un Russe, dont les descriptions méritent toute confiance, évalue sa circonférerice à deux milles et demi, et sa hauteur. à: 550 pieds. Jusqu’i à üne distance dé trois milles, toute la surface de la mer était recouverte de pierres. Dépuis le milieu jusqu’à la pointe, l’ile était fort échauffée, et les vapeur£ qui se dégagaient dé son cratère , lui parareit odoriférantes , probablement à cause de l'odeur de l'huile de Naphte. A quelques centaines de brasses, aunord de cette îlé, se trouve une colonne de rochers d’une hauteur considérable | observée d’ abord pa Cook et ensuite par l'amiral Sarytschew..

“La häuteur assignée pour ce volcan est probablement

trop petite et son étendue pourrait fort bien faire Sup poser que s4 hauteur est de quelques mille pieds, comme cela résulterait dé la vue dessinée et publiée par Langsdorf , dans laquelle il indique qu'il à donné ë à la : montagne uné hauteur approchant dé la moyenne. Lorsque le 48 août 1806, il se trouva en vue de ce volcan, On apércevait du côté du mord-ouest, quatre cônes qui S’éleväient en gradins jusqu’à la montagne centralé qui était la plus élevée, et qui de tous les autres: côtés se présentait comme une sorte de colonne . s'élevant. presque verticalement (Bängsdorfr ; te À x, 209). Te

En avril 1806, l'île pouvait = 'apérce Voir de Unalaschka ; elle est située à la pointe septentrionale de Unalaschika ; un peu à louèst ét à la distance de 4.

wersts. ‘On emploie six héures de temps pour en, ..

faire le tour dans une barqué, etil en faut'un eu plüs de cinq pour parvenir en ligne droite du ri. Vage à soh sommet. Le côté dû nord est encore en combustion ; ‘et uné lave,” une sorte de matière molle, S’étend depuis la crête jusqu'aurivagé de

hauteur, car elle n’atteint pas la hauteur du pic de

la mer. Du côté du sud , le sol est froid’et assez uni. Sur les penchants de la montagne, on voit un gränd nombre de cavités et de fissures par leésquellés se déga-

gent d’abondantes vapeurs, et où se dépose du soufre.

À cette époque encore (1806) il était bien évident que Vile croissait en étendue et le pic en hauteur.

I ya certainement peu de phénomènes géologiques aussi remarquables et d’une application aussi directe et aussi générale que celui que nous venons de décrire.

1 Pie Mahuschkin , dansla partie nord -d'Unalaschhas c’est la montagne: la plus élevée de toute Pile ; elle n’a pas cependant beaucoup plus de 5,000 pieds té

Unimak.

Cette montagne disais constamment de la fumée et

on va recueillir du soüfre dans l’intérieur de soh cra-

tère. Elle est tout-à-fait différente des autrés montagnes de l’île. Celles-ci se composent en grande partie de granite à grains fins , contenant du mica noir isolé ;

plus près du volcan, vers la côte, cette roche se chänge

en un porphyre noir, très feldspathique , et enfin dans le voisinage des sources chaudes en un véritable lrachyte avec dès prismes de hornblende et du feldspath jaune. T out près du pied du volcan des sources chaudes jaillissent d’ un conglomérat porphyrique. On trouvé-

Tait probablement des laves. sur le volcan lui-même,

mais il ne paraît pas qu’on ait nulle part observé de

pierres-ponces pen in Kotzebue pere. 85

ui ; 165. Jihomoliy * 8° Akutan, entre Unalaschh et Unimak (Retat

Mscktozer, p. 167. Sauer, p: 463). :

9° Agaiedan sur File d'Uniak “ce volan ést la partie moyenne de trois montagnes élevées qui s ’apérgoivent de loin :e’est un cône régulier par le. sommet duquel s échappe une grande masse dé fumée (Sauér,

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460 PHÉNOMENES VOLCANIQUES.

p.164). Kotzebue ‘évalue sa hauteur à 5,167 pieds de Paris.

En octobre 1826 , ilse fit dos l’île d’ Unimak , dans un vallon situé entre les montagnes, une terrible éruption de cendres qui obscurcit l'air à un tel point que les habitants furent obligés de se renfermer dans leurs yourtes avec de la lumière; sur l’île de Tschemo Bouri ces cendres firent périr tous les bestiaux de la Com-. pagnie. L’éruption dura jusqu’à la fin de décembre. Elle se renouvela en janvier 1827 , et en mai, le volcan Chilchaldinsk se fraya un nouvess: passage ; un peu plus à l’est du grand cratère. Le volcan s’élève en forme de cône régulier à 7,578 pieds de Paris: La hauteur du Makuschkin sur Unalaschka est seulement de 5,148 pieds et celle du volcan d’Akutan de 5,132 pieds 74 déric Lutké, 7 cage autour du Monde, 1855, 1,p. 2 et 250 ).

10° Alaska. Les : montagnés de granite forment actuellement une crête aiguë et fort élevée qui s'étend à travers la presqu'île d’Alaska jusqu’à l’origine du Cooksinlet. . Elles sont. precédées de montagnes de schiste argileux , et les volcans ne se présentent plus à la base , mais au milieu même de ces montagnes. Les deux, pics qui terminent Alaska sont d’ une hauteur prodigieuse. Le premier au nord-est, qui, par suite d’une éruption en 1786; s’affaissa sur lui-même, paraît cependant encore avee son sommet tronqué être Je plus haut et s'élever considérablement au-dessus du pie d, imak. La neige recouvre non seulement le cône du volCan, mais encore les deux tiers de la base sur mn y : QE il s'élève (Chamisso , p.165). SO {vw LA à 11° Volcan sur le côté-nord du à Cooksinlet, avec un grand cratère sur le penchant tourné vers le fleuve; il estsitué à la partie supérieure des montagnes etest probablement plus hautencore que le volcand’Alaska (Cook,

PRÉNOMÈNES VOLCANIQUES. 461 Troisième Voyage, 1, 208). Malgré son étonnante hauteur, cette chaîne de montagnes est singulièrement étroite, elle n’a pas plus de six milles géographiques de largeur. Le volcan est situé dans la partie où le détroit de Cook vient traverser celte Chaîne qui est entièrement brisée par le Sand du prince Williams. Elle se continue pourtant avec d'immenses précipices et des glaciers fort étendus vers la mer, el peu élevés au-dessus de sa surface » el sa hauteur reste constam ment entre 6,000 et 9,000 pieds. ,

Au-dessus de cette chaîne s'élèvent deux pies que les navigateurs ont avec beaucoup de vraisemblance corsidérés comme des volcans, et tous les deux atteignent une hauteur qu’on n’est guères accoutumé à trouver que dans les Andes. L'un de ces pics est le mont St.-Elias, dont Vancouver a donné une très belle vue (Foy. nr, 20%); lat: 60°17° 50”; long. Par. 138° 30° 33° O. Sa hauteur d’après Malaspina , est de 16,758 pieds de Paris (Humboldtw Nouv, Méx. ,1, 238. 11, AS. Krusenstern Hydrogr., 227 ). L'Annuaire du bureau des Long, de 1817 donne pour cette hauteur 16,971 pieds de Paris. L'autre montagne est le Cerro de Buen Tiempo

(Mount fair FF. eather), Lat, 58° 45 long. Par. 154° 54 33” O. Sa hauteur est de 15,819 pieds de Paris (Humboldt, Mex. » 87). L'Annuaire de 1847 donne 44,005 Pieds. Ces montagnes se terminent au Cross Sund , lait. 97° 45’ (La Peyrouse, 11, 29). À

Le mont Edgecumbe , Zat. 57° 5 N., longit. 157°58 O.de Paris, a été reconnu comme un volcan par le capilaine Lisiansky qui , en 1796, l’a vu brûler et-dégager - d’abondantes fumées. Il s’éleva sur sà cime et trouva que “a hauteur était de 2,800 pieds. D’après M. Er nest Hoff- Man, qui l’a déterminée en 1825, cette hauteür serait de2,855 pieds. Selon ce dernier, la montagne Seraitcom- Posée de porphyre basaltique, à cristaux de feldspath,

et les flancs, seraient recouverts de pechstein et de pierres-ponces (Arch.des Mines de Karsten, 1829, 257).

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