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vèrent trop long d'arracher les arbres de la famille des Conifères, qui couvraient tout l'espace, depuis les pentes jusqu'à la mer , ils les brûlèrent. La plupart des botanistes qui sont venus à Ténériffe n'en ont pas une fois vu un seul pied , et il était réservé à Chr. Smith de montrer avec évidence que ces bois étaient formés par une espèce très remarquable de Pin. On voit maintenant les paysans et les bergers, avec une inconcevable légèreté , brûler et réduire en charbon les bois à'Erica, sur les hauteurs de Santa-Cruz et Saint- André, pour gagner ainsi quelques acres productifs pendant quelques années. On détruit sans prévoyance et sans retour l'alambic du grand atelier de distillation de la nature , d'où se répand sur l'île la fertilité , la beauté , le bien-être. Le Texo {Erica scoparia) qu'on déracine , est le seul arbre qui vienne sur ces hauteurs. Sous son abri, et là seulement, s'élève et s'étend YExacwn viscosum doré. Privée de cet abri, cette belle plante disparaîtra et finira par ne plus se trouver que dans les jardins botaniques. Alors peu t-être croirat-on que c'était à tort qu'on en avait fait une plante canarienne, et, par une raison semblable, on ôterade la Flore maintes espèces qu'il eût été nécessaire d'y connaître pour la recherche des lois naturelles de leur dissémination. Quelle nouvelle source de confusion dans la détermination de ces lois , quand , trompé par les noms , on prendra pour une production des Canaries le Phalaris canariensis, qui croît spontanément dans plus grande partie de l'Europe , et à Ténériffe dans les guérets seulement et à un seul endroit, ou le Sida canariensis , qui ne s'écarte jamais des habitalions , ou les Pelargonium canariense, Quercus canariensis W. , Hyoscyamus canariensis, plantes qu'on ne vit jamais sur ces îles !
Avant donc de hasarder quelques considérations suc
les rapports de la Flore primitive des Canaries , il paraît nécessaire de rechercher l'histoire de la Flore introduite, pour établir entre elles une séparation aussi nette qu'il est maintenant encore possible , et pouvoir examiner la première pure et dégagée.
De la Flore introduite.
Le peu de mots qu'on trouve dans Pline sur les fies Canaries sont les plus anciens documents présentant quelques caractères d'authenticité , que nous ayons sur ces îles. Il ne laissent au moins aucun doute que les îles Fortunées ne soient identiquement les mêmes que celles auxquelles nous avons donné le nom de Canaries,
Quant à la distinction des diverses îles qui composent ce groupe , les commentateurs de Pline ne sont nullement d'accord entre eux et émettent chacun une opinion différente. Je n'entreprendrais pas de discuter ces opinions , ou d'en émettre une particulière , parce que je ne possède pas tous les éléments nécessaires à cette recherche, si la détermination exacte des îles n'avait pas une grande influence sur l'histoire de la Flore de ces contrées, et s'il ne me paraissait pas évident qu'avec quelques connaissances des caractères de leurs productions, le passage de Pline est facile à interpréter.
Pline a tiré sa description des Œuvres du roi Juba, qui , élevé à Rome par les soins de Scipion le Jeune , s'est principalement attaché, à son retour de Mauritanie , à l'étude du climat de l'Afrique et des productions de cette contrée.
Deux voyageurs avaient été envoyés aux îles Fortunées par le roi Juba, dans le but spécial d'obtenir des renseignements sur la situation et la nature de ces îles. Leurs relations doivent donc être précises et