‹ Description physique des Iles Canaries, suivie dʾune indication des principaux volcans du globeChapitre 15 sur 48 · FLOUE · texte numérisé non relu

FLOUE

Canaries , et les formes singulières et plus profondément caractéristiques des euphorbes ne laissent jamais oublier le voisinage de l'Afrique. Dans le fait , cette Flore n a qu'un quart de plantes en commun avec celle de la Méditerranée ; 48 de ces espèces se retrouvent à Madère, et 164 sont restées jusqu'ici exclusivement propres aux Canaries. Sans doute , la plupart de cellesci ont aussi dans l'Atlas , peut-être même dans l'Egypte et la Syrie , leur point de départ; mais plusieurs autres paraissent être venues là de tout autre coté : le Dracœna . Ceropegia des Indes-Orientales par le milieu de l'Afrique, le Plocama pendulutn appartenant a la famille des rubiacécs , les euphorbes arborescentes, proviennent des déserts brûlants de la Lybie. Quelques végétaux viennent évidemment du Nord, et, comme si la nature ne voulait sur ce point nous laisser aucun doute, on les voit encore maintenant vis-à-vis des lieux qui , les présentant en plus grand nombre, peuvent par conséquent être regardés comme leur habitation plus naturelle. Le Lavandula pinnata , qui est évidemment une plante de Madère, est fréquent dans les vallées et sur les montagnes de Taganana, précisément vis-à-vis Madère. De l'autre côté, au sud de Ténériffe près de Santa-Cruz, on ne la trouve pas, et moins encore dans quelques autres vallées de cette île. Ce n'est que dans celles de, Saint-André et d'Ygueste, où les montagnes s'abaissent un peu au -dessous du maximum d'élévation de cette lavande, qu'on la voit passer au sud sans qu'elle atteigne cependant l'entrée de ces vallées. VErica scoparia , très abondante à Madère et fréquente aussi dans le Portugal et l'Espagne, se trouve seulement sur les montagnes nord-ouest de Lagqna , et jamais au sud de l'île.

La Flore des Canaries a donc de l'importance par la considération de ces rayons de végétation qui vien-

nent s'y rencontrer, quelques-uns s'y perdre» tandis que d'autres poursuivent leur course avec énergie , et peut-être au loin à travers la mer jusqu'aux Açores. La grande séparation de l'Afrique, par le désert mortel à toute organisation , a déjà perdu son influence sur cette Flore,

DESCRIPTION GÉOGNOST1QUE. 153

Page 1