‹ Description physique des Iles Canaries, suivie dʾune indication des principaux volcans du globeChapitre 26 sur 48 · RIO. LA CORONA · texte numérisé non relu

RIO. LA CORONA

Plus des trois quarts de l'île , jusqu'à l'angle septentrional le plus (extérieur, consistent en édiles plus où moins larges, et lors même que l'intérieur de l'île semble se relever , ce relèvement patait étire dû plutôt au prolongement dit pied de ces cônes , qu'à l'élévation réelle de tout le pays. Comme ces cônes, àinsi qu'il parait , Consistent eti ràpiîîes et en scories incohérentes, on serait toujours dans le doute sur la nature de la masse solide de l'île si l'on n'en voyait que cette portion.

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Mais lu pointe qui s'étend vers le tiord , et qui se termine avec le Sand ûê Rio , ientrê Lancer o te et Graciosa, donne sur ce sujet îa solution la plus complète. Le pays s'élève sans interruption depuis la ville de Teguize, jusqu'immédiatement au-dësstis du détroit, puis il retombe verticalement de toute fa hauteur jusqu'à la mer, et des rochers à pic entourent toute la pointe septentrioDale. Ils sont dans la plupart des endroits entièrement inaccessibles, et peut-être n'existe-t-il qu'un seul chemin qui conduise du sommet à Salinias.

Déjà avànt d'atteindre l'église de la Madona de las Nieves , et même on quart de lieue auparavant, on voit les couches basaltiques qui forment la couverture supérieure de cette suite de rocîiers $ et de là on peut les suivre sans interruption jusqu'à la hauteur deSalinas. C'est un basalte très caractérisé, compact, noir, avec des grains de péridot très nombreux, petits, transparents , et des cristaux d'augite, et formant une couche très puissante» Immédiatement au-dessous se trouve , ainsi qu'on pèut le voir dans les escarpements , une roche amygdaloïde encore plus puissante, où les cavités dominent presque sur la masse principale; des rognons arrondis de mésotype recouvrant leur surface intérieure. Puis en dessous vifenl une coufche de conglomérat, ou de roches formées de petits morceaux de basalte. Sur le chemin de Haria à Salinàs, on voit saillir du milieu de ces couches de conglomérat, une masse informe de morceaux anguleux très poreux , lesquels se lient avec un conglomérat, sorti évidemment

plus tard à travers les couches, et à côté s'élèvent verticalement au milieu du tuf de grandes cavernes vidés, absolument comme on le voitprèsdeRamblaàTénériffe.

Le terrain de l'île est par conséquent basaltique , et c'est à travers ces couches de basaltes que sont sorties les éruptions volcaniques.

La ligne de rochers , qui , près de Téguize , se dirige d'abord du rivage vers le nord, puis seulement ensuite $e tourne vers Test, comme le détroit de Rio , descend doucement du sommet vers la côte orientale, de manière que les vallons se trouvent tout au bord occidental, et traversent cette partie étroite de l'île dans tonte sa largeur. Deux beaux villages, Haria et el Marques, entourés de figuiers et de palmiers s'élèvent dans ces vallons. Ces vallons n'ont pas les mars escarpés, ni les entailles profondes des barancos, sans quoi ils conduiraient facilement à celte conséquence que leur direction s'accorderait avec la pente extérieure d'un cratère de soulèvement , et que la ligne de rochers serait le mur intérieur d'un pareil cratère , dont le reste aurait dû retomber dans la mer.

Du milieu des couches basaltiques s'élève, entre Haria et les rochers de Salinas , le grand et hardi volcan de la Corona ; il forme la sommité la plus élevée de l'île , et se voit de loin dans la mer. Il est entièrement isolé, s'élève à 600 pieds au-dessus du sommet des rochers, et à 1,750 pieds au-dessus du niveau de la mer. Des petits rapilles noirs recouvrent toute la surface du sol aux environs, ainsi que la pente, de manière qu'on ne rencontre rien autre jusqu'au sommet. Toutefois la pente est tellement escarpée , qu'on ne peut la franchi r qu'avec beaucoup de peine. Elle ne pourrait même se maintenir ainsi, s'il n'y avait au bord supérieur, où elle est la plus élevée, une masse de laves qui se dirige vers le bas le long de la pente. Par suite aussi ce bord est si extraordinairement étroit, qu'on peut à peine s'y tenir sur les pieds, et qu'on ne peut s'y maintenir au milieu du vent. Dans son intérieur le cratère est tout aussi escarpé , et s'enfonce ainsi presque de 500 pieds ; mais le bord aussi descend assez rapidement vers l'est, ensorle que le courant de lave quille bientôt ce côté

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oriental , pour se diriger dans un vallon vers Rio , et là, il se précipite comme une cascade de la hauteur de 900 pieds, comprise entre le sommet et le rivage de la mer. Ce point de vue est encore aujourd'hui des plus frappants et des plus remarquables. L'œil est frappé de très loin par l'aspect de cette bande aride de lave qui s'étend sur la tranche des couches basaltiques horizontales, et qui porte encore maintenant les caractères d'un liquide noir ayant coulé du haut en bas de l'escarpement. La lave s'élargit encore au pied des rochers , et a même notablement éloigné la mer de la base de ces falaises.

Cette éruption a encore la nouveauté et la fraîcheur de celles qui ne datent que de quelques siècles ; cependant elle remonte bien au-delà de l'époque de la conquête de l'île, ët les produits seuls de cet événement en ont conservé le souvenir.

La Corona se trouve dans une même direction avec deux autres cônes d'éruption , qui semblent lui être contemporains, l'un vers l'ouest, presqu'immédlatetement au-dessus du bord des rochers basaltiques, un peu moins élevé , et presqu'aussi vaste que la Corona elle-même , l'autre plus petit , et dans la direction de l'est. Ils sont tous trois entourés d'une quantité incroyable de petits rapides noirs. Des couches de rapilles recouvrent ainsi toutes les montagnes, les collines et les champs de el Marques et de Haria, et quelquefois, mais rarement, I on voit au-dessous de ces rapilles un courant de lave presque entièrement caché. La lave ne renferme ici que peu de péridot et aucune trace de feldspath.

3i4 DESCRIPTION DES ILES CANARIES.

F UER TA VENTURA.

C'est aux recherches de Don Francisco Escolar que nous devons tout ce que Ton connaît sur la constitution géologique de cette île. Il n'a cependant donné que très peu de notions soit sujr cette île, soit sur les autres Canaries , et , par suite , ce que Ton peut en dire est très court et très incomplet.

Cette île paraît être une continuation de Lancerote, et toutes deux présentent dans leur aspect extérieur une ressemblance frappante. iWFuertavenlara, il n'existe également aucune montagne qui domine le pays envi* ronnant. Des cônes s'élèvent les uns à la suite des autres, et sont séparés entre eux par des plaines : ce sont tous des cônes d'éruption , dont peut-être aucun n'atteint la hauteur de la Corona de Lancerote.

Les courants de laves et le mal pays qui en résuite ne sont -pas étrangers à celte île ; seulement on ne conndit aucune éruption qui se soit effectuée depuis la découverte de cette contrée.

De la chaux carbonatée se trouve entre les cônes et est exploitée pour les besoins des îles. C'est vraisemblablement une formation tout-à-fait locale, due à l'accumulation du cron de la mer , transporté loto du rivage par les vents. Ce calcaire, qui est transporté à Majada Blanca , présente une cassure terreuse grossière, et renferme une grande quantité de fissures. On n'y a pas observé de pétrifications. — Dans beaucoup d'endroits ce calcaire est répandu sur les champs comme des stalactites d'un jaune isabelle, et à cassure ter-

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reuse. M. Escolar croit cependant qu'on le trouve quelquefois au-dessous de la lave.

On a trouvé dans quatre ou cinq endroits différents de l'île , du beau gypse lamelleux et fibreux ; mais ce n'est jamais en couches , et ce gypse est très mélangé de sel marin , qui est même visible.

Sur la côte sud-ouest de l'île, se trouve la capitale Santa-Maria de Bethencuria , entourée presque circulairement de collines peu élevées. Ces collines sont composées de hornblende en grains allongés avec du feldspath blanc, roche semblable à celle du schiste micacé ; ensuite se trouve une roche formée d'un mélange de mica et de feldspath, qu'on prendrait au premier abord pour une roche primitive ; mais on ne voit point de quartz dans ce mélange. On ne se serait guère attendu à rencontrer de pareilles roches dans des collines si peu élevées.

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