ILES DU CAP-VERT
Smitb, qui connaissait parfaitement la différence à faire entre une île basaltique et un volcan , dit positivement que l'île de Fuego est vraisemblablement le seul volcan du groupe des îles du cap Vert (Tuckey's narrative y p. 246). Cette île est plutôt le volcan principal du groupe. L'île de Fusgo s'aperçoit de fort loin, et tous les navigateurs ont été frappés de l'étonnante bauteur à laquelle elle s'élève au-dessus des autres îles qui l'entourent : l'île est fort petite, mais le capitaine Sabine pense qu'elle ne s'élève pas à moins de 7,400 pieds au-dessus de la mer ( Journal of Science, xxix,
69). Ce volcan paraît avoir été autrefois, comme Stromboli , en éruption continuelle : c'est ainsi qu'en parle Roberts dans Tannée 1721 , et il cite aussi des courants de lave qui auraient descendu sur les flancs de cette montagne ( Prévost , Voyages, n , 392).
L'île de S. Iago est aussi fort élevée; le Pico Antonio, le point culminant de celte île a , d'après Smith t environ 5,000 pieds de hauteur : mais le capitaine Sabine rapporte que le capitaine Horsburgh a évalué cette hauteur à 6,050 pieds , nombre qui se trouve confirmé par les mesures angulaires qu'il a lui-même effectuées.
Cette montagne est le point le plus élevé d'une chaîne qui traverse l'île dans la direction du nordouest au sud-est. Du côté de l'île de Fuego,c'est-à-dire du côté de l'ouest , la montagne se termine d'une manière extrêmement rapide, mais du côté du nord-est elle s'étend fort loin , en mamelons arrondis , mais qui s'abaissent très peu. Smith, aussi loin qu'il a pu étudier ces montagnes , n'y a jamais vu aucune coulée de lave ; il n'a observé , comme à Madère , que des couches de tuf et de basalte.
Les îles de Buenavista , S. Nicolas , S. Vicente , S. Antonio , qui font partie d'un chaîne dirigée au nordouest , sont fort peu élevées au-dessus de la surface de la mer , et il serait très possible que ces îles formassent les flancs du système volcanique , et qu'elles fussent même composées de roches autres que des basaltes.
De toutes les îles dispersées dans le sud de l'océan atlantique , l'île de l'Ascension est la seule qui porte les traces évidentes d'un volcan en activité. Déjà du temps de Forster, on avait observé les masses d'obsidienne qui se trouvent dans cette île ; depuis, ce volcan a été étudié avec beaucoup de soins par le célèbre capi-
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(aine Basil Hall. Au sud du Cross-Hill, daos la partie nord-ouest de l'île, il découvrit dans une vallée un courant de lave d'une épaisseur de 10 à i2 yards , qui s'étend sur le fond de cette vallée sur une distance de quatre à cinq milles anglais. La lave paraît venir des montagnes de Test, mais on ne peut remonter jusqu'au cratère qui lui a donné naissance. La surface de la coulée, vue d'un peu loin , paraît très unie, mais quand on en approche on reconnaît , au contraire , qu'elle est tout-à-fait raboteuse et inégale, et recouverte en beaucoup de points de matières scoriformes. En d'autres parties cette surface est , suivant des lignes très étendues, fortement tourmentée et bouleversée, comme si une grande quantité de bulles gazeuses s'était fait jour avec violence à travers cette surface déjà refroidie. Du sommet du Cross-Hill, on voit descendre deux autres coulées bien distinctes, mais moins larges que la précédente: Tune d'elles s'étend même jusqu'au rivage de la mer. Vraisemblablement ces deux courants pVoviennent d'un grand nombre de petits cônes qui s'élèvent sur la montagne. L'un d'eux, le plus élevé, et qui ordinairement est perdu dans les nuages, est entièrement couvert de végétation , ce qui lui a fait donner le nom de Grcen-Mountain. iiorsburgh évalue la hauteur de cette montagne à 2,250 pieds de Paris.
La lave contient du feldspath vitreux en grande quantité, et en quelques points on trouve aussi des pierres-ponces (Capit. Basil Hall, Mss.)$ l'île est par conséquent trachy tique et nullement basaltique.
En juillet J822, îe capitaine Sabine a déterminé, à l'aide du baromètre, la hauteur du Mountain-House, dans l'île de l'Ascension, et il a trouvé que cette hauteur était de 2,085 pieds : il croit que le point culminant de l'île est à plus de 656 pieds au-dessus , ce qui donne pour la hauteur de cette crête de l'île 2,740 pieds : cette hauteur
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surpasse donc un peu celle du mont Epomeo dans l'île d'Ischia.
D'après les mesures trigonométriques du capitaine Campbell , la hauteur du Green-Mouatain , qui domine Mountain- House, est de 2,645 pieds de Paris [Edin. Phil. Journ. , xxvh , 47 ). Le pied de la montagne est entouré par quatre coulées qui sont sorties à travers des roebes trachy tiques. La plus considérable sur le coté * sud du Cross-Hill qui forme une montagne de 839 pieds de hauteur, appartient à un cratère considérable placé à l'origine du courant : à Test et au nord on observe deux autres petits cratères , formés dans les coulées qui en dérivent. On voit par là qu'il s'en faut de très peu que cette île ne soit un volcan continuellement en activité.
L'île de Ste.-Hélène ne contient, au contraire, aucun indice de la présence d'un volcan ou de coulées volcaniques. D'après les échantillons rapportés par M. Lientenstein , les hauteurs qui entourent la ville de Jamestown se composent jusqu'au bord le plus élevé d'un basalte gris-noir, dans lequel, à laide delà loupe ou par lemo^en des acides, on distingue facilement un mélange grenu de feldspath et d'augite , contenant une quantité incroyable de grains extrêmement ûns de fer titané: le feldspath domine de beaucoup dans le mélange. La roche contient en outre de gros cristaux d'augite et assez souvent aussi du péridot en grains, formés de plusieurs cristaux réunis les uns aux autres. On ne trouve jamais de cristaux de feldspath ni de hornblende dans ce basalte. Dans l'intérieur de James Valley, le basalte , alternant avec un lui" rouge, forme des couches qui s'élèvent par une pente douce jusqu'à High Knoll; là ces couches sont coupées à pic et forment un escarpement vertical. Beatson {Tracts on St.-Helena, 4816, xxn), d'après cette disposition des roches, suppose
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qu'elles appartiennent à un cratère de soulèvement: mais ce cratère doit plutôt être cherché dans l'immense dépression en forme de cirque à laquelle on a donné le nom de Deuils punchbowh High Knoll, d'après les mesures du major Rennel, s'élève à 1 ,786 pieds de Paris au-dessus de la mer* le point culminant de l'île Diana Peak se trouve à 2,554 pieds de hauteur (Beatson , xix). Le calcaire de l'intérieur de l'île, employé souvent à divers usages, est tout-à-fait analogue à celui de Fuertaventura : il est terreux dans sa cassure , et souvent mélangé de fragments de basalte. Il contient des coquilles terrestres en grande quantité, des hélices et des bulimes.
Tristan d'Acunha présente encore au plus haut degré les caractères d'un volcan , bien que les dessins de Morier qui sont les plus exacts ( Second Journey to Persia, p. 9) représentent cette montagne comme une sorte de pointe aiguë qui se perd dans les nuages. Celte vue ne ressemble nullement toutefois à celles qu'on trouve dans l'excellente description de cette île , publiée par Du Petit Thouars {Mélanges de Botanique et de Voyages , 1811). Les moindres évaluations portent la hauteur de cette montagne à 7,000 pieds ; d'autres l'estiment à 9,000 pieds. II y a peu d'îles, parmi celles qui sont dispersées dans l'Océan atlantique, surtout dans les îles basaltiques qui atteignent une hauteur aussi considérable.
Le capitaine Dugald Carmichael, qui est monté le 4 janvier 1817, sur la crête de cette île , la décrit (Linn. Soc. Iransact., xn, 485) comme un cône effilé abrupte, s'élevant du sein de la mer jusqu'à une hauteur de 3,000 pieds , lequel est ensuite surmonté d'un dôme de 5,000 pieds de hauteur. La partie inférieure de l'île est formée de couches composées d'une masse' bleu-grisâtre , solide et d'une grande dureté , dans laquelle sont empâtés des cristaux de feldspath et de hornblende;
ces couches alternent avec d'autres couches de scories ou de tuf. Souvent elles sont traversées d'une manière fort régulière par des liions qu'on peut suivre très loin et jusqu'à une hauteur considérable. Le dôme paraît être composé seulement de scories accumulées , et sur les pentes on observe une coulée de lave, formée d'une masse qui paraît entièrement semblable à celle qui constitue les filons. Au sommet se trouve un cratère d'environ un mille anglais de circonférence : les bords du eratère du côté du sud s'élèvent à 2 ou 500 pieds audessus des parties qui forment le bord septentrional. Uest difficile de parvenir jusqu'au fond du cratère, occupé par un petit lac de 150 yards de diamètre rempli d'une eau très pure et bonne à boire. La neige s'accumule en grande quantité dans ce cratère , et on en trouve une masse plus considérable encore sur les flancs du dôme. Cette circonstance n'a rien de surprenant , car bien que dans l'hiver , on n'observe que très rarement des gelées blanches près des bords de la mer , et que jamais il n'y tombe de neige, cependant la température moyenne des mois d'été ne s'élève jamais audessus de 15° i R. Quelques cônes isolés , entièrement couverts de verdure, et qui probablement ont donné lieu à autant de coulées de lave, s'élèvent en divers points sur la surface de l'île, li n'est pas fait mention qu'on ait nulle part trouvé de pierre-ponces dans cette localité.