PRÉ NOM ÉPIES VOICAMOUES
fbrrae tltl petif inonlicule. Un autre fait, aussi curieux que singulier, c'est l'absence absolue de toute coulée de lave dans cette île volcanique. M. Reinwardts dit ^ expressément qu'on n'a jamais eu d'exemple que l'éruption la plus violente et la plus dévastatrice ait été accompagnée de lave : il avait lui-même observé un grand nombre de ces éruptions. On attribue l'absent <> des coulées dans les Andes à l'excessive élévation de ces montagnes qui ne permet pas à la matière liquide des laves de s'extravaser par leur sommet; mais les volcans de Java ne s'élèvent jamais au-delà de 6,000 pieds ; ils resten t donc pour la hauteur bien au-dessous de l'Etna .
14° Le volcan le plus oriental de l'île de Java, est le Taschem ( d'après Raffles ) ^ cette montagne a été décrite par le célèbre naturaliste M. Leschenault qui accompagnait Baudin dans son voyage de découvertes (Annal, du Musée , v ol. 48, p. 425). Ce volcan s'élève à une distance de 42 lieues au sud de Panarukan, dans la province de Banya-Vagni : il a environ 6,000 pieds de hauteur; son cratère, dont les flancs sont en beaucoup de points presque verticaux, et dont Leschenault a dessiné une vue , a 400 pieds de profondeur ; son diamètre supérieur est de 5,000 pieds, son diamètre inférieur , environ la moitié de ce nombre. Les rochen» qui forment l'enceinte du cratère sont dentelés et très blancs : le fond du cratère est occupé par un lac d'acide sulfurique qui peut avoir encore 4,200 pieds de longueur. L'eau de ce lac, s'écoule par le Songi Pahete ( rivière acide ) jusqu'au Songi Poutiou ( rivière blanche), et se réunit à cette dernière $ elle se jette dans la mer un peu vers le nord. Cet acide sulfurique s'oppose au développement de la vie animale partout où il passe , et ce n'est que fort au-dessous du confluent de la rivière acide, que les poissons peuvent exister. Leschenault a observé une lave qui provenait de te cratère ,
et Horsfield rapporte que la dernière éruption de ce volcan eut lieu en 17(JG. Leschenault lui avait donné le nom de Mont Idienne , et llorslield , adoptant la même dénomination, l'avait désigné par celui de ldjeugsche Gebergte ( Balav. Soc, 1814 , vol. vu).
Quand M. Reinwardts visita en 1 821 le volcan d'Idjen, il le trouva fort différent de celui que M. Leschenault avait décrit. Une éruption qui eut lieu en 1817 avait inondé d'eaux acidulés toute la contrée environnante, et la végétation y avait été complètement détruite par l'effet corrodant et pernicieux de ces eaux. Le fond d'un immense cratère était occupé par des eaux dont la surface était perpétuellement agitée par le dégagement de nombreuses fumarolles de soufre. Les crevasses des bords du cratère, laissaient apercevoir des flammes rougeâtres qui en sortaient en quelques endroits. Mais cet immense cratère n'était ni celui que M. Leschenault avait observé , ni celui d'où les eaux dévastatrices s'étaient répandues dans les environs : ce dernier était complètement à sec et presque comblé.
15° Ringgit sur le rivage septentrional. Valentyn et d'après lui d'autres naturalistes rapportent qu'en 1586 cette montagne a été bouleversée par l'action volcanique, et Horsfield ( /. c.) dit que les traces de cet événement sont encore très apparentes.
16° Lamongan.En 180G une éruption s'effectua sur le flanc méridional de cette montagne. Du 17 au 18 avril, des masses de fumée et des flammes s'échappèrent de son sommet , tandis que la contrée environnante était agitée par de violentes secousses. Le 8 décembre 1808 , toute l'île fut ébranlée par un violent tremblement de terre, et peu après leLamongan lit une éruption terrible ( Boon Mesch. , p. 19).
17^ Dasar. Ce volcan a été observé en 180G par Horsfield. ^^fTr '
Ces diverses montagnes sont décrites avec plus de détails dans un mémoire de Horsfield sur la Solo ri vier (Trans. of the Batavian Soc, Batavia, 1814, vu). Le Tingertsche Gebergte est situé à six lieues de Passoeroevang.
Le cratère qui se trouve au milieu du volcan de Dasar s'étend de Test à l'ouest, et était principalement en éruption en septembre 1804. Des graines d'Europe ont été plantées sur cette montagne qui est actuellement couverte de plantes herbacées de nos climats.
En juillet 1804, il s'est formé dans la contrée habitée de Dasar de la glace qui avait l'épaisseur d'un ducat.
18° Le M ont Smeero,que les Malais nomment Mahameero ( et auquel Raffles donne le nom de Serniru), est peut-être la montagne la plus élevée de toute l'île de Java. D'après Raffles , elle est beaucoup plus haute que le ïegal. C'est aussi un volcan, qui se trouve placé entre Madjang et Matarang, et qui est réuni vers le nord avec le Tingertsche Gebergte. Le sommet de ce volcan est entièrement pelé , et ne porte aucune trace de végétation ; cependant il n'est jamais plus recouvert de neige qu'aucune autre montagne de l'île de Java.
1 9° Arjuna. Raffles , d'après des mesures exactes , évalue sa hauteur au-dessus de la mer à 9,986 pieds de Paris ( i , 11 ). Il se dégage continuellement de ce volcan une grande masse de fumée.
20. Elut qui fit éruption en 1785. Il avait dû déjà s'effectuer par ce volcan une éruption en 1019 (Hoff, h , 440).
21 o Le volcan de Wilis n'a pas été étudié.
22<>. Lawu (Loewoe d'après Valentyn). Cette montagne est terminée par un cratère ,tl'où se dégagent des vapeurs sulfureuses très échauffées.
23» Merapi. Ce volcan fit éruption en 1701 et le 29 décembre 1822. La moitié de la hauteur de la mon-
422 PHUKOMÈftËS VOLCANIQUES.
tagne est environnée d une coulée de lave ( jt/o/a on Buah) (Journ. defkys. , vol. 96 , 80).
24° Merbabu. Un peu au nord du précédent.
25° Ungarang. Situé au sud de Samarang.
Entre l'Ungarang et le Tegal près du mont Sindoro, se trouve un cratère , une solfatare éteinte , nommée Guevo Upas ou V allée du poison. Elle est située à 5 milles de Batursur la route de Djung, et est un objet de crainte et de terreur pour les habitants de la contrée ; tout être vivant qui pénètre dans cette vallée, y est asphyxié et tombe mort sur-le-champ. Le sol est couvert de carcasses de tigres , de chevreuils , de cerfs, d'oiseaux, et même d'ossements d'êtres humains, frappés de mort dans ce triste et terrible endroit. Ce développement si abondant de gaz acide carbonique est un des phénomènes les plus dignes d'attention.
M. Bischof croit avoir remarqué que dans les émanations gazeuses des volcans , il s'opère une sorte de séparation à mesure que l'intensité des forces volcaniques diminue ; que d'abord , le chlore domine dans les produits gazeux; puis viennent les fumarelto sulfureuses, et enfin arrivent eu dernier lieu les dégagements d'acide carbonique qui se continuent pendant des siècles entiers.
On rapporte expressément que dans tous les environs de Guevo Upas, il n'y a pas la moindre odeur on apparence de soufre ; on devrait donc supposer que cette vallée est à quelque distance des foyers volcaniques actuels : cependant on observe auprès de Pjung deux cratères qui fument constamment et qui rappellent tout-à-fait des montagnes volcaniques (A. Loudon, Journal de la Soc. géograph. de Londres, j , 65).
26° Gede ou Tegal, après le Smeero , la pitf* haute montagne de l'île ; elle s'élève à beaucoup plus de 10,000 pieds : c'est un des volcans liai nueux connus.
FHEHOMÈlVES VOLCANIQUES. 423
27° Chernwi auprès de Cheribon. Ce volcan était eu éruption dans l'année 1805,
Le reste des volcans de l'île de Java se divise actuejleraent d'une manière bien évidente en deux chaînes parallèles ; la plus conrte an nord de l'île, la plus I ongue dans la partie méridionale, Toute la y$tllée comprise par les deux chaînes ne parait ^tre cjiose qtf'nrçç immense crevasse, une sorte de voûte au-dessous de laquelle l'action volcanique se développe avec une grande activité dans un espace qui s'étend sur une longueur de près de 40 lieues et sur 15 ou 16 lieues en largeur. Il n'y a dans topte cette surface aucune montagne , aucun point culminant qgi puisse faire appréhender une éruption , malgré les hautes montagnes volcaniques qui l'environnent et d'où s'enbaJent incessamment des gaz çt des wpeurç.
A la première série des volcans appartiennent pjrijjt c ipalement :
28" Talaga Bodas. Sa hauteur est de 5,151 pied* de Paris. M, Reinwardts a donné une c^rte ce volcan et une vue de son cratère ( Boon Mesch. , p. 50 ), dont le fond egt occupé par un l^c de 2,000 pieds de, diamètre. Des sources chaudes jaillissent de tous côté* et se combinant avec de* fuujarolles sulfureuses , dissolvent une partie de la roche basaltique des alentours, et la changent en une argile blaoche trè* frjaWe. I<e soufre se dépose sur les pierre*, et y forme qmh ques points des couches assez épaisses et assez étendues.
Vers le eôté nerd-opest de la montagne se trowe une. autre solfatare , en apparence de même nature, mai* elle est entourée de cadavres de tigres , d'oiseaux et surtout d'une immense quantité d'insectes tués par les exhalaisons ; les parties molles de ces animaux , telle** que les flbres, les muscles , les ongles, les poils et la peau sont très bien cpjtfervée* ; mais lie* o* ogt été teJJo-
ment corrodés qu'on n'en trouve plus de vestiges : ces phénomènes ont été observés en 4818 par M. Reinwardts.
29° Tankuban-prahu dont le sommet est occupé par un cratère d'un mille anglais et demi de circonférence.
3° Galung-Gung un peu au sud de Talaga Bodas et au milieu de la vallée entre les deux chaînes de volcans. L'éruption de ce volcan en 1822 , est fort intéressante , tant pour la connaissance des phénomènes volcaniques tels qu'ils s'exercent sur l'Ile , que pour la théorie des volcans en général , et mérite par conséquent une attention particulière. Déjà pendant le courant du mois de juin 1822, les eaux de la rivière Chikunir, qui descend de la montagne alors très cultivée et peuplée, s'étaient troublées ; elles déposaient une poudre blanche, exhalaient une odeur sulfureuse, devenaient acides et commençaient à s'échauffer considérablement, trahissant ainsi le grand mouvement de dissolution qui se développait dans l'intérieur. Le 8 d'octobre, à une heure après-midi , des mugissements horribles se firent entendre ; la montagne se couvrit immédiatement d'une fumée épaisse , et des eaux chaudes , sulfureuses et limoneuses se précipitèrent de tous côtés sur ses flancs, en dévastant et emportant tous ce qu'elles rencontraient sur leur passage. On vit avec étonnement , à Badang, la rivière de Chiwulan charrier vers la mer un nombre immense de cadavres d'hommes, de bestiaux, de rhinocéros , de tigres , de cerfs , et même jusqu'à des maisons entières. Cette éruption d'eau chaude limoneuse, continua pendant deux heures, qui suffirent pour consommer la ruine et la dévastation de toute une province, A trois heures elle avait cessé , mais il tomba alors une pluie épaisse de cendres et de rapilles qui achevèrent de brûler les arbres et les champs épargnés jusqu'alors. A cinq heures , la tranquillité était parfai- I
tement rétablie , et la montagne se découvrit. Mais ce peu de temps avait suffi pour couvrir de limon tous les villages, toutes les habitations jusqu'à plusieurs lieues de distance. Le 12 d'octobre , à sept heures du soir, ces horribles phénomènes se renouvelèrent. Un tremblement de terre général fut suivi par une éruption, dont on entendit le bruit pendant toute la nuit. De nouveaux torrents d'une eau boueuse et chargée de limon, se précipitant vers la vallée , entraînèrent avec eux des rochers et des forêts entières , de manière que des collines furent élevées dans les parties où peu de moments auparavant il n'y avait qu'une plaine. Il fut bientôt impossible de reconnaître cette vallée auparavant si fertile et si peuplée. Tous les habitants , sans pouvoir seulement songer à la fuite , furent enterrés sous ces limons, et Ton pense que pendant cette nuit plus de deux mille personnes ont perdu la vie dans le seul district de Singaparna mnord de cette terrible montagne. Le volcan avait considérablement changé de forme pendant ce laps de temps $ il avait diminué de hauteur et était tronqué ; depuis cette éruption, il resta en mouvement; il fumait encore le 12 novembre et lançait en l'air des nuées de vapeurs. M.Payen, naturaliste et peintre, qui s'approcha de la montagne peu de jours après l'éruption, et qui l'a décrite dans une lettre à M. Reinwardts, ne put avancer vers le volcan. Le limon et des crevasses ' nombreuses l'en empêchèrent, et les mêmes difficultés se représentèrent pendant fcmt le mois de novembre (Boon Mesch , p. 47). M, Blume , botaniste , a examiné sur les lieux , ce limon dévastateur. Il était d'une couleur brune jaunâtre , terreux , friable , exhalait une odeur sulfureuse et brûlait sans difficulté. Il n'y a point de doute qu'il ne fût en grande partie composé de soufre. Les Malais nomment ce limon Buah, c'est-àdire pâte , et il est «vident que cette matière est ana-
426 PHÉNOMÈNES VOtCAJVIQUES.
logae à la Moja de Quito, qui, en 1798 , couvrit la malheureuse ville de Riobamba.
Il semble doncqqe l'effet de Faction volcanique dans J'Ile de Java, serait de développer en même temps une immense quantité de vapeurs sulfureuses et aqueuses, qui s'emparant de la roche dont l'intérieur de la montagne est composée , la décomposent jusqu'à en foire une pâte, un Buak, et enfin, quand la masse solide est détruite de manière à ne pouvoir plus opposer assez fie répisr tance , les vapeurs se font jour au-dehors, et lamatière fluide s'échappe par les crevasses, non comme un courant de lave visqueuse, mais comme des torrents d'eau qui jaillissent par chaque petite ouverture qu'elles peuvent atteindre.
Ou ne peut donc regarder toutes ces eaux qae comme des eaux distillées , et il faut croire qu'il ep est de même de celles de ces deux rivières qui sortent du cratère du volcan d'Idjen ; car ce cratère se trouye presque h la cime d'une montagne isolée , qui n'est dominé» par au? eune autre montagne avoisinante.
54 p Gunung Guntur, un des volcan» les p^us actifs de l'île. Il est situé au milieu de la grande vallée qui forme le foyer principal des volcans , sur une série de mpntagnes qui établit une communication entre les deux chaînes. Il se trouve an nord du volcan de Tilo composé de trachyte , et peu éloigné de la colline d'obsidiemtf de Lelles. D'après cette situation , on doit s'attendre à it voir agir sur des trachyte* , et alors il s'en suivrait que les volcans auraient réussi à percer dans cette partie les basaltes sur une assez grande étendue pour faire arriver à la surface le trachyte , caché sous le reste des volcans de Java. Le Gunung Guntur est élevé de 5,7*0 pieds de Paris , selon M. Reinwardts qui Ta visité pea^ dant une éruption , le 21 octobre 1818. C'est le seul volcan , selon lui , auquel on serait tenté d'attribuer
PHÉiNOMÈM S VOLCANIQUES. 427
des courants de lave h il croit en avoir vu cinq différents, dont le dernier est supposé être sorti en 1800. Toute la montagne paraît d'une formation assez récente. Depuis 1800 jusqu'en 1807, elle n'a pas discontinué de mugir, d'où lui est venu son nom , Montagne du Tonnerre , et de jeter des pierres et des cendres. A peu de distance de ce volcan se trouve la solfatare nommée MontKiamis, lieu horrible , où une quantité de petits monticules , rejettent sans cesse un h mon bouillant avec une force et une violence étonnante. Tout le fond est couvert d'une couche sulfureuse et saline. Les eaux presque bouillantes se réunissent en sortant du cratère, pour former deux rivières qui se jettent dans celle de Chikaro. Un plan de ce lieu remarquable a été publié par M. Reinwardts (Boon Mesch , p. 27 , 37 , 41 ). * %
32° Parmi les nombreux cônes qui composent la chaîne du sud , celui de Papandayang mérite d'être mentionné. Une éruption qui eut lieu par cette montagne le 12 août 1772, bouleversa une partie de la contrée sur une étendue de trois milles allemands en longueur et un mille un quart en largeur. Quarante villages furent détruits par cette éruption. On connaît dans cette série de volcans , quelques autres cônes qui paraissent cependant n'être que des cônes d'éruption ; ce sont principalement :
35° Chikura , le plus méridional de tous , élevé de 3,768 pieds de Paris, d'après M. Reinwardts.
34<> Wyahan.
35° Malawar , qui s'élève à 6,2! 1 pieds de Paris.
36° Sumbung de 5,241 pieds de Paris de hauteur^ il est situé plus au nord que ne l'indique la carte de M. Raffles.
57° Tilo, élevé de 3,691 pieds.
38° Baduwa ou Patacka, selon M. Reinwardts ; ce volcan de 6,980 pieds de hauteur, est situé au couchant
du Tilo, mais beaucoup plus au sud qu'il n'y est placé dans la carte de Raflles. Le Baduwa de Raflles se nomme Tombach Ihijong. Le cratère qui s'ouvre à la cime du Patacka est couvert de plantes et de verdure, mais à 600 pieds plus bas, on trouve un autre cratère dont le fond est rempli d'une eau extrêmement acide. Le soufre en tapisse les parois et se dépose encore actuellement par l'effet des fumarolles qui sortent du côté de l'ouest. Ces -émanations sulfureuses paraissent donner aux volcans de Java un caractère tout particulier qui n'appartient certainement pas avec le même degré d'intensité et de fréquence à la plupart des autres volcans de la surface du globe.
59° Gedé, élevé de 8,514 pieds, d'après M. Rein wardts.
40° Salak , haut de 6,729 pieds. Ce volcan est le plus rapproché de Batavia vers le sud} sa dernière éruption eut lieu en 1761.
41° Gagak , dont le cratère montre quelquefois des - indices d'éruption.
Après un certain intervalle plus considérable que ceux qui ordinairement séparent les divers volcans sur cette île , on trouve toujours dans la même direction , les volcans suivants :
42° Le Gunung Keram dans le Bantam, élevé de 4,940 pieds (Raffles). Ce volcan a été étudié et décrit en 1816, par le docteur Abel ( Journey to China, p. 28).Le cratère qui se trouve à son sommet a environ 500 pieds de profondeur, et on ne peut pas y parvenir sans échelles. Les bords supérieurs sont couverts de buissons épais ; le fond, au contraire, est pelé et couvert de soufre , et des vapeurs s'échappent de tous les cotés par de nombreuses fissures.
En quittant l'île de Java, on observe les volcans suivants :
43° Cracatoa dans le détroit de la Sonde.
Vogel raconte (Ostindische Reisebeschreibung , Altenb.y 1704) qu'ayant autrefois visité cette île, qui lui avait paru couverte d'arbres et de verdure, il fut fort étonné de ne plus retrouver, le 1 cr février 1681 , qu'un sol calciné et dévasté, en quelques points duquel s'élevaient même de grandes masses de flammes. Le capitaine de son navire lui apprit alors qu'en mai 1 680, l'île s'était entr'ouverte avec un bruit semblable à celui du tonnerre, peu après un tremblement de terre qui s'était fait ressentir jusque sur les vaisseaux en pleine mer. On fut en même temps suffoqué par une' forte odeur de soufre , et les matelots retiraient avec des sceaux les pierres-ponces qui couvraient la surface de la mer, et dont quelquesunes avaient la grosseur du poing. Ce récit est du plus haut intérêt, car il semble d'abord résulter de cette description que le volcan de Cracatoa est comme une sorte d'anneau qui réunit les volcans de Java avec ceux de Sumatra. Il est en outre fort remarquable de trouver dans les produits de ce volcan des pierres-pouces qui paraissent être si rares dans l'île de Java , et dont la présence doit faire supposer l'existence du trachyle dans l'intérieur du volcan. Des sources chaudes jaillissent de toutes parts sur le côté occidental de Vile , et souvent on en tire parti {King in Cooks dritter Reise , n,523).
A mesure que la chaîne des volcans s'approche du continent de l'Asie, on commence à apercevoir de plus en plus les roches qui sont tout-à-fait cachées audessous de la surface de la mer à Java. Les parties occidentales des îles sont encore formées par des couches de basalte , d'amygdaloïde et de conglomérat basaltique qui s'étendent en chaînes de montagnes très allongées, mais dans l'intérieur on voit paraître le granité, et les volcans ne semblent plus reposer sur une chaîne basaltique. Cette disposition des roches a été décrite dans un mémoire du docteur Jack sur la
480 PHÉNOMÈNES VÔtCANIQtitS.
géologie de Sumatra (Geolog. Trans. Sèc. sër.9 1, S97).
44° Gunong-Dempo, situé au nord-est deBencoolefi, à soixante mil lies anglais de distance et parune latitude de ^5° 42' S; Cette httmtaghe[surpasse de beaucoup en haateur toutes celle* de cette partie de l'île. On l'aperçoit du rivage ; il s'en dégage presque constamment de la fumée et souvent des masses de matières gazeuses enflammées ( Heyne , Tracts on India , p. 597. Charles Milieu Phitos. Trans. , lxv , 163 ), Lé docteur Jack évalue la hauteur de cette mohtégne à 11, 260 pieds de Paris. De toutes parts, au pied de la montagne, se présentent des sources chaudes et daUtreô phénomènes volcaniques. Toute la chaîne qui sépare le vélum du rivage, et qui s'élève à près de 4,000 pieds, est formée de Bencoolen jusqu'à Cawoor, de roches basaltique^ î en est de même du remarquable pain de sucre le Ganong BUngko qui s'élève auprès dé Bencooléh.
4B<> Otanong Api de Penkalan JamM. MarsdéH *e cite pas ee volcan. Il est situé à soixante tnilles anglais, au ttord-est de la pointe d'Indrapore, à l'origihe d'un torrent qui se décharge dans tin grand lâc. Làeti. i' m" S. (Jack, p. 401). , t ^
46° Berapi. Ce volcan est situé presque exactement sous la Ligne, dans la vallée de Tigablas , à l'origine du grand tttë Sophia. Ce volcan ftime constamment , et d'après des mésures angulaires fàites en mer, saboteur est d'environ 12,200 pieds de Paris. Des arôrtë chaudes jaillissent en grand nombre dans la vallée an milteft de laquelle il se trouve.
Les deux rives du lac sont composées dé roches dé grahite , quelquefois de micachiste avec des couches calcaires. Par-dessus se trouvent des couches de bàsaltequi se prolongent sur une grande étendue dans la vallée de Tigablas. On observe asse2 fréquemment des coulées de lave , de l'obsidienne et des pierres -pouce?
1>È!Kï\0MÎ:M S VOLCANfQUËS. 434
Au nord et à Test, le Berapi est réuni au Guni&g Kasumbra, montagne immense que Sir Stamford Raffles a le premier découverte dans son voyage de 1818. Sa hauteur est de 14,080 pieds et par conséquent c'est la montagne la plus élévée de l'île de Sumatra.
Plus près de la côte vers l'ouest, s'élève le Gunong- Pasaman connu dans les caries marines sous le nom de Mount Ophir s sa hauteur est de 18*950 pieds de Paris, et sa latitude 0°6 N. Auprès de Ayer Bangy, tout près du rivage paraissent pour la première fois les roches de granité. L'intérieur de l'île est composé de montagnes basaltiques et les rochers de Padang sont encore même formés d'une roche amygdaloïde dont les nodules contiennent de la calcédoine et dfcs cristaux de quartz.
47<> Gunong Allas, à l'oUest de Deli dans l'intérieur des terres. Lat. 5° 30' N. Marsden Ta indiqué sur sa tarte, mais ne l'a pas autrement décrit.
48° Barren Island. C'est le dernier volcan connu de cette chaîne volcanique : il est situé dans le golfe du Bengale à quinze milles marins à Test de la grande île An daman. Lat. 42" 15' N. Le volcan s'élève au milieu d'un cirque dont les bords sont au môme niveau que son sommet ( Pl. VI, 5). Une ouverture analogue à celle de tous les cratères de soulèvement conduit dans Tintérieur du cratère. La mer pénètre par cette crevasse jusque dans le cirque du volcan. La hauteur du cône est de 4 ,690 pieds de Paris» sa pente est de 32° 47'. Lorsqu'on en fit la découverte en 4792, on le trouva en pleine éruption ; il rejetait alors d'immenses nuages de fumée et des pierres incandescentes (Asiat. Bescarches, vol. iv).