Clavicules (les Vraies) du roi Salomon, traduit le
(sic) de Thebreux par Armadel, raao. a parties en I vol. Manuscrit du xviii® siècle, in-4 de i3a feuillets, fig: v. parch. dent. aoo fr.
Ce beau manuscrit, calligraphié en caractères rouges et noirs, est orné de deux cents figures magiques dessinées à la plume. Chaque page est encadrée d'un double filet.
On Ht dans la Biographie universelle de Michaud, art, Salo-
MANUSGIUTS.
mon ; « Qui n’a entendu parler de la Gavicule de Salomon, si estimée par Agrippa et par quelques partisans des sciences occultes, et dont les anciens manuscrits étaient si recherchés? Au fond, ce livre est supposé, et ceux qui en parlent ne l’ont point vu. * Plus heureux que les rédacteurs de la Biographie universelle, nous ne parlerons des Clavicules de Salomon qu’après les avoir vues. Au surplus, on connaît le Clavis Salomonis et thésaurus omnium scientiarum régi Salomoni per Angelum Dei juxta altare revelatus et per antiq, rabonem Hama dcscriptus, jam vero perBalth, NeydecAer translatas. Tn Gcrmania^ in-l\^. Nous
ignorons si notre manuscrit est la traduction de l’ouvrage hébreu du rabbin Hama. Quant au nom' du traducteur, Arinadel, c’est évidemment un pseudonyme; et si la date laio, inscrite sur le titre, indique réellement répofpie de la transla* tion primitive, ce livre serait alors une épave du moyen âge, qu’un nécromancien des temps modernes aurait rajeunie pour l’instruction de ses disciples.
Ce manuscrit français m’a point été imprime, à moins qu’on n’en retrouve quelques fragments parmi les sinistres élucubrations sur les sorciers et les loups-garous, que l’on colportait autrefois dans les campagnes.
La Clavicule de Salomon est un cours complet de la magie la plus noire qu’on puisse imaginer. Premiers mots du premier chapitre : a Salomon, fils de David, roi d’Israël, a dit que le commencement de notre clef est la crainte de Dieu. . » C’est la seule phrase où il soit question de Salomon, et nous doutons que ce trésor des arts magiques ait été révélé par un ange.
Analyser cet immense recueil d’extravagances serait-i^ipossible. Nous nous contenterons d’indiquer les chapitres les plus curieux.
Première partie ; Théorie de l’art. Des jours, Iteures et vertus des planètes. Ce chapitre est accompagné d’un tableau des heures de chaque jour de la semaine, avec le signe de la planète dominante ; d’un autjre tableau des planètes amies et ennemies, etc.
Des Arts. — Ce chapitre fourail les moyens de se rendre les esprits favorables, au moyeu de vingt-deux pentacles, ou sceaux magiques, dont on voit les figures bizarres.
Des Conjurations/— la première conjuration ne réussit pas, on en fait une seconde plus forte, puis une troisième encore plus forte ; mais « pour lors il est certain que les esprits viendront. » Comment, en effet, des esprits, quelque récalcitrants qu’on les
suppose, pourraient^ils résistei* à une conjuration dans laquelle le maître de l'art, c'est-à-dire le magicien, ne craint pas de prononcer «c les très-puissants noms £ 1 , AIi, Agla, Vau, Tetragrammaton, Ànabona, Arpheton, Adonay, Onelepheron, Elohim, Eiia, On, Messiach, Ariel, Laphab, Emmanuel, 'Anael, Zedezias, Sophoziel, Tau, Rechia !»...« Cependant, comme ils pourroient être empêchés par des alTaires de la dernière importance, et qu’ils ne paroissent pas, a le maître de l’art fera une dernière conjuration, plus terrible que les autres, et dans laquelle il oubliera de dire : Ah^ On, Fau, Sophoziel, Tau, Rechia, et ails paroîtront tout incontinent. »
Des Instruments de Varu — Dans ce chapitre, l'auteur décrit les ustensiles dont le maître doit se servir, et on les a dessinés : épées, couteaux, poignard, lancette, canif, aiguille, serpe, lanterne, trompette, etc.
Le chapitre suivant traite des habillements, chaussures, souliers, chandelles, plumes, encre, sang de chauve-souris, parchemin etc., etc.
Cette première partie est terminée par les dessins à la plume de quarante-cinq l^aux pentacles, fort compliqués.
Deuxième partie : Pratique de l'art.—Après avoir parlé des esprits diatribes, l'auteur fait connaître les noms et les dignités des principaux esprits infeimaux, sous quelles formes ils apparaissent aux hommes, et quel est leur pouvoir spécial. C'est à l’aide de ces esprits qu'on acquiert la puissange de faire pleuvoir, de n'avoir pas froid en hiver, d'inspirer de .l'amour, de se rendre invisible, de savoir le passé, le présent et l'avenir, de découvrir les trésors, d'endormir soii prochain, de tuer son ennemi, etc., etc. 1^ intelligences des planètes et de leurs satellites sont aussi d'un grand secoui*s. Viennent ensuite des conjurations de riécromande, le voyage au sabbat. Tanguent nécromantique, etc.
Nous signalerons, dans cette seconde partie, quelque^ jolis dessins à la plume, tels qu’une tête qui tient un poignard entre les dents, les effigies en pied d'un homme et d'une femme, un vieux nécromancien à genoux dans le cercle magique, etc.
Derniers mots du manuscrit : « Ici finit notre clavicule : que si tu te l’imprimes dans la mémoire, tu pourras, s’il te plaît, faire tout ce que tu voudras, et vaiir à bout des expériences ou opérations des arts magiques.» Tu powras faire tout cé que tu voudras ! Vroiüezse séduisante, mais peu facile à réaliser. Nous défions l’homme le plus habile de préparer convenablement, et
d*après les règles de Farty les pentacles et les instruiiients indispensables à la magie. Quant à révocation des esprits, Salomon, le rabbin Hama et le traducteur Armadel sont des gens bien arriérés. Nos spiristes modernes pourraient leur donner d’utiles leçons; car c’est un jeu auquel ils se livrent avec saccès, au grand ébahissement de tous ceux qui n’ont jamais eu à leur service le plus mince Esprit.
38. Collège de Laon, créé à Paris en i3i3. Établis* sement et fondations de bourses. Manuscrit du XV® siècle et du xvi% vél. in-4 de 62 feuillets. 55o fr.
Ce manuscrit est important pour Tbistoire de l’université de Paris. Les pièces dont il est composé fournissent les noms des professeurs et des écoliers du collège de Laon, à diverses époques du quatorzième siècle, du quinzième et du seizième, ainsi que de ses bienfaiteurs. On pourrait en extraire une curieuse liste de per^ sonnages notables^ originaires du diocèse de Laon.
Gui de Laon, aumônier du roi, chanoine des églises de Laon, de Paris et de Saint-Quentin, trésorier de la Sainte «Chapelle, fonda, en i 3 i 3 , le collège de Laon, avec Raoul de Presles, clerc du roi. Le premier donna mille livres de rente et les maisons qu’il possédait dans la rue Saint-Hilaire (aujourd’hui des Carmes) et dans celle du Clos-Bruneau, appelée maintenant rue Jeande-Beauvais; le second fit don de deux cents livres de rente. Ils destinèrent ce collège à recevoir de pauvres écoliers des diocèses de Laon et de Soissons. Mais de vives querelles s’élevèrent entre les étudiants, et amenèrent la division de cet établissement en collège de Laon et en collège de Soissons ou de Presles. Le collégede Laon occupa les maisons du Clos-Bruneau, et fut réuni en 177a au collège Louis le Grand.
Le II mars i3a7. Gui de Laon établit un principal, un chapelain et seize boursiers : c’est la première pièce de notre manuscrit ; elle est suivie des approbations de l’official et de l’évéque de Laon.
Voicf une notice sommaire des autres actes que renferme ce volume :
1. Le a 5 février i359, acte de fondation d’un chapelain par Adéè de Cemy, veuve de Jean Lebel, apothicaire à Paris. Les exécuteurs testamentaires étaient François la Cbartre de Montâigu, clerc, et Hourard de Martigny, principal do collège*
1. Le a6 février i 364 , acte de fondation de deux élèves en médecine, dans le collège, par Jean de Coucy, docteur en médecine, ancien boursier.
3 . Le a8 décembre i375, acte de fondation d’une bourse par Jean de Monte Cabillonis.
4. Le 8 septembre i 388 , acte de donation d’une certaine somme par Raoul Rousselot, évécjue de Laon, et Jacques Rousselot, son neveu, pour agrandir le collège de Laon.
5 . Le 20 mars iSSq, acte d’acceptation d’un legs de François de Montaigu, fondateur d’une bourse. Celte pièce est incomplète des derniers feuillets.
6 . Mai 1407. Acte de fondation d’une bourse par Jean Motel, chanoine de Noyon, ancien écolier dudit collège. Une partie de cet acte est en français, et donne les noms des professeurs et des écoliers.
7. Acte de fondation d’une bourse par Jean Barthoul, principal du collège. Ce titre, en français, est daté du 3 mai i542.
8. 27 octobre i536. Fondation d’une bourse par Michel Roussel.
39 . CoircfLiUM Basiliense. Décréta, constitutianes, acta, ordinationes, celeraqne gesta. Manuscrit du XV* siècle, sur vél, gr. in-4 de 139 feuillets. 200 fr.
Beau manuscrit sur vélin très-blanc, orné de majuscules coloriées. C’est une expédition authentique des actes du célèbre concile de Bâle, faite par les notaires et scribes du concile qui ont signé pour copie conforme aux originaux. Les marges inférieures ont été percées pour recevoir les lacs de soie auxquels était appendu un sceau qui Yi’existe plus.
Le concile de Bâle avait été indiqué par le pape Martin V à Pavie, puis transféré à Sienne, et de Sienne à Bâle. Ce pape mourut le 20 février i 43 i, et sou successeur, Eugène lY, conBrma la réunion du concile à Bâle. La première session eut lieu le 14 décembre i 43 i; la quarante-quatrième et avant-dernière session, le 9 août 144^9 la quarante-cinquième et dernière, au inois*de mai 1443 : ainsi le concile de Bâle dura onze ans et cinq mois.
Nous n’écrirons point l’histoire de ce concile, et nous n’analyserons pas ses actes : nous ferons seulement remarquer qu’il n’est considéré comme général et œcuménique que jusqu’à la vingtsixième session ( 3 i juillet session dans laquelle On com-
mença à attaquer le pape Eugène IV. On sait que ce pape, brouillé avec les prélats assemblés à Bâle, convoqua un aut^e concile è Ferrare, qui s’ouvrit le lo janvier i 438 : c’est la fin de la première époque du coucile de Bâle. Le concile de Ferrare fut trans< féré à Florence en 1489; le 4 septembre, il condamna les pères de* Bâle comme hérétiques et schismatiques. Ceux-ci répondirent à cet acte, le 17 novembre suivant, en confirmant l’élection de l’antipape Félix V : c’est alors que se termine la deuxième époque du concile de Bâle. Enfin, la troisième époque commence le a6 février i440| ^t comprend les six dernières sessions : trois en 1440, une en j 441) nne en i 44 a et une en i 443 .
Notre manuscrit reproduit exactement les trois époques du concile j il est divisé en trois parties distinctes. La première contient vingt-neuf sessions, du 14 décembre i 43 i au 12 octobre 1437 : c’est dans la vingt-neuvième session que les pères de Bâle protestèrent contre la bulle de convocation du concile de Ferrare.. La deuxième partie renferme les dix sessions suivantes, du 23 décembre 1437 au 17 novembre 1439 : ce fut dans la trente-quatrième session , tenue le 25 juin 1439, que le concile déposa le pape Eugène iV; et, dans la trente-neuvième, le 17 novembre, il confirma l’élection de l’antipape. Chacune de ces deux parties avait été scellée et elle est signée, pour copie conforme, par plusieurs notaires du concile. La troisième partie.se compose de cinq sessions, du 26 février i44o au 9 août i 44 ^* Comme la quarantecinquième session n’eut lieu qu’un an après la quarante-quatrième, en mai 1 443 , cette dernière session, par une circonstance qu’on ne saurait expliquer, n’a point été inscrite dans notre manuscrit, et, par suite, cette partie n’a été ni scellée ni signée.
Ce manuscrit est très-important et offre tous les caractères d’authenticité qu’on peut désirer. La dernière session du concile a peu d’intérêt, tandis que les actes de réforroation, les graves démêlés du concile avec le pape, son opiniâtre résistance à la dispersion de ses membres, donnent à ce concile une physionomie étrange. Non-seulement il créa un schisme dans la papauté en déposant Eugène IV et en proclamant Félix mais, en outre, un schisme sans précédent, en reconnaissant l’assemblée de Bâle comme seul concile général, malgré la réunion et les délibérations des conciles de Ferrare et de Florence, convoqués et présidés par le pape.
Nous signalerons un article de la vingt et unième session qui constate plusieurs usages singuliers du moyen âge. C’est le 9 juin
i 43 a que le concile de Bâle proscrivît les spectacles qui avaient lieu dans les églises, à certains jours de fête. 11 cite la bénédiction donnée par un laïque mitré, crossé et revêtu des ornements épiscopaux; la Fête des fous ou des innocents, présidée par un roi; les pièces de théâtre jouées par des acteurs musqués; les danses exécutées pai'^des hommes et par des femmes qui, par leurs contorsions indécentes, cherchaient à provoquer le lire des spectateurs; enfin, les repas préparés et mangés dans le chœur. Il défendit également de laisser établir, dans les nefs, des foires ou des marchés. Il résulte de là qu’au moyen âge, les églises étaient trans* formées quelquefois en salles de spectacle, de danse et de banquet , et qu’elles faisaient même poncurrence aux halles de la commune.
40. CoNT£s DÉVOTS ET FABLIAUX, exlraits de la vie des saints Pères. Manuscrit du xix* siècle, pet. in-4 àe i8o pages, d.-rel. dos et coins de mar. r. fil. loo fr.
Ces Contes dévots ont été copiés sur un manuscrit du treizième siècle, de la bibliothèque de l’Ai^senal ; le texte des quinze pi*emiei*s contes a été corrigé ou restitué d’après le manuscrit de la reine Anne de Bretagne. Le volume contient vingt et un fabliaux complets et huit incomplets. Outre les vingt-neuf pièces que nous venons de citer, trente-deux autres n’ont été indiquées que par leurs titres. Les marges de ce manuscrit sont surchargées de notes de tout genre.
Ce recueil reproduit d’anciennes poésies françaises, dont la plupart sont inédites. 11 offre donc de l’intérêt, et par la rareté des manuscrits de la collection originale, et par l’addition des variantes que fournit le manuscrit de la reine Anne.
Le premier fabliau complet estintitulé ; De deux hermites qui fasoieni paniers^ dont Cun fistfornicaciony puis fist grant pénitence. Le dernier a pour titre : Du soucretain moine. Au surplus, une table des matières est placée en tête do volume.
MANUSCJRiTS.
41. CopiN (Florenl). Relit recueil de cbaniz royaulx, ballades et rondeaux sur le concept de rimiuaculée mère de Dieu. Manuscrit du xvi® siècle, sur vélin, pet. in-4 de 33 feuillets, iniL velours rouge, tr. dor. * 8oo fr.
Manuscrit du seizième siècle, d*une belle écriture ronde, orné de majuscules coloriées sur fond d’or, et des armoines du cardinal de Lorraine peintes sur le recto du premier feuillet ; ce doit être ie manuscrit de présentation.
Florent Copin, Vun des hauhoys du cardinal de Lorraine, était un bon poète français du temps de François La dédicace devrait donner à ce recueil une date à peu près certaine; mais trois cardinaux de lorraine ont existé dans le seizième siècle : Jean, archevêque de Reims et de Lyon, mort en i 55 o; Charles, archevêque |de Reims, né en i 5 a 4 et mort lo>a6 décembre i 574 ; Charles, évêque de Metz et de Strasbourg, né le juillet 1667 et mort le 3 o novembre 1607. Nous pensons que Florent Copin était l’un des hautbois de Jean, cardinal de Lorraine, mort en i 55 o. En effet, M. P. Paris (Manuscrits français, t. 111 , p. aSS et suiy.), en décrivant un manuscrit de i 536 , qui contient des chants royaux, des ballades et des rondeaux prononcés au Puy de Rouen, cite une ballade de Copin qu’on ne trouve pas dans ses œuvres. On pourrait conclure de cette particularité que la ballade de la collection de i 536 avait été composée postérieurement au recueil dédié au cardinal de Lorraine, et, par conséquent, que ce recueil serait antérieur à i 536 .
La Croix du Maine a oublié notre poète, quoique ses chants royaux aient été, prestpie tous, couronnés au Puy de Rouen. Voici, à ce sujet, un passage de l’épître dédicatoire :
« Ainsy quMl est par chantz royaulx divers Plus amplemeut dcclairé en mes vers,
Dont la plus part, quoy qu’il/, soient mai tyssus,
Ont tous les prix du Puy normand recens;
Qui tous les ans, en mémoire immortelle,
Dedans Rouen se tient à rbonneiir d’elle. » ^
Ce recueil renferme un huitnin adressé par l’auteur à son livre; l’épître dédicatoire, en 62 vers; treize chants royaux; six ballades, et six rondeaux.
La confrérie de l’immaculce Conception fut établie à Rouen
vers la fin du onzième siècle; elle devint une académie en 1489, époque à laquelle Pierre Daré, sieur de Chàteauroux, lieutenant général à Rouen, 6t dresser de nouveaux statuts, et fonda des prix pour les meilleures pièces de poésie composées en l’honneur de rimmaculée Conception. En i 5 i 5 , l’académie fut transférée de réglise Saint-Jean au couvent des Carmes. La lecture des poésies avait lieu sur une tribune élevée, qu’on appela le de la Conception. Les premières pièces qu*on lut sur ce Puy n'étaient que des chants royaux et des ballades, connus sous le nom de PâlinodSy à cause du vers répété à la 6n de chaque couplet, qui se nobomait vers palinodique. En effet, le chant royal est un petit poëme composé de cinq couplets de onze vers alexandrins, et d’un envoi de six, sept ou huit vers. Le vers palinodique est répété à la fin de chaque couplet, ainsi qu’à la fin de l’envoi. La difficulté du chant royal consiste eu ce que tous les couplets doivent reproduire les rimes du premier, dans le même ordre, et sans pouvoir faire usage d’un mot déjà employé. La ballade contient seulement trois couplets de huit vers octosyllabiques et un envoi de quatre vers; les règles de la ballade sont les mêmes que celles du chant royal. Quant au rondeau, on sait qu’il ne roule que sur deux rimes, et que le vers de chute est monorime. Au surplus, nous en citerons un exemple. C’est un échantillon des idées singulières que l’immaculée Conception inspirait aux poètes lauréats du seizième siècle.
De trôys amantz, d’un vouloir, d’une essence, t>’une bonté, beaulté et excellence.
Sur toutes fuz seule en concept tymée Et d'un, an gré des deux, tant estimée Que de ma chair print chair en innocence.
Tant sont jaloux de moy par leur démence]
Qu’avant les cielz j’estoie en leur présence,
Seur, fille, mère et espouse nommée De troys amantz.
L’un m’espousant faict que les deux n’offense ;
L’autre avec luy sur vice est ma deffense Et du tiers fuz en grâce confermée Dont l'uQ en troys faict que suis affermée Entre pécheurs amye sans offense De troys amantz.
M. P. Paris a donné les vers de chaque refrain des chants royaux, ballades et rondeaux contenus dans la collection manuscrite de ï 556 . Nous ajouterons à cette nomenclature la liste des refrains
du recueil de Florent Copin. Ces renseignements nous paraissent utiles pour reconnaître rauteur de poésies qui sont souvent reproduites sous le voile de ratiotiyme.