Additions aux assassins de Henri IV: le capitaine Michau
Davèoes, flamand ; un laquais lorrain ; un Italien ; Nicole Mignon.
L’anteur a recueilli, peu de temps après l'attentat de Damiens, tous les détails épars dans des livres et des brochures qu’on ne pourrait réunir aujourd'hui, et il en a formé un volume plein d’intérêt.
Nous ferons remarquer que les Réflexions^ la Lettre cCun pa^ triotey la Lettre h un ami et VHistoire de Damiens, furent condamnées au feu par ariét du parlement du 3 o mars 1757.
61. Fundulüs (Hieronymus). Lucia, comœclia. Manuscrit du XVI* siècle, sur papier, iij-4 de 49 feuillets, lettres ornées et fleurons coloriés, inar. r. riches comp. à mosaïque, tr. dor. et gaufrée. {Reliure du temps.) 1000 fr.
6uperbe eieraplaire d’une comédie inédite, composée, à l’imitation de Plaute, par Jérôme Fondulo ou Fondolo, littérateur distingué de Crémone. Jérôme Fondulo, fort instruit dans les langues hébraïque, grecque et latine, et versé dans toutes les sciences, devint secrétaire du célèbre calcinai Salviati, et fut appelé en France par François l®%qui lui conGa Téducation de son Gis Henri, depuis Henri 11 . Pendant son séjour à Paris, Fondulo écrivit, tant en grec qu'en latin, des discours, des épigrammes et d’autres ouvrages qui furent, dit-on, conservés dans la bibliothèque du roi. Les principaux écrivains du seizième siècle ont fait Téloge de ce savant. Plusieurs lettres de Christophe Longueil et de Pierre Bembo lui sont adressées.
Au nombre des meilleures poésies de J. Fondulo, il faut compter la comédie latine intitulée Lucia. Quelques vers du prologue avaient été insérés dans les œuvres de Vida, et, à cette occasion, Tiraboschi dit que ces vers prouvent combien Fondulo fut uu heureux imitateur de Plaute, et qu’ils font regretter qu’on n'ait pas encore publié cette comédie. Un très-beau manuscrit de la Lucia [perelegans autographum), dédié à Si gis ni on d Picenardo, sénateur de Milan, avait été donné, en 1694, à François Arisi, l’auteur du Cremona literata, par Jos.-Jér. Sementius, historiographe du Milanais. Arisi le transmit à l’un de ses amis, avec l’autorisation de le décrire et même de le faire imprimer; mais cette œuvre est restée inédite.
Notre exemplaire n’est point celui de Fr. Arisi, puisqu’il est
dédié à Frédéric Cornali, évêque de Bergame : toutefois il ne lui cède point en beauté. Un manuscrit, dont la dédicacé est datée du i**" octobre i564} n’offre pas ordinairement un grand intérêt sous le rapport calligraphique; et, cependant, celui-ci est fort remarquable. On a cherché à imiter les manuscrits des siècles ju’écédents; si on n’a pas réussi, au moins on a composé un volume Irès-cuiieux.
Le titre Lucia^ comœdioy est écrit en grandes capitales, formées de cordons multicolores eqroulés : on trouve des capitales du même genre en tête de la dédicace et des scènes du premier acte. Dans les autres actes, les capitales affectent diverses formes également originales. Au-dessous du titre, on a peint un arbre chargé de fruits rouges; le tronc s’élève au milieu d’une banderole ornée de cette devise : Altituxline non fortitudine. On voit deux branches de grenadier posées en sautoir, après la dédicace, et des, fleurons à la fin de chacun des actes. Les titres courants, actus primas^ actus secundus^ sont écrits sur des banderoles coloriées.
La reliure est l’œuvre d’un maître. C’est du maroquin rouge, orné de riches compartiments à mosaïque, de nombreux filets, de dentelles, de glands d’or, de semis d’étoiles; les milieux portent, d’un côté, un agneau avec la devise humiles humanitate^ et, de l'autre côté, un lion et la devise : superbos fortitudine.
Nous terminerons cet article par une anecdote que nous avons lue dans les contes de Bonaventure des Périers. Il paraît que, par suite de sa complexion naturelle et de l’excès du travail, Jérôme Fondulo était fort maigre. Un certain abbé de Saint-Ambroise, connu par ses facéties, « étant à table, un maître d’hôtel, en as- « seyant les plats, lui répandit un potage sur une saye de velours « qu’il portait. 11 trouva occasion de mettre en propos un person- « nage qui étoit à table auprès de lui, nommé Fundulus, homm^
• de bonnes lettres, mais tout exténué, parti» de sa naturelle com- « plcxion et partie de l’étude. Auquel l’abbé Saint-Ambroise dit : « Monsieur Fundulus, vous êtes tout maigre, il semble que vous « vous portez mal. — Je me porte, dit Fundulus^ toujours ainsi; a je ne puis engraisser pour temps T|ui vienne. — Je vous ensei- « gnerai, dit Saint-Ambroise, un bon remède, il ne faut que par-
• 1er à monsieur le maître d’hôtel que voilà, il ne vous engraissera « que trop. »
90 ÏIANÜSCRITS.