Menu de ce qu’on donne aux gardes du corps et aux
mousquetaires en campagne ; aux assemblées de chasse ; aux çonoédieDS quand ils jouaient devant le rot, etc.^ etc.
Ce budget est suivi d*un état de la dépense pour le duc de Bretagne : c’était le fils du duc de Boui^ogne, qui naquit le aS juin 1704 et mourut le i 3 avril X70S. La dépense pour les gouvernantes^ nourrices, gouvernantes de nourrices, remueuses, valets de chambre, etc., s’élevait à 7,o5o liv.ÿar trimestre, pour les livrées seulement.
Voici quel était le prix, en X 7 o 5 , de dive;*ses choses servant à l’alimentation ; le bœuf, le mouton et le veau coûtaient également 6 sols et demi la livre; le lard à piquer, 1 a sols; un dindon, 4^ sols; un chapon gras, le même prix ; un poulet gras, 3 o sols; un poulet ordinaire, 10 sols; un pigeonneau, 10 sols; un faisan, 6 livres ; perdrix, bécasse ou sarcelle, 3 o sols ; un cent d’œufs, 4 livres; le beurre de Vanvres, 3 o sols la livre; le beurre ordinaire, la sols; l’huile vierge, ao sols la livre.
Un grand saumon, 34 livres ; un grand brochet, 1 5 livres ; un brochet d’iin pied et demi, 7 livres; une grande carpe, a4 livres ; une carpe d’un pied deux doigts, 40 sols ; une carpe d’un pied, ao sols; une truite d’un pied quatre doigts, 4 livres* une perche, 3 livres; une sole, 3 livres; une tortue, 5 osols; un cent d’écrevisses, 5 o sols; un cent d’huîtres, 5 livres.
Le septier de vin (7 litres 45 cent.), coûtait 6 livr. 14 sols S den.
97. Louis XV. Notes et remarques sur les événements principaux du règne de Louis XV : du I*' septembre lyiS au 10 mai 1774* Manuscrit du xviii* siècle, pet. in -4 de 106 pages. 200 fr.
Ce manuscrit, d’une écriture ronde et très-nette, est parfaitement conservé; on serait tenté de croire qu’il est autographe. Les Notes et Remarques ont été composées en 1780, ainsi que le prouve une phrase qu’on peut lire p. x 5 : quelques jours après, le Bégent afferma les fermes générales, « et les adjudicataires Vobligèrent à en rendre au roi cinquante-cinq millions par an. Cette même ferme rapporte aujourd’hui (en 1780) cent-soixantedouze, millions. »
Il parait qu’on avait l’intention de faire imprimer cet ouvrage; car les vingt premières pages ont subi de nombreuses coircclions de style. Mais, comme cette révision indispensable n’a pas été continuée, et que nous n’avons trouvé nulle part l’indication
d’un livre imprimé dont le thre ou le texte se rapproche de ce manuscrit, nous devons en conclure que les Notes et Remarques sont encore inédites.
Toutes les fois qu’on rencontre un volume ayant pour sujet le règne de Louis XV, on s’attend à lire une chronique scandaleuse. Il est certain qu’aucune époque de notre histoire n’a fourni plus ample matière aux critiques et aux satires, par les faits immoraux dont elle fourmille* Cependant ce règne doit être pris au sérieux. En effet, n’est-cc pas Louis XV qui appauvrit la France par des impôts excessifs, f affaiblit par des guerres malheureuses et des traités honteux ; n’est-ce pas ce roi insouciant qui sema la tempête dont les éclats, quelques années plus tard, brisèrent le trône et préparèrent l’organisation de la société moderne ?
C’est cette partie sérieuse du règne de lx)uis XV que l’auteur anonyme des Notes et Remarques a abordée, sans se laisser entraîner à la critique facile des mœurs du temps. S’il parle de madame de Pompadour, c’est aûn de faire connaître sa déplorable influence sur le gouvernement de l’Etat; il ne cite madame Dubarry que pour signaler la protection qu’elle accorda au duc d’Aiguillon, protection qui valut à ce ministre le mépris public.
Le style de cet ouvrage est clair et concis. L’auteur n’a point cherché à. produire de l’effet ; il raconte les événements avec une rare simplicité, et ses remarques, toujours courtes, lui sont évidemment suggérées par les regrets qu’il éprouve de l’abaissement et de la ruine de la France. C’est un excellent résumé des événements du règne de Louis XV. Voici le début : « Louis XIV mourut le septembre 1715. Louis XV, unique et feible rejeton de la famille royale, arrière-petit-fils du monarque expirant, attira les yeux de toute la France. Le lendemain de la mort du roi, le parlement de Taris cassa le testament de ce monarque, déclara le duc d’Orléans seul régent du royaume, priva le duc du Maine du commandement des troupes de la maison du roi et même de la garde de sa personne.» L’auteur fiinit ainsi : « Le roi, devenu l’esclave d’une femme injurieuse et avare, commettait toutes les iniquités qu’elle lui dictait, et devint dès ce moment l’objet du mépris général. Les choses étaient dans cet état lorsque le roi fut attaqué de la petite vérole, le 1*' mai. Sa maladie dura neuf jours; le pourpre s’y joignit. Il mourut le 10 mai 1774, à trois heures vingt minutes, et son corps, au bout de deux fois vingt-quatre heures, fut transféré à Saint-Denis. »
98 . Louis XV. Mariages dé Louis XV. Manuscrit du XVIII* siècle, in -4 de laS feuillets, v. m. 3 oo fr.
Ce manuscrit historique est comiK>sé de plusieurs parties^ relatives aux mariages espagnols de 1721; aux démarches faites en 1735 par fa czarine Catherine pour marier sa fille à Louis XV; au mariage du roi avec Marie Leczinzka ; et enfin, au mariage du Dauphin avec finfante Marie-Thérèse, en 1737.
La Relation des principales circonstances^ cérémonies et forma» Vîtes observées pour le double mariage conclu entre la France et VEspagne^ dans le cours dés années 1720 et 1721, contient des détails fort curieux sur les préfinunaires de Tunion du roi avec Tin fan te d’Espagne, et du prince des Asturies avec mademoiselle de Montpensier, fille du régent; sur l’échange des princesses à la frontière d’Espagne; sur les cérémonies qui eurent lieu dans toutes les villes que l’infante traversa; sur le renvoi de l’infante, en 17^5, et sur le nouvel échange des deux princesses.
La seconde partie* du manuscrit a pour titre : Espérances conçues à la cour de Russie en 1726, que le roi Louis XF pourrait épouser la princesse Élisabeth , fille du feu czar Pierre I", On trouve dans le premier volume des Pièces intéressantes. pubhés par La Place, une anecdote assez singulière sur ce projet de mariage.
La troisième partie est une Relation des principales circons^ tances du mariage du roi Louis XV avec la princesse Marie ^ fille unique de Stanislas, roi de Pologne.
A la suite de cette relation, on lit lé portrait de la princesse Marie, remis au duc de Bourbon en avril 1725.
Enfin, la dernière pièce du volume concerne les Premières ouvertures faites, en 1787, pour le mariage du Dauphin, fils unique de Louis XV, avec T infante Marie- Thérèse,
Nous ne connaissons point d'historiens ni de ebroniqueurs qui aient reproduit les foits intéressants que renferme ce ma- Busorit.
99 . Louis XV. Menus plaisirs. Inventaire général de tous les elTets existants dans les magasins des Menus plaisirs du roi, au 3 i décembre 1765. Manuscrit in-8 de laS pages et une table des matières de 8 feuillets, mar. r. lil. coins fleurdelisés, tr. dor. doublé de tabis. {Jux armes.) i5o fr.
Manuscrit d’une bonne écriture. Chaque page est encadrée d*un filet noir. — Ce curieux inventaire est divisé en onze chapitres, que nous analyserons très-succinctement.
Chap. i*'. — 176 lustres ,.4 girandoles, 3oo pieds de guirlandes de fleurs en papier, et autres accessoires pour lustres.
Chap. 11. — Décorations de théâtre. Dans ce chapitre, on indique les opéras pour lesquels ces difTérentes décorations avaient été exécutées ; elles sont au nombre de 118, sans compter 346 châssis et 1 , 5 1 5 parties diverses de décorations.
Chap. 111. — Habits de théâtre, plumés et accessoires. Le vestiaire se composait de 1,584 costumes pour hommes, 798 costumes pour femmes, 38 x coiffures, 5 ,000 branches de plumes, et, spécialement pour les dames, on y trouvait B 3 paires de hanches et 63 paniers. Parmi les accessoires de tout genre, nous citerons 35 pièces de volaille et de gibier en carton, et des corbeilles de fruits également en carton.
Chap. iv. — Étoffes de soie et autres. Les magasins étaient amplement fournis de taffetas, de satin, de gaze brochée d’or et d’argent, de moire d’or et d’argent, de paillettes, de rubans, de galons d’or, d'agrafes, de bas de soie, de paquets de fleurs fines et communes, etc., etc.
Chap. v.— Décorations des feux d’ai'tifice et des illuminations. Chap. vi. — Trônes pour les ambassadeurs, les lits de justice et autres cérémonies.
Chap. vu. — Mausolées, pompes funèbres.
Chap. viii. — Meubles. Immense nomenclature de lits, de tentuœs^ de rideaux, de tapis, de portières et de cordohs de sonnettes, de banquettes, de canapés, de sophas, de cabriolets, de fauteuils, de linge, d’effets mobiliers en bois, en fer, en cuivre, en ferblanc, en faïence, etc., etc. 11 faut lire tous ces articles, où sont indiqués des meubles magnifiques, pour se faire une idée de rciicombrcment des magasins des Menus-Plaisirs. Mais nous trouvons extraordinaire que le rédacteur de l’inventaire ait placé
parmi les meubles, au milieu des balais, des pots de la pire espèce, des bassinoires et des chaises percées , les machines et instruments du cabinet de physique, qui fournissent 197 articles, et la bibliothèque arec les estampes : seulement, on a inventorié les meubles avec beaucoup plus de soin que les livres. Voici ce catalogue, fort peu bibliographique :
Ouvrages pour et contre les spectacles, en 14 volumes, savoir : 11 vol. in-ia, a vol. in-8 et 1 vol. in-4» de différents auteurs.»
« Théâtre, en 278 vol. (de différents fonnats), dont 61 en musique; et, en outre, a6 cartons et une boite de pièces de théâtre.
« Cérémonial, en la vol.; 6 in- 4 ^ et 6 in-fol.»
« Entrées et carrousels en 10 vol., dont 4 iQ* 4 ^ et 6 in-fol. »
« Autres livres d'histoires^ tels que le Temple des Muses; les Métamorphoses d’Ovide; les Fables choisies; Dictionnaires; l’Antiquité expliquée ; ITliade et TOdyssée d’Homère, etc., en a 3 a vol. (de différents formats). »
« Recueil d’habillements pour les opéras et comédies, en 4gf vol. in-fol. »
«Recueil de décorations, pompes funèbres, feux d’artifice et autres fêtes publiques, en 64 vol. in-fol. »
« 58 dessins lavés du sacre du roi, avec bordures dorées et verre blanc. »
« Plusièurs volumes du sacre du roi, en feuilles ; estampes des fêtes et mausolées ; volumes des monuments érigés en France a la gloire de Louis XV. »
Ce catalogue est suivi des Effets en bois. Nous en extrayons trois articles qui ont été singulièrement classés. » Trois baquets ferrés; un trône qui a servi à l’entrée de l’ambassadeur turc; deux guérites en chêne. »
Chap. IX. — Bibliothèque musicale et instruments. Cette bi« bliothèque était fort riche; elle contenait a,610 partitions et 9,160 recueils départies détachées d’opéras, de symphonies, d’airs français et italiens. Les instruments consistaient en clavecins, épinettes, timbales, hautbois, flûtes, clarinettes, orgues, basses, contre-basse, et cors de cliasse.