DIALOGUE VIF
VALsacs, grand prévôt,
Dictés-moy, scavez-vous où logent les chrestiens ?
Pourquoi ?
niLéMOir.
MANÜSCFUTS.
Cognoissot-votis ?
rai^MON.
Qui ? parles.
TALEHCB.
▲poUonne.
QuVt-il faiot?
raiLiMOK.
Qu’il soit prit.
* TALBVCB.
Je ne scay. Blais l’empereur ordonne
FBIlillOV.
Qu’il soit pris !
TAXJIIICB.
Ouy!
FBlLiMOV.
Pour
Je ne scay rien.
£t Valence en quittant Philémon lui dit :
Adieuj mon cher amy.
DIALOOÜR TEHDEB, APOLLOBBl,
Aymable Philémon 1
raïunsofr.
Généreux Apollonne I
APOLLOBBE.
J’ose tout espérer.
PBILXMOB.
n n’est rien qui m’étonne.
ATOLLOBBX.
Je sois ton senriteur.
pbxiAmob.
Je suis ton obligé.
APOLLONBI.
7n me sauves la vie.
fbiiAsiob.
Et j’y suis engagA
APOUiOHiri.
Je fajme infiniment.
puLéMoir.
Mais Philémon t’adore.
APOLIiOVint.
ApoUonne est tout tien.
raiLinoR.
Je suis plus tien encore.
Voici cependant des vers qui ne manquent pas d’énergie :
Dieu n’est pas si cruel comme vostre esprit pense,
Pour obliger vostre âme à cette violence,
Quand il souffle la vie esa l’âme des humains,
Elle entre dans leurs corps sans smiir de ses mains,
Et comme il la donna, c’est à lui de la prendre.
Il a marqué le jour qui nous la doit ravir;
Cest à nous à l’attendre et non le prévenir.
Nous citerons encore des vers d'un autre genre que nous avons lus dans le poeme intitulé l’Image de Narcisse :
U ne se souvient plus de prendre ses repas ;
De soif il en a trop, de (aim il n’en a pas.
Le repos de son corps est un trouble à son âme ;
Et la fin de sa faim, un surcroist à sa flamme.
Narcisse, il faut manger, si tu ne veux mourir.
Quoy ! Narcisse est donc mort, et ce soleil vivant A trouvé son coucher au point de son levant.
En un mot, il est mort. O beautés, vous mourrez !
11 est allé devant, et après vous irez.
Une dernière citation extraite du Resvewr imaginatif :
Desjà les Tritons chez Neptune Préparoient la couche an soleil;
El les officiers du sommeil Atteloient le char de la lune.
Desjà les coursiers de la nuict.
Repoussant le jour et le biniict Du doux battement de leurs ailles,
Ronfloient de l’ombre et des pavots,
Et ne jeltoient des estincelles
Qu’afiU d’esclairer au repos.
107. Mélanges de théologie morale et mystique (par des solitaires de Port Royal). Manuscrit du xvii* siècle, in-S de aai feuillets, rel. en vél. bl. 46fr.
D'après le titre ajouté sur la couverture du volume, et d'après une note inscrite sur la garde, les prçmiers feuillets de ce manuscrit ont été écrits par M. Charles, l’un des solitaires de Port- Royal, mort dans cette retraite en 1687, et les autres parties auraient été composées ou copiées par Tabbé de Pontchâteau.
Ce Recueil contient des extraits des saints Pères et^surtout de saint Augustin ; un Commentaire sur le 40* chapitre d'Ëzéchiel; une Dissertation sur la fuite dans le temps de la persécution ; des Extraits des prophéties de Jérémie, d’Ézéchiel et de Daniel, disposées selon l'ordre des temps; un Extrait du neuvième mémoire sur les deux alliances, où Ton fait voir que les ennemis de la grâce efficace par elle-même n’attaquent pas moins la bonté de Dieu que^a puissance. Suivent des Extraits du cinquième Mémoire, du sixième, du huitième et d’une suite; enfin un Commentaire sur le 44 ^ chapitre d'Ézéchiel.
Nous nous déclarons incompétens pour analyser les matières que renferme ce volume. Nous avons seulement remarqué que les neuf Mémoires sur la grâce efficace avaient pour but de prouver Porthodoxie des propositions de Jansénius, condamnées par la bulle Unigenitus, En conséquence, ce manuscrit doit occuper une place distinguée sur les rayons d’une bibliothèque janséniste.