‹ Description raisonnée d'une collection choisie d'anciens manuscrits, de documents historiques et de chartes réunis par les soins de M. J. Techener, et avec les prix de chacun d'eux (volume 2)Chapitre 28 sur 36 · Pedrusi (Paul}. Sonelti, a Luigi il grande. Ma · texte numérisé non relu

Pedrusi (Paul}. Sonelti, a Luigi il grande. Ma

nuscrit in-4i V. f. compart. fleurdelisés, fil. tr.dor. {^Ancienne reliure italienne^ l\o fr.

Ce manuscrit provient de la maison professe des Jésuites, à Paris, ex dono R. P. de la Chaise, 1693. 11 fut inventorié lors de la suppression de la compagnie de Jésus; on lit sur le premier feuillet : « Paraphé au désir de l’Arrest du 5 juillet 1763, signé Mesnil. ^ Une note au crayon, écrite sur la garde <lu volume, nous c^pprend que ce livre a été imprimé. Notre manuscrit pour-

rait être Texemplaire préseoté au roi et donné au P. La Chaise après l’impression de ces flatteries outrées.

L’ouvrage se compose de douze sonnets italiens à la louange de Louis XIV, précédés d’une Dédicace au roi datée de Parme, le lo septembre 1691. Nous traduirons textuellement une partie de cette épître, et nous la recommandons, comme un excellent modèle, à tons les courtisans présents et à venir.

«c Sacrée Royale Majesté; je dois, ô Sire, condamner mes pensées comme téméraires, puisqu'elles ont la hardiesse de se produire devant un monarque qui réunit à ses adorables prérogatives tout Tesprit (imaginable). Toutefois, en réfléchissant qu’il n’y a rien qui ne soit grand dans l’âme plus que royale de Votre Majesté, je reste persuadé qu’une clémence surhumaine pardonnera à ma témérité. Je prends donc courage, et vous offre, Sire, la bassesse de mes vei*s (la viltà di miei versi)y en les déposant humblement à ces pieds qtii mériteroient de voir prosterné le monde entier. »

Le second sonnet est adressé à la Majesté adorable du Roi Très- Chrétien^ qui accorde des secours généreux et puissants au Roi d’Angleterre.

Les autres sonnets ont pour sujets: la campagne de 1690; le projet d’instituer un nouvel ordre de chevaliers pour combattre sur mer les hérétiques; la campagne sur le Rhin; le siège de Mons; le séjour du roi à Marly, etc.

Le P. Paul Pedrusi, né à Mantoue en 1644, directeur du collège des Jésuites, à Parme, et mort le 20 janvier 1720, ne nous était connu que par son grand ouvrage sur les médailles de la collection Farnose. Nous ignorions complétemeut qu’il fût poëte, et qu’il tint un rang aussi distingué parmi les nombreux adulateurs du roi Louis XIV.

142. PENiTErma (de); de Preceplis Dei; de Virlulil)iis; de Jejunio; de Hobediencia; de Pauperlate; etc. Manuscrit du xiii^ siècle, de 84 feuillets pet. iii-8à 2 col. vélin. 4^ f'’-

Ce volume, écrit en petits caractères et surchargé d’abréviations, est l’œuvre d’un moine qui employait ses heures de loisir à méditer sur la pénitence, sur les commandements de Dieu, sur , les vertus théologales et cardinales, et sur divers points delà règle et des vœux monastiques. Ces méditations sont de longues

paraphrases ayant pour thème soit un mot, soit un verset de TÉcriuire sainte. L’auteur procède minutieusement par divisions et par subdivisions-. Prenons pour exemple le premier traité de la Pénitence, Nous traduisons : « Notez que la pénitence a trois parties virtuellement intégrantes, savoir : la contrition du cœur, la confession de la bouche et la satisfaction de l’œuvre. Notez que la première partie, qui est la contrition, doit posséder aussi sept qualités, etc. • Ce qui fournit vingt et un motifs de réflexions, de citations et d'explications.

Cette phrase, Mortuus est filias hujus mulieris nocte, donne lieu à trois démonstrations divisées en nombreux paragraphes: la malignité du péché est prouvée par les mots Mortuus est; oP la profonde tristesse de TËglise est prouvée par l'affliction de la mère, Filins hujus mulieris; 3 ® la grande misère de la vie est encore mieux prouvée par ce mot significatif, nocte.

Dans le chapitre de la Paupreté^ nous avons remarqué le passage suivant; « La pauvreté possède trois grands avantages. En effet, les pauvres n’intentent ni ne soutiennent de procès; ils ne craignent point les voleurs, et ne redoutent nullement les intempéries des saisons pour leurs récoltes. >» Ces pensées ne sont pas neuves, puisqu’elles étaient formulées dès le xm® siècle; mais, au moins, elles sont consolantes pour ceux que la fortune a oublié d’inscrire sur son budget.

143. Pktit livret pour faire toutes sortes de pierreries ARTIFICIELLES. Aiîno Scribebat Aegi-

dius Syhanus, Manuscrit in-i6 de l\[\ feiiillels, mar, ol. {Jolie reliure du temps.) lao fr.

Le litre de ce curieux manuscrit du xvi® siècle est écrit au milieu d’un cartouche élégamment dessiné à la plume. On lit, audessous, la signature autographe deMax.-Sigm.Von Herberstein. Sur la première page, Ægidius Sylvanus a dessiné un ruban dont les plis symétriques sont très-compliqués, et sur lequel il a écrit les jïremiers mots du texte^ pour faire des pierreries artificielles. Un ruban de même dessin est placé à la fin du volume : il porte le mot finis^et il est accosté d’un double X et de deux triangles enlacés. Ces deux figures sont empreintes sur les plats du volume, dans une couronne formée de branches d’olivier. On ne saurait attribuer ces deux emblèmes aux frères Du Puy. En effet, ils n’avaient point adopté les X, et les deux triangles enlacés qu’ils

faisaient graver sur les livres de leur bibliothèque diffèrent complètement de ceux qui ornent ce Manuscrit. Nous ignorons quel est le bibliophile français ou allemand qui aurait le droit de réclamer ces marques symboliques.

Nous disons français ou allemand^ car, outre la signature de Sigm. Von Herberstein, on trouve, sur le feuillet qui précède le titre, le nom de N.-G. Kraener. De plus, ce livret, rédigé en français, paraît avoir été composé ou au moins copié par un étranger; le style est quelquefois tudesque. Exemples: • Après, luy laissez quelque espace de temps bien cliaudtsans faire fondre ta limure de ferre; après, le réitérez, et si la couleur ne te plaict, remectez encore une fois et il sera fort bon. » — <i Après, distilez par filtre et faict évaporer le trois parts du dict vinaigre et la reste roectez en lieu froide et humide. »

L’auteur enseigne la manière de fabriquer des rubis, des turquoises, des topazes, des saphirs, des’ escnrbouçles, des pierres artificielles de toutes couleurs, et même des diamants. Mais ces préparations chimiques ne sont pas toujours expliquées très-clairement. Il est probable que cet ouvrage a été fait par un alchimiste. La base des opérations est le cristal calciné et pulvérisé; en le mélangeant à d’autres matières, et en le soumettant à diverses coctions, évaporations, etc., on obtenait des pierres artificielles qui imitaient parfaitement les pierres précieuses.

Il devait être facile, à cette époque reculée, de vendre aux amateurs du cristal coloré pour des rubis, des topazes ou des émeraudes, Ainsi, l’alchimie, appliquée à la transformation des minéraux, créa une industrie fort lucrative.

144. PLATYJVA(Barth.). De Honesta Voliiplale et valitudine, libri X. Manuscrit du siècle sur vélin; gr. in-8 de lao feuillets, init, rubr. maroq. rouge. ît6o (r.

Très-beau manuscrit du xv* siècle, à grandes marges, charmante écriture italienne. —* Vélin d’une finesse et d’une blancheur remarquables.—' Dix élégantes majuscules en or, sur fond colorié et diapré; nombreuses initiales coloriées. — Titres des chapitres en lettres rouges.

Barthélemy Piatina, né en près Crémone en Italie, de¬

vint bibliothécaire du Vatican, et mourut à Rome en 1481. On

connaît huit ou neuf éditions, du xv* siècle, de son livre de Honestâ Voluptate, Ce traité fut traduit en italien, et imprimé à Venise en 14B7. La traduction française eut au moins huit éditions pendant le xvi* siècle. Les œuvres complètes de Platina ont été publiées en i 53 o et en 157a. Il est donc inutile d’analyser un ouvrage si connu, dont les premières éditions latines ou françaises sont fort recherchées. Il nous suffira de dire que notre manuscrit, probablement le manuscrit de présentation, est encore plus précieux que les imprimés, auxquels il peut fournir d’utiles corrections. Nous ajouterons que les manuscrits du traité de Honestâ Voluptate doivent être très-rares, puisque ce livre a été imprimé presque aussitôt que Platina l’eut composé dans la maison de campagne du cardinal Gonzaga, pendant l’été de l’an i 465 ou 1466.

145. Preces piæ. Manuscrit dexii® siècle, sur vélin; pet. in-8, miniat. v. rouge sur als de bois, empreintes. [Reliure du xv* siècle.) 35o fr.

Ce manuscrit de a 36 feuillets, sur vélin, a du être exécuté vers la fin du xii^ siècle. 11 est orné de neuf grandes majuscules à miniatures, et de nombreuses initiales coloriées. Le calendrier est rouge et noiri Le premier possesseur de ce livre, nommé Diirningen, a inscrit dans le calendrier la mort de son père, de sa mère, de ses trois frères, et de plusieurs de ses parents: ces inscriptions paraissent être de la même écriture que celle des autres parties du calendrier. Ce manuscrit appartint ensuite à un certain Broger, qui inscrivit la mort de son père Wezzel Broger, puis d’Agnès von Bercevelt et de Giselle von Vortenheim.

Les neuf vignettes encloses dans les majuscules sc rapprochent du style byzantin; elles sont à fond d’or mat, ainsi que les lourds appendices qui se prolongent sur la marge inférieure. Tous ces appendices sont chargés d’animaux fantastiques, ou de longs lézards verts. La plupart des vignettes représentent aussi des chimères et des dragons. L’un d’eux est coiffé d’un capuchon de moine; l’autre a toute la partie supérieure du corps couverte d’un cuculle. La huitième miniature est la plus singulière : elle représente une femme, dont les membres inférieurs sont monstrueux ; vêtue d’une robe rose et coiffée d’un capuchon vert, elle tient d’iiiie main une espèce de flûte dans laquelle

elle souille, et de Tautre main elle frappe à coups redoublés sur un tambourin. La seule ligure naturelle qu’on trouve dans ces vignettes, est celle de sainte Catherine, en costume de reine, debout^ portant une palme et une roue.

Les premiers mots qui suivent immédiatement les miniatures sont écrits en capitales gothiques, rouges et bleues.

146. Pringt (madame de). Traité des vrais malheurs de l’homme^ dédié au duc de Bourgogne. Manuscrit du XVII® siècle; in-4 de i6 feuillets, mar. r. fîl. dos et coins fleurdelisés, tr. dor. {Armes du duc de Bourgogne.) aoo fr.

Manuscrit de présentation, autographe et inédit.— Madame de Pringy, fille de M. de Marenville, garde du trésor de la chambre des comptes, épousa i® le comte de Pringy, et a®, en 1709, M. d’Aura, seigneur d’Entragues. Elle a publié des wmans, les différents caractères des femmes du siècle^ et plusieurs discours à la gloire de l.ouis XIV. L’un de ces discours a pour sujet: Le Discernement du roi dans le choix des personnes a qui Sa Ma^ jesté a confié Véducation du duc de Bourgogne.

Les Frais malheurs de Choinme^ dont la dédicace est signée De Pringy, sont divisés en cinq chapitres : De Vhomme; du Crime; de la Solitude \ de la Concupiscence ; de la Douleur. Cet opuscule renferme d’excellentes pensées ; et, puisqu’il est inédit, nous en citerons quelques passages.

« Solitude : Dégoûté par les faiblesses des hommes, ou maltraite par les passions, il fuit la société, il en conçoit une secrète horreur, il court dans la solitude. Mais cette amertume passe, il connaît souvent trop tard la nécessité de la société, et il voit qu’elle n’est pas faite pour corrompre les hommes, mais pour les perfectionner ; que le fiel que les vices y répandent n’ûte pas le mérite et la douceur que la grâce y a donnés ; que si la férocité a ôté le commerce entre les brutes, la raison l’a établi entre les hommes; que c’est la plus grande consolation de la vie, et que la solitude est un malheur qui n’est supportable que par intervalles, et dont la pratique continuelle est contraire à notre repos et à notre bien. »

« La douleur : De tous les vrais malheurs de Thomme, la douleur est celiii qui lui est le plus connu. Les esprits les plus élevés et les plus simples en forment le meme jugement. Tous les

hommes convieuoent que celui qui souffre est malheureux.

« La sagesse, la raison et la science sont d’assez puissants anti< dotes contre la douleur. sagesse nous apprend à la connaître; la raison à la supporter ; la science à la soulager. » « Que

rhomnie serait heureux, s’il n’avait à redouter que la douleur, et si, de tous les vrais malheurs auxquels il est exposé par sa nature, par sa faiblesse et par sa corruption, il n’éprouvait que celui qui peut fipir avec sa vie! »

147. pRfORîSTA (registre où Ton inscrivait les magis- Irals élus de la république de Florence) : i 5 i 2 i 526 . Manuscrit du xvi‘ siècle, sur papier, in- 4 . 70 fr.

£n i5i 2, la ville de Florence éuit encore constituée en république. Les Médicis, chassés de leur patrie le 8 novembre 1494 » y rentrèrent le 3 i août iSia; mais ils ne devinrent ducs et souverains de Florence qu’en i 53 o. — Ce Prhrista commence au mois de septembre i5i2; il a été rédigé, jusqu’en 1620, par Agnolo de Marty, notaire et citoyen de Florence, l’un des chanceliers du cardinal de Médicis, et continué par uu anonyme jusqu’à la fin de iSaG. — Ainsi c'est un des derniers registres de la république de Fhirence.

Cetle ville était divisée en quatre quartiers, connus sous le nom de Saint-Espnt, Sainte-Croix, Sainte-Marie-Nouvellc et Saint- Jean. Chaque quartier se composait de quatre sections, distinguées par leurs bannières. Une vipère, une licorne, un lion rouge et un lion blauc ornaient les bannières des quatre sections du quartier de Sainte-Marie Nouvelle, etc.

Le gouvornemeut de la république était organisé d’après ces divisions locales. 11 faut placer au premier roug les Excelsi signori^ magnifiques seigneurs, autrement dits prieurs, élus pour deux mois, au nombre de douze, c’est-à-dire deux par quartier; à ces magistrats suprêmes étaient attachés un gonfalonier de justice et un notaii'e. — On nommait pour quatre mois seize gonfaloniers de section ; chacun d’eux était chargé d’une bannière. — Les douze bons-hommes, buoni homini, élus pour trois mois, trois par quartier, avaient été créés en 1266. — Sept nobles et un artisan formaient le corps des Octo di Praticha, — Deux artisans faisaient toujours partie des douze procurateurs et des dix conser-

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vateurs de la loi : ces trois derniers ordres de magistrats étaient élus pour six mois. — L’uu des cinq ofBciers du Mont était encore un artisan.

En ajoutant à cette liste les Ocio signori di Guardia etBaliay les Fficiali di vendite^ les Accopiatori et les Consoli di mare y on voit que le gouvernement de Florence se composait de cent magistrats au moins, ayant des attributions différentes, mais exerçant une influence spéciale sur les quartiers ou les sections qui les avaient élus.

Ce manuscrit a été mutilé. Il contenait un grand nombre de feuillets blancs qui ont été impitoyablement arrachés, et plusieurs feuillets écrits ont éprouvé le meme sort. Cependant six séries sont entières; celle des gonfaloniers de section n’est incomplète que des élections du 8 septembre i 5 aa et du B janvier i 5 a 3 . Les quatre autres séries n’existent plus. On ne retrouve aucune trace des Octo signori diguardia^ des Fficiali di vendite, Accopiatori y ni des Consoli di mare; ils sont seulement indiqués dans la table des matières placée en tête du volume.

Ce registre, tel qu’il existe, est très-important pour les familles originaires de Florence ; elles y trouverônt cités les noms de tous les habitants notables de cette ville, pendant les quatorze années qui s’écoulèrent de iSia à iSaS, tels que les Yespiice, les Machiavel, les Gondi, les Tanayde Nerli, les Valori, les Ricasoli, etc. Ce manuscrit est également important pour Thistoire de Florence. Agnolo de MSrty a écrit en latin, après chaque élection des prieurs, les faits intéressants de l’époque. Nous en reproduisons quelques-uns :

Pur une loi du mois d’octobre i 5 ia, le peuple de Floi*ence autorise les nobles à nommer, seuls, les douze prieurs et le gonfalonicr de justice. —• Élection du pape Léon X (Jean de Médicis], le 4 i 5 i 3 . — Mort deCosme dePazzi, archevêque de Flo¬

rence, le 9 avril i 5 i 3 ; Jules de Médicis lui succède. — En juin x 5 i 5 , Laurent de Médicis est élu par le peuple chef suprême de l'armée (duxet imperator)\ le ii août suivant, les prieurs lui offrent, au milieu d’un grand coucours de peuple et aux acclamations de l’armée, les insignes militaires, qui consistaient en un eheval richement caparaçonné, iiii bâton de commandement, un étendard et un casque d’ai^eiit, fleurdelisés. — Traité de paix entre François 1 ®** et Léon X, au mois d’octobre i 5 i 5 . — Entrée de Léon X à Florence, le 3 o novembre i 5 i 5 ; honneurs qu’on lui rond; privilèges qu’il accorde à la ville et à plusieurs, de ses

habitants; il retourne à Rome le i8 février i 5 i 6 . — Mort de Julien de Médicis^ duc de Nemours, gonfalonier du saint-siège, le i8 mars i 5 i 6 . — Laurent de Médicis est créé duc d'ürbin au mois d’août suivant ; il meurt le 4 mai i5i9, sept jours après le décès de sa femme, Madeleine de la Tour d’Auvergne. — Élection de l’empereur Charles-Quint, le a8 juin i5i9.

148. PRODUITS GÉNÉRAUX DES FERMES-UNIES, dont a eslé fait bail à François Le Gendre, pour six années commencées le i'** octobre i 668 et finies le dernier septembre 1674 ; manuscrit pet. in -4 de 72 feuillets, sur vélin, titres en lettres d’or, tableaux réglés en lignes d’or, mar. r. comp. à la Dusseuil, tr, dor. {Reliure ancienne.^ 600 fr.

Ce manuscrit, unique et d’une exécution admirable, a dû être fait pour l’adjudicataire du bail. 11 est écrit en lettres de forme et en italiques, sur des feuilles de vélin d’iinc blancheur et d’une finesse peu communes : c’est l’œuvre de Gilbert, célèbre calligraphe de la plus grande habileté, professeur du grand Dauphin. L’écriture rivalise de netteté et d’élégaiice avec les chefs-d'œuvre de la typographie et de la gravure. L’ouvrage se compose du titre, de la table des matières, d’une liste des droits compris dans les fermes-unies, du piix du bail par année, et enfin de 29 tableaux compliqués, tracés sur la feuille entière du vélin, qui est ployèe par le milieu comme une carte d’atlas. Dans ces tableaux, à titres et à réglure d’or, sont inscrits les produits de chaque impôt par trimestre et par année, ainsi qu’une récapitulation générale des revenus et des frais. Nous ferons remarquer que les colonnes réservées à l’année 1673-1674 n’ont point été remplies. Par suite de cette lacune, nous n’avons le produit des fermes que pendant cinq ans, du i®**octobre 1668 au 3 o septembre 1673. Cependant François Le Gendre a joui de son bail complet, et il n’a été remplacé qu’au octobre 1674. Ce fermier général fut taxé par la chambre de justice, le a janvier 1717, à une restitution de 3 oo,ooo liv*

11 nous est impossible de rendre un compte détaillé de ce manuscrit, car il faudrait le reproduire presque entièrement, et nous nous égarerions au milieu de cette foule de taxes et de droits,

dont les noms sont aujourd'hui à peu près inconnus. Nous nous COU tenterons de les récapituler, afin que nos lecteurs puissent connaître les sommes que les fermiers généraux prélevaient habituellement sur le peuple, à leur profit. ^

Pendant les quatre années qui s’écoulèrent du octobre 1668 au 3 o septembre 1678, les gabelles produisirent io 3 ,851,619 les cinq grosses fermes et les droits unis, 549410,742 liv.; les aides, 84,888,404 liv.,et les passe-ports pour l’exercice 1669-1670, 33 o,ooo liv. Le total du produit s’éleva donc à 243,160,765 liv. Mais la perception de ces droits coûta, pour les gabelles, 22,467,178 liv.; pour les cinq grosses fermes et les droits unis, 5 ,. 8 B 3 , 38 o liv.; et pour les aides, 3,36o,i24 liv.; — total : 31,710,682 liv., qui, déduit du produit brut, laisse un produit met de 211,770,083 liv. Or le bail, pour les cinq ans, montait à i6o,4fio,ooo liv.; les fermiers généraux dépensèrent, pour la construction de leur hôtel, 947,600 liv.; et, de plus, ils portèrent en compte 4,613,609 liv. pour frais généraux. £n déduisant ces diverses sommes du produit net, il reste un bénéfice de 45,749,074 livres. Ainsi, après avoir prélevé toutes les dépenses, de quelque nature qu'elles fussent, les fermiers généraux encaissaient plus de 9 millions par an. En dix années, l’État perdait plus de 90 millions que le peuple, pressuré par d'impitoyables agents, se ruinait à payer pour engraisser les inattotiers. . : . . . . .. . . . . i

, Ce manuscrit est fort curieux pour l’histoire des impôts et des financiers sous le règne de Louis XIV. On y trouve la liste de toutes les provinces assujetties aux gabelles; un catalogue de taxes ’ et de droits particuliers à certaines villes ; enfin, le dernier tableau fournit le nombre exact des miiids devin, des bœufs,* des moutons, des veaux et des porcs entrés à Paris, pendant cinq ans, par année et par trimestre.

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