Psalterium Davidis. Manuscrit du xi® siècle
- ' sur vélin; in-8, maj. rubr. mar. brun, à comp. fers à froid. * ^ ' a5o fr.
Cet ancien manuscrit a beaucoup souffert des injures du temps. ~ On remarque le style singulier des majuscules, dont l’une oc; cupe une page presque entière. Coloriées sur fond d’or mat, du d’or sur fond colorié, ces lettres sont fornjées par les plis et replis, de dragons ailés. Les premières lignes de chaque psaume
sont écrites en caractères mixtes, c'est-à-dire en capitales et onciales. Le psautier est suivi de cantiques, d’hymnes, etc. Le volume est incomplet des derniers feuillets, et le deuxième cahier a été entièrement refait dans un siècle postérieur.
150. PsaLTEBiUM DaviDia^ cum glossâ et prologo. Manuscrit du xi® siècle, sur vélin, in-fol. de a36 feiiillels à 2 col. 200 fr.
Très-beau manuscrit sur vélin fort. Nous le datons du com*meucement du xi* siècle ; mais il faut, peut-êtie, le reporter au d'après les capilalt^ et les onciales qui forment les premiers mots du psaume JBeatus vir et surtout du a6* psaume, Dominiu illuminatio mea et Sains mea. La pi'emière lettre du psaume Beatas vir, est une capitale de 8 centimètres de haut et de 6 centimètres de large, en or sur fond diapré et écartelé rose et bleu. Les majuscules du prologue et du a6* psaume sont dentelées rouge et bleu sur fond diapré. Chaque psaume est orné d’une majuscule du même genre, mais d’une dimension plus petite; et chaque Verset commence par une initiale coloriée.
Le texte, à deux colonnes, est divisé par versets, et au-dessous de chacun d’eux on lit la glose écrite en caractères minuscules d’une grande pureté.
11 est à regretter que ce manuscrit, précieux par son antiquité ei par la beauté de son exécution, hnisse avec le t 34 * psaume, Landate nomen DomUti. D est incomplet des seize derniers psaumes ; mais c’est la seule lacune qui existe.
151* Psalterium Davidis, cum glossâ. Manuscrit du XI* siècle, sur véliu, îii-fbL de 217 feuillets, mar. bleu, déni. 600 fr.
Magnifique inauüserit, sur véliii forti sans aucun ornement. Les initiales, onciales et capitales sont en rouge, ainsi que les titres des psaumes. L’écriture de ce manuscrit est très-belle et d’une remarquable pureté. — Le texte occupe à peu près le tiers de la largeur des pages, et se trouve encadré par les gloses qui couvrent les doux marges. Les lignes du texte sont fort espacées, afin de recevoir une immense quantité de notes itrterliîiéaires. La glose et les hôtes, d’une fine et élégante écriture, peuvent cependant être lues avec facilité; le texte, en caractères
plus forts, ressort parfaitement au milieu de tous ces commentaires.
On lit sur le dernier feuillet : « Iste liber est ecclcsie sancti ].,amberti Liessienci (de Liège], uigrorum monachorum ordinis sancti Benedicti. Auno Domini millesimo ij*" et ij. Scripsit unus irufator. >» Celui qui a formulé cette rude critique, Scripsit unus trufator, vivait au xv® siècle; il a biffé U date ij* et ij, et y a substitué au-dessus 449 et au-dessous 1449. Nous ignorons quel motif alléguait ce réformateur de dates, pour protester contre la possession, au xiii® siècle, d’un manuscrit du xi®, par une abbaye qui existait avant 814.
11 est difficile de dater exactement un maniiscrit aiissi ancien que le nôtre. Nous disons qu’il est du xi® siècle, et, peut-être, serions-nous obligé de le restituer au x® siècle , si on n'avait pas oublié d’exécuter en capitales les deux premiers mots du Psautier : Beatus vir.
152. PsALTERitJM ET Horæ. Manuscrit du xn^ siècle, sur vélin, in-4> 270 Feuillets, miniatures, init.
rubriques. j,ooo Fr.
Psautier à Tusage de l’église de Liège, Très-curieux manuscrit sur vélin, daté de l’an ii 55 ou xx 6 o. Bonne conservation; x 4 vignettes en médaillons, dans le calendrier; 3 grandes miniatures sans texte; 24 miniatures peintes dans des initiales de 4 centimètres carrés; 371 grandes capitales en or, avec des appendices qui se prolongent en bordures sur la marge ; nombreuses initiales en couleur ; rubriques en latin ou en français.
Chaque page du calendrier est enqadrée sur deux marges, par un large filet or et couleur, qui sert d’appendice aux capitales en ^ or X. l’. Les vignettes en médaillons, peintes sur fond d’or, représentent les signes du zodiaque et les occupations du mois. Janvier : Un vieillard assis portant une coupe à ses lèvres. Février X La taiUe de la vigne. Mars : Labourage au pic. Avril : Vn jeune homme debout tenant une fleur. Mat t Yn joueur de violon. Juin : La oueilleite des cerises. Juillet : Vn faucheur. Août: Vn moissbnneur. Septembre x Foulage de la vendange. Octobre : Les semailles. Novembre ; Vn homme portant un |K>rc sur ses épaules. Décembre : Abattage d’un bœuf. Toutes les figures sont exécutées au trait, sans coloris*
Les trois grandes miuiatures byzantines, sans texte, qui sui-
veut le calendrier, sont divisées en deux compartiments et représentent : la première, la salutation angélique et la nativité; la seconde, Tadoration des Mages et la circoncision ; la troisième, frontispice du psautier, encadrée dans un immense b, initiale du mot Beattis, représente l’Ascension et la descente du Saint-Esprit. Ces miniatures sont accompagnées, dans la bordure des cadres, de dix-huit bustes de saints personnages.
Sur le recto de la troisième miniature, on lit une curieuse pièce de trente vers en romant, dont voici les premiers :
U Vns faisselet de myre est, mes amis, a moi Cui semblance en dolor tratier en presen voi,
Mes amis done moi tel myrre en moi compraodre Ke puisse dignement et plorer et complandre, etc. »
Le Psautier commence au onzième feuillet, et finit au cent douzième; il est suivi des cantiquesdTsaïe, d’Anne, de Moïse, etc., des litanies et des prières habituelles. Au feuillet cent vingtdeux commencent Heures de la Vierge, de la Passion, etc. Dans les Heures on trouve plusieurs rubriques en français, telles que celles-ci :
« Li collecte de Vespres. Chi commence li première lechon. Li ymne. Vos direz prime tote en si quilh est ordenée devant eus hores fors les antenes. Li capitiaz de tierce. Queres limne a promières Vespres. Quere le ens hores de vostre satier devant. B
La première page du texte est entièrement encadrée d’un large et lourd filet, or et couleur, sur lequel rampent des animaux fantastiques. Les appendices des 871 grandes initiales sont du même genre que la bordure de la première page. Les 24 majuscules à vignettes sont peintes, ainsi que les miniatures sans texte, sur fond or plein, et représentent divers sujets de l’Ancien Testament et du Nouveau.
Ce manuscrit est daté. En effet, le jour de Pâques est indiqué dans le calendrier, au 27 mars; et, dans un tableau qui suit les* grandes miniatures, ou a inscrit les lettres dominicales, depuis .1140 jusqu’en 1168. Or Pâques tombait au 27 mars, dans les années ]i 55 et 1160. 11 est donc évident que notre manuscrit a été achevé en ii 55 ou en 1160.
Sur la marge extérieure des mois de mars et d’avril, vis-à-vis chaque jour, depuis le 22 mars jusqu’au 25 avril, on a écrit trois colonnes ayant pour titres : Ebdomade^ Anni^ Dies, Au-dessous
du mot Anni^ on peut lire la phrase suivante formant deux hexa* mètres et demi, et découpée en 35 syllabes :
« Lambertiim lalem qui nobis ingerit artem Ad paradisiaci perdueat lumina regni Magnus celorum factor. »
Le t.ableau dont nous venons de parler, est composé de a8 li> gnes; chaque ligne contient une lettre dominicale et 19 syllabes de la phrase précédente. Nous avons cherché vainement à en expliquer le sens; nous avons seulement découvert que la première syllabe indique le jour de Pâques pour Tannée de la Dominicale correspondante, et que les syllabes suivantes font connaître les dimanches, plusieurs fois répétés, des mois de mars et d*avril, c’est-à-dire, du aa mars ait a 5 avril.
Le Psautier et les Heures ont été exécutés pour Tusage de Téglise de Liège : le calendrier en fournit la preuve. On y lit les noms des saints Bernacle, Servais, Mondolf, évêque de Maes • tricht ; de saint Lambert, évêque de Maestricht et patron de Liège, avec la fête de sa translation; de saint Hubert, dernier évêque de Maestricht et premier évêque de Liège ; de plusieurs saints et saintes honorés en Belgique. De plus, on sait que la cathédrale de Liège est sous Tinvocation de sainte Marie et de saint Lambert; et Ton trouve, après les litanies, cette prière significative ; Vt clerum et plebem sancte Marie sanctiqtie Lamberti martyris conservare digneriSj te oro Deus,
Les païens avaient des jours fastes et des jours néfastes. Cette superstition s’est perpétuée jusqu’au moyen âge, et a été conservée intacte dans plusieurs calendriers. Le plus ancien de ce genre, qui nous soit connu, est celui qui précède notre Psautier du XII® siècle. En tête de chaque mois est écrit un vers latin, souvent très-obscur, qui indique les jours périlleux; ils sont au nombre de deux par mois, et marqués d’un D rouge. La rareté et la singularité de ces vers nous engagent à les reproduire. f.e copiste a commis quelques erreurs; nous les avons corrigées à Taide de VEphemeris inséré dans les ^œuvres de Bède, et nous avons placé ces variantes entre deux parenthèses.
Janvier : Jaui prima (lies et septima fiue lenetur (timetur).
Février : Ast febriii quarts (est), precedit terlia fioem.
Mars : Marlis prima oecat cujus sub (sic) cuspide quarts est. '
Avril : Aprilis deciroo est undeuo a fine minatur.
Mai : Tercius in Maio lupus est, et septimus aogUis.
Juin t Jtinius in decimo est, qiiindenam (sic) a fine salutat.
Jinllet : Tredrcimus Julii decimo innuit ante kaleodas.
Août : Augusti nepa prima, fugat de fine sectinda.
Septembre : Tertia Septembris viilpes fert a pede denam.
Octobre : Tercius Octobris post denum in ordine nectil.
Novembre : Quinla Novembris aciis viz tercia mansit in urna.
Décembre : Dat duodena cohors seplem iodé decemque decembris.
Pour reconnaître ces jours néfastes, il faut calculer le premier en commençant par les calendes, et le second, en commençant par la fin du mois; en voici la liste : Janvier, i et afi; février, 4 et a6; mars, i et a8; avril, lo et ao; mai, 3 et a 5 ; juin, lo et i6; juillet, i 3 et aa; août, i et 3 o; septembre, 3 et ai ; octobre, 3 et aa; novembre, 5 et aS ; décembre, la et aa.
Ce Psautier, également précieux par son antiquité, par ses ornements byzantins et par les singularités que nous avons signalées, est précédé et suivi de parties manuscrites, beaucoup moins anciennes, mais qui méritent cependant d’étre analysées»
i.es neuf premiers feuillets, écrits au commencement du xv« siècle, sont ornés d*une majuscule à vignette représentant Jésus*Christ crucifié, entre deux saintes femmes, avec «ippendices à feuilles de houx qui se prolongent sur trois marges; d’une autre majuscule également à feuilles de houx, avec appendice; et de 36 initiales en or, sur fond colorié et diapré, (^tte portie contient des fragments d^heures canoniales, à la fin desquelles ou lit une prière en latin pour Charles, roi de France : «Quesumus, omnipotens Deus, ut famulus tuus Karolus rex noster qui tua miseracione suscepit regni giibernacula virtutum eciam omnium percipiat incremcnta quibus decentcr ornatus est. p Nous croyons qu’il s’agit de Charles VU. Cette prière est suivie d’une longue oraison à la Vierge, en prose française, et d’une invocation à Dieu, en prose rimée de quarante lignes :
« Dieu qui es sans fin et sans iiiicion.
En ta granl providence, en ta proteccion,
Commans marne, mon corps et toute maccion, etc. »
l.es cinquanteKfuatrexleroiers feuillets du volume, de la meme époque que les neuf premiers, renferment i\cs Prrees piœ, des psaumes et des litanies. Les encadrements des pages sont à feuilles de houx. Cependant tes seize derniers feuillets diffèrent par l’écriture, et n'ont point de bordures; on compte dans cette dernière partie i/i4 initiales en or et couleur.
Enfin deux feuillets étaient restés vacants à la fin du manuscrit. Sur ravant*dernier, on lit cette curieuse notice autographe :
« Lan i 443 > le dimanche jour de la conception Nostre-Dame, huytiesme jour du nioys de décembre, honorable homme et saige mon beaul sire, maistre Hugues Henry, conseiller et advocat de monseigneur de Bourgogne ou bailliage de la montagne, fut prins par les gens du sire de Commercy, et mené prisonnier audit Commercy, où iilec demeura prisonnier en grand misère et pauvreté, jusques au mardi veille de saint Symon et Jude, 27* jour du mois d’octobre i 444 > auquel jour, je, Symon Le Goulx son gendre, le tiray hors desdites prisons de Commercy et arriva en son hostel à Chasteillon sur Senne, le jeiisdi avant la festc de Tüussains, 29® jour dudit mois de novembre (octobre)^ et illec demeuré en bonne prospérité jusques au mardi veille Saint-Martin d’y ver snyvant, 10® jour dudit mois de novembre, auquel jour il cheut au lit de maladie et demeura malade jusques au mardi suyvant 17® jour dudit novembre qu’il renda (.ç/c) l'âme à Dieu, et fut mis et inhumé de sa volonté et ordonnance en l’église et monastère de l’abbaye de Nostre-Dame dudit Chasteillon devant la chapelle de Saint-Michel; et pour ce qu’il avait fait son testament, ordonnance et dernière volenté grosse et excessive d'un long temps avant sondlt trespas et environ a4 ans, considérant les gros frais et despens fais pour sa rançon et poursuite faicte pour le traire hors desdites prisons qui peuvent monter à la somme de 4)O0o francs, iceliii mon sire revocqua sondit testament et sen rapporta à la volenté de madame sa femme et de moy sondit gendre. »»
Sur le verso du même feuillet, Simon Le Goux a écrit la note suivante :
L’an 1481, le jour de la Toussaints, premier jour de novembre, madame Marguerite de Royesme femme de feu ledit mnistre Hugues Henry, nommé d’autre part ce feuillet, rendit l’Ame h Dieu, moy et Agate ma femme, fille de madite dame, estans à Nuyt. *
On trouve ensuite l’indication du mariage de Estienne Rémond avec Emonde Begat, fille de feu Nicolas Begat, advocat du roi à Chastillon-sur-Seine, célébré le la février i537; et sur le feuillet suivant, les actes de naissance des cinq enfants issus de cette union, depuis 1689 jusqu’en i 548 .
On Ut encore, sur la première garde du volume, la signature d’Estienne Rémond, le don de ce manuscrit fait par Jean Re-
inoiid à Nicolas Lambert, conseiller, et le legs de Nicolas
bert à son fils, François Lambert, conseiller, maire et bailli de
Chastillon.
11 résulte de ces divers renseignements, que ce Psautier resta fort longtemps à ChastillQn*sur>Seiiie, et qu’il appartint successivement : nu XT* siècle, à la famille Le Goux; au xvi« siècle, h la famille Rémond ; au xvii* siècle, à la famille Lambert.