‹ Description raisonnée d'une collection choisie d'anciens manuscrits, de documents historiques et de chartes réunis par les soins de M. J. Techener, et avec les prix de chacun d'euxChapitre 12 sur 20 · Louis XIV, roi de France. N. i638. ML · texte numérisé non relu

Louis XIV, roi de France. N. i638. ML

Huit lettres, dont deux sont aut., non s. (1659-1712).

Les deux lettres autographes sont les réponses aux lettres précédentes du Roi et delà Reine d’Angleterre. Celle qui est adressée à Jacques II est digne du Roi qui Ta écrite. Ces quatre pages respirent la fierté et la confiance dans l’avenir. Cette lettre est trop longue pour être reproduite en entier. Voici seulement quelques passages :

• Ce qui me touche le plus dans le malheur qui nous est arrivé, n’^t pas ceque j’ay^perdu, c’est ce que nous avons manqué d'exécuter, »« Pour moy, je n’ay rien oublié pour remettre V. M.

dans son royaume; je ne me reproche que de m’y avoir pas

réussi.» «Il point s’abattre dans les malheurs; » —

« Je vas travailler à réparer ce que j’ay perdu et à me mettre en estât de donner autant d’inquiestude à mes ennemis p* mer, que j’essaie de leur faire de mal sur la terre. Nous sommes à la veille de voir de grands événemens. Le siège du château de Namur s’avance. Le duc de Luxembourg et le prince d’Orange sont en présence, etc. »

La ville de Namur fut prise, le 5 juin 169a, par Louis XIV en personne; et le château se rendit le 3o juin.

La lettre autographe de Louis XIV, à la reine d’Angleterre, est très-belle et fort affectueuse.

«J’ay receu la lettre que Vostre Majesté m*a escrit, par le comte de Melfort. Ce qui me fait le plus de peine dans le malheur qui est arrivé, est de voir celle de Vostre Majesté. Sans cela, je ne me repentirois point de ce que j*ay fait. Le desseing estoit bon, la conjoncture bien prise, toutes choses bien préparées; je ren« dois à Vostre Majesté un service le plus grand, le plus utile, le plus désii^able que je puisse luy rendre. Dieu n’a pas permis que Vostre Majesté eust l^advantage que j’envisageois, ny moy le plesir de luy procurer, etc, »

LETTEE'de Louis XIV, datée de Bordeaux le ai septembre

1659, et adressée au Roi d’£$pagne, en lui envoyant le duc de Grammont en qualité d’Ambassadeur extraordinaire, pour demander officiellement la main de Tlnfante Marie-Thérèse.

On sait que ce mariage fut décidé par le traité de paix conclu le 3 novembre 1659, entre la France et l’Espagne, après vingtquatre conférences, dont la première avait eu lieu le i 3 août ; et que Louis XTV épousa ITnfante à Saint-Jean-de- Lue, le 9 juia»

Autre LETTEE du même au même, datée du 9 mars 1661, quelques heures après la mort du cardinal Mazarin* — Après avoir déploré la perte qu’il vient de faire d’un si fidèle ministre, Louis XIV ajoute :

« Je laisse à la Reine le soin d’écrire à Vostre Majesté une nouvelle d’une nature bien différente au sujet de cette lettre. »

En effet, il s’agissait de la grossesse de la Reine, qui accoucha du Dauphin, le i«'novembre.

Les quatre lettres suivantes de Louis XIV, datées des 5 , 10 et Il janvier 171a, sont adressées au Roi et à la Reine d’Espagne, et au marquis de Bonnac, son ambassadeur à Madrid. Elles ont pour sujet la conclusion de la paix entre la France, l’Espagne et les autres puissances. Ce fut le 29 janvier que s’ouvrit le congrès d’Utrecht ; mais on ue signa la paix qu’en 1713. La lettre au marquis de Bonnac est très-remarquable ; elle signale la nécessité où se trouvait Philippe V de faire la paix, même à des conditions désavantageuses.

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