‹ Description raisonnée d'une collection choisie d'anciens manuscrits, de documents historiques et de chartes réunis par les soins de M. J. Techener, et avec les prix de chacun d'euxChapitre 2 sur 20 · Armoiries. Traité des Armoiries et Blasons · texte numérisé non relu

Armoiries. Traité des Armoiries et Blasons

contenant quantité des plus belles Armoiries qui se sont peu rencontrer. Manuscrit du xvii* siècle, in-8, de 124 feuillets, armoiries coloriées, v. roarb. 60 fr.

Ce manuscrit du dix-septième siècle, sur papier, renferme un petit traité du blason, avec 4 o 5 armoiries et 25 couronnes coloriées. L’auteur a réuni les armoiries les plus compliquées et les plus difficiles à décrire, qu’il ait pu découvrir : la plupart de ces blasons ne se trouvent cités par aucuu des principaux armoristes. Le dernier écusson peint dans ce volume est chargé d’armes singulières ; a une tête d'âne de sable^ broutant des chardons de sinople. Serait-ce une épigramme?

207. Aurelle. Terrier, ou Déclaration des terres^ droits et redevances appartenant à Louis de Beau^

(brt, comte de Beau fort et d’Alest, marquis de Canilhac; dans la seigneurie d’Aurelle, diocèse de Rodez. Manuscrit du xv* siècle, sur parchemin, pet. in-fol. dé \ol\ feuillets. 3oo fr.

Déclarations, au nombre de 7a, reçues depuis le 21 mai jusqu’au 5 juin 1425, et signées par un notaire, Raymond Mauresius.

Ce manuscrit, d’une bonne écriture, est incomplet de 20 feuillets ( 65 , 77-91, 108-110), et de quelques feuillets à la fin.

Nous avons déjà inséré dans la première partie de la Description raisonnée d’anciens manuscrits, pag. i 5 , deux terriers de la seigneurie d’Aurelle, datés du treizième siècle et du quatorzième. Nous ferons observer à ce sujet qu’Aurelle a été indiquée par erreur en Auvergne au diocèse de Riom, au lieu du Roiiergue, diocèse de Rodez. Dans ces premières notices, nous avo s constaté le passage dé la seigneurie d’Aurelle dans la famille de Beaufort, par suite du mariage, en i 345 , du vicomte de Beaufort avec Giiérine, héritière de Canilhac.

Ce terrier du quinzième siècle contient de nombreux renseignements sur des personnages de l’époque, et sur les localités de cette partie du Rouergue.

208. Bréval. Aveu et dénombrement du marquisat de Bréval, rendu au duc d’Orléans et de Charlres, frère du roi, par François-Bonaventure de Harlay, chevalier, marquis de Bréval, le 27 avril 1680 . Manuscrit de 36 feuillets, sur papier, grand infolio V. 60 fr.

Document curieux et Important pour Thistoire de quelques familles, de leurs domaines et des droits seigneuriaux, ainsi que pour-la topographie d’un territoire assez étendu. ^

Ce dénombrement est signé de Harlay-Bréval^ Laurier^ tabellion, AlUx et Garçon^ témoins; il est suivi des conclusions du substitut du procureur général du Roi en la commission du terrier et reconnaissance des domaines du duc d’Orléans et de la réception dudit dénombrement par Pierre I^llement de Leslrée, chevalier, vicomte de Villeneuve, commissaire général pour la confection du papier terrier des domaines tenus en apanage par le duc d’Orléans.

Le marquisat de Bréval, dont la juridiction et les droits s’exer-

çuient sur vingt-sept paroisses, était situé dans l’élection de Mantes et relevait de la grosse tour de Chartres.

Nous ferons d’abord observer que, malgré les recherches les pbis actives, nous n'avons découvert nulle part l’indication de lettres d’érection en marquisat, pour la seigneurie de Bréval. Charles VII donna, en i 444 > à Pierre de Brézé, pour en jouir lui et ses descendants, les terres de Nogent-le-Roi, Anet, Bréval et Montchalivet. Pierre de Brézé les abondonna à Louis XI, pour le payement d’une somme de cent mille écus, à laquelle il avait été condamné à la suite du meurtre de sa femme. En 14^1, le Roi restitua ces quatre seigneuries à Louis de Brézé, fils de Pierre, aux conditions inscrites dans les lettres de Charles Vil. Françoise de Brézé, fille de Louis et de Diane de Poitiers, dame de Bréval, se maria eu i 538 , avec Robert de la Marck, duc de Bouillon ; sa fille, Catherine de la Marck, en épousant Jacques de Harlay, le 20 août iSSa, fit entrer dans cette maison la terre de Bréval. C’est leur fils, Achille de Harlay qui, le premier, se qualifia marquis de Bréval; puis François-Bonaventure de Harlay rendit le dénombrement de 1680, pour le marquisat de Bréval et ses dé[)endances. Ou n'entend plus parler de ce marquisat après la mort de François-Bonaventure. Sa fille, Geneviève-Françoise de Harlay, dame de Bréval, épouse en 1695 Claude-Philibert de Damas, marquis deXhianges, meurt sans enfants, et, par un testament de l'an 1714, institue pour héritier de ses biens A moi ne-François de Damas, comte de Marcilly.

On voit que le marquisat de Bréval, s’il fut jamais légalement constitué, n’eut qu’une existence éphémère, puisque Achille de Harlay et son fils François-Bonaventure sont les seuls qui aient porté le titre de marquis. Au surplus, Geneviève-Françoise de Harlay, dernière descendante de Louis de Brézé, étant morte sans enfants, la terre de Bréval, aux termes des lettres de Charles VII et de Louis XI, dut être réunie au domaine de la couronne.

Nous ne détaillerons point les droits de haute, moyenne et basse justice, de banalité, de champart, de paisson, de foires et marchés, etc., etc., dont jouissaient les marquis de Bréval ; mais nous nommerons les vingt-sept paroisses qui dépendaient ou relevaient de ce marqnisat : Bréval, Villiers, Neauflette, Gainville, Saint-lllier-les-Bois, Saint-Illier-la-Ville, Breuil-de-Pont, Heurgeville, Chanu, Pacet, Chaignes, VilleJesgalz, Chigiiolles, Hécourt, Saint-Chéron, Gilles, Mondrevile, Nanlilly, Craven, Tilly, Le

Mesnil-Simon, Fliiis, Bué, Aigleville, Grenelle, Lofay, la Chaussée dTvry, pour la moitié.

Plusieurs fiefs d’église relevaient de Bréval, tels que le prieuré du Hamel, possédé par Arnault d’Andilly ; le prieuré de Tiron; le fief de TAumosne, appartenant à l’abbé dlvry ; la commanderie de Chanu, possédée par de Rouserolle, commandeur de l’Ordre de Malle, etc.

Parmi les autres fiefs, on trouve des châteaux, des parcs, des forêts, des moulins, des pêcheries ; et le marquis de Bréval comptait au nombre de ses vassaux le duc de Vendôme, Claude de Crèvecœur, écuyer, sieur de Gilles, Christophe de Loubert^ écuyer, sieur de Nantilly, de Boutencourt, de Lorteau, Tanneguy de Guérard, écuyer, de Mallebranche, Jean de Mazis, écuyer, Marie Seneschal, femme de Jacques Barin, Chevalier, Seigneurde la Galissonnière, l’abbé de la Croîx-S.-Leufroy, Gilles du Buat, écuyer, sieur de Flacoprt, Charles de Gombert, écuyer, sieur des Ferrières, Charlez de Saint-Pol, écuyer, la demoiselle de Cormeuille, etc.

209. Broceliande (Forêt de). Usemens et coustumes de la forestdeBrecelien, et comme anciennement elle a esté troictée et gouvernée. Manuscrit du XV* siècle, vélin; petit in -4 de 3i feuillets, mar. br., comp. à fil., coins et milieux, tr. dor. {Cape.) 800 fr.

Manuscrit Tass-cuHiEux et parfaitement conservé: nous n’en connaissons pas d’autre exemplaire. — La forêt de Brecelien ou Broceliande, située en Bretagne, joue un grand rôle dans les romans de chevalerie de la Table ronde. Les abbés, les prieurs et les habitants des paroisses qui jouissaient de certains droits et privilèges dans cette forêt, en faisaient remonter la possession au temps du roi Arthus.

Un des chapitres de notre manuscrit est intitulé : De la déco^ ration de ladite forest, et des mervoilles estant en ycelle. Nous en extrayons les passages suivants:

« La dicte forest est de grant et spacieuse estandue, appellée mère forest, contenant sept lieulx de long et de lèse deux et plus, habitée d’abbayes, prieurez de religieulx et dames en grant nombre, tous fondez de la seigneurie de Montfort et de Loheac qui leur ont donné des droiz et privilèges. *» j

« Item en ladicte forest y a quatre chasteaiilx et mesons fortes, grant nombre de beaulx estangs et des plus belles chasses que on porroit aultre part trouver.»

«Item en ladicte forest y a deux cent brieux de boays, chacun portant son nom différent de Tautre, et, ainsi que on dit, autant de fontaynes chacune portant son nom. »

« Item entre aultres des brieux de ladicte forest, y a ung breil nommé le breil au Seigneur, auquel james n*abite ne ne peult habiter aucune beste venimeuse ne portante venim, ne nulles mouches ; et quant on y aporteroit oudit breil aucune beste venymeuse, tantost est morte et n’y peult avoir vie ; et quant les bestes pasturantes en ladicte forest sont couvertes de mouches, et en mouchant elles peust recouvrer ledit breil, soudainement lesdictes mouches se départent et vont hors d’icelui breil. » «Item auprès dudit breil, y a ung aultre breil nommé le breil de Bellenton, et auprès d’icelui y a une fontayne nommée la fontayne de^Bellenton, amprès de laquelle fontayne le bon chevalier Pontus fist ses armes, ainsi que on peult voir par le livre qui de ce fut composé.»

« Item, joignant ladicte fontayne y a une grosse pierre que on nomme le perron de Bellenton ; et toutes les foiz que le seigneur de Montfort vient à ladicte fontayne, et de l’eau d’icelle arouse et moulle ledit perron, quelque challeur temps assuré de pluye, quelque part que soit le vent, et que chacun pourroit dire que le temps ne seroit aucunement disposé à pluye, tantost et en peu d’espace, aucunesfoiz~ plus tost que ledit seigneur ne aura peu recoupvrer son chasteau de Comper, aultresfoiz plus tari, et que que soit ains que soit la fin d’icelui jour, pleut ou pays si habundamment que la terre et les biens estans en ycelle en sont arousez et moult leur prouffite. » '

Les principaux usagiers de la forêt de Broceliande, étaient l’évêque de Saint-Malo, les abbés de Montfort et de Painpont, les prieurs de Saint-Berthelemer, de Telouet^ de Saint-Ladre, de Saint-Jehan et de Saint-Nicolas, les seigneurs de Bintin, de la Roche, des Brieux, de Raulo et de Francmont, les communers du fé de Telent, du fé de Castonnet et de la Rivière, en la parpisse de Plélan, et les habitants de Conquoret.

Ces usagiers avaient des droits plus ou moins étendus. Les uns abattaient des arbres pour charpente et pour chauffage; les autres ne pouvaient prendre que du bois mort, du houx, du genêt, ou de la fougère : tous faisaient paître leurs bestiaux dans la forêt.

Mais ces privilèges étaient soumis à des règlements quelquefois bizarres, et à différentes servitudes, dont Texécution était confiée à des forestiers institués par le comte de Laval, seigneur de la forêt.

Ainsi, l*évéque de Saint-Malo présentait aux forestiers un homme chargé de montrer aux ouvriers et aux charretiers les arbres qu*iis devaient abattre et emporter; mais il fallait que le montreur ne s’éloignât pas de ses gens plus loin que la portée de la voix : sinon, les forestiers pouvaient saisir bûcherons, charretiers et charrettes. Cependant, \e montreur le privilège de se servir d*un corniehet que on puisse ouir cCautant loing que on pourroit huchier. — Les communers de la paroisse de Plélan étaient obligés, à cause de leur usage, d*estre à la hue es foiz et quant on chace en la forest rie Loheac^ et de porter lettres et messages jusqucs à Loheac, en leur payant la somme de quatre deniers. — Les usagiers de Con(|uoret étaient également sujets à plusieurs servitudes.

D’autres chapitres sont relatifs à la répression des délits commis dans la forêt et aux peines encourues par les malfaiteurs. On y lit que si des marchands de poisson, travei'sant la forêt, ne sont pas allés au château de Comper savoir s*U jr faut rien de leur marchandise^ peuvent estre le poisson et chevaulx confisqués à la volonté de Monseigneur^

Les derniers feuillets sont consacrés à Aucunes ordonnances faictes par le comte de Laval touchant le fait et gouvernement de la forest de Brecelicn, Ces ordonnances, en dix-neuf articles, sont datées de Comper le 3 o août 1467, et signées, du commandement de M, le comte^ O. Lorence.

M. Baron du Taya, qui a publié un volume sur la forêt de Broceliande, ne connaissait pas les usemens et coustumes de cette fofêt. Notre manuscrit intéresse l’histoire de l’antique Armorique, et il est l’appendice indispensable d’une collection de romans de chevalerie.

210. Chateaddun. Comptes des receveurs des deniers communs de la villedeChasteaudun, pendant quatre années, du i*'novembre i5a5 au 3 o octobre i5a8, et du i" novembre i54o au 3o octobre r54i; Manuscrit sur papier; in-foI.de 98 feuillets, relié. - a 5 o fr.

Les anciens comptes des receveui's de communesj ^nt tou-

jours fort importants pour Thistoire particulière des villes, et contiennent souvent des renseignements utiles pour Thistoire générale de la France, — I-æs quatre comptes que nous avons sous les yeux, sont les pièces originales destinées au corps de la ville de Chasteaudun ; iis sont chargés d’annotations et de corrections faites par les vérificateurs, et suivis des arretés eu recettes et dépenses,

Chasteaudun, chef-lieu du comté de Dunois, dans l’Orléanais, appartenait, au seizième siècle, à la famille d’Orléans- Longueville. Mais cette ville était, depuis longtemps, érigée en commune. Les habitants nommaient quatre échevins pour administrer les affaires publiques , et un receveur pour percevoir les deniers communs et payer les dépenses ordonnées par les échevins. On doit cependant remarquer qu’il n’y avait point de Maire à Chasteaudun, et que l’administration communale était, dans plusieurs cas, soumise à l’autorité et au contrôle du bailli du comté de Dunois et de sou lieutenant général. Nous ferons encore observer que les échevins et le receveur entraient en fonctions le novembre.

£n i 5 a 5 , les manants et habitants de Chasteaudun, réunis en assemblée générale, élurent pour échevins : Jehan Guérin et Jacques Gouyii, licenciés ès lois, Charles de Robeton et Jehan Le Feure, bourgeois; etSymon Thiboust, receveur des deniers communs. 11 paraît, d’après ces comptes, que l’élection du receveur avait lieu pour trois ans.

Les comptes de Symon Thiboust sont au nombre de trois, et s’étendent depuis le novembre i 5 a 5 jusqu’au 3 o octobre i 5 a 8 . Ils furent présentés et certifiés véritables, au mois de juin i 5 t 33 , époque à laquelle le receveur de la commune se nommait Guillaume Riolle.

Les rois accordaient ordinairement aux-communes des droits dits iVociroi^ dont le produit était affecté aux réparations des 'édifices publics, des fortifications, des portes, des ponts, à l’entretien de la salubrité , aux gages des officiers et des employés de la ville, etc. La commune de Chasteaudun avait'été assez mal dotée. £lle ne possédait que le droit de dixième sur le vin vendu en détail dans la ville et les faubourgs. Ce droit était affermé chaque année, au plus offrant et dernier enchérisseur, par-devant le bailli de Dunois , ou son lieutenant général. £n i 5 a 5 , il fut adjugé à 5 oo livres. £n ajoutant à cette somme quelques rentes dues par des particuliers, on obtient pour le

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revenu total de la commune, 535 livres 5 sols. Malgré ces ressources restreintes, les échevins trouvèrent le moyen de faire des économies ; ils n’ordonnèrent que de menues dépenses, telles que ao sols pour nettoyer les immondices ; 5 - sols aux sergents de Dunois pour Estrainne autrement dict Aguilanneuf, Mais un événement imprévu augmenta de ao livres 8 sols les dépenses, qui s’élevèrent à 73 livres la sols.

Après la bataille de Pavie et pendant la captivité du roi François des bandes armées parcoururent et désolèrent les campagnes , et menacèrent même quelques villes. C’est à cet objet que se rapporte le plus curieux article du premier compte de Symon Thiboust.

« ACblasCoste, hostelier et marchant, demeurant ès forsbourgs de Chasteaudun, la somme de ao livres 8 sols ; c’est assavoir 17 livres 10 sols pour la despence faicte en sa maison par messire de Montigny et autres plusieurs gentilz hommes qui... avoient esté envoyez quérir en diligence pour obvier et empescher que grant nombre de gens d’armes de pied et de cheval, estans es villages d’icy entour, qui pilloient et gastoient le pays, ne yiensissent en ceste ville et forsbourgs, comme ils s’estoient vantez, et desja y avoient envoyé leur fourrier pour loger, prandre les logis et faire les ethicquettes ; et le reste montant à 58 sols pour quatre connyns , quatre bécasses, quatre perdriz, une douzaine de petits pains et six flacons de vin, qui a esté porté et présenté par lesdicts eschevins, par deux diverses fois, au cappitaine desdits gens d’armes, qui estoit logé à Nyvouville avec partie de ses gens, pour le prîer et requérir qu’il, ne sa bande, ne viensist loger esdits forsbourgs, et pour leur recomn^ander les pouvres gens du plat pays nos voisins. »

Le deuxième compte (i5a6-i5a7) ne présente que 556 livres 5 sols de recettes. Mais les échevins, mettant à profit les économies faites sur l’année précédente , firent construire une maison en pierres de taille, pour servir d’hôtel de ville. Cette maison, qui sans doute n’avait pas cinq étages, ne coûta que 600 livres : au maçon, 870 livres; au couvreur, i 3 livres 10 sols; au charpentier, a70 livres. Dans la somme allouée au charpentier, est comprise la réfection à neuf du pont de Marboc. Parmi les autres dépenses de la ville, nous indiquerons les articles suivants : « A Jehan Morisseau, cordier, ao sols pour avoir fourny une grosse,corde de chanvre de huict toises de long, pour porter le gros contrepoys de l’orloge de ceste ville; » — « à Symon

Thiboust, 6o sols, pour un voyage à Blois, afin de soutenir conjointement avec le procureur de Madame de Longueville, un procès pendant par*devant le bailli de Blois, contre les régents et couvent de la Madeleine, et les doyen et chapitre de Saint- André de Chasteaudun, à l’occasion des écoles de ladite ville. »

La commune de Chasteaudun n’était point exempte du droit de francs-fiefs et nouveaux acquêts. Le 3 mai dans

rassemblée générale des habitants, M. de Longueville et messire Yves Le Jeune, chevalier, composèrent à 3 oo livres pour les francs-fiefs et nouveaux acquêts à eux donnés par le Roi. On taxa les contribuables ; mais quelques-uns refusèrent d’acquitter leur quote-part, et la ville fut obligée de prélever 4o livres sur les deniers communs, pour parfaire la somme de 3 oo livres.

Le troisième compte (1527-1528) devrait offrir un résultat plus favorable pour les finances de la ville, que les comptes précédents, car le Roi accorda, cette année, à la commune de Chasteaudun un droit de barrage, un droit sur chaque tonneau de vin et 40 sols par muid de sel vendu dans la ville et les fauxbourgs. Mais la ferme de tous ces droits ne s’éleva qu’à la somme de 44i livres; et il n’est fait nulle mention dans ce compte, du dixième sur le vin vendu en détail, dont la ferme valait plus de 5 oo livres. La ville paya près de cent livres, pour le scel, l’enregistrement et l’expédition des lettres-patentes de ces divers octrois.

Les rois faisaient rarement de telles concessions sans exiger quelque rétribution. Aussi François 1 " s’empressa-t-il de demander à la ville de Chasteaudun la moitié des recettes de la commune pendant l’année 1527. Cette moitié fut évaluée à 160 livres, et promptement soldée en écus d’or que le trésorier de l’épargne ne voulut recevoir que pour 40 sols la pièce, tandis qu’ils valaient 4^ sols 6 deniers à Chasteaudun.

C’est la première fois que les gages des officiers figurent dans les comptes de la commune. Les échevins recevaient 5 livres par an ; le receveur, i 5 livres; le crieur juré , 40 sols; le serrurier qui gouvernait l’horloge, 12 livres. Les portiers de la porte d’Amont et de la porte d’Abas, 4 livres chacun ; le portier de la porte du Guichet, 40 sols; et celui de la porte du Coin, 20 sols.

Les trois comptes de Symon Thiboust se soldent par un déficit de 370 livres 5 sols.

(i54o-i’54i.) En i54o, les habitants de Chasteaudun nommèrent échevins : Joseph Doret, licencié ès lois, Jacques Magda*

lenc, Guillaume Riolle, receveur en i 533 , et Girard Ourry; receveur : Jacques Decepoy.

C*est le premier compte de Jacques Decepoy, présenté et alBrmé véritable, le a 6 mai i 544 i par-devant Anthoine Allego, lieutenant général du bailli de Dunois.

Le barrage fut affermé aoo livres ; l’octroi sur chaque tonneau de vin, 35 o livres; et le dixième du vin vendu en détail, 8 ai livres. Total, 1,371 livres, qui, avec les autres recettes, donnent une somme de i ,4 ^ ^ livres.

La ville de Chasteauduu était devenue riche. Elle fournit, cette année, aux arsenaux du Roi, trois milliers de salpêtre, qui coûtèrent à la commune 240 livres.

En 1541, les échevins firent poser dans un cabinet de rhôtel de ville deux potences en fer pour asseoir un grand carreau de bois servant à mettre les comptes, autres papiers et titres de ladite ville; puis, François Talvatz, greffier de la commune, assisté des échevins et du receveur, vaqua pendant huit jours è dresser et grossoyer l’inventaire de tous les titres et comptes de la ville.

211. Chronica di luUi li Dosi venetiani. Manuscrit du XVI® siècle ;in-fol. de 17 feuillels^ blasons coloriés, cart. 120 fr.

Beau manuscrit, sur papier,,, orné de 90 blasons coloriés. — Le dernier doge inscrit est Lorenzo Priuli, élu le i4 juin i 556 . Comme son nom n’est accompagné d’aucune notice, cette chronique a dû être écrite pendant la magistrature de L. Priuli, mort en 1559.

Le premier feuillet contient l’histoire sommaire de l’origine et du gouvernement de Venise. Paulutio Anafesto, premier doge, fut élu Je 19 juin 697. Le troisième doge , Orso Ipato, périt de mort violente. On supprima alors ces magistrats perpétuels, et on nomma un maître de la milice, maestro de* cavalieri^ qui ne devait exercer cet emploi que pendant une année. Les Vénitien^ reconnurent bientôt les inconvénients de ces fréquentes élections, et rétablirent les doges en 74^1. Ce manuscrit fournit des renseignements sur 86 doges et 5 maîtres de la milice, depuis 697, jusqu’au i4 juin i 556 . \Jdrt de vérifier les dates signale 82 doges, et Lenglet Dufresiioy, dans ses Tablettes chronologiques ^ en compte seulement 81, efe 697 à i 556 . Les dates de l’élection

de la plupart des doges, indiquées par le manuscrit, diffèrent beaucoup de celles qui ont été adoptées par les principaux historiens : il y aurait, sans doute , des corrections à faire de part ' et d*autre. Mais les noms des doges nous paraissent écrits plus correctement dans le manuscrit que dans les chronologies imprimées. Nous ferons remarquer que VArt de vérifier les dates n’a cité que ^inscription du portrait du doge Pascal Malipiero, mort en 1462, tandis que la chronique manuscrite reproduit les inscriptions de tous les portraits des doges, placés dans la salle du grand conseil.

212. Collectiounica variorumquæ concinnavit amor veritatis, religionis et pietatis in honorem pluriinorum sanctorum. Manuscrit du xviii*siècle, in-4, de i5o feuillets et de 1 a feuillets d’additions ,2 port, gr. et 3 pl. dessinées, musique notée dans le texte, mar. vert, compart. à la Dusseuil, tr. dor. 120 fr. Beau manuscrit d’une jolie écriture, sur papier fort, à grandes marges, et très-singulier. C’est avec raison qu’il est intitulé Collcctio unica ; car il serait difficile de découvrir un autre recueil janséniste, aussi curieux que celui-ci.

Les vingt-trois premiers feuillets contiennent des hymnes latines en l’honneur de S. Gervais et S. Protais, S. Corne et S. Damien, Sle-Agnès, S. Jacques et S. Roch. On trouve encore à la (in du volume des hymnes pour l’Avent et l’Épiphanie, pour l’anniversaire de la fondation de la congrégation de Saint-l.azare, pour S. Samson, évéqiie, et pour S. Barthélemy. H est probable que l’auteur de ces hymnes se nommait Bizot, puisque ce nom est écrit plusieurs fois au-dessous du mot hjrmniis.

Mais la pièce capitale du recueil consiste en un Office pour le bienheureux Jean Soanen, évéque de Sénez. Cet office, composé à l’instar des offices ordinaires, comprend les heures canoniales en 173 pages, et la messe en 49 pages : le tout enrichi de musique notée. En encadrant l’office de Soanen entre des hymnes inoffonsives , l’auteur avait cherché, sans doute, à cacher aux yeux des profanes cet ouvrage extraordinaire, chef-d’œuvre de l’exaltation janséniste. Ce manuscrit appartient à la liturgie de la Petite église.

Ôn peut remarquer que les Leçons in.sérées dans les différentes parties de l’office fournis.scnt une biographie complète de l’é-

vêque de Senez. Jean Séanen, né à Riom en Auvergne le lo janvier 1647, entra dans la congrégation de T Oratoire et se distingua par son talent pour la chaire. Nommé évéque^en 1695^ il assista à l’assemblée du clergé en i7o5; il devint l’un des plus opiniâtres adversaires de Ja bulle Unigenitus; et il écrivit avec violence contre cette bulle. Le concile d’Ëmbrun, présidé par l’archevêque de Tencin,. condamna l’évêque de Senez comme janséniste, le suspendit de ses fonctions épiscopales et sacerdô* taies, par sentence du ao septembre 1727 , et l’exila à la Chaise- Dieu en Auvergne; il mourut dans cette abbaye, le a 5 décembre 1740, après 14 ans de captivité. On raconte, en outre, qu’il opéra des miracles après sa mort : Insignibus post mortem miraculis enituit.

Sur le verso du dernier feuillet de la Messe, on trouve deux épitaphes de l’évéque de Sénez, l’une en vers latins, et l’autre en vers français.

Un des possesseurs de ce manuscrit l’a enrîchi d’additions importantes. Il a intercalé entre les hymnes et l’ofBce, « un petit tableau de dévotion, janséniste, partagé en trois parties, dessiné à l’encre de Chine, surchargé de vignettes symboliques, au centre duquel est un autographe de Soanen, et un petit portrait qui en recouvre un autre en partie effacé. » Ces trois tableaux sont parfaitement exécutés.

On a encore ajouté à la fin du volume les pièces suivantes :

1^ Deux beaux portraits de J. Soanen, dont un est gravé par Balechou.

a” Une lettre autographe de J. Soanen, adressée le 19 décembre 1738 au P. de Saint-Jean ; elle est signée : Jean evéque de Sénez, prisonnier de Jésus^Ckrist* » Je vous perdrois presque de vue, mon Irès-cher fils, dans vos courses rapides, si je ne vous étois inséparablement uni. Les lettres de cachet vous apprendront la carte de France, puisqu’elles vous font promener en long et en large. » Les promenades du P. de Saint-Jean se terminèrent à la Bastille.

3 ® Une Antienne et un Oremus gravés, pour le bienheureux Jean de Soanen.

4® Une lettre autographe de l’évéque de Sénez, écrite le 6 septembre 1788, pour le P. de Saint-Jean. — 11 le console de son exil et lui dit: a Pensez-vous que les huit lettres de cachet qui vous ont été successivement signifiées en combattant pour la vérité, ne soient par pour vous de glorieux titres ? » Cette lettre est ca-

chetée avec une petite pièce de monnaie anglaise à 1 effigie de George, II, dejensor fidei.

5 ® Deux prières imprimées, in-Sa : Tune, au bienheureux Jean Soanen, confesseur et prisonnier de Jésus-Christ; Tautre, en l’honneur du bienheureux François de Paris. « On colportait ces prières sous le manteau. »

6^ Une lettre autographe de l’archevêque d’Aix, du i 3 juillet 1742; elle est adressée à M. de Marville, lieutenant général de police, et concerne le P. de Saint-Jean, qui venait d’étre mis à la Bastille. M. de Marville a écrit quelques notes curieuses en tète de cette lettre. Voici le portrait du P. de Saint-Jean, tracé par le charitable archevêque d’Aix, Jean-Baptiste de firancas : « L’ecclésiastique de mon diocèsè que vous avez fait très à-propos mettre à la Bastille, est un prêtre de la congrégation de la Doctrine chrétienne. 11 est his de M. de Saint-Jean, doyen des conseillers du parlement d’Aix. Je n’ai jamais rien ouï dire contre les mœurs de ce doctrinaire ; mais il est si furieux, si forcené appelant, si déchaîné contre la dernière decision de l’Église et si funestement zélé pour faire des prosélytes, qu’il y a quelques années que j’obtins un ordre du roi pour le faire sortir et éloigner de mon diocèse, où il faisait un grand et très-grand mal. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d’aussi vif, ni d'aussi obstiné et entreprenant^ novateur que ce doctrinaire. »

7° Une lettre autographe du P. de Saint-Jean («Joseph Martin de Saint-Jean, dit de l^inténay, prêtre, grand convulsionnaire en relation avec l’evêque de Sénez»), écrite à la Bastille, le 17 janvier 1744* Après avoir appris la mort de son père, il sollicite près d’un ministre sa mise en liberté, afin de pouvoir régler ses affaires de famille ; il attendait depuis dix-huit mois la visite de ce ministre. On lit en tête de la lettre, cette note cruelle : « M. de Maurepas pense qu’on peut mettre en liberté le sieur de Saintenay, en l’exilant à Clermont en Auvergne, et l’autorisant cependant à passer trois mois à Aix pour l’arrangement de ses affaires. » — « Depuis, M. de Mirepoix ayant insisté pour que M. de SaiiUenay ne soit point mis en liberté, M. de Maurepas a changé d’avis et pense qu’il donneroit sa procuration s’il vouloit, mais qu’il ne sortiroit pas. 26 janvier 1744*»

i6 MANUSCRITS.

213. Cousuelutlines Cartusiensis Oïdinis. Manuscrit de la fin du xiv*" siècle, sur vélin; pet. in- 8 , de i 32 feuillets, initiales, rubriques, v. ant. ais en bois, comp. à froid. {Ane. reliure.) 160 fr.

Beau manuscrit, sur vélin blanc et fin, parfaitement conservé.

— Caractères minuscules très-nets.— Initiales rouges ou bleues, d'un dessin irréprochable. —Rubriques. — Quelques mots, sur- v montés de notes de musique, sont écrits sur la marge du 12^ feuillet.

Les coutumes de Tordre des Chartreux avaient été transmises de vive voix par saint Bruno a ses religieux. On reconnut bientôt TinsufBsance de la tradition orale. Guignes, cinquième prieur des Chartreux, né en io 83 et mort en 1187, rédigea par éciit les statuts de Tordre, vers Tan iiao. Dans le siècle suivant, on chercha à classer les différents articles des constitutions de Guignes, d*une manière plus méthodique, en y introduisant des additions et des corrections. Basile, prieur de la Grande Chartreuse, convoqua en laSq un chapitre général, avec Tautorisation de Geoffroy, évéque de Grenoble. C'est dans cette assemblée que les statuts furent divisés en trois parties. La première, relative aux of^ces divins, ne subit aucune modification. La seconde concerne spécialement la discipline des Chartreux. La troisième traite des frères convers et des couvents de femmes de leur ordre. Chaque partie est subdivisée en plusieurs sections. Enfin, en i 368 , les Chartreux l'éuuis en chapitre général, sous la présidence du prieur de la Grande-Chartreuse, rédigèrent de nouveaux statuts, et abrogèrent tous les articles des anciennes constitutions qui étaient contraires aux nouvelles.

Notre volume, qui contient les coutumes de Guignes, modifiées en 1^59, ainsi que les nouveaux statuts de i 368 , est Tundes plus anciens exemplaires manuscrits de cet ouvrage, qu’on imprima à Bâle, en i 5 io. Comme ce livre prouve qu’autrefois les Chartreux n’étaient pas exempts de la juridiction des évêques, on dit que ces religieux le supprimèrent autant que possible : ce qui a rendu l’édition de Bâle excessivement rare. D. Innocent Masson a fait réimprimer à Paris, en 1708, Tédition de i 5 io, avec une préface et des notes; mais nous croyons que ce curieux manuscrit, presque contemporain des nouvelles constitutions, fournirait de nombreuses variantes au texte imprimé.

Quoique la règle des solitaires de Saint*Bruno soit encore bien

sévère, il paraît, d’après ce manuscrit, qu’elle était beaucoup plus austère dans les premiers siècles de leur établissement.

214. Court de Gebelin. Vocabülmre manuscrit des dialectes tnandingue, seièieelyolof(côlesoccidenlalesderAfriqueceulrale). 3cali. i 11-49 cart.

Le français est en regard des mots africains. Ces manuscrits ont été recueillis dans les documents laissés par le célèbre Court de Gébelin. Us lui furent envoyés par le savant Anse de Villoison. Le second cahier est delà main du comte Joseph Abrial, qui, né à Annonay, le 19mars i75o, fut directeur d’un comptoir au Sénégal. Depuis il entra dans la magistrature (1791-1799). Bonaparte, premier consul, le chargea d’organiser la république parthénopéenne. A son retour, il fut nommé ministre de la justice, et prit une large part à la discussion du code Napoléon. Il fut l’un des premiers à voter la déchéance de l’empereur; aussi Louis XVIll le créa-t-il pair de France. 11 est mort à Paiis, le 14 novembre i 8 a 8 .

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