Parnasse (le) des poètes satyriques, ou recueil
des vers picquans et gaillards de nostre temps, par le sieur Théophile, i6a5. — Œuvres du sieur de Saint- Amand. Rouen, Robert- André, ^649, in-8, vél. (Première reliure.)
Ce n'est ici que la seconde édition du Pamasie êcUyrijue^ mais elle n'est pas moins rare que la première qui avoit paru en ^1625, et qui ne portoit point le nom de Théophile. Théophile n'est pas plus l'auteur de ce livre que le prétendu cadet Angoulevent n'est l'auteur des Satyres Baêtardeê. C'est un recueil du même genre, auquel il n'a peut-être pas fourni un seul vers, et que le libraire décora de son nom alors célèbre, pour en augmenter le débit. Il est affreui de penser que celte infâme spéculation debibliopole contre laquelle ses réclamations furent vaines, appela sur lui un jugement de mort, exécuté en effigie, et qu'au moment où parut l'édition dont nous parlons, édition signée, trop faite pour confirmer les injustes soupçons dont il avoit été l'objet, l'infortuné attendoit depuis dix-huit mois dans les cachots la confirmation ou la révocation de son jugement ; le jugement fut cassé, mais, comme on va le voir par le titre des éditions suivantes, la tache imprimée au nom du malheureux Théophile par la fraude la plus criminelle reste encore attachée a sa mémoire. Il est déplorable que les biographes modernes n'aient pas mis plus d'ardeur h justifier un poète, honmie de talent et honune de cœur, qui ne dut ses injustes malheurs qu'k la réputation de son esprit.