‹ Description raisonnée des monnaies mérovingiennes de Chalon-sur-SaôneChapitre 13 sur 30 · BASILIQUE DE SAINT-MARCEL · texte numérisé non relu

BASILIQUE DE SAINT-MARCEL

lOi. +RAC10 BASELICi» Buslede profil, a droite; diadème presque vertical; front protubérant.

I^» +CAVALON**-. Croix sur deux degrés, accostée de CA, dans un grènetis. (La légende est incontestable.) F. Publiée par du Glialais. (Rev. Num., 18i7, p. iOl, pi. V, n» 2.) Cuivre doré, fausse, de l'époque mérovingienne. Poids : 0 gr. 90 centig. Valeur non applicable à l'exemplaire faux : 1,000 fr.

Cette monnaie a vivement préoccupé et mem.e divisé les numismatistes. M. du Chalais, qui l'a publiée [loc. cit.), n hésite pas à l'attribuer à une basilique de Chalon-sur-Saône; or il y en avait deux, c'està-dire deux monastères; Tun, Saint-Pierre, bâti par S. Flavius, d'abord référendaire à la cour de Contran, puis évêque de Châlon; l'autre, Saint-Marcel, fondé vers 577 par Contran, qui voulait y être enterré. Saint-Marcel était situé hors des murs de la ville, et Du Chalais lui at-

MONNAIES MEROVINGIENNES DE CHALON-SUR-SAONE. 61

'tribue la monnaie qu'il publie ^ M. Grepinet ^, soutenu par l'opinion de Cartier et de Conbrouse, combat Tattribution de Du Chalais, à laquelle s'était rallié M. de Longpérier; il veut lire GAVALOR (Gavalorum) et donner la monnaie à Saint-Martin du Gévaudan. Saint-Martin a déjà des monnaies qui lui font un titre pour réclamer celle-ci; on no peut produire aucun titre pour Saint-Marcel. Du Chalais ^ répond d'une manière victorieuse qu'on lit CAVALON.. et non GAVALOR^ que le Gévaudan avait sans doute d'autres basiliques que Saint-Martin de la Canourgue; qu'une basilique a besoin d'être désignée non-seulement par le nom d'un saint, mais encore par le nom d'une ville ; Gavalorum indique un peuple et non une ville. On n'aurait pas dit sci Martini Gavalorum ; à plus forte raison, n'aurait-on pas dit basilica Gavalorum. Tours^ la basilique de Saint-Martin par excellence, pouvait seule se dispenser d'inscrire le nom de la ville.

Du Chalais n'avait pas besoin de donner ces arguments; il suihl d'interroger la pièce pour avoir une réponse simple et décisive à toutes les objections. Les monnaies du Gévaudan ont pour type au revers un calice; celles de Châlon ont une croix accostée des lettres CA. Celle-ci a le type de Châlon, elle est donc de Châlon.

Nous pouvons, grâce à nos études comparatives, être plus précis dire à quel groupe elle appartient, désigner presque à coup sûr le monétaire qui Ta fait frapper, et enfin déterminer sa date. Le style de cette monnaie est engendré par celui du 4^ groupe et marque cette tendance à l'unification qui nous a fait un 5" groupe de pure convention , comme nous l'avons dit plus haut. Le buste est de profil, le diadème du revers a perdu son anneau et ses rubans d'attache pour prendre la forme d'un simple grènetis. Tout notre 5^ groupe est dans ce détail caractéristique. Le nom d'Abbon n'est pas inscrit^ mais aucun autre monétaire ne serait plus autorisé que lui à rcclauier la paternité du triens de la basilique de Châlon. Sa date est, à très-peu d'années près, celle de la mort de Contran^ l'an 593. Et maintenant on peut admirer comme tout s'enchaîne dans un système en possession de la vérité. Deux basiliques, disions-nous tout à l'heure, ont existé à Chaloir. Saint-Marcel^ fondée par Contran, qui la destinait à sa sépulture; Saint- Pierre, bâtie par S. Flavius^ quiïutévêque de Châlon après avoir clé ré-

' llev. Num., 1847, p. 102.

2 Rev. Num., 18i8, p. 79.

^ Rev. Num., 1818, p. 447.

62 AXXUAIRE DK LA SOCIETE DE NUMISMATIQUE.

férendaire de Contran. Laquelle des deux existait à coup sûr au moment de la mort de Contran? Saint-Marcel. Laquelle a dû recevoir les faveurs du roi, être la mieux dotée et la plus honorée? Saint-Marcel évidemment. Si la monnaie avait été frappée vingt ans plus tôt, une impossibilité historique détruirait notre système, aucune des deux basiliques n'existait àChâlon; si au contraire l'émission avait eu lieu vingt ans plus tard, nous pourrions hésiter entre les deux; tandis que la date obtenue par notre discussion coïncide parfaitement avec l'époque où la basilique Saint-Marcel était en possession des faveurs du roi Contran.

Le seul exemplaire parvenu jusqu'à nous du triens de Saint-Marcel, est l'œuvre d'un faussaire contemporain d'Abbon; c'est évidemment la copie d'un type de bon aloi, nous ne pourrions soupçonner le maître de S. Éloi d'avoir fabriqué de la fausse monnaie. Le faussaire a eu la précaution de n'inscrire aucun nom de monétaire sur la contrefaçon qu'il a émise; il évitait ainsi de compromettre un monétaire honorable et de s'attirer les poursuites de l'homme dont il aurait usurpé la signature.

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