VII, XXXI
» L. VII, ch. XXXIV.
3 Fréd.,C.iv.
< Greg., 1. VII, ch. xl.
» L. VIII, ch. III;
ropinion de plusieurs numismatistes sur leur attribution au patries Mummole.
J'ajouterai quelques remarques qui peuvent encore jeter de la lu mière sur la question :
D'abord on ne voit figurer sur aucune monnaie de Mummole la qualification de monétaire; ce fait semble indiquer que le personnage occupait, au moment même où Ton frappait la monnaie qui porte son nom, des fonctions plus élevées que celles d'un monétaire ordinaire; or les espèces signées de Mummolus ont été nécessairement frappées pendant le patriciat de Mummole, puisque son entrée en fonctions comme patrice date de l'an 568, tandis que les monnaies ont été émises vers 580.
En second lieu, comme je l'ai fait observer déjà, les hommes dont le nom est inscrit sur les monnaies d'argent semblent, d'après les identifications déjà prouvées, être, en général, au-dessus de la situation des monétaires ordinaires. Mummolus est dans ce cas.
En troisième lieu, les monnaies d'or de Mummole ont été frappées en très-grande quantité, dans un court espace de temps, à un seul type pour chaque métal, type dont les coins ont à peine varié; elles sont d un titre très-pur, d'un poids élevé; on trouve là tous les caractères d'une émission destinée à faire un coup de main.
Ce qni est suspect et presque flagrant, c'est, au lendemain de cette énorme production, le départ de Mummole, qui, comme un caissier infidèle, s'en va se mettre à l'abri et emporte toute sa fortune. Quoique l'histoire soit très-sobre de détails sur cette mystérieuse affaire, elle nous apprend que la haute justice des évêques et du roi en fut saisie; un synode se réunit d'abord à Lyon, puis auprès du roi, pour s'occuper entre autres affaires de celle du duc Mummole ^ Cette haute cour ne pouvait alors être saisie que de la question d'infidélité, car la trahison qui se tramait était encore un mystère, mais le crime de Mummole était beaucoup plus grand; quand, ayant pour complices avec le duc d'Anstrasie Gontran-Boson et le duc de Neustrie Didier, les plus grands personnages des trois royaumes, il soutenait l'équipée de l'imbécile Ballomer, il ne faisait du prétendant que le prêle-nom de son ambition, et n'aspirait à rien moins qu'à devenir personnellement le chef de la monarchie franque. Précurseur des Grimoald et des Ébroin, il ne se faisait fournisseur de rois que pour gouverner les Francs au nom de ses créatures.
Gr., 1. VI, ch. 1.
Enfin l'origine connue du patrice, fils d'un simple comte d'Auxerre, n'explique en aucune façon les prodigieuses richesses qu'il eut à sa disposition. Il était beaucoup plus opulent que les rois, puisque Contran, après avoir pris pour lui et son neveu Ghildebert ce qui leur était suffisant, ditribua aux églises des sommes énormes provenant du trésor de Mummole. Cet homme capable de tout a certainement puisé dans les caisses publiques; il a exploité les Lombards et les Saxons et peut-être trafiqué avec eux en les payant de la fausse monnaie que ces malheureux répandirent ensuite en Auvergne; il était en relation avec tous les traîtres; quoique Contran-Boson eût sans doute communiqué à Ballomer une large subvention des leudes austrasiens, quoique Didier eût mis à la disposition de Mummole et du prétendant une partie des richesses de la cour de Neustrie, la dot de l'infortunée Rigonthe, fille de Chilpéric, destinée à un roi d'Espagne, mais dépouillée et enfermée dans un couvent de Toulouse, on ne comprendrait pas que Mummole, après avoir levé une armée, payé les frais de la guerre, remph la ville de Comminges des richesses recueillies et portées à Contran par Leudegisèle, eût encore laissé d'immenses trésors dans sa maison d'Avignon, s'il n'avait puisé à pleines mains pendant longtemps dans les caisses de l'État, et disposé du monnayage pour mieux dissimuler ses vols *.
EMMES, archevêque de Sens.
Bède le Vénérable {ap. D. Bouq., ch. III, p. 579) raconte que S. Théodore, accompagné de S. Adrien, après avoir reçu de Rome sa mission pour l'Angleterre, visita plusieurs évoques en traversant la Caule. « Perexit ad Fmrne Senonum, et postea ad Faronem Meldorum episcopoSy et bene cum eis diutius fuit. » Cela se passait en 668.
Mabillon ^ cite un privilège en date de 659, accordé par le même évêque de Sens, a ab Emmone, episcopoSenonensi,r) à l'abbaye de Saint- Pierre le Vif.
Emme ou Emmon serait mort en 669 ^ ou en 675 *. Il fut nommé évêque de Sens en 658.
*■ Un autre Mummole fut préfet de Paris sous Chilpéric (Grég.^ !. VI, ch. xxxv). Il n'eut point de rapports avec la Bourgogne et ne peut en aucune manière être le même que le monétaire de Châlon; il était originaire de Bordeaux et fut traité cruellement par Frédégonde. H est probable qu'il habitait Villemomble {Villa Mummoli), près de Chelles.
' Sœc. III . Benedict, pars \u, p. 613,
3 Ap. D. Bouq., l. III, p. 608. — '' Gall. Christ. Eccles. Senon.
MONiXAIKS MEHOVINGIEXNES DE CUALON-SLU-SAOM-:. 113
Je lie connais pas d'autre personnage historique de l'époque mérovingienne dont le nom concorde avec celui du monétaire t'mnies.
11 sérail impossible qu'il y ait identité entre le monétaire et révôfjue, si la monnaie avait été fra|)pée vers l'an 585, suivant la rigueur de mon système; cependant il ne faut pas être esclave d'un système, et pour être fidèle à mes divisions par ateliers tous concentrés d;ins la main d'Abbon, j'aurais peut-être tort de soutenir absolument qu'Emmes était antérieur à Abbon. Toutes les règles admettent des exceptions, et dcj j, en décrivant la monnaie (ï Emmes,yà\ dit qu'elle n'était pas antérieure à celle de Mummolus, mais qu'elle pouvait être de beaucoup postérieure ^ Si l'on veut admettre, ce que rien ne prouve, mais ce à quoi rien ne s'oppose, que la monnaie d'Emmes soit une réminiscence isolée des têtes de profd, émise pendant la dernière période des tètes de face, en 630, par exemple, en même temps que les monnaies de Magnoaldus, on se trouvera dans des conditions très-satisfaisantes pour proposer l'identification.