‹ Description topographique et économique de la mairie de Neuchâtel, avec des notes historiquesChapitre 13 sur 93 · CHAUMONT · texte numérisé non relu

CHAUMONT

La montagne de Chaumont forme le long c6té de l'équerre,

de ban fut expliqué par la prononciation de Berne de U54, qui en fixe les bornes dans la ville et banlieue, au-delà desquelles les bourgeois ne pourront chasser sans permission du seigneur, sous peine d'amende.

ou MAIRIE. 13

dès la rive élevée et escarpée du Seyon jusqués à rextrémité de la mairie à Torient , sur une longueur d'environ deux lieues. La départition des eaux tombantes sépare à son sommet la mairie de Yalangin, au nord, de celle de Neucbàtel au midi. La ville de ce nom a les droits utiles sur cette xlernière portion ; Ton n'a nulle indication sur Torigine de cette propriété ; le fait le plus ancien que Ton ait pu découvrir à cet égard , est la mise en amodiation par le Conseil de ville, en 1418 , du pâturage de la forêt au dessous de Chaumont, à des particuliers de Fenin. Ses droits furent assurés et déterminés par Tart. ôl de la charte de 1454. Le Magistrat y exerce la police municipale , et y lève la dlme des champs ; il a la propriété des forêts qui revêtent son flanc méridional, à la réserve d'une portion qui en fut adjugée en 1733, par sentence arbitrale, aux bourgeois de Neucbàtel habitant dans la châtellenie de Thiellc , descendans de ceux qui , en 1d99, renoncèrent à leur bourgeoisie ; cette portion fit leur part aux biens de la bourgeoisie et de la commune , sur lesquels ils formaient des prétentions. Le sommet arrondi de la montagne y a facilité rétablissement de plusieurs métairies , et son exposition au midi favorise la culture de Torge , de lavoine , et même dans quelques endroits celle du froment. L'on y voit quelcpies arbres fruitiers , tels que pruniers et cerisiers, en espaliers peu nombreux, quelques ponuniers et poiriers, dont le fruit, en petite quantité, parvient rarement à la maturité. Le sol y est en général peu profond, la terre rousse qui le compose est douce , d'un travail facile , mais exige des engrais pour être productive. Le roc qui forme la masse de la montagne , se fait voir en plusieurs endroits, d'où résulterait l'aridité de ces terrains, dénués de sources et abreuvés seulement par les eaux pluviales qui ne s'arrêtent pas sur ce plan incliné, si des rosées souvent abondantes ne raffraichissaient pas les plantes et n'entretenaient pas la vc-

çétation. La fraise et la framboise y ont une saveur et un parfum délicieux ; la myrtille y est abondante et excellente ; beaucoup de simples recherchés y croissent spontanément, et le fourrage qu'y donnent les prés compense par sa haute qualité son peu d'abondance et de longueur : le lait et le beurre qui en proviennent ont un goût relevé, de beaucoup supérieur à ces produits dans la plaine. Malgré la privation des eaux vives , ce qui a obligé de recourir à la ressource insuffisante des citernes pour recevoir et contenir Teau pluviale tombant sur les toits , eau qui y contracte une couleur rousse , une odeur et un goût que l'habitude seule d'en user peut rendre tolérable, malgré cet inconvénient, quelques personnes vont séjourner à Chaumont durant les chaleurs de l'été. Elles y respirent un air frais , élastique et salubre , rendu plus sain par le parfum des fleurs aromatiques des prés, et l'odeur pectorale des sapins qui y forment des promenades et des asiles contre la chaleur. Leur vue y est recréée par le vaste tableau qui s'étale sous leurs yeux , borné au midi par le cadre que forme la chaîne des Alpes , dont les pics glacés contrastent avec les collines et les plaines riantes qui se développent dès le pied de ces hautes montagnes jusqu'aux lacs de Morat, de Sienne et de Neuchâtel , et qui s'offrent en entier au spectateur. Ce tableau est borné au nord par le prolongement dn Jura, qui se perd à l'est et à l'ouest dans la vapeur de l'horizon à une grande distance.

Au dessous des métairies croissent le sapin et le hêtre ; au pied de la montagne le chêne prend un grand accrmssement et une excellente qualité dans les lieux où le sol est profond. Où la montagne s'abaisse à Toccident , sont deux grandes routes réparées à la fin du XYIII^ siècle : l'une supérieure conduit en Erguel par le prolongement dn Yal - de - Ruz ; l'autre inférieure, passant à Yalangin, tend au travers de ce vallon à la Ghaux-de-Fonds. Auprès de celle-ci est l'escar-

ou UAIRIB. la

pement élevé au fond duquel coule le torrent du Seyon , et qui sépare le pied de la montagne de Chaumont de la colline boisée du Clianet.

Les deux routes se réunissent peu au dessous , à Pierrabot, et n'en forment qu'une nouvelle qui tend à Neuchàtel par une pente sinueuse, prolongée, mais adoucie. Elle est large, commode et très -fréquentée par les habitans du Yalde-Ruz , qui apportent divers articles de consommation au marché de la ville.

A Pierrabot sont deux domaines appartenant à la ville, qui les forma dans le Xyi« siècle de quelques acquisitions particulières et d'une portion de terrain provenant de la concession de Jeanne de Hochberg en 1537 (f). L'on y nourrît deux troupeaux de vaches, qui fournissent à la ville une partie du lait qui y est consommé. Vis-à-vis, sur l'autre rive également escarpée du Seyon, est une petite forêt de chênes appelée le Chtmet, dont une partie est à la ville. A son bord inférieur a été établie une petite propriété du môme nom , solitaire et presque entourée de bois ; elle jouit cependant d^ine des plus belles vues , que borne toujours au midi la chaîne des Alpes. Au-dessous est le hameau du

SUGHIEZ (g).

Composé de six à huit maisons habitées par les vignerons de ce petit coteau, dont le sol aréneux produit en petite quantité un bon vin rouge. C'est au bas d'une de ces vignes qu'est la source qui fournit l'eau à la fontaine du château. Au pied

ff) Le iO mai i537, Jeanne de Hochberg accensa à la ville de Neuchàtel toQs les bois, bochéages, places, graviers, chemins et antres lieux vagues qni n*étaient accensés à personne, dans la mairie de Neuchàtel.

(g) Sttchiez, dans les tenues du jour, semble en quelque sorte par sa nature mériter le nom de Séchoir, comme brùlë par les rayons du soleil, ainsi que Test en temps sec cette colline aréneuse.

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de celle élévation passe la route de France et sV réunit le chemin du vignoble des Parcs, dit Fi de l'Etra, Fia lata. Fia dextra, route militaire des Romains pour se rendre dès la province Séquanaise (Franche -Comté) , d'un côté à Augusta Rauracorum^ par Lignières et le Val-de-Diesse, et de Tautre à Aventicum par Saint-Biaise , Anet , Arberg, etc.

Dans la descente dès le Suchiez au lac sont placées , sur une éminence découverte , les fourches patibulaires de la juridiction (h) (2).

Au-dessous est une maison de campagne , placée sur la pente qui aboutit au lac. Garnie de tours à ses angles , elle a quelque ressemblance avec tin chûleau ; le peuple lui en donne le nom , quoiqu'elle n'ait ni seigneurie ni fief. Sa situation n'est agréable que pour la vue, qui est étendue. L'abord en était rapide; le propriétaire actuel Ta adouci en changeant sa direction. C'est probablement la vue doift elle jouit qui lui a feit donner le nom de Beauregard ; mais placée au milieu du vignoble , elle se découvre de loin et manque de l'agrément de l'ombrage. Une particularité de ce domaine est qu'il paie un cens annuel en vin au ministre de Saint-Sulpioe, fondation religieuse très-ancienne, à laquelle le propriétaire avait assiyetti son fonds, et qui passa du curé au ministre lors de la réformaiion.

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