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fort de NeucMtcl. Quoi qu'il en soit de ces obscurités (9) que l'on ne peut entreprendre d'éclaircir, se bornant uniquement au matériel de Neuchâtel , Ton ne voit pas qu'aucun de ces seigneurs y ait fait sa demeure avant le milieu du XII* siècle. La première indication que Ton en a date de 1149. A cette époque, Berthe, femme d'Ulrich titré seigneur d'Ârconciel, passa un acte à Neuchâtel (iO). Son mari Ulrich parait en 1 158, comme seigneur de Neuchâtel, dans un acte, et dans un autre de 1162 , dont les témoins sont de Neuchâtel. On en pourrait donc inférer qu'il y fUsait sa résidence pour la plupart du temps, car il passa dans l'intervalle, jusques à la fin du siècle , d'autres actes à Arconciel. L'on a donc lien de croire que c'est alors qu'ils firent construire l'église collégiale, principalement Berthe, qui parait y avoir eu la première part. (11)
Il y avait peu au delà d'un siècle que Novum Castrum avait été détruit, mais ce nom ne subsistait plus que dans les actes rédigés en latin ; la langue romane prévalait dans l'usage ordinaire , et la traduction en fut faite par le nom de Neuchâtel. Le séjour du seigneur obligea non-seulement au rétablissement de ce qui avait été détruit , mais encore à de nouvelles constructions au dehors de l'enceinte du château. Dans cette enceinte étaient les vassaux et les gens attachés immédiatement au service du seigneur, anisi qu'on peut l'inférer de la charte de 1214 (x).
~ Les cultivateurs étaient probablement au dehors, et commencèrent à construire au dessous du château, pour en être
(xj La condition différente de ceux qui habitaient hors de Tenceinte du château, est clairement expliquée par l'art, i 3 de la franchise de 1454, extrait de celle de 1214. II dit: « Tous les chezaulx hors des portes du château nous doivent cens. » Ce cens était une reconnaissance de Taffranchissèment de condition servable; et n'étant point exigé dans rcnccintc da château, il en résulte que ses habitans n'étaient point maiu-mortables.
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protégés, sur les alluvions du lac et du torrent. Les ouvriers nécessaires pour les bâtimens qui s'élevèrent , demeuraient aussi hors de Tenceinte y car la condition en était différente de ceux qui demeuraient dans Tenceinte , quoiqu'ils eussent part à la charte de franchise (y). L'on pourrait croire que, suivant cette différence entre les habitans de l'intérieur et de l'extérieur, ce fut alors que le monticule des Chavannes, séparé du château par le torrent , fut construit et habité ; son nom indique Une classe pauvre , comme des ouvriers , artisans et laboureurs (z). La pente orientale de ce monticule, qui porte le nom de Neubourç , pourrait avoir la même origine. Le seigneur y ayant fixé une colonie d'ouvriers qu'il avait tirés de ses terres allemandes , ce lieu aurait pris son nom de leur langue. Ainsi , à cette seconde époque , la ville commença à se former, mais seulement de deux classes d'haiHtans, on vassaux ou serfe, c'est-à-dire que sa petite population se bornait aux gens nécessaires , soit à l'état du seigneur, soit à ses besoins de métiers, d'arts et de culture.
III. Ce qui prouve combien la population était resserrée au commencement du XIII« siècle, c'est la résolution que prirent Ulrich et son neveu Berthold, en 1214 (a)y de libérer de la
(x) (▼•x) Les chezaulx du Chastel, (art. 21), s'ils ne sont édifiés ou habités des propres possesseurs ou hostes compétens, dans an et jours, seront oestres. Ces termes, hottes compéUns, expliquent la condition des personnes nttaehées au sei^eur , dont il ne pouvait se priver long-temps.
(zj Rue des Chavannes, Vient Càbannarum, Le mot Cabannœ, connu feulement dans la basse latinité, montre Torigine récente de ce quartier, comme en français le mot cakane désigne Thabitation de gens du peuple, oarricrs, artisans, cultivateurs. Le mot Neuhourg, ou ville neuve, indique également une construction nouvelle , et sa situation ainsi que ses édifices annonçaient une destination pareille à celle du quartier des Chavannes.
fa) Ulrich, qui fixa avec sa femme sa résidence à Neuchâtel peu après le milieu du XII* siècle, eut tisois fils, Rodolphe, Ulrich, et Bcrthoud évéque de Lausanne ; Rodolphe ne survécut pas fort long-temps à son père, et laissa un fils nommé Berthold, co- seigneur de Neuchàtel avec son oncle Ulrich ;
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main-morte tant les habitans actuels de la ville que ceux qui viendraient s'y établir et y demeureraient un an et un jour sans être réclamés (b). Dès ce moment, Neuchâtel devint un asile pour qui fuyait la servitude. Régie par ses propres lois, ceux qui y arrivèrent , jouissant de leurs propriétés avec de modiques redevances, pouvant en disposer librement, ayant le droit de juger avec ceux qui les jugeaient auparavant, enfin ayant une condition libre en la comparant avec la précédente, elle devint un séjour à désirer pour ceux qui, attachés ailleurs à la glèbe, virent chez elle une sorte de bonheur; dès -lors cette ville se peupla. Il est très -probable cpie ce fut alors qu'elle fut enceinte de murs , au moins dans les parties non comprises jusqu'alors sous le nom de château. Cette troisième époque est plus intéressante que ie&iieux autres, parce que Ton a plus de documens, et parce qu'elle offre en même temps plus d'intérêt par les évènemens qui s'y sont passés jusqu'à nos jours. Il parait que l'effet de la charte de 1214 fut assez prorapt , car dans l'acte d'hommage de Jean dé Ghàlons à l'empereur Rodolphe de Habsbourg , en d 288 , il est fuit
ils sont nommés les deux dans la charte d'aflrancbissement des bourgeoU de Ncucliàtel. C'est probablement parce que la terre de Neuchâtel avait fait partie du royaume de Bourgogne , dont la ville de Besançon jouissait de grandes immunités , qu'elles servirent de modèle à la charte de Neuchàtcl.
(b) Cette condition d'habitation de l'an et jour, c'est-à-dire un an et six semaines, était d'usage dans les aflfranchissemens ou chartes accordées aux villes. Comme cependant cette condition avantageuse pouvait soustraire des sujets au seigneur, habitans hors de la ville, il est mis une réserve à cette admission de bourgeois mentionnée à l'art. 29, c'est qu'il n'y pourrait être reçu des hommes, c'est-à-dire des serfs du seigneur, ni de ses vassaux , mais seulement des étrangers ; c'était donc un moyen d'attirer des sujets étrangers et de peupler une ville. La condition de ne pas recevoir des serfs ni des vassaux , s'est éteinte dès-lors , pour les premiers, par une évaluation en argent de la perte qui résulte de leur affranchissement, et qu'ils doivent payer au seigneur, et pour les seconds, par la liberté qu'ils ont d'acquérir cette bourgeoisie, qui ne les dispense point de remplir leurs devoirs envers leur seigneur.
DE NEDGHAT£L. AS
mention de la ville comme différente du château : Castrum quod dicitur Novum Castrum y et f^llam ipsius cas tri super lacum Lausannensis Diocesis sitam (c).
L'espace de terrain entre le village de Serrières et la ville, forme un vignoble dont les quartiers portent divers noms. Les vins rouges avaient plus de célébrité dans les Xy<^ et Xyi« siècles qu'aujourd'hui ; de nouveaux terrains mis en culture dès-lors en produisent d'une qualité supérieure, peutêtre à cause d'un plant différent venu de la Bourgogne. Le vin blanc y est abondant dans quelques parties ; mais quoique bon, il n'a pas la supériorité d'autres quartiers peu étendus ; à peu de distance de la ville est celui de Saint -Nicolas, auparavant carrière, comblée aujourd'hui. Elle forme un sol sur lequel on a planté de la vigne (d). Non loin de la ville, la route qui en sort se divise en deux principales : l'une au midi, tendant au canton de Yaud ; l'autre au nord, dont l'ancienne direction mauvaise et dangereuse fut changée vers la fin du XyiII<^ siècle , conduit en France ; les deux ont été élargies et établies à grands frais par la ville, dès 1786 . Entre elles est un chemin plus étroit qui divise le vignoble et tend à Ck)nnondrèche, village de la Côte, à une lieue de la ville.
(c) L'empereur Rodolphe ayant confiscpié , sur Rodolphe ou RoUin , son fief de Neuchùtel, qui relevait do TEmpire, le donna à Jean de Châlons, qui lui en fit hommage. Jean de Châlons ayant intercédé pour Rollin , Tcmpereur le rendit à celui-ci à condition d'hommage à Jean de Châlons. Par les termes ci -dessus, on voit qu'il y avait déjà VHia, une ville ; mais elle était peu importante puisqu'elle ne donnait pas encore son nom au lac désigné seulement comme étant du diocèse de Lausanne; tandis qu'en 998, il portait le nom de lac d'Yverdon.
(i) L'on a vu qu'à l'est de la ville, il y avait un tronc de Saint-Nicolas ; voici à l'ouest de la ville, sur l'élévation d'un rocher, encore un lieu dédié à ce saint protecteur des nautonniers. Sur un lac exposé à des vents orageux, les naufrages n'étaient pas rares , et on multipliait les statues ou les oratoires à Saint^Nicolas sur des lieux élevés , pour qu'à une grande distance les bateliers en péril pussent l'invoquer. Son nom est demeuré à ce quartier.