‹ Description topographique et économique de la mairie de Neuchâtel, avec des notes historiquesChapitre 29 sur 93 · HÔTEL -DE -VILLE ANCIEN · texte numérisé non relu

HÔTEL -DE -VILLE ANCIEN

IS^llée des murs de la vilh , désignée dans la vente cidessus, est cette courte ruelle tendant dès la rue des Halles au pont des boucheries; au midi était le mur de la ville, remplacé par la iaçade d'une maison. La ville retint une portion du chezal qu'elle avait acquis entre la tour terminant le mur sur le Seyon et la maison qu'elle possédait déjà. Il est probable que c'est - là qu'elle construisit l'hôtel dans lequel ses chefs transportèrent leurs assemblées ; mais l'inondation de 1579 , trouvant des fondemens peu solides ou détériorés ,

(o) Vente aux Quatre-Ministraux, en 1469, d*an cheial hors It porte de la Rive de T Halle , joute l'Allée des murs do la ville en joran , la Maisondc-viUe en uberre, le Seyon en bise et le chemin public en vent. Il parait, ensuite de la première limite , que ce chezal touchait au mur de la ville.

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renversa la tour et les bâtimens voisins dans lesquels était THôtel-de-ville , construit sur la rive droite du Seyon. Lors de b reconstruction de 1S80, la tour fut réédifiée au même lieu, mais elle fut moins rapprochée du torrent. Le bâtiment magistral, pourvu de bcnis fondemens, fut assis sur les deux rives, et enferma le torrent sous une forte voâte. Les boucheries furent rétablies au dessous de la voûte, laissant entre les deux pièces qui les composent, un passage aux piétons. Les poutres qui les soutiennent solidement ne sont pas engagées ni arrêtées à Tédifice et à la voûte ; ensorte que si une forte crue d'eau survenait et entraînait ces pièces, il n'en résulterait aucune dégradation pour Tédifice. Une autre précaution qui a été prise , est que les parois ont été rendues mobiles ; ensorte que, lors d'une hausse extraordinaire du torrent, on pourrait les rabattre pour donner cours à Teau sur la boucherie et sur le pont.

Le choix de cet emplacement pour un Hôtel-de-ville n'était pas heureux, il fout en convenir; on avait, il est vrai, mis le bâtiment à labri des dangers d'une nouvelle destruction de la part du torrent; mais en lôSO, les constructions qui le resserraient dans un lieu étroit, l'exposaient au risque du feu. Son entrée d'ailleurs incommode , donnant dans une petite ruelle sur un côté de l'édifice , et percée dans un des pans obliques de la tour hexagone qui renferme l'escalier en limaçon, n'annonçait guère le bâtiment du collège des administrateurs. Qu'on syoute à cela l'odeur incommode des boucheries au dessous, et les exhalaisons infectes et malsaines du lit du torrent , souvent à sec pendant les chaleurs de l'été. Cependant la longue habitude que l'on avait de ce local l'emporta sur tous ses inconvéniens; ce ne fut qu'en 1786 que la volonté d'un citoyen généreux, appuyée par des dons magnifiques, détermina une nouveMe construction , et le choix d'un autre emplacement. La distribution intérieure de l'ancien Hôtel-

' de-ville se ressentait de la simplicité des temps, et Tadramistration n'y avait ni les commodités, ni l'espace suffisans. Au premier étage, après un passage obscur, était une cuisine qui servait de vestibule ; on entrait de là dans une salle assez spacieuse destinée aux séances de Tadministration. Une grande ouverture au midi donnait, par plusieurs fenêtres contiguês, accès au jour et aux émanations fétides du torrent sur lequel elles s'ouvraient. Une autre fenêtre moyenne donnait peu de lumière , sa vue étant sur un cul -de - sac étroit. Un grand poêle antique chauffait cette pièce , qui est décorée de quelques mauvais tableaux représentant des sujets allégoriques ou d'histoire ancienne, comme Tamour de la patrie, lunion, etc. Derrière le siège du chef de Tadministration était le portrait du souverain régnant. Du reste, la salle était très-simple. A côté, une seule pièce moins grande lui servait de supplément. Cependant, quelque exigu et quelque dénué d'ornemens que fût ce logement , le Magistrat eut Thonneur d'y recevoir et d'y traiter deux souverains de la Principauté , Henri II , en 1657, et Charles Paris, son fils, en 1668.— La distribution du premier étage se retrouvait au second. L'huissier avait un petit logement donnant sur l'escalier.

Auprès de là , et sur la rue des Halles , est une maison formée de deux petites-, dans l'une desquelles Henri II , en 1617, revenant de s'ébattre sur le lac avec quelques-uns de ses gentilshommes , fit l'honneur au propriétaire d'entrer et d'agréer la collation qui lui fut présentée. Ces deux maisons avaient été bâties sur le chézal acheté en 1469 (voyez note 0 page 102). La dernière maison de ce carré, construite en 1539 environ , fut une auberge sons le nom du Singe,

Au de là et de l'autre côté de la ruelle dite de Flandres, est un autre carré, qui était alors encore ou jardin ou grève ; on y éleva plus tard des constructions : une grande maison s'y fait remarquer, elle occupe toute la face du carré sur la

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place ; la tour en saillie dans laquelle monte Tescalier tournant, indique à peu près Tépoque de sa construction, savoir la fin du Xyi<^ siècle. D'intérieur de 1 édifice fait voir qu1l fiit composé d'une ou deux petites maisons; mais ce bâtiment fiit réédifié en 1664 et agrandi du côté du lac par suite de la concession que le Magistrat fit au propriétaire d'un terrain sur la rive du lac , qui était alors plus rapproché de la ville. C'est dans cette partie concédée que le propriétaire fit élever une plate -forme supportée par des voûtes, et ayant vue sur la place et le lac. Charles Paris d'Orléans s'y rendit en 1668, le jour auquel il entra en possession de la souveraineté, pour voir parader les jeunes mousquetaires.

Avant 4537, tous ces terrains va{pies hors de Tenceinte de la ville appartenaient au seigneur; ce qu'il n'avait pas accensé alors fut concédé à la ville par Jeanne de Hochberg avec tous les autres terrains de même nature dans l'étendue de la mairie, à Texception de la rive du lac, laquelle ne fut cédée à la ville que depuis le point déterminé par la tour de rOriette au couchant, jusqu'à la Pierre-à-Mazel au levant. Aussi, dès celte époque, les maisons s'étendirent sur la plage devant la ville par suite des facilités que trouvaient les particuliers d'obtenir, moyennant un cens modique, des emplacemens pour bâtir.

A l'extrémité est du carré ci - dessus , à la tète du pont , est encore une maison qui fait la face de ce côté avec un jardin. La maison existait déjà en lô30 , mais elle fut reconstruite dans le XVIII® siècle. On y conserva l'ancien escalier en limaçon, placé dans une des tourelles : ce mode de construction contribuait anciennement à ménager la place dans l'intérieur. Sur le côté occidental de la place de la Halle, et non au milieu, est un puits dont le corps extérieur fut construit sans beaucoup de luxe, en 1684 . On a ajouté à la face du côté de la ville , dans le XyiIIc" siècle , deux gouleaux supplémentaires dont l'eau provient du réservoii* de TEcluse.

£n passant sur la place , ron se demande souvent pourquoi on n'a pas fait contribuer cet établissement à Tomement de ce carré, en le plaçant plus régulièrement et en le décorant avec grAce, et surtout avec simplicité. L'habitude de le voir ainsi est la seule réponse à cela, et probaMement le sera encore long-temps.

Le massif carré de maisons-à l'occident du puits fut bâti à la fin du Xyil<^ siècle, en partie sur des jardins, et en partie sur les terrains ou grèves qu accensa le Magistrat. Le mûrier encore existant en 1624, et à la place duqud, après sa chute, fut élevé le puits dont on a parlé, devait être en 1412 sur un terrain non-accensé, mais appartenant au seigneur, s'il est vrai qu'à cette date Conrard de Fribourg fit décapiter à son ombre Vauthier, baron de Rochefort, pour acte de faux par lui commis. A ce compte là , le mûrier , qui déjà devait être grand alors , dut croître encore beaucoup dans l'espace 'de 212 ans jusqu'à sa destruction. Ce carré est très -bien construit , et les maisons sont d'une architecture agréable , sans être trop uniforme. Dans le nombre en est une dont un architecte français , habile homme , a donné le plan ; ce bâliment est le mieux distribué de ceux de la ville et le plus commode , ayant deux entrées à porte cochère , Tune sur la rue, l'autre sur la rive du lac, et qui percent la cour au centre. Cette maison, avec la première à l'orient qui aussi est grande et remarquable par sa. solidité, a des caves vastes et commodes; la maison à l'orient surtout possède des celliers construits au dessous du niveau du lac, et qui sont à l'abri de l'infiltration de l'eau par le ciment tenace employé pour la liaison des pierres.

Ce carré fait la face méridionale de la large et belle rue des Chaudronniers, appelée de ce nom dans les commencemens du XVI1I<^ siècle ; puis quand ils la quittèrent, elle fîit appelée rue de la Balance , du nom d'une nouvelle auberge établie sur sa face occidentale. Du c6té du nord sont des

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bâtimens modernes , dont une partie date du XYIII^^ siècle, et qui sont placés sur une ligne parallèle à celle des maisons du carre vis-à-vis. L'une d'elles , la plus grande , était Tauberge du Coq d'Inde^ dans laquelle abordèrent les partisans étrangers du prince de Conti. Deux ruelles ont leurs débouchés dans cette rue , leur origine est à la Croix - du - Marché ; elles donnent accès au quartier anciennement appelé les Granges. Les plus récentes constructions , reconnaissables par leur structure et leur alignement , sont celles de la rue Flcury ; les plus anciennes, remarquables par la courbure de leurs façades et par leur architecture, semblent dater, pour une partie au moins, du XVI^^ siècle. Le mur de la ville qui passait derrière la Halle , laissait ces jardins et ces granges en dehors de la ville. C'est là que ce mur allait s'unir au rocher d'enceinte du château.

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