‹ Description topographique et économique de la mairie de Neuchâtel, avec des notes historiquesChapitre 31 sur 93 · NEUBOURG ET CHAVANNES · texte numérisé non relu

NEUBOURG ET CHAVANNES

Le mnr d'enceinte de la ville continuait en ligne droite dès la porte de THôpital à celle des Chavannes au nord, qui avait aussi un pont-levis. On y plaça dans le commencement du XVIII^ siècle une horloge pour le quartier intérieur et extérieur; les fossés entre cette porte et Thôpital furent comblés. Les greniers publics sont bâtis sur ce sol; les Fausses braies devenues un cloaque d'immondices, ont été nettoyées, et une rue commode leur a été substituée avec un passage sous voûte pour donner entrée dans le quartier du Neubourg bâti sur cette pente. Ces changemens ont amené la démolition du mur

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de la ville dans les endroits où l'on n avait pas permis aox particuliers de s'en servir pour mur de façade de leurs maisons , et d'y ouvrir des jours de fenêtre. Il a aussi été construit près du passage voûté un puits à Tosage de ce quartier populeux. L'on monte dès la rue de THôpital au Neubourg par une rue dont rentrée étroite et sous voûte est rapide et sinueuse ; les maisons en sont petites, les logemens serrés et occupés par des artisans et vignerons ; à sa jonction avec la rue des Gliavannes , elle est horizontale et plus large. En 1603 le Magistrat acheta une maison dans le point de réunion, la fit abattre et élever sur son sol une fontaine dont la source est à peu de distance au dessus de la porte des Cbavannes.

La rue des Chavannes est sur une pente fort rapide qui commence dès au dessus de la porte de ce nom , et communique à Tancien chemin du Yal-de-Ruz. La base de la colline de ces deux rues est une mine de marne que couvre un roc lamelleux, fissuré et grumelé, sur lequel sont encore bâties les maisons de la ligne du nord, des rues Grande et de THôpital. Les habitations des Chavannes, pour la majeure partie, sont dans le même genre que celles du Neubourg et ont la même destination. Leur construction intérieure en bois donnerait lieu de craindre des incendies fréquens, si ces ménages nombreux ne devenaient pas une sauve garde par la surveillance qu'ils exercent les uns sur les autres, et la promptitude des premiers secours qui en résulte.

Au bas de la rue des Chavannes est le four banal, institution féodale qui obligeait, moyennant une redevance au seigneur, tous les habitans de la ville à y cuire leur pain. Les bourgeois forent affranchis de cette imposition et purent avoir leurs fours dans leurs maisons ; les habitans seuls forent assujettis à lusage du four banal, et tous ceux qui y font cuire leur pain, paient à la ville depuis 1749 la redevance prescrite.

Le mur qui descend dès la porte des Chavannes au Seyon, oit il se terminait par une tour avec une herse, sépare la rue de la propriété des Berdes (pA appartenait encore dans le XYI<^ siècle aux seigneurs de Valanipn ; depuis lors elle est à un particulier.

L'on a pu voir jusqu'à présent quelle était l'ancienne enceinte de la ville, dès la porte du Château à la tour de Diesse, dès celte tour à celle du Seyon près de la Halle , de là à la porte Notre-Dame, de celle-ci aux portes de l'Hôpital et des Chavannes, et de cette dernière au Seyon et aux Moulins par la coupure dans laquelle est la porte de TEcluse.

Indépendamment des grandes portes avec tour et portier (celles du Château, de Notre-Dame, des Hôpitaux, des Chavannes , et celle dite Megechien ou de l'Écluse) , mais dont les portiers recevaient des gages différcns, sans doute parce que les uns devaient ouvrir aux passagers pendant la nuit et les autres non , il y en avait d'autres qui ne servaient que d'issue pendant le jour pour aller aux jardins ou propriétés voisines des murs. Telles étaient .* celle de la Mive^ ou plage du lac près de la Halle ; en 144 9, celles Cuechien et Choudié; en 1474 , celle de la Battue près des Granges (aujourd'hui quartier de la rue Fleury); en 1506, celles Paradis et Coquillon. (Il y avait un jardin appelé Paradis auprès de la porte Saint-Maurice]. L'on ne sait aujourd'hui où étaient ces portes , à moins que ce ne fussent les issues des ruelles de ce quartier, ce que l'ancienneté des maisons ferait supposer; mais depuis la destruction du mur de la ville, devenu inutile lorsque les bàtimens eurent occupé le sol auparavant couvert de jardins , ces portes furent abattues ; il parait seulement que les portes Cuechien, Choudié et Coquillon prirent leur dénomination des maisons les plus voisines appartenantes à des familles de ces noms. Quant à celle Paradis , elle fut peut-être ainsi appelée à cause d'une propriété plus agréable

que les autres à laquelle elle touchait, et qui était hors de la porte Notre-Dame.

L'on ne connaît point la date de la construction des trois anciens ponts en pierre, entre la rue des Moulins et celle des Chavannes, entre la Croi\-du-Marché et la rue de THôpital, entre la petite rue de Flandres près la place du lac et la rue de Saint-Maurice. Le pont neuf construit en 1799, qui lie le chemin ou rue Neuve le long de la rive du lac à la rue Saint- Honoré , est large et peu élevé ; c'est le plus beau et le plus commode de tous. Il doit déterminer une nouvelle issue de la ville par la partie du faubourg qui est la plus rapprochée du lac, jusqu'au Grét. Celui qui mène de la place à la rue Saint • Maurice parait avoir été construit en 4546 ou 1547, mais non tel qu'il est actuellement , car il Ait emporté lors de l'inondalion de 1579. Il est probable que c'est lors de sa première construction que furent établis les deux quais qui resserrent le torrent , et que c'est cet espace qui fut appelé Port'Seyon, L'on a lieu de croire que l'ancienne jetée de la partie occidentale, formée de gros et larges quartiers de roc gris , et qui avance dans le lac , date du commencement du XyiII<^ siècle. Elle fut prolongée à la fiu de ce même siècle, et cet ou^Tage a produit de très-bons effets, outre que c'est une promenade très agréable, par la vue qu'elle procure du côté de l'ouest.

Le pont en bois qui passe entre les boucheries conduit dans un quartier qui semble être de nouvelle construction par l'aKgnement de la rue et les façades des maisons, dont une partie parait appartenir au XVII^ siècle. Il y avait encore plusieurs jardins vers l'an 1700. La rue était peut -être un passage pour y arriver ; mais il y avait déjà quelques maisons dans celle dite aujourd'hui de Saint-Maurice; car il y existe encore quelques granges qui datent de la fin du XYI® siècle. Quant à la rue descendant du pont vers le mur de la ville ,

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les maisons qui la bordent paraissant dater la plupart de la fin du XVI1« ou du XVIII* siècle; et ce qui prouve son peu d'importance, c'est qu'il n'existe entre elle et la rue de l'Hôpital, de communication que par deux ruelles, dont les entrées sont sous des voûtes de maisons particulières. Cependant on y voit une fontaine à deux gouleaux, dont le bassin est assez g[rand; la place qu'elle occupe donne lieu de croire qu'elle fut établie dans le temps où l'on avait du bétail dans ce quartier, et pour lui senir d'abreuvoir.

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