MILITAIRE
Le droit du port d armes , ou d'être armé, ponr les bourgeois, découle de la charte de 1214 qui dit que lacotnmwn aura armes et chevaux ; (n) mais c'était uniquement pour le service du seigneur et à sa réquisition. Il est fort apparent qu'il y eut des bourgeois de la ville à la bataille de Coffiranc en 1295 ; mais on en ignore le nombre. Depuis l'an 136(^, et probablement déjà auparavant, jusqu'en 1444, époque depuis laquelle il n'en est plus foit mention, la commune donnait des arbalétiers pour la garde des terres du seigneur dans le comté de Bourgogne , Verselx , Morteau , Durnay, Fauconnier, Château - Neuf. Ces gardes étaient soldées par la commune (o).
(n) Art. 14 : Si nous avons guerre propre, la communauté nousdc'^ » aider sans prendre taille, et nos dits bourgeois auront arm^s et chevaoï » compétens , selon leurs facultés , par le conseil de la communauté. * ( Guerre propre, c'est-à-dire comme seigneur du comté de Neuchâtel).
(o) Cependant le comte leur faisait quelques gratiûcations. Le 5 «o"' \hù{ , Jean de Fribourg donna trois paires de souliers aux arbalétiers de Neuchâtel , alors en garnison dans une de ses terres au comté de Boorgognc, pour qu'Us donnent ordre
Le militaire bourgeois devint distinct de celoi du seigneur en 1406 , en vertu du traité de combourgeoisie de la ville avec la république de Berne , dans lequel était réservée la fourniture respective de secours armés dans les cas de guerre. Il était donc nécessaire que l'administration municipale eut une milice toujours prête à remplir les conditions de ce traité, et dès-lors ces soldats formèrent un corps à part, qui n'était sous les étendards du seigneur que pour ses guerres particulières , mais qui même alors avait ses propres officiers , à la Domination du Magistrat (p). Les chei^ de ces corps étaient bourgeois, et la visite des armes se faisait de temps en temps, afin que les soldats fussent toujours prêts à marcher lorsqulls en seraient requis.
On ne trouve nul indice sur la manière en laquelle se faisaient les levées militaires. L'état de Berne , dans les fréquentes demandes qu'il en fit aux XY^ et Xyi<^ siècles, fixait la force des contingens ; mais la ville obtenait quelquefois des réductions. L'esprit militaire parait avoir dominé
[ dans ces temps-là , car indépendamment des levées exigées, il s'y joignait de nombreux volontaires , surtout lorsque les Suisses eurent commencé à exploiter la riche et abondante mine du Milanais. Ils eurent part au butin qu'y firent leurs
' alliés , et probablement aux énormes contributions qu'ils y
' levèrent.
' Les contingens fournis par la ville en vertu du traité de
' i 406, étaient à sa solde lorsque les corps auxquels ils étaient joints n'en retiraient aucune , et qu'il s'agissait de guerre dans la Suisse ; c'est pourquoi l'on voit dans la correspon-
I dance avec le conseil de Berne , une injonction fréquente
' de fournir suffisamment d'argent le contingent demandé ; et
' (p) Dans les divers cas où la frontière devait être gardée, le corps
fourni par la ville avait ses officiers propres bourgeois ; mais il était sous les ordres du colonel-général.
369 ADXINISTBATIOII
lorsque la campagne se prolongeait , celui - ci recourait as Magistrat pour en recevoir de nouveau.
Dans les XV^ et XV I« siècles, ces corps emmenaient avec eux une partie des vivres nécessaires pour le temps présnmé de la durée de la campagne ; on remarque dans ces provisions jusqu'à des harengs (q). Il était d usage de foire soivre une ou deux futailles de vin. L'on voit encore des traces de cet usage dans le XVII* siècle : lorsque le conseil de Berne eut arrêté de foire fortifier cette ville en 1 622 , Nenebâtd y envoya une compagnie de 40 hommes pour aider à cetoovrage , et la fit accompagner de deux futailles de vin Uaoc, chacune de vingtsept setiers. Tout ce vin , au reste, ne fat pas bu parla troupe, durant un mois qu'elle séjourna à Berne; il en fut foit des régals , et le reste vendu pour fournir au frais de la solde (r).
Cette manière d'entretenir une armée sans caisse militaire, sans magasins, résultait de la constitution militaire des Suisses. Tous étant prêts à prendre les armes au premier appel , nnl corps n'était organisé d'une manière fixe , hors les troupes fournies en nombre stipulé pour les services étrangers. Mais lorsqu'il y avait guerre dans la Suisse et ses environs, dorant les XV« et XVI« siècles, une armée se levait et chaque contingent amenait à sa suite quelque argent et quelques vivres. Il en arrivait que l'expédition venant à se prolonger, la caisse était vide et les vivres manquaient ; alors les soldats vivaient aux dépens du pays , ou se débandaient et retournaient chei
(qj 11 parait que dans de certaines occasions , sans doute lorsque le théâtre de la guerre n'était pas fort éloigné , les soldats étaient poorTOS de pain, au moins pour le début de l'expédition.
(r) La solde fut de 5 batz par jour ; les officiers firent plusieurs civilités de ce vin, ne croyant pas pouvoir s'en dispenser, parce qu'il était trouvé bon, et acquittèrent ainsi des invitations de repas à eux (aites daas le but, pcnsaicnt-ils , qu'ils yen portassent.
eux (s). D'an autre côté, Ton trouve dans ces lettres des témoignages de la bravoure et du courage de ces contingens (t). Davity dit, en parlant du militaire de !Neuchàtel : « Ce sont » des bons soldats, qat vont à la guerre avec les autres Suisses » par toute l'Europe ; mais quand ils font bande à part , ils » ne se rangent point sous les Suisses, ains se disent adten- » turiers de Neufchcutel^ et vont au combat plus hazardeuse- » ment et dans un autre ordre que les Suisses. » Cet éloge fait des troupes de Neuchâtel , était d'autant plus partagé par les bourgeois de cette ville, qu'ils formaient en majeure partie le corps des officiers dans les levées qui se faisaient.
Malgré ces vices dans la discipline militaire, dus aux temps et aux circonstances , les contingens fournis par la ville à l'état de Berne montrèrent un courage digne de leur association avec les valeureux Suisses, tant dans les guerres propres à ce canton que dans celles où ils n'entraient que comme alliés. Le contingent bourgeois parut pour la première fois en 1415 lors de la conquête de TArgovie (u). Il fut ensuite requis et employé en 1425 contre le duc de Milan (v). Il y en eut un en 1443 dans Tannée bernoise qui marchait au secours du canton de Schv^itz en guerre avec la ville de
f$) ■ Nous venons d'apprendre dans ce moment-ci, par nos chers alliés
> da canton de Solcure, que vos deux drapeaux qui étaient avec notre 9 bannière sont en marche pour retourner chez eux ; nous vous prions
> très - instamment et vous exhortons pour la première , seconde et der*
> nière fois , d'obliger les vôtres qui sont déjà do retour chez eux , ou » encore en route , à rejoindre incessamment notre bannière avec leurs 9 armes à Arau. A la hâte, i9 novembre 1531, à huit heures avant minuit.
9 L'avoycr et conseil de la ville de Berne. » ftj* Nous venons d'apprendre que les vôtres que vous avez envoyés » se sont très - bien vaillamment comportés , ce qui nous a fait un vrai » plaisir. Nous vous en remercions et nous en ressouviendrons en tout
> temps, etc. L'avoyer et conseil de Berne. Mardi après Lœtare 1499. > (u) IndigéntU lielvétique , page 44.
(v) Jhidem, page 45.
364 ADMINISTEÀTION
Zurich, alors alliée de Tempereur Frédéric III. Ce corps de Neuchâtelois fit partie de Tannée bernoise et solenroise campée devant Rheinfeld. Lorsqu'on J 444 les Bernois avec leors alliés firent irruption dans le canton de Zurich , il y avait dans leur armée un corps de 60 hommes de Tétat de N^ichâtel , dont le contingent de la ville faisait partie. Il y en avait aussi dans le nombre des 50 soldats du comté qui eurent part à la vigoureuse défense du cimetière de Saint-Jacques près de Bàle (w). En 1445, onze Neuchàtelois étaient dans le corps de Bernois qui assiégea Rheinfeld , place qui ne fut prise et détruite qu'après larrivée d'un renfort, aaqod la ville de Neuchâtel fournit huit hommes. Il parait que le siège dura plus que les provisions, et que les soldats allèrent en maraude ; car ils encoururent les peines de l'église, et le conseil de Berne envoya une bulle d'absolution, vu la gravité du pillage fait sur les terres du couvent voisin de Seckiogeo. En 1466 , Berne demanda un contingent de 40 hoDunes
(w) Jndigénat helvétique , page 45. C'est en celte année que l'on aperçoit la première indication des couleurs adoptées par la ville. L'haissier de l'administration municipale receTtit , dans le XIV* siècle , une robe oi espèce de manteau, dont la couleur n'est point désignée. Il esttrè»4]>parent que la ville ne prit les couleurs verte et rouge (qui ne sont p» celles de Técu de Neuchâtel), que lorsqu'en 1415 elle fournit son premier contingent, en vertu du traité de 1406. Les Suisses se distinguaient «km entr*cux dans leurs années par les couleurs de leurs écus , dont ils formèrent celles de leur habillement; leurs alliés en firent de même, ptf conséquent aussi l'état et la ville de Neuchâtel , qui durent adopter «« vêtement qui les fît reconnaître ; ainsi l'uniforme des troupes de rétat dit être rouge et jaune des couleurs de l'écu du seigneur (il portait d'argent au pal chevronné d'or et de gueule); et comme la ville avait son drapera particulier, elle devait avoir des couleurs distinctes. Elle retint donc des couleurs du seigneur le rouge, et substitua au jaune le vert, couleur mixte qui faisait d'autant mieux remarquer ses contingens, que les couleurs des cantons étaient pleines et primitives. Elle décora donc ses drapeaaXi *> centre de l'écu du seigneur, et l'encadrure mi-parti de rouge et de vert. Les arbalélicrs qu'elle envoya en Franche-Comté, en 1444, furent rerite de cette livrée.
pour aller au secours de Mulhouse ; il fut réduit à 30, renforcés ensuite de 6 autres, au lieu de 12 que Ton requérait. 11 en revint 30.
En 1468 , il partit un corps de bourgeois , dont 26 de la ville et 10 de la campagne , pour se joindre au secours envoyé à la ville de Schaffhouse , menacée par Sigismond duc d*Autriche ; et la même année on fit encore partir 7 bourgeois pour se rendre devant Seckingen.
Le 23 octobre 1474, un capitaine et 10 soldats furent joints an corps de Bernois qui se rendait devant Héricourt. Le 10 juillet 1475 , un nouveau contingent fut envoyé à Blamont.
L'année 1476, célèbre pour les Suisses , offrit aux bour- {jeois de Neuchâtel une moisson de lauriers à cueillir avec l^urs alliés. La ville se trouva sur le passage des troupes suisses se rendant devant Grandson. Elles y furent accueillies avec empressement , et régalées en vin par le Magistrat (x), L.es détails qui concernent la part qu'eurent les bourgeois de Neuchàtel à cette guerre mémorable, se trouvent dans la chronique canonicale (y). Les Qnatre-Ministraux tentèrent de faire parvenir sur des bateaux des secours en vivres et en monde à Granidson et à Morat ; les Bourguignons les empêchèrent de débarquer. L'on ne trouve nulle indication du nombre des bourgeois employés dans cette guerre ; mais son importance fait présumer que tout ce qui put porter les armes s'y rencontra, comme la part des dépouilles que les cantons leur adjugèrent prouve la valeur avec laquelle ils s'y conduisirent.
(x) L*oii trouve pou de lumières sur cette époque dans les comptes de Rodolphe de Hochberg. 11 y a plusieurs dt^livrances faites en grains aux troupes qui passaient et h celles de Rothelin, dès le S9 octobre 1475 au 15 mai 4476; plusieurs voyages de Tavoycr de Berne, dès le 23 novembre 1475 au 16 octobre 1476 ; divers séjours du capitaine de Berne, commandant de la ville, dès le 23 novembre 1475 au 2 novembre 1476. Leurs chevaux logeaient au chAteau , et probablement aussi leurs personnes.
(y) Indiqénat helpétique, page 176 et suivantes.
II y en avait aussi dans le nombre des Suisses qui combattirent devant Nancy, où le duc Gharles-Ie-Hardy fut tué. Eb 1490, le corps bernois qui alla au secours du canton dTry vers la vallée de Livine contre le duc de Milan ^ avait on corps de 19 bourgeois de Neucbàtel. 11 en fut aussi envoyé la même année du côté d'Appenzell.
Quoique Ton ne trouve aucune indication d'une levée Êûte par le Magistrat en 1495, on peut néanmoins supposer quH se rencontra des bourgeois de Neucbàtel dans le nombre des Suisses qui accompagnèrent Charles YIII lors de son expédition en Italie ; mais ils n'étaient probablement que volontaires, sous des cbefe particuliers que Tadministration n'avait pas nommés.
En 1 499 , les troupes de Tempereur Maximilien, avec celles de la ligue de Souabe, firent une incursion dans Tévéché de Bâle, et investirent le village de Saint Imier gardé par un détachement de bourgeois de Neuchàtel ; les Quatre-Ministraoi envoyèrent un nouveau corps pour les dégager. Dans cette guerre , Tétat de Berne avait un corps de 2,000 honuneSf pour lequel il demanda , le 2 février , 40 bourgeois et le 25 mars 60 autres. Il forma ensuite une nouvelle levée de 5,000 hommes, et requit de nouveau 60 bourgeois ; ce nombre parut trop onéreux à la ville, qui en demanda la réduction à 30 hommes.
En 1503, Berne fournit du secours au canton d'Ury pour défendre Bellinzone contre Louis XII ; la ville y joignit de ses bourgeois.
En 4 506 et 1507, il se fit à Neuchàtel, ainsi qu'en Suisse, des levées particulières pour le service de ce monarque ; les cantons les arrêtèrent chez eux ; la ville de Neuchàtd ea fit de même , et défendit à ses bourgeois de la campagne d'y prendre part.
Lors de la rupture des Suisses avec la couronne de France,
en 1512 , quoique les cantons subses fussent en possession du comté de Neucbàtel , la ville demeura en possession de ses franchises , et ainsi du traité de 1406 avec Berne, qui commença à en exiger les stipulations. Elle mit 12 bourgeois dans la tour Bayard pour garder ce passage d'entrée, fournit, le 26 avril , 12 hommes aux troupes de Berne , et le 24 juin 20 autres au corps de 2,000 hommes sous la bannière de ce canton. Indépendamment de ces secours exigés et fixés , il passa nombre de volontaires en Italie, où la fortune appelait les Suisses. Ainsi Ton vit plusieurs corps neucbàtelois , tant de Tétat que de la ville , qui se rendirent devant Dijon , en 1513 , avec les autres Suisses. Ils combattirent à Novarre dans la même année, à Marignan en 1515 ; cependant il s en trouva une partie de ceux qui étaient alors dans le Milanais, à Galleran , où fut fait entre François I^^ et les Suisses un traité qui, n'ayant point reçu d exécution de la part de ceuxci, fut suivi de la sanglante bataille de Marignan.
Avant cet événement, il se fit, le 10 juillet 1515, un traité d'alliance à Luceme entre Tempereur, le roi d^Espagne, les cantons suisses et le duc de Milan ; le pape Léon X y ac* céda peu après. De nouveaux flots de Suisses se jetèrent en Italie, et les Neucbàtelois y coururent avec eux. La bataille de Marignan , qui eut lieu les 13 et 14 septembre, changea les dispositions des Suisses ; ils firent en 1516, à Fribourg, le traité de paix appelé paix perpétuelle, avec la couronne de France ; il s'ensuivit des levées fixes auxquelles la ville de Neuchâtel prit part. Dans cette dernière campagne de 1 51 5, on voit par un rôle qu'il y avait 7i soldats requis et 343 volontaires ; la solde était de 5 plapparts , ou 10 y^ gros , ou 17 sous 6 deniers faibles , soit 3 V2 batz.
En 1 523 , la ville fournit de nouveaux contingens , et il s'en trouva probablement de requis ou de volontaires à la bataille de Pavie, en 1525.
Les dissensions religieuses qui s'élevèrent entre les Suisses en 1529, à cause de la réformation, les entraînèrent dans la guerre civile. Les cantons appelèrent leurs alliés, et la ville de Neuchâtel fournit, le 4 juin, un contingent de 80 hommes, puis le 18 septembre un autre de 1 00 hommes. Le 6 octobre 1530 , il en fut demandé un nouveau de 100 hommes, mais il ne parait pas qu'il ait été mis sur pied, Texplication donnée alors au traité de Bremgarten de 1529, ayant terminé la guerre.
J.-J. de Médicis, seigneur du château de Mûss sur le lac de CAme , ayant fait au commencement de 1531 une imption dans la Yalteline , les Grisons requirent les secours de leurs alliés ; Berne envoya 1,500 hommes et en demanda 10 à la ville de Neuchâtel. J.-J. de Médicis Ait batca et son château rasé.
En la même année, la guerre recommença entre les cantons protestans et les catholiques ; Berne demanda le 9 octobre à la ville 50 hommes pour Tarmée active (le comté en fournit 150), et le 13 octobre 40 autres pour la seconde armée de réserve , forte de 2,000 hommes. Le 28 , ce canton en demanda encore 8 autres pour joindre à un corps de troupes envoyé à Aigle , que Ton croyait menacé par les Valaisaos.
La ville de Genève , prête à succomber sous les intrigues sourdes et les attaques ouvertes du duc de Savoie, réclama le secours de Berne pour sa défense. Ce canton leva un corps de troupes, et demanda , le 22 septembre 1534, un contingent de 70 bourgeois de Neuchâtel. Les dangers de Genève croissant toujours, la guerre se déclara. Berne leva en 1536 un nouveau corps de 6,000 hommes , et requit Neuchâtel, le 16 janvier, de lui fournir un secours illimité , et le 28 la totalité de ce que cette ville pourrait armer de bourgeois. Elle eut ainsi une part essentielle à Timportante conquête du pays de Vaud.
D'autres réquisitions militaires eurent encore lieu jusqu'à la fin du XVI^* siècle. Il y eut des compagnies neucliàteloises dans les levées qui se firent en Suisse pour Henri IV, lors de la guerre de la ligue ; mais elles furent volontaires, et les défenses d'en envoyer en France n'y furent pas plus observées qu'en Suisse , tant Tardeur militaire et religietise avait de force sur les Neuchâtelois. Dans le XVII^ siècle, il fut requis par le canton de Berne un contingent, lorsqu'on 1653 les paysans se révoltèrent ; et en 1712 Neuchàiel en fournit un nombreux, dans la guerre civile religieuse entre les cantons.
L'esprit militaire , que les brillantes , quoique sanglantes expéditions du XV^ siècle et des premières années du XVI», avaient puissamment excité chez les Suisses, fut partagé par les bourgeois de Neucbàtel ; il se maintint dès -lors par les divers traités faits avec des puissances de 1 Europe pour la fourniture de troupes permanentes. Ainsi, dès 1516, la ville a toujours eu des militaires au service de la France ; dans le XVII* siècle , à celui des Etats-Généraux ; et au commencement du XVIII^, à celui du roi de Sardaigne. Ainsi que celui du comté, son militaire a toujours eu part aux capitulations des cantons évangeliques avec les états dont on vient de parler, et à la haute solde qui y était stipulée.
L*on a peu d'indications sur la solde que la ville payait à ces levées. En 1444, la paie était, pour une semaine, d'un florin d'or ou L. 1 » 15« faibles ; en 1468, celle du capitaine de 4 florins d'or par mois, et du soldat 3 florins , même valeur. Les deux plapparts, ou 17 sous 6 deniers faibles, payés en 1513, étaient une haute solde ; mais le duc de Milan, qui était riche et qui payait , avait besoin des Suisses , et les Suisses avaient besoin d'argent (z).
(z) L. 1 * 15% en 1444 , équiTalaicnt à 3 muids 6 scticrs de vin , prix do l'année; à 70 livres veau; en 1468, à 4 setiers 6 pots de vin, à 12 émines de pois; en 1513, à 7 pots de vin.