‹ Description topographique et économique de la mairie de Neuchâtel, avec des notes historiquesChapitre 73 sur 93 · BÉNISSIONS · texte numérisé non relu

BÉNISSIONS

Dans le culte catholique , au nombre des fêtes en nsage étaient les Bénissions, encore chômées dans quelques états; cette fête a lieu en été. Son objet est, ou la réjouissauce pour une bonne récolte, ou des prières à TEtre suprême pour qu*il la procure telle. L'influence du clergé , la pente que

(f) La ville envoya en 1589 au secours de Genève, à la réquisition d« Berne , une compagnie de 72 soldats , y compris le capitaine , un lieutenant, deux conseillers, le bandcrct ou porte -bannière, le /brwi»iM,k secrétaire, quatre trabans, un Ofre, un maréchal) deux tambours, un warM' meister, un richlcr, un rothroeistcr et un laquais pour porter la piqnc ^^ capitaine. Il est déjà parlé de ces consciUcrs dans des contingens duX^' siècle. Ils pouvaient être utiles pour empêcher les soldats d'abandonW leurs drapeaux, ou le corps de quitter Tarmée dont il faisait partie.

donnait Tignorance vers la superstition, firent multiplier les fêles religieuses ; la privation de spectacles publics fit que ces fêles en prirent la tournure. L'on se visitait alors ; les voisins allaient célébrer ces Bénissions les uns chez les aulres, et les Neuchâtelois ou les visitaient ou les recevaient à cette époque. Mais Tesprit militaire qui dans la Suisse se faisait remarquer en tout, influa sur la forme des Bénissions, car il y eut des compagnies militaires en 1464 et jusqu'au temps de la réformation où cette fête fut abolie.

AumouniNs.

Il est parlé pour la première fois à'Armourins ou de soidatssousla cuirasse, en 1473. Cette armure, peu commune encore , ajoutait au spectacle , et elle figurait dans les fêtes. Ils firent parade en 1479 à la foire de Saint-Jean et aux Bénissions. Les vingt-quatre cuirasses que les bourgeois de Neuchàtel avaient reçues des dépouilles des Bourguignons en 1476, plus propres que les communes, et dont les casques étaient ombragés de plumes, furent réservées pour ces fêtes publiques. Il est déjà parlé de gardes de foire en 1471 , mais il est assez probable que pour donner au public le spectacle de ces cuirasses , on commença en 1477 à en revêtir les gardes de foire, et à les faire paraître en procession. La vue des trophées obtenus par la valeur des Suisses, dont les bourgeois de Neuchàtel faisaient partie, était propre à augmenter le courage et l'émulation guerrière des citoyens. Ce spectacle n a plus lieu aujourd hui qu'à la foire de novembre.

A cette époque le Magistrat choisit quatre jeunes bourgeois adultes appelés Novices; ils revêtent, avec quelques membres du conseil et quelques autres bourgeois sans nombre fixe , la cuirasse et le casque. Ils ont la pesante hallebarde sur répaule, Tépée au côté, le tablier de buffle au lieu de cuissards. Leur capitaine, pris dans le petit conseil , est

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vétu de même. Précédés des huissiers de la magistralare, de celui de la juridiction , et d'une musique militaire (g), chaque Armourin Test encore de deux enfons portant des flambeaux de cire et de poi\. La procession part de Tbôtel-de-ville à rentrée de la nuit, escortée par un {][rand concours de peuple^ pour qui ce spectacle, quoique annuel, est toujours nouvean; et passant par diverses rues , elle se rend dans la cour do château , où le capitaine présente au chef du gouveroeme&t les nouveaux gardes de foire. Au retour , un souper simple d'institution, dont le prix ne varie pas malgré le renchérissement des denrées , est servi à tous les membres de la procession, adultes et enfans. Lorsqu'il est terminé , les quatre Novices entrent dans leurs fonctions de gardes de la foire pour le lendemain mercredi, avec la hallebarde et Tépée seulement , sans cuirasse ; ils visitent les rues , les auberges et autres lieux de réunion poujr y faire régner Tordre ; cette visite se fait jusqu'à minuit du mercredi au jeudi, durée primitive de la foire ; les autres jours et durant les foires de féwst et de Saint-Jean , la visite et le service se font par la garde de nuit de la police, qui alors fonctionne jour et nuit. Cette institution , sagement conçue , rappelait aux jeunes citoyeos la valeur de leurs pères et les relevait à leurs propres yen en leur montrant la confiance du Magistrat qui s'en remettait à eux du maintien de Tordre et de la police dans la ville.

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