RELATIONS EXTÉRIEURES
L'on ne peut connaître si avant Tan 1406 il existait des relations particulières entre la ville de Ncuchâtel et des villes peu éloignées , autres que celles d'un commerce journalier. 11 est possible qu'à la suite de la déclaration de Louis de Neuchâtel en 1355, de sa combourgeoisie avec la ville de Paycrne , il y ait eu des rapports plus particuliers entre les deux villes. Mais quoique la ville de Payerne alléguât en
4 557 des anciennes alliances et combourgeoisies entr'elie et Neuchâtel (m)^ cependant on n'a rien pu découvrir à cet égard dans les archives de la ville. Les rapports de Neuchâtel avec Tétranger ne durent se former que lorsqu'elle eut ixiit son traité de combourgeoisie avec la république de Berne en 1406. Par là elle fut connue des alliés helvétiques, avec lesquels son militaire combattit durant les fréquentes guerres qu eut la confédération dans les XV« et XVI® siècles. Cette communauté d'affaires , d actions , de sort , en établit une dans les intérêts. S'envisageant comme membres d'une même famille , leurs avantages , leurs pertes , leurs biens , leurs maux étaient en quelque sorte communs, et les témoignages de la part qu'y prenaient les intéressés associés , étaient prompts et réciproques , ainsi que les secours mutuels, militaires et autres , dans l'occasion.
En 1412, des particuliers de Berne, de Soleure et de Fribourg , de Morat , de Payeme et de Ncuveville , aidèrent gratuitement (sauf le vin) la ville de Neuchâtel dans la construction en pierre des piliers des arcades. L'on ne sait si ce fut de leur propre mouvement ou par ordre de leurs supérieurs.
En 1435, des députes de Berne, de Soleure et d'Arberg vinrent faire un compliment de condoléance à la ville , sans qu'on en connaisse 1 objet.
(m) Jaqucline de Roban cherchant à emprunter iO à 25,000 ocus pour payer la rançon de son (ils Léonor , les Quatre-Miniatraux s^adrcssèrcnt à quelques-uns de leurs bons voisins pour cautionner cette somme quMIs s'étaient engagés à trouver, et surtout à la Aille de Payeme, en donnant pour sûreté tout ce que la princesse possédait dans le comté , de plus les biens de la commune, ainsi que ceux de chacun de ses bourgeois. En conséquence, « les députés de Payeme envoyés aux nobles, honorables ' et prudents seigneurs messieurs les Quatre - Ministraux et conseil de
* Neuchâtel, sont autorisés par leurs pouvoirs datés du 43 novembre 4557, » et en vertu des anciennes alliances et combourgeoisies entre les deux
* villes, à contracter pour le dit cautionnement pour neuf ans seulement. »
En 4444, députation de Neuchàtel à Berne, à Soleureet à Bienne , « pour se condouloir avec eux de la perle qu'ib avaient essuyée devant Bâie (bataille du Saint-Jacques). »
En 1451, de même à Cudrefin, Morat et Grandson, ponr la perte de ceux de leurs gens qui s'étaient noyés ; et gratificalion aux riverains qui les retirèrent hors du lac.
En 1453, de môme à Grandcour pour incendie.
En 1480, de même à Bienne pour chute des cloches.
On ne s'étendra pas davantage sur ces marques d'intérêt données, dont on a déjà cité auparavant celle de Fenvoi d'un corps de 40 hommes en 1622 pour aider à construire les fortifications de la ville de Berne.
Par suite de cette confraternité résultant du concert dans les opérations militaires , les tambours , trompettes et fifres de chaque canton parcouraient la Suisse au commencemeDt de Tannée pour recevoir des étrennes. Neuchàtel y était compris et donnait de Targent, ou d'autres fois des chausses à ses couleurs. 11 n'est plus foit mention de cet usage depuis les premières années du XYI^ siècle; cependant il conUana encore long-temps.
Avant 1530, Ton n'aperçoit nulle relation entre les villes de Genève et de Neuchàtel ; mais la réformation qu'embrassèrent alors ces deux villes, en établit de très-étroites. Genève, berceau du calvinisme et séminaire de ceux qui le prêchaient, fournit dans l'origine plusieurs prédicateurs à Neuchàtel, comme dans la suite celle-ci y envoya des étudians en théologie pour s'y perfoctionner dans cette science. Ce fot donc avec zèle et empressement que cette dernière lui fournit des secours militaires dans les occasions où elle en fot requise par l'état de Berne ; mais elle témoigna encore d'une autre manière l'intérêt qu'elle y prenait, par le jeûne que le conseil de ville décréta le 12 janvier 1603, en même temps qu'une souscription volontaire chez les particuliers^
pour secourir Genèye qui, vers la fin de Tannée précédente, aTaii iailli être prise le jour de Noël par le duc de Savoie.