‹ Déserteur (roman patriotique)Chapitre 3 sur 9 · ous-oiÊcier dit · texte numérisé non relu

ous-oiÊcier dit

— Venez!...

Robert comprit que c'était fini, que tout était perdu. He.ïigné, il obéit.

Un instant son regard voulut aller faire comprendre a Magda son désespoir affreux, mais le regard ne rencontra personne.

Magda avait tout va, tout deviné, et elle venait de tomber évanouie, sur la banquette.

Seulement, ce même regard navré alla se heurter, quelques wagons plus loin, contre le sourire ironique et criiel de Karl qui r^'avaît rien perdu de cette scène.

Les bras nerveux de Robert se raidirent.

— Misérable ! murmura-t-il.

U vouict s'élaccer.

Le sous-officier crut qu'il alU ésistance.

Il dit, avec douceur et fermeté .

— Prenez garde, Lavidry, n'aggravez pas votre situation 1...

Le sergent s'appelait Ledrut. U était froid et sévère, Diais très juste avec les hommes.

Le pauvre Robert le tranquillisa.

— Ne craignez rien, sergent. Je vous suivrai I.ç, Puis, tout à coup, il eut un accès de désespoir.

— Eooutei-moi, aergeat, je ne suit pas aussi cju-

bÉSERTEUll

pabîe qae vous devez le penser. Je ne m'enfuyaiJi pasj-^ je poursuivais un homme que je viens (ie voir dans ce train,.. Il y a un grand intérêt à ce que je rjle quitte pas. Il y va de l'honneur de plusieurs personii'.-... Serjfent, je vou9 jure que je reviendrai œx constlttier prisonnier; mais, en ce moment, laissez moi partir... Je vous en supplîe... laiséez-moi partir,..

— Vous êtes fou; vous savez bien que c*est impossible...

— Qu'est-ce que c«ra vous fuit, que je sois en prisoii un jour ou deux plus tard?... Je n'en suis pas moins perd'.'.... Je lésais...

— Venez, allons I

— Le train va partir... sergent.

— Mon pauvre garçon, je vous dis que vous êtes fou. RéfléchiSvSez à ce que vous me demandez..,

Robert appuya les mains sur ses yeux.

G'etai* vrai. Il sentait la folie qui étreignait son cerveau. Le train s'ébranla.

Robert sut un sourd sanglot.

El Kirl, à la poriièie, ironique et souriaût, n'avait pas cessé de le regarder...

— Cette fois, viendrez- vous ?

— Oui. C'est fini. Je n'ai plus d'espoir.

— Vous alliez prendre ce train?

— Vous Tavez bien vu.

— Donnez- moi votre billet.

— Le voici.

Le sergent eut an Cressaillement, lorsqu'il lut la destination.

— Ah! dit-il avec un regard de reproche, vous aidiez A Metz.

Robert ne comprit pas.

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— J'allais à Mftz parce que c'était là que devail •arrêter l'homme que je poursuivais.

Le sous-officier haussa les epau'es.

— C'est drôle, dit-il, vous êtes engagé volontaire. îV est-ce pas?

— Oai.

— Et depuis peu de temps?

— Un peu plus de trois mois...

— Ce n'était vraiment pas la peine d'entrer au service pour déserter presque aussitôt...

Ils avaient traversé le quai, les salles d'attente et r^e retrouvaient dans la cour.

Deux hommes en civil les suivaient.

Robert n'y prenait pas garde.

C'étaient deux agents de police.

— Pourquoi avoz-vous déserté ? Vous trouviez le métier trop dur? On s'y tait très vite, vous aave-

— Non, j'ai toute ma vie voulu être soldat.

— Vous avez fait la noce, vous avez eu peur d'une punition sévère et vous n'avez • lus osé revenir ?...

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