SEULEMENT
r Par une existence élernelle dans le monde invisible, après une station dans le monde visible, ou sur la terre ou sur une autre planète.
2" Par une suite indéfinie d'existences analogues à la vie terrestre, soit en renaissant plusieurs fois sur le même globe, soit en passant d'un globe à un autre indéfiniment.
3* Par un alternat sans fin enlre les deux mondes , Fàme stationnant tour à tour , pendant un certain temps, dans chacun d'eux.
H faut admettre une de ces trois hypothèses, si l'on ne croit ni à l'anéantissement de l'àme, ni à sa fusion dans l'àme universelle, ce qui équivaudrait à l'anéantissement, toute individualité étant
ainsi perdue.
On pourrait encore comprendre l'immortalité d'un être qui naîtrait dans le monde invisible et qui n'en sortirait jamais. Mais cet être qui n'aurait pas paru dans le monde visible n'appartiendrait pas à l'espèce humaine.
11 reste bien , en dehors des trois suppositions , le système de Pythagore et des Brahmanes, l'idée de la transmigration des âmes dans les corps
des animaux et des végétaux. Mais ce système peut être écarté à priori.
L'àme de l'animal est une parcelle détachée pour un instant de l'àme universelle où elle doit rentrer et se confondre. L'àme de l'animal est immortelle de la même manière que son corps dont aucune molécule ne se perdra ; elle est mortelle, comme le corps, quant à ce qui constitue son rôle actuel, son individualité.
Les animaux diffèrent de l'homme, au moral, par un caractère du premier ordre. Ils n'ont aucune préoccupation en dehors de leur existence présente, l'infini ne les affecte par aucun côté. Ils ne connaissent pas même la mort, par conséquent ils ne la craignent pas, ils ne redoutent que la douleur.
Les animaux ont été créés pour nous aider dans la gestion du globe, pour satisfaire nos besoins, pour ajouter à nos plaisirs. Dieu ne leur a fait aucune promesse, puisqu'il ne s'est pas fait connaître d'eux, et leur corps est parfaitement incapable de revêtir l'àme humaine.
L'homme qui décide du sort des animaux, leur doit une vie heureuse, terminée, lorsque cela est nécessaire, par une mort exempte de douleur. Quand l'homme inflige aux animaux d'inutiles
souffrances, quand, par exemple, il se fait un speclacle de leur agonie , quand il prend plaisir à les faire s'enlre-déchirer , il commet une mauvaise action, et des facultés précieuses et délicates de son âme s'en émoussent.
On objectera peut-être aux fonctions que j'assigne aux animaux, que le tigre, le crocodile, la vipère, les insectes malfaisants si nombreux, ne paraissent guère avoir été créés pour notre satisfaction. 11 se développe aussi des parasites de pins d'un genre sur un corps bumaiu négligé et malpropre. Dans un cas comme dans l'autre le remède est à notre portée : des soins hygiéniques et de
Tordre.
Les animaux que nous jugeons malfaisants, qui le sont effectivement aujourd'hui pour nous, avaient cependant à remplir une fonction transitoire essentielle. Tant que l'homme est trop faible pour pouvoir, trop ignorant pour savoir maintenir un juste équilibre entre les éléments, entre les productions de la nature, ces animaux le suppléent. Les uns comme les chacals, les hyènes, les vautours, les oiseaux de rivage dépècent et font disparaître les corps, les matières dont la putréfaction empoisonnerait les airs. Les autres, comme les insectes, travaillent à la subdivision des subs-
DANS LES DEUX .^lOxNDES.
lances qu'ils réduisent en atomes , afin que la force créatrice ressaisisse plus promptement les éléments que toujours elle est pressée d'utiliser de nouveau. Les plus puissants s'opposent à la pullulation exagérée des plus faibles, etc., etc.
Mais quand l'humanité s'avance, intelligente et forte, quand elle saisit les rênes d'une main ferme, elle refouie et fait disparaître sans peine , tous ces èlres qui lui nuiraient.
Cette question des animaux demanderait un développement que je ne dois pas lui donner ici.
En résumé nous avons établi dans ce chapitre , que le problème de l'immortalité sera traitée intégralement si l'on étudie trois hypothèses, une quatrième ne pouvant être posée.
Cherchons donc si l'immortalité est pour l'homme :
Par une éternité dans le monde invisible ;
Par une éternité dans le monde visible ;
Par un alternat éternel entre les deux mondes.
Faisons ressortir, devant la conscience et la raison , les conséquences de chacune de ces suppositions.