‹ Destinée de l'homme dans les deux mondes [microform]Chapitre 3 sur 20 · DIEU A FAIT L'HOMME A SON IMAGE · texte numérisé non relu

DIEU A FAIT L'HOMME A SON IMAGE

DANS LES DEC\ MONDES

Dieu nous a faits à son image, il nous a donné une raison semblable à la sienne, il nous a doués comme il est lui-même doué ; nous lui ressemblons enfin, avec cette seule différence qu'en nous tout est fini, tandis qu'en lui tout est sans limites.

La nécessité absolue, pour donner un sens à la vie; de cette ressemblance de l'homme à Dieu est évidente. Sans cette ressemblance , tout nous devient justement suspect: impressions, jugements, pensées; tout nous échappe, toute certitude manque de base , toute confiance s'évanouit ; et le doute nous fatigue à jamais de sa désespérante oppression.

Il faut donc admettre que chacun porte en soi une épreuve de l'àme divine ; épreuve bien réduite et bien pâle, mais cependant fidèle, en ce sens que si elle est loin de reproduire le modèle en entier, le [)eu qu'elle donne mérite du moins toute confiance par son exactitude.

Ainsi , s'il est des choses que nous ne pouvons comprendre , des aspects qui se perdent dans un lointain où nos regards ne peuvent atteindre, Tinfini par exemple, qu'une intelligence finie ne peut embrasser ; nous ne nous faisons pas illusion sur

notre incompétence: Tandis que, pour les choses que notre esprit saisit, nous prononçons, quand il a Lien vu, avec la plus entière certitude.

Cette différence entre les choses placées, les unes en deçà, les autres au-delà de la portée d'une hitelligence finie, est admise par les Chrétiens eux-mêmes. On lit dans les études philosophiques sur le Christianisme, publiées par M. Nicolas, Juge de paix, avec approbation de Monseigneur Donnet, archevêque de Bordeaux, avec lettre de félicitation du R, P. Lacordaire; ouvrage volumineux et parvenu cependant déjà à sa 14^ édition : (1)

« Toutefois, disons-le hautement, si quelque « dogme de la religion chrétienne impliquait « contradiction , ce dogme et la religion seraient - fausseté. Si la religion est vérité, elle ne doit

>> ÊTRE CONTRAIRE A AUCUNE ESPÈCE DE VÉRITÉ, puisqUC

>» la Vérité est une, et qu'elle doit être intacte sous » tous ses rapports . ,

(1). Le InTe de M. Nicolas est moderne, il est accepté pailes catholiques comme une œuvre capitale, parfaitement orthodoxe, excellente pour la propagation. Ces considérations nous ont engagé à y chercher, sur plusieurs points, la pensée vraie du Catholicisme de nos jours.

« La religion serait aussi contraire à ellemême, si, dans un dogme fondamental, elle venait à heurter quelque vérité absolue de l'entendement humain. Leibnitz a formulé cette distinction en ces termes: // est une distinction, quil ne faut pas oublier, entre ce qui est au-dessus de la raison et ce qui est contraire à la raison. Ce qui est contre la raison est contre des vérHés absolument certaines et indispensables, et ce qui est au-dessus de la raison est contraire seulement à ce que nous avons coutume d'expérimenter. Une vérité est au-dessus de la raison, quand notre esprit, ou même tout esprit créé ne la saurait comprendre ; telle est à mon avis , la sainte Trinité; tels sont les miracles réservés à Dieu seul, » comme par exemple les créations. Mais une ). vérité ne saurait être contraire à la raison, » et bien loin quun dogme combattu par la » raison soit incompréhensible, on peut dire >. que RIEN n'est aussi aisk a comprendre que son I» absurdité. »

Ainsi , quant aux principes , nous sommes en parfait accord avec des chrétiens , avec Leibnitz , avec des calhohques orthodoxes, avec M. Nicolas,

^''* DESTI.\ÉE DE l'iiOMME

avec le R. P. Lacordaire, avec Monseigneur de Bordeaux.

Ainsi nous sommes sans contradicteurs quand nous affirmons qu'on ne peut soutenir ce qui esl contraire à !a raison, en l'étajanl du nom de Mystère, le prétendu Mystère étant percé , dévoilé, compris , quand la raison le flétrit du signe de la fausseté ; ainsi tontes les choses que Tinteiligence embrasse ont l'intelligence pour juge infaillible, unique, sans appel.

Si jusqu'à la fin nous restons fidèle à ces principes , si ceux qui les ont posés avec nous ne peuvent marcher dans leur voie sans s'en écarter; si nos idées s'accordent toujours, si, entre leurs idées il y a toujours contradiction ; ne reconnaîtral-on pas que c'est bien dans notre camp que la vérité s'est assise.

Ainsi personne ne conteste cette vérité capitale: que Dieu se lient constamment et directement en rapport avec chacun de nous , tant que nous ne nous y refusons pas , par les facultés animiques qu'il nous a données pour qu'elles vibrent en accord parfait avec ses facultés propres. Ainsi

Dieu montre bien pour tous ses enfants un é§al amour , une pareille sollicitude.

Les œuvres de Dieu perdraient ce grand caractère de Justice individuelle laissant intacte la loi d'uniié, s'il délaissait les masses pour se révéler exclusivement à quelques privilégiés, dans certains lieux, à certaines époques, et par des procédés spéciaux.

De plus, tous savent aujourd'hui qu'il ne s'agit pas seulement de la terre et de l'humanité qui la couvre. Des globes sans nombre sont disséminés dans l'espace , et sur chacun d'eux, sans aucun doute, des êtres intelligents ont pour devoir de connaître les lois divines et de les pratiquer.

Il est facile de comprendre comment ce devoir s'accomplit partout et par le même procédé. En consultant son sens intime, sa conscience que les bons désirs et les méditations rendent de plus en plus lucide , l'habitant de chaque planète crée les sciences morales et religieuses , comme il crée les sciences physiques en consultant son intelligence. De part et d'autre il sort de la nuit pour arriver à la lumière.

Pense-t-on qu'il serait plus digne que Dieu se révélât sur chaque planète, à un instant donné

DESTI.NÉE DE l'hOMME

soit par des procédés toujours nouvoaux, toujours différents les uns des autres ; soit en répétant indéfiniment la méthode que nous aurions vue une fois en action sur notre propre terre.

L'idée que les lois divines s'appliquent à l'univers entier, qu'elles doivent embrasser l'infini dans leur universalité, tend donc à fortifier la confiance que nous devons avoir dans la raison que Dieu nous a donnée et dans les arrêts qu'elle prononce, soit qu'elle accepte , soit qu'elle rejette.

Disons, avant de continuer, que nous ne prenons à partie ni M. Nicolas, ni les autres écrivains que nous pouvons encore citer. Nous combattons non des personnes, mais des idées, et des idées qui ont puissance par le nombre de ceux qui les professent et qui les acceptent.

Pour préciser, pour être certain de bien exprimer les pensées que nous critiquons , pour qu'il ne reste aucun doute à cet égard , nous prenons ces pensées dans les écrits où elles nous paraissent formulées avec le plus de netteté, et Ion doit voir sous des noms propres, non pas lies opinions particulières, mais des croyances

Irès-répanducs, exposées dans cent autres écrits et qui exercent une influence capitale sur le développement de l'esprit humain , sur la marche de rhumanilé.

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