TRAVAIL ATTRAYANT
Je termine par une remarque dont le lecteur appréciera la portée. — Nous avons établi, d'abord par des considérations d'économie, d'ordre, d'unité, l'excellence de l'Association. Plus tard, nous adressant à l'organisme humain et lui demandant compte de ses exigences et de ses désirs, nous avons eu pour réponse l'ordonnance sériaire. Or, ce mécanisme sériaire, voulu par l'essence passionnelle de notre nature, ne peut évidemment jouer, avec sa liberté, ses réunions nombreuses, ses Discords, ses Accords et ses Engrenages, que dans un large milieu, dans un milieu unitaire et associé. Il faut, pour l'application de ce mécanisme, un miheu trois ou quatre cent fois plus large que le ménage familial, étroite base des sociétés morcelées : il faut, comme première base d'opération, la Phalange de quinze à dixhuit cents personnes.
Ainsi, des considérations purement industrielles nous ont amené à l'Association comme but final de l'économie sociale ; et maintenant, des considérations d'un tout autre ordre, des considérations psycho-physiologiques, Tétude des passions natives, nous ramènent aussi à ce même but. Ce que veulent les convenances de raison, les lois mathématiques appliquées à la détermination des maxima de production, de consommation, de bien-être, les conditions d'ordre général, eh bien! c'est aussi ce que veu-
lent les forces vives de lame tiumaine, les ressorts élémentaires de la spontanéité, ces passions tant décriées, tant et si vainement attaquées, ces passions dont on n'a jamais seulement daigné examiner les réclamations, ces passions que la morale, la loi, la religion poussaient du pied à la porte à qui mieux mieux, sans seulement consentir à les regarder en face, à les nommer, à les compter. C'étaient les passions qui avaient raison dans leur révolte acharnée contre la forme de la société, et l'intelligence, mieux avisée, comprend aujourd'hui qu'elle ne peut avoir un plus haut et plus digne emploi que celui de suivre leurs révélations, qui enseignent les vraies lois de l'ordre, et peuvent seules nous initier à la connaissance des éternelles harmonies du monde ! — Cette magnifique correspondance entre les exigences mathématiques, les convenances générales d'ordre et de raison, et les exigences passionnelles de l'homme, les convenances de hien-être, de plaish', de honheur, n'est-elle pas la preuve la plus élevée de la helle Destinée réservée à l'homme, de l'ordonnance parfaite de toutes les choses de l'univers sous l'action de la Loi providentielle ? Qui oserait méconnaître dans ces merveilleuses corrélations l'intervention des intelligences supérieures ? Qui oserait nier l'harmonie préétablie ? Qui peut méconnaître la Destinée d'harmonie et de gloire ?