VICES DU SIMPLISME EN ECONOMIE
Accusons d'abord le génie moderne sur la manie des améliorations simples qui se contrecarrent et se neutralisent. Tel canton, aidé d'une société d'agronomes, a légèrement perfectionné une branche de culture : on chante victoire, et sur quoi ? Sur ce que le bien a fait un pas, tandis que le mal en a fait dix, par la dévastation des forêts et l'empirisme des climatures. Les modernes se défieraient de pareilles illusions, si la science les eût habitués à calculer sur l'ensemble des biens désirables, spéculer sur le tout combiné avec les parties; enfin, s'élever du mode simple au composé intégral.
Observons ce vice de simplisme dans l'ensemble des voies et moyens d'enrichissement ; puis nous descendrons du tout à la partie, à la source, qui est la journée de travail.
Il est deux principes constituants du luxe ou richesse :
L'interne ou santé proportionnelle aux âges; L'externe ou fortune proportionnelle aux classes;
La fortune nous assure les jouissances du luxe condi-
Béni^fices détaillés de la gestion unitaire ; greniers, caves, comestibles, fruits, transports, p. 318 ; — Distinction des bénéfices en génériques et puissaticiels, p. 359; — Enormité des bénéfices relatifs : trentuple, centuple, milluple, infinitésimal, p. 367 ; — et le Posi-ambule, p. 492 du même volume.
DÉVELOPPEMENT IIHDUSTRIEL. 317
tionnellement, et sauf la santé ou luxe interne, essor complet des facultés sensuelles.
L'économismo composé doit spéculer sur le concours des deux luxes; il tombe dans le mode simple, s'il organise un régime où les deux luxes ne marchent pas de concert, ne se prêtent pas un appui réciproque.
Le contraire a lieu en Civilisation : l'on y observe que la classe opulente a moins de vigueur que le campagnard, qui, peu rétribué en richesse externe dite fortune, obtient davantage en richesse interne ou santé : on ne voit guère la goutte s'installer dans les cabanes ; on la voit fréquemment sous les lambris dorés.
L'ordre civilisé établit de fait un conflit des deux luxes, une scission entre eux, car le luxe interne, ou santé proportionnelle aux âges, est en raison divergente du luxe exlerne, ou fortune proportionnelle aux classes. Le riche est moins robuste que le pauvre; ce qui est en mécanique la plus monstrueuse duplicité d'action. Les deux luxes doivent, selon l'unité, être convergents; chacun des deux doit soutenir l'autre et conduire à l'autre. Quoi de plus vicieux qu'un assemblage de deux éléments qui se contrecarrent! c'est l'image de ces mauvais ménages où chacun des deux époux ruine à l'envi la maison.
Telle est parmi nous la marche des deux luxes , toujours en conflit : l'externe ou richesse entraîne à des excès qui altèrent la santé, ou luxe interne; et de même le luxe interne ou vigueur entraîne à des abus de plaisir qui compromettent la fortune. Tous deux se détruisent l'un par l'autre : comment nos beaux esprits osent-ils parler d'unité d'action et
d'économie de ressorts, quand la duplicité règne dans le jeu discordant ou simple de ce mécanisme où l'on s'éloigne de la richesse dans les fonctions qui donnent la santé, et où l'on s'éloigne de la sanlé dans les plaisirs que procure la richesse ? Peuvent-ils nier que le bonheur et la sagesse consisteraient dans un ordre de choses qui combinerait richesse et santé, conduirait à l'une et à l'autre simultanément ? Telle est la propriété du régime sociétaire.
Un préjugé nous a abusé sur le désordre actuel, ou conflit des deux luxes : on a pensé que la Providence avait voulu partager ses faveurs, donner au pâtre et au Sauvage la vigueur en indemnité de leurs privations. Ce sophisme présente une idée de balance équitable ; il n'est pas moins erroné : ce n'est pas ainsi que Dieu spécule sur la justice ; nous verrons à l'article du malheur bi-composé, qu'il ne veut rien de simple dans la destinée de l'homme, et qu'il ne place pas l'équilibre dans une divergence, mais dans une convergence d'éléments contrastés.
Tel est l'effet des Séries passionnelles.
Précisons bien ce tort radical de nos équilibristes sociaux, tout aheurtés à spéculer en simple, savoir :
Les politiques, sur la richesse, en négligeant la santé : Les moralistes, sur la santé, en négligeant la richesse.
Tout étant composé dans la destination humaine, si la masse n'arrive pas aux deux luxes combinément, elle tombera dans les deux pauvretés cumulativement. C'est ce qui a lieu dans l'état actuel, où l'on voit une chute :
Des GRANDS en pauvreté relative,
en débilité comparative et relie :
Des PETITS en pauvreté réelle,
en débilité relative et obligée (1).
Tels sont les résultats constants de l'état morcelé. Peu importe que les théories prétendent nous conduire au luxe composé, ou luxe interne et externe^ quand il est notoire que le Civilisé est moins robuste que le Sauvage, et le citadin moins que le villageois ; qu'enfin l'ordre civilisé fait diverger les deux luxes, au lieu de les faire converger, marcher de front.
Voilà l'erreur définie en sens général : j'ai analysé jeu simple et conflit dans la tendance aux deux luxes ; attaquons maintenant le simplisme sur quelque errement spécial ; des-
(1) Elle est obligée, en ce que le besoin de travailler les force à faire le sacrifice de leur santé dans des fonctions malsaines, des ateliers insalubres, des exercices outrés qui usent de bonne heure les tempéraments, exposent le peuple aux fièvres et épidémies, sans moyens de traitement. Il est donc en débilité relative et obligce; et rien n'est plus faux que ces visions d'équilibre qui placent la santé chez le peuple en dédommagement des richesses. Il a les germes de santé ; mais il est forcé à s'en priver lui-même, et se précipiter par misère dans les maladies, courir à la mort pour échapper à la famine.
L'esprit civilisé, tout sophistique, aime à se repaître de compensations illusoires comme celles que je viens de réfuter. La vérité est que l'homme étant un être de destin bi-composé, doit arriver ou au bonheur bi-composé dans l'état de choses voulu par Dieu, ou au malheur bi-composé sous les lois des hommes. C'est ainsi qu'on doit envisager la justice divine sociale : elle est franche quant aux voies et moyens ; invariable dans sa marche composée ; pleine en bienfaits comme en fléaux : témoin la peste bi-composéc ou quadruple dont nous sommes frappés aujourd'hui ; enfin, elle est toutà-fait incompatible avec les escobarderies de contrepoids et de compensation que le sophisme veut lui prêter. . ji
cendons du tout à la partie, à la journée de travail. Nous allons distinguer sa valeur en degrés multiples, et arguer de ce calcul contre l'Économisme civilisé, qui ne spécule que sur la journée simple ou industrie apathique et réduite au plus bas degré de produit, à la moindre activité possible.
Comment travaillent nos athlètes salariés ? Us ne cherchent qu'à esquiver la tâche. Ils baguenaudent si le maître s'éloigne : l'ouvrage est double si le maître surveille sans relâche.
Un ingénieur me disait d'un travail : « cela n'avance pas du tout, il y a 40 pionniers. — Cependant, répondis-je, 40 hommes robustes. — Bah ! 40 pionniers font de l'ouvrage comme 5 hommes ; ils travaillent par punition, sans gratification; ils en font le moins qu'ils peuvent.» Même raisonnement va s'appliquer au parallèle de Civilisation et d'Association. Nous allons voir que 40 Civilisés de la classe des maîtres, des bons ouvriers, font de l'ouvrage comme 5 Harmoniens; différence d'un à huit.
Analysons les incidents qui diminuent le produit de la journée d'un salarié : estimons la valeur des ralentissements actuels et des stimulants à mettre en jeu par l'Association.
Ire PUISSANCE.
L'Esprit de Propriété aidé de la Vérité.
L'esprit de propriété est le plus fort levier qu'on connaisse pour électriser les Civilisés : on peut, sans exagération, estimer au double produit le travail du propriétaire, comparé au travail servile ou salarié. On en voit chaque jour les preuves de fait : des ouvriers d'une lenteur et d'une ma-
ladresse choquante lorsqu'ils étaient à gagos, deviennent des phénomènes de diligence dès qu'ils opèrent pour leur compte.
On devrait donc, pour premier problème d'économie politique, s'étudier à transformer tous les salariés en proj)riétaires co-intéressés ou associés. C'eût été doubler la valeur des journées à gages, et par suite les avantages d'accélération.
Mais les salariés ne composent que les trois quarts de la population industrieuse (compte général établi sur les pays d'esclavage et de liberté). Comment élever l'autre quart des journées, celles des maîtres, au double produit?
Omettant ici les petits moyens, comme exemption de surveillance, retour des maitres et commis aux travaux qu'ils inspectaient, je me fixe au levier le plus puissant, celui de la vérité qui règne en Association. Il suffirait, en agriculture et manufacture, de la garantie de vérité et fidélité des agents, pour que les chefsentreprissent une infinité de travaux auxquels ils n'osent pas mcme songer aujounrhui. .l'ai remarqué, en parlant des vergers, qu'on planterait vingt fois plus d'arbres à fruit, si on avait la garantie de n'être ni trompé sur la qualité du plant, ni volé du fruit, obligé de le cueillir en masse et avant maturité ; si on avait de plus la garantie de capitaux à prix non usuraire, comme on l'aura en Harmonie, après la chute de l'agiotage.
Ces deux ressorts, propriété et vérité, fournissent déjà plus de moyens qu'il n'en est besoin pour élever la masst des journées de travail à double valeur; et dans cette hypothèse, uneprovince d'un million d'habitants fournira le produit que peut donner aujourd'hui celle peuplée de deux millions. II 31
L'Extension de la Mécanique malèrielle et sociétaire.
J'en ai cité en menus détails, des produits décuples, vingtuples, et même centuples en quelques branches. En y ajoutant le bénéfice des unités générales et du commerce véridique (avantages dont on se convaincra au 2^ tome), on est fondé à doubler en masse l'estimation précédente, et l'élever de deux à quatre. Dans ce cas, le million d'hommes en vaudra quatre, ou bien la journée de travail estimée aujourd'hui un écu, vaudra quatre écus.
Donnons un exemple partiel, tiré de l'irrigation, branche de mécanique matérielle. Son seul produit peut doubler, en moyen terme, les récoltes de tant de pays chauds, Espagne, Levant, etc., tout à fait privés de moisson lorsque les pluies viennent à manquer. Tant d'autres n'ont que demi ou quart de récolte, faute d'arrosage, et ne cultivent pas les objets que la garantie d'eau leur permettrait d'introduire dans les pentes ou les plaines, si le travail des hauts bassins et des rigoles de pentes était généralement entrepris.
Cependant l'irrigation générale de pentes et plaines, travail de si grand prix, ne serait qu'un des mille prodiges de l'Association : quelle source de bénéfices !
L'Enthousiasme Sériaire, Fougue de la Composite.
Un travail réfléchi donne à peine, malgré son activité, moitié de ce que produit le travail passionné, d'où naissent la dextérité, la fougue industrielle, et les prodiges incroyables
pour ceux mômes (jui les ont opérés. Co levier suffit à lui seul pour élever un bénéfice déjà copieux par une bonne gestion. Ainsi la journée de travail dont le produit se trouvait quadruplé selon les chances des 1 "^ et 2* puissance, parviendra au degré ocluple par enthousiasme composé, levier de 3« puissance : il est attribut permanent des Séries pass., qui se jouent des obstacles: elles élèvent l'habileté, l'activité, à une perfection qui ne peut naître que des passions nobles, dont on ne trouve aucun germe dans les vils ressorts d'intérêt qui stimulent un maître en Civilisation.
Le Retour des Improductifs au Travail.
Quel est aujourd'hui le nombre des travailleurs actifs et positifs? Il ne s'élève qu'au tiers de la population. J'ai prouvé ('!'* notice, 2" p.), qu'un ouvrier utile en apparence, ne fait souvent qu'un travail négatif, comme le mur de clôture, qui n'est pas produit réel et positif.
Dans le parallèle des travaux de Civilisation et d'Harmonie, on reconnaîtra que nous avons en fonctionnaires nuls ou négatifs, les DEUX TIERS de la population ; savoir :
Sloblcou ÎJC5 3mj)ïoî)ui:tifô çn fiiotltaotton.
s i 4. Armées. 6
h. Femmes. I 5. Fiscaux. 1 ^- Chômage.
I 2. Enfants. s 6. Manufactures. ! ''^- Sophistes.
|3. Valets. ^7. Commerce. 1 "^^ ^'''^•
I I 8. Transport. | ^^- Scissionna.res.
Y Agents de destruction positive.
X Agents de création négative.
Division antérieure . Les Parasites domestiques.
1" Les trois quarts des femmes de la ville et moitié de celles de la campagne, par absorption aux travaux de ménage et à la complication domestique. Aussi leur journée n'est-elle estimée, en économisme, que le quint de celle de l'homme.
2" Les trois quarts des enfants, pleinement inutiles dans les villes et peu utiles dans les campagnes, vu leur maladresse et leur malfaisance [1).
3° Les trois quarts des domestiques de ménage, non cultivateurs, dont le travail n'est qu'effet de complication, surtout en cuisine, et la moitié des valets d'écurie, qui n'étant M nécessaires que par suite du Morcellement industriel, deviennent superflus en Association.
(I) « J'observais un jour 5 enfants employés à garder 4 vaches ; (plus de bergers que de bêtes). Que faisaient-ils? Ils mettaient leurs vaches dans les blés verts et en épi. J'avertis le premier de faire retirer la vache placée devant lui. Il me répondit : « Ce n'est pas la mienne. » Je fis même injonction au suivant, et j'en obtins pareille réponse. A les entendre, les i vaches n'étaient à aucun des 5 bergers. Je me relirai en haussant les épaules sur nos perfectibilités économiques,
■> On prétend que les enfants de village travaillent beaucoup : rien n'est plus faux. On en jugera par le tableau des emplois de l'enfance dans l'état sociétaire, où son service est d'un produit su ■ périeur à celui que donnent les pères en Civilisation, quoiqu'elle se borne à s'emparer des fonctions faciles qu'exercent aujourd'hui les pères; fonctions qui, une fois envahies par les femmes et les enfants, laissent d'autant plus de marge aux travaux de force, comme irrigation et autres, dévolus aux athlètes masculins, qu'absorbent aujourd'hui la complication domestique et la répartition confuse des agens. »
DÉVELOPPEMKriT INDUSTRIRI.. 32H
Ces trois classes composant lo ménai;e, forment une division à part dans la série des parasites. Elles cesseront d'y figurer dans l'état sociétaire, où la répartition judicieuse, l'emploi opportun des sexes et des services, réduiront au quart ou au quint le nombre des bras qu'emploie aujourd'hui Fimmense complication des ménages morcelés ou familles incohérentes.
Division intérieure. Les Parasites sociaux.
4° Les armées de terre et de mer, qui distraient du travail la plus robuste jeunesse et la plus forte somme d'impôts, disposent ladite jeunesse à la dépravation, en la forçant à sacrifier à une fonction parasite les années qu'elle devrait employer à se former au travail dont elle perd le goût dans l'état militaire.
L'attirail d'hommes et de machines qu'on appelle armée, est employé à ne rien produire, en attendant qu'on l'emploie à détruire. Cette a** fonction sera relatée plus loin. Nous n'envisageons ici l'armée que sous le rapport de stagnation.
.^° Les légions de régie. On voit la seule douane absorber en France 24,000 hommes : ajoutons-y les droits réunis et autres armées de commis, gardes champêtres, gardes-chasse, espions , etc., enfin toutes administrations complicatives , comme celles de finance et autres, qui seront inutiles dans un ordre où chaque Phalange paiera tous les impôts à jour fixe et sur simple avis du ministre.
6° La franche moitié des manufacturiers réputés utiles, mais qui sont improductifs relativement, par la mauvaise qualité des objets fabriqués; objets qui, dans l'hypothèse
d'excellence générale, réduiraient l'usé et la falîrication à moitié de la déperdition actuelle, et souvent aux 3/4 dans les travaux entrepris pour le Gouvernement, que chacun s'accorde à duper.
7° Les 9/1 0™6s fies marchands et agents commerciaux, puisque le commerce véridique ou méthode sociétaire effectue ce genre de service avec le 1 0^ des agents qu'y emploie la complication actuelle. (Ce nouveau mode commercial est une des belles branches d'Association, et je regrette de ne pouvoir en donner connaissance dans ces deux premiers tomes, qu'il est forcé de consacrer aux instructions préliminaires et aux dispositions domestiques.)
8° Les deux tiers des agents du transport de terre et de mer, qui sont mal-à-propos compris dans la classe du commerce, et qui, au vice de transport compliqué, joignent celui de transport aventureux, notamment sur mer, où leur impéritie et leur imprudence décuplent les naufrages.
Plaçons dans cette catégorie la contrebande, qui souvent aboutit à décupler la somme des mouvements et agents qu'emploierait le transport direct. On a vu des étoffes, pour aller de Douvres à Calais, passer par Hambourg, Francfort, Bàle et Paris ; faire 500 lieues pour 7, le tout pour l'équilibre du commerce et de la perfectibilité.
Division postérieure. — Les Parasites accessoires :
9° Les Chômeurs légaux, accidentels et secrets, les gens inertes, soit par manque d'ouvrage, soit par récréation. Ils la refuseraient dans le cas de travail attrayant ; ils la poussent au contraire au double des concessions légales, chômant
Saint Lundi, le plus ruineux de tous les Saints, car il est festoyé 52 journées par an, dans les villes de fabrique.
Ajoutons les fêtes de corporation, de révolution, de carnaval, de patronage, de mariage, et tant d'autres qu'on ne voudra plus chômer dans uik ordre où les réunions industrielles seront plus agréables que les festins et bals des Civilisés.
Dans lo chômage, il faut porter en compte la station accidentelle. Si le maître s'éloigne, les ouvriers s'arrêtent : s'ils voient passer un homme ou un chat, les voilà tous en émoi, maîtres ot valets, s'appuyant sur la bêche et regardant pour se délasser : 40 fois, 50 fois par jour ils perdent ainsi cinq minutes. Leur semaine ressort à peine à quatre journées pleines. Que de chômage, sans l'Attraction industrielle !
1 0" Les Sophistes, et d'abord les controversistes ; ceux qui les lisent et s'entremettent à leur instigation en affaires de parti, en cabales improductives. Il faut ajouter au travail de controverse qui embrouille chaque sujet, les commotions politiques et distractions industrielles dont il est la source.
Le tableau des controversistes et sophistes s'étendrait bien plus loin qu'on ne pense, à ne parler que de la jurisprudence qui semble un sophisme excusable ; supposons que l'ordre sociétaire n'engendre pas le 20^ des contestations actuelles, et que, pour terminer ce peu de différends, il ait des moyens aussi expéditifs que les nôtres sont complicatifs ; il en résulte que les 19/20'"" du barreau sont parasites, ainsi que les plaideurs, les témoins, les voyages, etc., etc. Combien d'autres parasites en sophisme, à commencer par les économistes, qui déclament contre le corps des parasites dont ils portent la bannière.
f'I" Les Oisifs, gens dits comme il faut, passant leur vie à ne rien faire. Joignons-y leurs valets et toute la classe qui les sert. On est improductif en servant des improductifs comme les solliciteurs dont on a compté jusqu'à 60,000 dans la seule ville de Paris. CoUoquons ici tout le monde électoral.
Les prisonniers sont une classe d'oisiveté forcée ; les malades encore mieux. On ne verra pas, chez les Harmoniens natifs, le dixième des malades qu'on voit en civilisation. Ainsi, quoique la maladie soit un vice inévitable, il est susceptible de correction et de réduction énormes. Sur dix malades il y en a neuf enlevés mal-à-propos au travail, par effet du régime civilisé ; neuf qui dans l'état sociétaire seraient bien portants, n'en déplaise aux médecins.
ii° Les ScissiONNAiRES, gens en rébellion ouverte contre l'industrie, les lois, les moeurs et usages. Tels sont les loteries et les maisons de jeux, vrais poisons sociaux, les chevaliers d'industrie, les femmes publiques, les gens sans aveu, .és mendiants, les filous, les brigands et autres scissionnaires dont le nombre tend moins que jamais à décroître, et dont la répression oblige à entretenir une gendarmerie et des fonctionnaires également improductifs.
X Classes iuvotales.
ï Uireclc. Les agents de destruction positive ; ceux qui organisent le famine et la peste, ou concourent à la guerre. L'ordre civilisé accorde sa haute protection aux agents do famine et de peste ; il chérit les agioteurs et les Turcs ; il encourage toute espèce d'invention qui peut étendre les ravages de la guerre, fusées Congrèvc, canons Lamberti, etc.
{Nota. Les militaires, dans ce tableau, figurent en double
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ligne; ici comme fais.mt la guerre, opérant, la (leslruclion, et au n" 4, comme bornés à la stagnation, au rôle improductif. Ce n'est pas double citation, mais différence de rôle, double caractère qui exige deux articles distincts.)
j^ Inverse. Les agens de création négative. .)"ai déjà prouvé qu'ils sont excessivement nombreux ; que la plupart des travaux, tels que murs de clôture, sont relativement Improductifs : d'autres sont illusoires, par mal-entendu et maladresse, comme édifices qui s'écroulent, ponts et chemins qu'il faut déplacer et refaire. D'autres sont un ravage indirect : cent ouvriers paraissent faire un travail utile en abattant une forêt ; ils préparent la ruine du pays, et lui sont plus funestes que les ravages de guerre, qui se réparent. D'autres sont fléaux de contre-coups, prônés par l'économisme, comme l'invention d'une mode, qui réduira à la mendicité vingt mille ouvriers, dont la stagnation sera une source de désordres.
En spéculant sur le retour au travail de toutes ces classes d'improductifs que l'Association utiliserait d'emblée, nous pourrons encore tripler le produit. Il était ocluple en 3^ puissance ; il devient vingl-quadruple, car ces masses d'improductifs comprennent au moins les deux tiers de la civilisation ; et peut-être estimé-je trop bas : il est certain que la seule chance d'emploi opportun des trois sexes en industrie domestique, doublerait la masse de travail : or, leur emploi inopporlun ne comprend que les trois articles de division antérieure, '1, 2, 3. Si le produit présumé de ces trois classes doit doubler la masse du revenu industriel, on peut bien le tripler pour les onze autres.
Nous ne sommes pas au terme de ces accroissements puissanciels : j'en citerai encore des moyens Irès-etricaces ; comme
330 HARMONIE. LIV. l. CH. III.
Le rapide accroissement de la santé et de la force, tant des hommes que des animaux et végétaux. Pour en juger, il faut attendre le traité d'éducation intégrale, où je prouverai que la force d'un Harmonien doit égaler celle de trois Civilisés, et que cent jeunes femmes harmoniennes prises au hasard, seront de force à terrasser cent grenadiers civilisés. L'amélioration des animaux sera la même. Un ressort si puissant autorise bien à doubler l'estimation du produit sociétaire futur ; mais il faudrait donc élever T accroissement de 24 à 48 ! Ici les données de richesse deviennent choquantes ; négligeons l'évaluation.
La restauration des climatures indiquée à la note A, Introd. Cette nouvelle température devant garantir trois récoltes, sur les points qui en obtiennent dificilement une, et faciliter le parcours du globe par la cessation des ouragans, ce serait un nouveau sujet de doubler encore la somme du produit à espérer.
Viennent ensuite la septième puissance, ou voie de transition^ dont on ne peut pas donner ici les détails, qui tiennent à des considérations cosmogoniques, et enfin les puissances piyotales, « qui auront, » dit Fourier, « plus d'influence en accroissement de richesse, que toutes celles précédemment citées. » Il ajoute :
J'en ai suffisamment décrit pour assouvir les esprits les plus insatiables, et démontrer un vice inaperçu dans les plans
de nos économistes : en se bornant à spéculer sur le degré simple, ou état brut de l'industrie, ils se sont privés d'un précieux véhicule scientifique, do la curiosité ou manie d'exploration. S'ils étaient exercés sur les calculs d'amélioration puissancielle qu'on vient de lire, ils' auraient fini par soupçonner la possibilité du succès, et proposer la recherche de l'ordre sociétaire, unique voie pour ramener à l'industrie tant de légions improductives.
Quant aux lecteurs que révolterait ce tableau de richesses futures, il est pour eux un moyen de s'y familiariser; c'est de se rallier à l'esprit religieux, et reconnaître que notre globe a été dupe de sa prévention pour le régime civilisé et barbare ; les sophistes nous ont abusés 3000 ans, en nous disant, au sujet du bonheur, de la justice, de la vérité, de l'unité, de la richesse, tant de perfection n'est pas faite pour les hommes : l'esprit religieux nous ramènera à des opinions plus sensées, à l'espérance en Dieu, et à la conclusion : « que si cet ordre sociétaire, ce nouveau monde social, peut assurer à l'humanité tant de bonheur, il est impossible que la Divinité qui a entrevu cet océan de richesse et de vertu dans l'Association, n'ait pas avisé aux moyens de nous y conduire. »
A défaut, il y aurait impéritie et vexation dans le système de la Providence ; les Attractions seraient sans rapport avec les Destinées. Comment supposer pareille inconséquence chez le suprême économe, qui a si justement réparti toutes les impulsions, que nul animal n'ambitionne de s'élever à un autre bonheur que le sien. Si l'homme seul désire davantage, c'est qu'il n'est point fait pour les misères civilisées, point arrivé au sort que Dieu lui réserve.
Mais quelle étourderie à nos économistes de ne pas s'apercevoir qu'il y a sur la population civilisée, trois quarts d'ira-
productifs, et que si l'on veut atteindre à la véritable économie, au triplement et quadrupleinent de produit, il faut s'élever à un mécanisme social différent. Ce ne peut être que le sociétaire ou combiné, puisque le monde industriel ne peut opter qu'entre deux ordres, la combinaison sociétaire , et l'incohérence ou morcellement actuel.
L*àge d^oT est devant nous.
Saint-Simoît,
Quelque abondantes que soient les sources de richesses que nous venons de récapituler, nous n'avons envisagé pourtant qu'une des faces de la question, et nous serions encore bien au-dessous de compte, si nous estimions par cela seul le bien-être dont jouissent les Harmonieus. Ce que nous venons de voir, en effet, ce sont les avantages de la production sociétaire, les accroissements puissanciels de la richesse effective. Il faudrait maintenant, pour se rendre compte du bien-être qui en résultera, examiner les avantages de la consommation sociétaire, les accroissements puissanciels de la richesse relative. Selon notre habitude, recourons aux exemples.
Si vous vouliez recevoir chez vous en pur Morcellement, journaux, revues, brochures nouvelles, livres nouveaux, vous auriez à dépenser pour cela, par an, quatre, cinq, dix mille francs, je ne sais. Affiliez-vous en cercle, eu casino, abonnez-vous au cabinet de lecture, et vous avez à votre disposition, pour un modique abonnement,
des jouissances qui vous auraient coûté, isolément, des sommes énormes.
Calculez ce qu'un homme aurait à dépenser pour soutenir un train de maison qui lui permît, chez lui, à chaque repas, de se donner choix, comme dans un grand restaurant, sur quelques centaines de mets différenciés en espèces et variétés.
Nos spectacles sont des plaisirs montés en mode sociétaire. En bouMorcellement, il faudrait que celui qui veut jouir du spectacle, fît jouer chez soi, pour sa femme et ses enfants, qu'il entretînt une troupe d'acteurs à ses frais, et eût chez soi son théâtre, comme il a sa cuisine, sa salle ji manger, sa cave, son écurie et son grenier. — Le spectacle en maison particulière nous semble absurde ? Eh ! nos coutumes, domestiques et autres, paraîtront bien autrement absurdes, je le jure, aux yeux des Harmoniens.
Maintenant que j'ai expliqué sur quelques embryons d'esprit sociétaire, que nous possédons aujourd'hui, le principe de la multiplication du bien-être, par la jouissance en participation sociétaire, calculez, si vous le pouvez, les développements de ce principe au sein des Phalanstères. Voyons quelques détails :
Transport. Il en coûte, à Paris, 6000 fr. par an à tout ménage qui veut rouler carrosse, avoir seulement 3 voitures, une de ville, une de campagne et un cabriolet, entretenir les valets, renouveler les chevaux et équipages. Cette famille pourra, en Harmonie, moyennant GOO fr. par an, jouir de l'abonnement aux voitures de tous degrés, même de gala, et aux chevaux de selle.
Cette richesse, décuple quant aux frais du matériel, devient vingtuple si l'on porte en compte les avantages d'option sur un assortiment de voitures nombreuses de toute espèce, la dispense de débattre avec des marchands et ouvriers trompeurs, la dispense de laquais, de leurs voleries et intrigues, de leur espionnage et autres ennuis de surveillance qui font dire avec raison que la valetaille est le fléau des grands.
En fait de transport, les voitures et chevaux ne sont pas la seule voie sur laquelle il y ait des jouissances à désirer ; souvent les voitures ne sont qu'un pis-aller ennuyeux, comme dans Paris et Londres, où la voiture n'est guère que plaisir négatif, moyen d'échapper aux boues, aux intempéries et aux longues courses, puis aux embarras de la campagne parisienne, où la classe riche est emprisonnée dans ses châteaux, par les mauvaises routes et les pavés fatigants, bordés de 2 haies de fange dégoûtante. Les routes des environs de Paris sont le supplice du promeneur et du chasseur; cloaque de boue pendant sept mois d'hiver, océan de poussière pendant 5 mois de belle saison, quelquefois dès le mois de mars, comme en 4 825.
Le contraire a lieu en Association, où l'on ménage au transport des chemins à variantes, ayant trottoirs à charriots, trottoirs à voitures légères, trottoirs à piétons, trottoirs à chevaux et zèbres, voies ombragées, sentiers arrosés, etc. Sur cette 3^ branche de transport, comme sur les deux précédentes, le bien-être sera au moins décuple du nôtre : nous voilà déjà au trentuple de jouissance comparative sur le transport.
Une quatrième branche de charme est celle des communi-
DÉVELOPPEMENT INBUSTKtEL. 335
cations coiivortcs, dans tout rintôriour des lo2;oments, ôtablos, magasins et ateliers; le plaisir d'aller aux séances de travail, à l'église, en visite, aux réunions de spectacle, bal, etc., sans s'apercevoir s'il fait chaud ou froid, sans courir aucun risque de rhumes ni fluxions au sortir d'un bal, d'où l'on s'en va chez soi par 'des couJoirs chauffés. Si l'on s'en retourne à une lieue de là, on monte en voiture dans un porcho chauffé, où les animaux partagent le bien-être des hommes. Je ne dirai pas qu'en ce genre de jouissance le bien-être des Harmoniens soit décuple du nôtre, car il n'en existe point pour nous. Les déplacements sont presque toujours gênants, souvent dangereux, même pour un roi ; car le roi de France n'a pas de porche couvert et chauffé ; il faut, pour monter en carrosse, qu'il reçoive la neige et la bise : on voit des femmes gagner une fluxion de poitrine au sortir du bal ■ un particulier, dans une matinée employée aux visites, aux affaires, est obligé de monter en voiture vingt fois, monter et descendre sans cesse des escaliers. L'on n'appréciera les embarras de ce genre de vie, que lorsqu'on pourra faire le parallèle du charme des comm.unications couvertes, et se convaincre qu'en édifices comme en toutes choses, la distribution civilisée est le monde à rebours.
[Nouveau Monde, l''^ éd., page 318.)
On a vu que, dès la fondation de l'Harmonie, tel qui aujourd'hui n'a qu'une cabane ou un grabat dans les greniers des villes, jouira de 800,000 palais (Phalanstères, manoirs de Phalanges), beaucoup plus îigréables que les palais de Paris et de Rome, où l'on ne peut pas trouver le quart des agréments que réunira un Phalanstère, entre autres celui des communications couvertes et tempérées.
Ce même homme qui aujourd'hui est obligé de porter ses sabots à la main, de peur de les user (coutume des paysans
do la belle France), aura sur toutes les routes du globe l'admission gratuite dans les voitures de minimum, qui seront de bonnes diligences, bien suspendues ; puis le minimum de table, car les llannoniens exercent partout l'hospitalité, comme on l'exerçait à la Grande-Chartreuse, où un voyageui' pouvait s'installer pendant trois jours, bien reçu, bien nourri, bien logé, mais sans fourniture de vêtements, ni de voitures, qu'il trouvera en Harmonie partout où il en demandera. m
Sous ce rapport, la richesse d'un tel homme s'élèvera bleu au-delà du milluple, comparativement à l'état civilisé. Les rois mêmes pourront se dire mille fois plus riches ; car, à quelques journées de leurs états, n'allassent-ils que de France en Barbarie, ils ne trouveront ni gîte, ni subsistance ; encore moins des divertissements composés, c'est-à-dire plaisirs des sens et de l'àme, essor combiné des passions sensitives et affectives.
Un monarque est donc pauvre sous le rapport des logements, si, voulant voj^ager en Asie, en Afrique, il n'y trouve pas un abri, n'y rencontre que famine, voleurs, assassins, vermine, intempéries, et n'est pas même admis dans divers états, comme Chine ou Japon, où son goût pour les voyages l'aurait attiré. Que lui serviront, dans ce cas, les châteaux qu'il possède autour de Paris ou Londres, châteaux souvent fort ennuyeux pour lui et sa cour? J'ai cité madame de Maintenon, qui de son propre aveu mourait d'ennui ; il paraît que Louis XV était de même avis, et désertait volontiers ses palais pour le Parc aux Cerfs (1) et la petite maison.
(1) F>e monarque voy^igeant dans l'Harmonie, aurait trouvé beaucoup mieux dans les 800,000 palais du globe, ainsi qu'on le verra au traité du sympathisme occasionnel, sorte de plaisir que ne peuvent pas se procurer les monarques civilisés, même dans leur Parc
Quant au salarié qui, au lieu de palais, n'a pas même un grabat, comme losLazarons de Naplos, réduits à coucher dans la rue, s'il acquiert l'avantage de résider, faire bonne chère et se délecter dans 800,000 Phalanstères, se faire transporter gratuitement de l'un à l'autre dans d'excellentes voitures, ne sera-t-il pas sur ce point 800,000 fois plus riche qu'un seigneur civilisé, qui n'a qu'un château, où il vit souvent fort ennuyé et très-dépourvu en tous genres de plaisirs?
La richesse relative peut donc, en Harmonie, s'élever, en quelques branches, au degré incalculable designé sous les titres de milluple et infinitésimal : en prenant le terme moyen de ces accroissements relatifs, combinés avec les effectifs dont traite le \^^ chapitre, et les puissanciels dont traite le 2% on verra que je suis excessivement au-dessous de la réalité dans mes évaluations de bénéfice général.
On le voit, lorsque l'on entre dans le monde harmonien, le calcul à la main, pour en évaluer logiquement, arithmétiquement les richesses, pour en dresser l'inventaire, on est ébloui, on croit rêver. Le Civilisé nie, sourit, ait que cela est trop beau, et ^ par suite, impossible; puis il parle de la charte, de la république, du progrès continu, et autres denrées de sa consommation intellectuelle de tous les jours.... — S'il montrait à un Sauvage une épingle, en lui disant qu'un civilisé en fait quarante-huit MILLE pareilles en un jour, le Sauvage aussi ne voudrait pas croire ; mais j'ai déjà fait observer, à
aux Cerfs, qui n'est après tout qu'un sérail, une réunion de plaisir simple et de lien matériel. Ces sortes do jouissances, le sympathisme occasionnel et autres, ne s'établiront pas dans la 1« génération d'Harmonie ; tout ira par degrés ( Traite de l'Assoc, t i , p. 370.) II 22
propos analogue, que le Sauvage est dans son droit, et que le Civilisé éclairé n'y est pas.
Quoi donc? dans un siècle qui se dit audacieux, libre penseur et franc du collier, dans un siècle très-fanfaron d'esprit fort, coifFé, drapé, — il faut dire aujourd'hui grimé , — à la^révolutionnaire, dans cette France qui parle tant, gesticule tant, bat des deux mains sur son tambour, et crie à étourdir le monde qu'elle est la grande nation initiatrice, eh bien ! — c'est pourtant vrai, — il y en a à peine un, par quarantaine de mille, qui puisse et ose soutenir le regard d'une IDÉE nouvelle, l'envisager en face! Ces penseurs libres ne peuvent penser que par masses, ces fières intelligences ne peuvent aller que par troupeaux.... Et c'est vraiment pitié encore que de voir en quels champs elles pâturent, et quelles herbes elles broutent! Pauvres libéraux, pauvres matamores, qui avez fait tant de bruit contre les vieilles idées dont vous vous prétendez affranchis, qui dansez si bravement sur les débris du vieux monde, les débris du passé, comme vous dites, vous êtes encore singulièrement esclaves de ses dogmes, après toutes vos mutineries philosophiques et démocratiques, allez !
C'est donc chose bien rare que le courage de l'intelligence? C'est donc un effort supérieur aux forces du grand nombre, que de prendre sa tête à deux mains, de poser une Idée là, en face, debout et nue, à deux pas devant soi, et d'articuler sur elle un jugement à soi, un jugement tranché ? Qu'avez-vous donc à vous informer, pour la juger, pour l'accueillir et lui tendre la main, de
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la réception cfiie les autres lui ont faite ? — les autres ! ! ! . . il n'y a pour chaque homme qu'un juge, qu'une autorité; c'est celle de sa propre intelligence. — Je parle de l'homme qui pense.
Esprits indécis et flottants , races moutonnières, jusques à quand prendrez-vous pour force de tête, votre scepticisme qui n'est qu'une débilité ? Quand saurezvous soutenir le regard d'une idée ? Quand cesserezvous de voir, dans les réalités, des fantômes, comme les enfants qui ont peur la nuit, et comme ceux-ci, pour ne pas voir, de fermer les paupières ? Gens éclairés, qui ne tarissez pas sur la routine des paysans qui labourent vos terres, comprenez donc, enfin, que si la routine matérielle leur clôt les yeux, la routine intellectuelle vous clôt, à vous, l'œil de l'âme, l'intelligence.
Ce n'est pas l'intelligence qui fait défaut, c'est le courage, le courage qui vient du cœur. Oh ! ceux qui ont bon désir pour l'humanité, leur âme s'ouvre à l'espérance, et se fortifie du bon vouloir ; et le bon vouloir sait bien faire passage à l'intelligence. Debout donc les intelligences et les volontés ! debout, debout ! sursùm
corda! l'étoile de la destinée brille sur nos têtes
Courage, frères, et hors du désert ! dressons nos fronts et regardons le ciel ; courage ! la nuée lumineuse marche devant nous I
HARMOIVIE.
(ilEqutlibre opprnîrtttTOttf : |Il)éuomè«e5 îr' Ijarmonie obscure j mmxUsUs en ctoilt^otion.