‹ Destinée sociale (volume 2)Chapitre 62 sur 91 · III · texte numérisé non relu

III

Vous mctiez le giaiu do blé sur une picnr, et vous demandez après pourquoi il nç pousse pas d'épi. Chanson méridionale.

Une partie de la semence tomba le long du chemin . où elle fut foulée au\ pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. — Une autre partie tomba sur des pierres, et ayant levé, elle sécha, parce qu'elle n'avait point d'humidité. — Une autre tomba au milieu des épines , et les épines croissant avec la cetnencc, 1 etoulTiMent. — Une autre partie tomba dans une bonne terre, et ayant levé, elle porta du fruit, et rendit cent pour un.

Lie. Tiii. 5, G, 7. S.

Si la semence vient mal, ce n'est pas là faute de la semence. Semez bien , semez en bonne terre.

Nous avons vu que la Civilisation abandonne

sans éducation , sans soin , sans culture , la grande majorité des individus qui naissent sous ses lois; qu'elle livre les masses à la vive action de tous les vices engendrés par le dénuement dans les basses couches de la société, et laisse la misère, la crapule et la débauche s'attacher comme des ulcères rongeurs aux neuf dixièmes des générations naissantes.

Serait-ce donc qu'il n'est pas de l'intérêt d'une société que ses membres soient gens de travail, de talent, de bonnes mœurs, éduqués, habiles? Qui fait la gloire, la richesse, la prospérité d'un pays, sinon le travail , le talent, les vertus de ses citoyens?

Il est donc de l'intérêt direct de la société, comme de l'intérêt de l'individu, aussi bien que de droit humanitaire, qu'il y ait un système d'éducation publique, applicable à toute la génération naissante, une éducation qui soit un fait de providence sociale, et non un fait laissé au hasard des naissances et à la charge des familles. — Ainsi, l'éducation doit être universelle et non exceptionnelle.

Nous avons vu que l'éducation des Civilisés, fausse et absurde dans son objet, n'ayant pour ressort que la contrainte, amoindrit, comprime,

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