Danse, ou Marche mesure'e
(). Gymnastique, ou Mouvemens mesures.
j. Peinture, ou Ornemens mesure's.
;x:< . MÉCANISME, ou Distribution ge'omelrique mesure'e.
Ainsi, l'Opéra est l'assemblage de tous le.> accords matériels, le lieu de convergence des principales actions mesurées, le foyer où se concentrent les rayons des beaux-arts. Celte définition établie, examinons d'abord l'Attraction qu'il inspire.
Cette Attraction des hommes et des enfans pour l'Opéra est un fait trop évident pour que nous ayons autre chose à faire que d'en prendre simplement acte en l'énonçant. Les plus beaux, les plusmagnifiquesemploisde l'activité humaine, sont ceux dans lesquels l'individu se combine avec
la masse en IMODE MESURE ou régulièrement harmonique. Aussi la nature a distribué à l'homme (le puissantes Attractions pour ce mode; et comme les enfans, qui ne sont pas encore faussés par la société , sont aujourd'hui beaucoup plus près de la nature que leurs pères, ces Attractions éclatent vivement en eux à l'aspect de tous les actes exécutés en mode mesuré. îNous avons constaté leur MANIE iMiTATivE à propos des travaux exécutés devant eux en mode individuel. Cette manie devient bien autrement violente quand ils sont témoins de manœuvres harmoniques , ^'évolutions mesurées ^ telles que celles
Des militaires à l'exercice;
Des thuriféraires à la procession ;
Des danseurs à l'Opéra.
« Qu'on rassemble cent Bambins ou grands Poupons pris au hasard. Si on leur fait voir ces différentes manœuvres, ils s'empresseront de les imiter. A défaut de fusil , chacun d'eux prendra un bâton; à défaut d'encensoir, une pierre suspendue à une corde ; à défaut de houlette, une branche de saule.
'> Que si on leur fournit de petits fusils, petits encensoirs , petites houlettes , vous les verrez transportés de joie , écoutant avec une docilité respectueuse les leçons qu'on voudra bien leur
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donner sur les évolutions. Leur enthousiasme croîtra encore si on ajoute costume et attirail, si on leur donne de petits bonnets de grenadiers, petits surplis pour la procession , petits chalumeaux pour les figures chorégraphiques. »
Il n'est personne qui n'ait vu, aux approches de la Fête-Dieu, la preuve de celle influence des manœuvres mesuiées sur l'enfance. Fleuristes et Thuriféraires sont ardens aux exercices préparatoires ; quinze jours à l'avance ils apprennent et répètent avec passion, chaque soir, les nombreuses figures qu'ils exécuteront avec tant de charme, lors de la cérémonie sainte. Les derniers jours, ils vont aux fleurSj ils se répandent dans les prairies, comme un essaim d'abeilles, et cueillent à l'envi les marguerites aux blanches pétales, les roses sauvages, les coquelicots elles bluets dans les blés, les fleurs du caille-lait, de la nielle , et de l'esparcelte, les jolis bouquets bleus des myosotis , et toutes les autres. Que le jour soit beau , maintenant, pour cette belle fête antique, la plus religieuse fête du christianisme, et vous verrez les Chœurs des jeunes lévites faire au Saint-Sacrement un digne cortège ! Les femmes et les jeunes filles accompagnent les bannières et jettent dans l'air les brillantes notes de leurs voix pieuses ; les prêtres, dans leurs plus riches orne-
ÉDUCATIOIN IIVUM. û'\ DÉVELOPPEMENS. 559
meus, entourenl le dais sacré, qui avance avec lenteur et majesté dans les rues toutes pavoisées de branches vertes et de fraîches feuillécs ; la foule se découvre et s'agenouille sur son passage, et quand il s'arrête, à intervalles réglés, les chants cessent, tout fait silence, et les jeunes Chœurs de Thuriféraires et de Fleuristes entrelacent alors autour de lui les mouvemens mesurés de leurs évolutions, croisent sur lui, en cadence, leur encens et leurs fleurs.
Remarquez que cette belle fête vous donne seule, aujourd'hui, l'idée de la Séî^ie de parade, en éclielle des âges. Tous les âges et tous les sexes sont représentés. Les femmes et les jeunes filles chantent les airs brillans des cantiques ; les hommes chantent les notes plus graves de la liturgie chrétienne ; les adolescents jettent l'encens dans l'air, et les enfans jettent les fleurs. Les âges complémentaires y assistent aussi; car les mères mènent par la main, dans la procession, les enfans trop jeunes pour figurer dans les Chœurs; et ces enfans, en lévite blanche aussi, puisent aussi dans leur corbeille de fleurs suspendue à leur cou par un ruban rose, et jettent aussi des fleurs quand ils voient les Chœurs en jeter. Le Poupon lui-même intervient dans cette belle fête , en petit St. Jean-Baptiste, velu d'une peau de mou-
HARMOiMli. LIV. III. Cil. VII.
ton enrubanée , et porté sur les bras de sa nourrice. Et tous les âges, tous les sexes, tous les mouvemens et toutes les voix se composent en un tout unitaire, et manœuvrent sur un Pivot, le Saint-Sacrement et son collège de prêtres, le Saint-Sacrement qui brille au centre du cortège, commenn soleil au centre de son tourbillon.
Oh ! c'est dans les Phalanges qu'il faudra voir cetle fête ! Les harmonies des sexes et des âges sont bien autrement nombreuses, bien autrement graduées, mesurées et cadencées dans la moindre Phalange, que dans les plus magnifiques processions des cathédrales de nos grandes villes! les accords bien autrement pleins, variés et brillans! — Les hommes, les femmes et les jeunes filles, qui ne font qu'assister à nos processions , figurent dans les cérémonies religieuses des Phalanges. Les Chœurs au-dessous de la puberté donnent à eux seuls douze douzaines ou i44 figurans , ainsi prélevés :
THCRIFER&IBES.
( Garçons. )
12 Chérubins.
16 Séraphins.
20 Lycéens.
24 Gyranasiens.
FLECRISTES.
(Jeunes Filles. )
12 Chérubines.
16 Séraphines.
20 Lycéennes.