‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 106 sur 116 · II · texte numérisé non relu

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les lecons bienveillantes ties bons Patriarches de la Phalange, en proportion meme du besoin qu'ils ont de ces lecons et de ces conseils, pour devenir aptes a subir honorablement les examens necessaires a l'admission dans les Groupes et les Chceurs dont ils brulent de se voir membres !

Tout le secret de l'education consiste a solliciter leurs vocations, et a eveiller en eux de vives ambitions ascendantes. Pour atteindre ce resultat, il faut disposer les choses du milieu ambiant, de maniere a donner aux cinq ressorts que nous avons decrits plus haut, toute l'energie dont ils sont susceptibles. Au lieu d'etouffier l'amour du furetage, il faut done l'employer en mettant a la disposition des enfans tous les joujoux et petils instrumens qui se rapportent a leurs forces, en les encourageant a s'en servir. Loin de les gronder pour leur manie (['imitation^ il faut les environner d'excitations industrielles, les placer au sein de toutes les activites et de tous les exemples dont 1'imitation et la repetition peuvent profiter au developpement de leur sante et de leurs facultes, soit du corps, soit de Intelligence. II faut surtout donner un grand relief, un relief sensible a leur esprit et a leurs yeux, aux faits qui auront pour objet de stimuler Yentrainement progressif ascendant. C'est pour cela que tout I'attirail des petits

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instruments et ateliers de 1 Industrie miniature est REGULIEREMEINT GRADUE et adapts aux forces et aptitudes correspondantes; que les privileges de parade et maniement d'outils se succedent hierarchiquement de Chceurs inferieurs en Chceurs superieurs; que les grades et les Chceurs se tranche nt aux yeux par des decorations, des costumes, des couleurs, des marques exterieures de plus en plus brillantes; que les examens sont de plus en plus forts et exigeants a mesure que l'on monte sur l'echelle des ages et des industries; c'est pour cela, en un mot, que la Phalange organise pour I'enfance un regime complet de

SEDUCTIONS PROGRESSIVES, de FASCINATIONS ASCEN- DANTES.

Terminons ce chapitre en empruntant au Nouveau Monde une liste de Ressorts d'e'closion des vocations: chacun d'eux meriteraitun paragraphs particulier.

« L'enfant de 2 ans troiive aux petits ateliers d'une Phalange qaantite d'araorces que la Civilisation ne saurait lui offrir ; elles sontau nombre d'une vingtaine dont je vais donner un tableau.

1 . Le channe de petits ateliers et de petits outils , en dimension gradue'e pour les divers ages (r).

(i) a L'etat societaire pcut seul presenter a l'enfant, dans toutes les branches d'industrie, un materiel e'chelonne' qui fait le charrne du bas a^e, comme sera une c'chelle de chariots, beetles et outils

2. Les gimblettes harmoniques on application de tout lattirail des gimblettes actuelles , chariots, poiipe'es, etc., a des emplois d'apprentissage ou de coope'ration en Industrie (1).

3. L'appatdes ornemens gradues; un panache suffit de'ja chez nous pour ensorceler un villageois , lui faire signer l'ahandon de sa liberte ; quel sera done Tenet de cent parures honorifiques ,

en sept grandeurs differentes, applique'es aux sept corporations de lutins, bambins, che'rubins , seraphins, lyce'ens, gymnasiens et jouvenceaux. Les outils tranchans, baches, rabots , ne sont pas encore livre's aux lutins et bambins.

•n C'est principalement par emploi de cetle e'cnelle qu'on lire parti de la singerie ou manie imitative qui domine chez les eufans; et, pour reuforcer cet appat, on subdivise les diverses machines en sous-echelons. Tel oulil a l'usage des lulins est encore de 3 dimensions adapte'es aux 3 categories de hauts lutins, mi-Iutins el bas lutins; e'est a quoi devront veiller ceux qui feront les pre'paratifs de la Phalange d'essai.

n On emploie de menie cetle e'chelle dans les grades indusiriels qui sont de plusieurs degres, aspirant, neophyte, bachelier, licencie, officiers divers. r> N. 31. , p. 229.

(1) Exemple d'emploi des gimbleltes induslrielles :

a Nisus et Euryale touchent a Tage de 3 ans et sont impaliens d'etre admis parmi les bambins , qui ont de beaux costumes , beaux panaches, et une place a la parade sans y figurer aclivement. Pour etre admis a cette tribu , il faut donner des preuves de dexte'rite en divers genres d'industrie, et ils y travaillent ardemment.

71 Ces deux lutins sont encore trop petits pour s'entremctlre au travail des jardins. Cependant un malin, le bonniu Hilarion les conduit au centre des jardins, au milieu d'une troupe nombreuse de bambins et che'rubins , qui viennent de faire une cueillette de legumes. L1on en charge douze petits chars attele's chacun d'un chien. Dans cette troupe figurent deux amis de Nisus et Euryale, deux ex-lutins admis depuis peu aux bambins.

7i Nisus et Euryale voudraient s'entremellre avec les bambins; on les de'daigne en leur disant qu'ils ne sauront rien faire , et pour

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pour enroler un enfant au plaisir et a des reunions amusantes avcc ses pareils.

4. Les privileges de parade et manieinent d'outils ; on sait combien ces amorces ont de pouvoir sur l'enfant.

5. La gaite inseparable des reunions cnfantines quand elles trayaillent par plaisir ou attraction.

essai on donne a Tun d'eux un chien a atteler, a Tautre des petites raves a lier en botte; ils n'en peuvent pas venir a bout, et les bambins les conge'dient sans pilie', car les enfans sont tres-severes entre eux sur la perfection du travail. Leur maniere est Poppose de celle des peres, qui ne savent que flagorner Tenfant maladroit , sous pre'texte qu'il est trop petit.

•n Nisus et Euryale, conge'die's, reviennent tout chagrins vers le bonuin Hilarion, qui leur promet que sous trois jours ils seront admis , s.'ils veulent s'exercer a l'attelage. Ensuite on voit defiler ce beau convoi de pelits chars e'le'gans \ les che'rubins et bambins , apres le travail acheve', ont pris leurs ceintures et panaches, ils partent avec tambours et fanfare, chantant l'hymne autour du drapeau.

n Nisus et Euryale, de'daigne's par cetle brillante compagnie, remontent en pleurani dans le cabriolet du bonniu ; a peine sont-ils arrive's , qu'Hilarion les conduit au magasiu des gimblettes harmouiqnes, leur presentc un chien de bois, leur enseigne a l'atteler a un petit chariot, ensuite il leur apporte un panier de petites raves et oignons de carton, leur apprcnd a en former des paquets, et leur propose de prendre pareille lecon le lendemain; il les slimule a venger rafiront qu'ils ont recu, et leur fait espe'rer d'etre admis bientot aux reunions des bambins.

it Ensuite les deux lutins sont conduits vers quelque autre compagnie et remis a un autre bounin par Hilarion, qui a termine avec eux sa faction de deux heures.

•D Le lendemain ils seront empresses de revoir le bonnin Hilarion , re'pc'ler avec lui la lecon de la veille. Apres trois jours de pareille etude, il les conduira au groupe de la cueillette des pelits legumes, ils sauront s'y rendre utiles , et on les y admettra au rang de novices

6. L'enthousiasine pour la Phalange, oh P enfant jouira de tous lcs plaisirs dont son age est susceptible.

7. Les compagnies de table, varie'es chaque jour selon les intrigues du moment, et servies de mets adapte's an gout des enfans qui ont leur cuisine spe'ciale.

8. L'influence de la gastronomie se'riaire qui a la proprie'te de

postulans. Au retour, a 8 heures du matin, on leur fera Piusigne honneur de les inviter a dejeuner avec les bambins.

M C'est ainsi que la fre'quentation d'une masse d'enfans aura eutraine au bien deux enfans plus pelils, qui, eu Civilisation, ne suivraienl leurs aine's que pour faire le inal avec cux, briser, arracher, ravager.

i) Remarquons ici Pemploi fructueux des gimblettes : on donue aujourd'hui a Penfant un chariot, un tambour, qui seront mis en pieces le jour meme, et qui dans tous les cas ne lui seront d'aucune ulilite. La Phalange lui fournira toutes ces gimblettes en diverses graudeurs, mais toujours dans des circonstances ou elles seront employees a Pinstruction. S'il prend un tambour, ce sera pour se faire admellre parmi les bas tambours, enfans qui figurent deja en chore'graphie : je prouverai de meme que les gimblettes fe'minines, poupees et autres , seront ulilise'es chez les petites filles, comme le chariot et le tambour chez les petits garcons.

M Des critiques diront que le menu service des douze petits chars a legumes serait fait plus e'conomiquement par un grand char. Je le sais, mais pour cette petite economie on perdrait Pavantage de familiariser de bonne heure Penfanl a la dexte'rite' dans les travaux agricoles, chargement, attelage et conduite, puis l'avantage bien plus pre'cieux de cre'er aux enfans des intrigues sur les cultures auxquelles ils auront coope're' par ces petits services, qui les passionneront peu a peu pour Pensemble de Pagriculture. Ce serait une bien fausse economie que de ne'gliger ainsi les semailles d1 Attraction industrielle, et les moyens de faire e'clore les vocations; e'pargnc aussi de'sastreuse que la concurrence reductive du salaire, qui re'duit les ouvriers en victimes de naumachie, s'entretuant poliliquement pour se dispuler le travail, n N. M. , p. 226.

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stimuler les cultures par la gourraandise , et lier tout le mc'canisme industriel.

9. L'orgueil d'avoir fait quelque rien que l'enfant croit dc haute importance : on l'entretient dans cette illusion.

10. La manie imitative, qui, dominante chez les enfans, acquiert une activitc decuple quand l'enfant est stimule par les prouesses de tribus enfantines plus age'es.

11. La pleine liberie d'option en sortes eten dure'e de travail.

12. L'inde'pendance absolue, ou dispense d'obe'issance a tout chef qui ne serait pas choisi passionne'ment.

15. L'exerciceparcellaire, ouavantage de choisir, dans chaque Industrie , la parcelle sur laquelle on veut exercer.

14. Le charme des seances courtes, varie'es fre'quemment , bien intrigue'es et de'sire'espar leurrarete'. Elles sont rares , meme lorsqu'elles sont diurnales , car ellcs n'eraploient a tour de role que 1/3 ou 1/4 des sectaires.

15. L'intervenlion officieuse des patriarches, des bonnins, des mentorins , tous che'ris de la basse enfance qui ne recoit d'enseignement qu'autant qu'elle en sollicite.

1G. L'absence de flatlerie paternelle, de'joue'e dans l'ordre socie'taire, oil l'enfant est juge et rcmontre par ses pairs.

17. L'harmonie mate'rielle , ou manoeuvre unitaire inconnue dans les ateliers civilises, et pratique'e dans ceux d'Harmonie oil Ton opere avec l'ensemble des militaires et des chore'graphcs , me'thode qui fait le charme des enfans.

18. L'influence de la distribution progressive, qui peut seule exciter chez l'enfant le charme et la dexterite ne'cessaires en etudes inclustrielles.

19. L'entrainement colleclifou charme de suivre lescollegues s'exaltant par les hymnes , parures , festins , etc.

20. Les espritsde corps tres-puissans chez les enfans, ettrcsnombreux en regime socie'laire.

21. Les emulations et rivalite's enlre Choeurs et Sous-Chceurs contigus, entre groupes d'un meme Choeur et d'une meme se'ne, entre categories d'un Groupe.

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22. La pretention pe'riodique a s'e'lever, soil aux Choeurs et aux tribus superieures , soit aux categories moyenne et haute de chaque tribu.

23. L'enthousiasme pour les prodiges ope're's par les Choeurs supe'ricurs en degre, selon la loi de deference pour l'ascendant.

24. Les intrigues vicinales ouluttes e'raulatives avcc les enfans des phalanges voisines et rencontre avec leurs cohortes. Ge ressort manquera a la phalange d'essai.

» Je ne mentionne pas ici d'autres stimulans qui n'agissent guere avant l'age de 4 ans , tels que : la concurrence des sexes et instincts , Vappdt du gain et des forts dividendes. Ces deux ressorts u'ont point encore d'influcnce sur les lutins et peu sur les bambins ; ce n'est que parmi les che'rubins qu'ils commencent a se de'velopper.

» La reunion de ces amorces ope'rera en moins d'un mois , au bout duquel on aura fait e'clore chez l'enfant 3 ou 4 de ses vocations primordiales qui , avec le temps , en feront e'clore d'autres ; celles oil le travail est difficile ne pourront naltre que vers l'age de 30 a 32 mois. » (N. M., p. 21 5.)

Si nous avons bien etabli que le vrai sysleme deducation individuelle et sociale consiste a creer un milieu exterieur en parfaite harmonie avec les natures individuelles des etres dont cette education doit operer le plein developpement , il est convenable d'envisager d'un peu plus pros la composition de ce milieu. C'est ce que nous allons iaire, en examinant le role de l'enfance, depuis lepoque de Yeclosion des vocations,, dans cinq branches generates de Travail seriaire (0.

(1) Nous suivrons ici pas a pas le Traile de V Association doitu agr. Voyez. torn. II, pag. 190 et suiy.

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