‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 115 sur 116 · LES ELEVES · texte numérisé non relu

LES ELEVES

Vour revenir a mou jjropos , il n'y a rien lei que d'allecher 1 appelit et l'allcction , autreraent on nr fail que des asnes cliargcz de Livrea : on leur donnv .i roups de fouet en garde lcur pochette pleine <!<■ science, laquellc pour bien faire , il lie faut pns settlement loger chez soy, il la faut espouser. Montaigne.

Ce systeme de corporisation a pour clFet de developper dans lame de l'enfant unc emulation sous 1'empire de laquelle le travail et I'etude nc sont plus qu'un jouct pour In i - A. Paget.

Pour que l'enseignement soit harmonique par rapport aux Enseignes, il faut d'abord que ceuxci y prennent plaisir, l'acceptent avec joie , s'y donnent avec passion. Or, ce beau resultat exige deux conditions : 1°. que V instruction soit sollicitee par l'eleve, et non imposee a l'eleve; 2°. que le maitre soit clieri de l'eleve, et non repousse par lui.

11 est incontestable, d'apres ce que nous avons vu , que ces conditions sont pleinement satisfaites dans le regime harmonien. Dans les Groupes dont ils suivent les drapeaux, les enfans et

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les jeunes gens acquierent des notions scientifiques deja fort avancees, par les conversations instructivesetanimeesdeceux qui les y precedent, par la frequentation continuelle et tres-variee d'amis, dc collegues, de superieurs competens, et par Taction, par la pratique elle-meme , qui est le meilleur professeur et surtout le meilleur initiateur du monde.

Plus ils apprennent dans les choses qui vont a leurs vocations, plus ils veulent apprendre et savoir. Ces desirs de connaissances, eveilles dans les travaux intelligens et passionnes des Groupes, excites par l'exemple, par l'emulation , par les conversations de chaque jour et de chaque heure ; surexcites par les ardentes rivalites des Series, par la magique puissance de l'entraineraent progressif ascendant, n'accordent ni treve ni repos a ces jeunes ambitions. Les trophees de nos Miltiade ne laissent pas dormir nos Themistocle. II faut apprendre ce qu'ont appris deja les camarades ! il faut savoir ce que savent les rivaux, les anlres Groupes, les Cohortes de la Phalange et des Phalanges voisines ! il faut conquerir ces connaissances qui font tant de superiorite a ceux qui les possedent ! Ce ne sont plus des theories abstraites, creuses, repugnantes, dont l'enfant ne comprend pas l'utilite, pour lesquelles il ne 11. 7S

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sent pas en soi tie desir, qui ne vont ni a ses gouts, ni a son intelligence, qui ne se rattachent a rien de ce qu'il fait et de ce qu'il aime ! Les theories, mainlenant, se presentent a l'eleve, familiarise avec les choses dont elles s'occupent , fortement intrigue sur leurs differens objets, commedesleviers dont il vase servirpour augmenler ses moyens etses forces; comme des secours puissans dont la bienfaisance est par lui comprise; qui agrandiront la sphere de son activite, et mettront, en etendant encore leur cercle et leur portee, de 1'ordre dans ses idees acquises. II veut perfectionner ce qu'il sait, il veut connaitre mieux, il veut apprendre mieux, mieux savoir, apprendre et savoir encore ! L'instruction est done vivement desiree, avidement demandee par tous les eleves, sollicitee avec passion dans tous les rangs.

Leurs maitres, d'ailleurs, ne sont plus de pauvres cuistres qui se sont faits regens par necessite dure, sans gout, sans vocation, sans amour pour la science et pour l'enseignement,

sans affection pour les enfans Ce ne sont plus

des pedans chagrins et moroses, au front severe, a la mine refrognee, au nez bourre de tabac, armesde ferules etdepensums; tenant classe pour en vivre maigrement et faire vegeter leur

liDUC. HARM. — M^THODES d'eNSEIGNEMENT. 563

pauvrefamille; toujours grondant, tonjours commandant, toujours punissant, enseignant le plus souvent ce qu'ils ne savent pas; embourbes dans d'inintelligentes routines et y embourbant avec eux les malheureux soumis a leur domination despotique et obtuse ! 0 le vilain monde que nous avons (en general), dans le bas enseignement surtout, pour allecher nos enfans aux etudes ! les aimables et gracieux initiateurs pour nos enfans! — Et c'est a ces pauvres malheureux enfans que 1'on s'en prend des invincibles repugnances qui leur viennent la, tout ensemble, et des absurdes systemes d'instruction par lesquels on les torture, et de ce deteste personnel de magisters ignares, stupides et brutaux? de maitresses d'ecole radoteuses, rechignees et acariatres? de vieux cuistres coleriques, males et femelles, que la joie irrite et qui punissent le sourire? enfin de toute cette kyrielle rogue des pedagogues en us et enogue3 qui lesdesolent et les martyrisent sous pretext e d'instruction!....

Dieu merci ! mes beaux enfans, la baguette d'or de la Fee d'Harmonie vient de faire disparaitre cette triste cohue pedagogique, ces creatures intra ou ratfrtf-universitaires. Vous voila delivres

de ces figures etmaintenant que vous sentez

le besoin de l'instruction, que vous sollicitez les

lecons de la science, que vous brulez de savoir; maintenant , beaux enfans miserablement opprimes jusqu'ici, pauvres jeunes ESCLAVES a qui n'ont jamais songe les grands pourfendeurs politiques du despotisme, les burlesques et farouches champions de la liberie et des droits de lliomme; jeunes generations emancipees, voici, pour vous aussi, l'ere de la liberie I Les DROITS DE L'ENFAINT sont reconnus et sacramentelle-

ment respectes dans les Phalanges Enfans,

suivez vos vocations, allez a vos affections saintes etCHOISISSEZ vos guides, choisissez librement vos professeurs et vos maitres.

Vos maitres, ce seront maintenant d'abord vos jeunes amis et vos jeunes amies des Groupes, dont vous reconnaissez passionnement la superiorite d'habilete et de connaissances : ce seront ensuite les personnes de tout age auxquelles vous etes affectionnes; de gracieuses dames, aussi bonnes que savantes, et pleines pour vous de sollicitude etde tendresse : ce seront encore les Patriarches de la Phalange, qui voient renaitre en vous leur jeunesse d'aulrefois, leurs gouts industriels et scientifiques, et qui vous leguent sur leurs vieux jours les tresorsdes connaissances amassees dans de longues vies remplies de grands travaux et de fecondes etudes. Tons les ages superieurs ten-

dent la main a l'enfance et a la jeunesse , et aident a I'envi les generations qui arrivent, a monter les degres du savoir humain, a entrer dans la noble carriere des sciences, des arts, du developpement integral de l'intelligence. Enfans el jeunes gens! choisissez done les etudes qui vous sourient dans l'ensemble des connaissances humaines! et, dans ces intelligentes et habiles cohortes qui vous aiment, choisissez aussi vos instituteurs et vos maitres ; — car maintenant vous etes LIBRES !

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