‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 24 sur 116 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

THOISIKMt APPROXIMATION,

ftumlitcs iirtustriiLlre.

Pourquoi Dieu a-t-il rendu les hommes si enclins a I'intrigue, et plus encore les femnies ?.... pourquoi ces rivalites ?.... pourquoi DC pasrendre les hommes tous freres et uuis d'opinions ? Pourquoi ? c'est qu'il taut dans l'homme des ressorts convcnables a l'etat societaire auquel Dieu nous destine. S'il nous avait tree" pour l'etat familial et morcele , il nous aurait dontu'- des passions molles et apathiques , telles que les desire la philosophic. Ch» Fourier.

§• Ie

I.'ii elicval attele a un des cabriolets qui asairtaienl .i la course , s'tlance toutacoup sur les pas des autrcs et francliit la barriere avec son cabriolet , atix applaudisscmens de la foule etTrajee et ravie. C'etait un »ieux clieyal de race ; cette geoereuse bite.... Un Jochxal.

Nous aliens continuer a determiner les conditions organiques d'Attraction industrielle; mais, corame nous ne nous appuyons que sur les faits pour construire les diflerentespiecesdumccanisme scriaire, je prie le lecleur de me permettre ton-

jours l'usage des exemples, voire des chiffres; les exemples precisent, marquent, detachent line idee, et quand l'esprita saisi I'idee sur l'exemple, il la generalise facilement. Cette faculte de generaliser appartient a l'esprit de l'homme des la basse enfance, et chacun pouvant faire cette operation , il en resulte que preciser une idee sur un exemple ou la generalise!* par une formule abstraite, ne sont que deux manieres diflerentes de la presenter. — II en est pourtant, de par le monde, qui se croient larges , profonds, et se prennent d'une grande veneration pour euxmemes, quand il leur est arrive de traduire par l'expression generale, telle idee qui a ete presentee par autrui sous forme parliculiere ! — Revenons a l'examen du jeu des passions dans les Series.

Chaque branche d'industrie et de travail, avonsnous dit, a fourni autant de Groupes qu'elle peut donner de nuances de produits, si bien qu'en culture, je suppose, vous verriez des Series de sept, neuf, vingt-quatre, trente-deux Groupes, — plus ou moins, — adonnes, par exemple, aux soins de sept varietes de graminees, de neuf varietes de groseilles, vingt-quatre varietes de peches, trente-deux varietes de poires, etc., et de meme pour les travaux de menage, de science, de beaux-arts, etc...

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Or, quel eftet va resulterde l'existence simultanee, clu contact, de deux Groupes voisins dans lcchelle dc la Serie? Pensez-vous qu'ii y aura grand accord enlre ces Groupes, donnant des produits peudissemblables, donnant quelquefois inenie des produits identiques, mais obtenus par methodes et proccdes differens? Chaque Groupe a son drapeau dont il est jaloux; les drapeaux voisins sont rivaux. — Tel est le fait.

Un energique discord eclatera done enlre les Groupes conligus dans l'Echelle : il s'elevera entre eux des rivalites, de vives concurrences. La critique leur viendra plus naturellement aux levies que la louange.

Maintenant, quel sera reflet industriel de ces Discords, de ces joules cabalistiques, inevitablement developpes par l'ordonnance graduee de l'Echelle seriaire? — Entre mille faits qui peuvent rcpondre a la question, en voici un que j'entendais conter il y a peu de temps a l'un de nos consuls dans les cchelles du Levant. — Je jie sais plus en quelle station des iles Ioniennes il en avait ete temoin.

Deux fregates lVanraises ctaient a l'ancre dans le port, egales a peu pres pour la force, lequi-

page et la mature; l'une, c'etaient des Provencaux qui la montaient; l'autre etait servie par des matelots de la Saintonge.

Elles ne pouvaient pas rester la long-temps, les deux rivales, sans se jeter un defi ; et de fait , un matin que les deux etats-majors dejeunaient ensemble, apres des narrations biographiques el panegyriques sur chacune d'elles , on discuta de lenr merite respectif. Un pari s'ensuivit. Tous les officiers y entrerent, chacun soutenant son bord. On fit cent louis de part et d'autre. Le lendemain, au soleil levant, les fregates etaient pretes, et la lutte s'engagea sur les manoeuvres convenues. Je ne vous dirai pas quelles furent ces manoeuvres, mais je vous dirai que les equipages spectateurs, — la galerie , — affirmerent hautement qu'ils n'avaient jamais vu d'aussi belles, d'aussi prestes , d'aussi vives et hardies manoeuvres. — Or, la galerie , c'etaient des navires russes et anglais...

C'est qu'il y avait la esprit de corps et rivalite bien nette et bien tranchee; c'est que, sur chaque bord, officiers, matelots et mousses etaient en arret, l'oreille au vent, les muscles tendus , les yeux sur le commandant; c'est que, pour tous, il y allait de l'honneur de la fregate; c'est

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