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100 ORGANISATION. AI'PENDICE.
Si nous voulions completer l'analyse de la nature humaine, il fatidrait, a ce tableau des puissances passionnelles on raotriccs des trois spheres, ajouter celui des faculte's que ces puissances mettent en mouvement. L'homme en eflet est done de faculte's physiques, — les forces musculaires, — de faculte's animiques, et de faculte's intellectuelles. Ces faculte's sont les moyens de 1'activite humaine, qui se dc'veloppe sous trois faces, la Science, 1 'Art et V Industrie, — dans le sens materiel du mot et tel qu'on l'a entendu dans ces derniers temps. — Mais ce qu'il iinporlc bien de remarquer, e'est que les faculte's que je viens de signaler sont settlement nos moyens d'action, mais nullement les causes de nos actions. Les forces musculaires, les faculte's artistiqucs, les faculte's intellectuelles dorment taut que la passion ne les e'veille pas; la passion est le mobile ante'rieur, la cause du mouvement; les faculte's sont aux ordres de la passion et exe'eutent ses comraandemens. Ces faculte's servant les essors subversifs aussi bien que les essors barmoniques de la passion : en face de la passion elles out tin e'le'ment tout-a-fait passif, infe'odc a la passion, element actif qui les suscite. Les trois ordres de faculte's sont les agens de la passion, ses manoeuvres, ses soldats, ses employe's, ses eclair eurs. II est tout-a-fait faux d'ailleurs de faire coincider ces faculte's des trois spheres avec les passions des trois spheres, car les trois ordres de passions Sensitives, Affectives et Distributives, mettent indislinctement en action les faculte's physiques, animiques ou intellectuelles: un de'sir des sens provoquc lejeu des faculte's de l'esprit, comme un besoin des Distributives ou des Affectives provoque un de'veloppement des forces musculaires (i).
(t) Si c'elait ici le lieu, nous montrerions, en poussaut un pen ces considerations, combien e'lait ignoranle des premiers e'le'nieiis ile la science de l'liomnie, uric doctrine quinaguere faisait pivoter toule la tlieorie sociale sur une division tiree des faculte's, et qui croyait avoir donne une forme d'organisalion sociale, en doun.ml une pure classification des natures, suivant leurs predominances
Lecaractere essentiellement actif de la passion va si loin, que Ton a prcsqiie le droit de dire que la passion crec les faculte's. ITn caraclere e'leve en titre passionnel ne pent pas etre pauvre de faculte's : c'est ce que Ton a exprime' a-peu-pres en disant que lc vouloir fait le pouvoir. — Qui n'a reconnu par soi-meme combien plus on vaut dans l'excitation passionne'e que dans l'e'tat de calme et d'atonie , combien Ton acquiert, par la passion, de puissance intellectuelle , d'insp-ration artistique, d'habilete, d'adressc etde force rausculaire; combien tout ce qui se fait avec gout, avec amour, est supe'rieur a ce qui se fait avec indifference ou repugnance !
Si nous voulions maintenant faire pour les faculte's un tableau analogue a cebu que nous avons fait pour les passions, nous le disposerions ainsi :
de faculte's industrielles, artisligues ou scientifiques , ce qui lie constitue pas plus la science sociale, que la science chimique n'est constitue'e qunnd on a dit que celte science s'occupe des corps
me'talloides, me'talliques, et gazeux II est vrai que derriere cetle
classiGcation dans laquelle on encadrait rhumanite ordinaire , on avail imagine uue nature ponlificale qui sortait fort a propos de la coulisse, conimc le Dieu de la scene antique, et au moyen de laquelle on avait reponse a lout, car elle c'tail omnipoteDte : toute la virtualile , toute la spontane'i'le', loute la volonte humanilaires e'taient en elle. Telle e'lait la cre'ation bizarre par laquelle on remplacait la force passionnelle que chacun de nous porte en soi, et qui est pre'dispose'e pour FHarmonie, a la condition de jouer dans son milieu propre, milieu dont la recherche ccnstiluait le probleme de la science sociale. — Du reste, il e'tail digue de la Civilisation d'accoucher a la fois, dans sa plus haute pe'riode de gloire, des absurdile's e'galilaires de nos radicaux , et du ponlificat omnivorc des St.-Simoniens. — Ce qu'il y a de mieux encore, c'est qu'il est aujourd'hui bien des esprits qui trouvent le moyen d*apparlen'r simullanempnt aux deux partis. — 6 lempnra , 6 mores '
l32 ORGANISATION. AFPENDICE.