‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 6 sur 116 · ET DO RETOUR AO CHRISTUNISME DE JESUS-CHRIST · texte numérisé non relu

ET DO RETOUR AO CHRISTUNISME DE JESUS-CHRIST

Puisque je me suis laisse entrainer a donner quelque e'tenduc a l'exaraen de ce dogme funeste qui condaranait la Terre et l'excluait de l'Harmonie universelle , il convient peut-etre que j'e'veille TaUention des penseurs sur un pbe'nomene actuel dti de'veloppement de l'esprit humain, qui se manifesle dans le seiu merae des Eglises cbretiennes, relativement a ce dogtne. Les manifestations de ce pbe'nomene sont de'ja nombreuses, mais leui sens n'est pas encore clairement compris par ceux memes qui le produisent, etilne saurait etre d'une faible importance pbilosopbique et religieuse de l'e'tablir.

Sans recbercher les causes faciles a determiner de Torigine du dogme dont nous avons parle, il est certain qu'il se trouve, plus ou moins fortement exprime, a la racine de toutes les conceptions philosopbiques et religieuses qui sc sont e'panouics sur la tene, et particulierement dans Vancicn mondc oriental. La cbute de

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l'honime, la colere de Dieu, et la malediction de la terre, plus on moins grossierement entenducs, out etc la base de toute the'orie sur l'origine du raal. Moise, ne'anmoins, inodifla profonde'raent cette the'orie ancienne, dans la proinulgation qiul fitaux He'breux.

Jesus, qui voulait remplaccr la loi de Moise par une loi nouvelle, agit toujours a l'e'gard de la premiere par voie de substitution plulot que par voie de ren versement. D'ailleurs, la croyance donne'e aux He'breux par Moise se pretait a un de'veloppement. que naurait pas souffert le dogme oriental lui-meme. En effet, Je'sus ayant pour but d'appeler le temps de l'Harmonie, de l'union des homraes entre eux et en Dieu ; la realisation de ce but magnifique, qui doit donner le bonhcur a la terre, porte bien une negation absolue contre le dogme oriental de la fatalite permAnente du mal ici-bas ; mais elle n'est que le terme pre'vu, prorais et toujours attendu par le peuple juif, de la malediction temporaire dont le Dieu de la Genesc avait frappe' la terre apies la transgression d'Adam.

Les predications du Christ, ses commandemens de charite' et d'amour constituaient la revelation du but que 1'hiimanite' devait se proposer ; mais ils n'e'taient pas , a eux seuls, capables de produire imme'diatement le regne de la cbarite', de rarnour, de l'harmonie sur la terre, et ils ne I' out pas procluit en effet. Jesus ne Tignorait pas ; il n'a point parle' comme s'il eut e'te dans rillusion a cet e'gard : il savait bien que son regne n'e'tait pas encore de ce monde, que son temps n'e'tait pas encore venu (i). L'ocuvre de sa parole e'tait de signaler le but a atteindre, et de preparer le temps qui devait venir , ce temps caracte'rise par la re'eiprocite de Tamour, cette e'poque d'union et de bonhcur social. II s'en rapportait au de'veloppement ulterieur de sa parole, a la puissance logique de son principe, a Timpulsion de sa pense'e vers son but, pour que le dogme de Tespe'rance et de Tamour se

(i) Nunc anlcin regnum mcu/n non est hinc. Mon royaume p'esl pas encore ici. Jeaw, xvili, 36.

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subslituat entierement a l'ancien dogme de la malediction. Aussi ne s'occupa-t-il ni de cosmogonie, ni de thc'ologie propremtnt dite, mais exclusivement de morale religieu.se. « Aimez-vons les » uns les aulres, aimez-vous comme des freres; pratiqucz la ve- » rite, la justice et Tamour, c'est ainsi que vous cntrcrez dans » les voies de votre pere qui est au ciel, et que vous me'riterez » sa benediction. » Tel est le resume de tout ce qu'il y a de capital dans les pre'dicalions du Christ.

Mais les borames qui vinrent apres Jesus, et dont les efforts constituerent peu a pen le Christianisine tel qu'il s'est de'vcloppe historiquement, ne comprirent point dans sa purete la parole et la pense'e de leur maitre. Leur infe'rioritc, par rapport a Jesus, se manifesta surtout lorsque, des enseignemens de morale religicuse qu'il leur avait livre's, ils voulurent passer a la tbe'ologie , a la cosmogonie, au dogme. Ils ne comprirent point, en effet, qu'a la morale nouvelle devait correspondrc une the'ologie nouvelle, un dogme nouveau ; que, si la loi ancienne, la loi de rigueur, la loi cruelle et sanglante avait e'te' transforme'e par Jesus en loi de charite, de mansue'tude et d'amour, la transformation dans la loi commandait une transformation semblable dans le dogme, et qu'au dogme de rigueur et de terreur, au dogme de la malediction , au dogme du Dieu courrouce et arme' contre Phomme, devait se substituer le dogme de l'espe'rance et de l\imour, le dogme de la benediction, de l'harmonie et du bonheur des Etres ; le dogme du Dieu tout-puissant et bon, qui veut re'aliser par le cbarme et Tattrait son concert avec les creatures. S'il y avait une trop grande distance de cette conception a la conception ancienne, au moins fallait-il annoncer, pour se conformer a la pense'e de Jesus, que les temps de la malediction primitive e'taient pres de s'accomplir, et que la terre rentrerait en grace par raccomplissement de la loi.

Que la ne'eessite logique de cette transformation du dogme n'ait point e'te' comprise alors, e'est ce qui n'a pas lieu d'e'tonner, car il y avail, a ce qu'elle le fiit, des difficulte's historiques, sociales et religicuscs, certainement tres-grandes, et dont on pent

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.^ans peine determiner les causes, lorsquc Ion a etudie avec intelligence les e'poqucs de formation du Cbristianisme. L'espacc nous manquanl, nous renoncons, quoique a regret, a les de'velopper ici, et nous nous contenterons d'indiquer, parmi les causes qui ont concouru a la production du grand et fatal illogisme que nous voulons signaler, une raison politique dont I'influence est facile a saisir. Cette raison se trouve dans la position de la doctrine nouvelle par rapport an pouvoir de la socie'te' dans laquelle le Christianismeavait a sede'velopper. LeChristianisme, eneffet, s'e'tant constitue en Eglise, fut naturellement entralne dans les premiers temps, pour eviter, autant que possible, une lutte trop ine'gale avec le pouvoir existant, ou diminuer l'e'nergie de sa resistance, a se'parcr du domaine de ce pouvoir le domaine de la doctrine. Or, le domaine de ce pouvoir e'tant ce monde-ci, le monde actuel et la socie'te civile , il ne restait plus a la doctrine nouvelle que le domaine spirituel et l'autre monde. Ainsi, pour gagner en liberte de de'veloppement , la doctrine nouvelle consentit a re'duire son espace, a borncr son terrain. Pour rassurer Ce'sar contre des craintcs logiques, on fonda un grand illogisme, on posa en principe que Ton n'empie'terait pas sur son pouvoir, que la doctrine divine n'usurperait pas sur son domaine. Chose absurde en soi ! car, si la doctrine nouvelle e'tait la ve'rite' absolue, elle devait tout embrasser ; si la doctrine nouvelle e'tait la loi de Dieu , il e'tait pue'ril de dire a la loi de Dieu, au gre de telle ou telle convenance de politique humaine et transitoire : " Loi de Dieu, voici ton domaine; loi de Dieu, voici ta limite; » loi de Dieu, tu t'e'tendras jusqu'a cette limite et tu ne la fran- » cbiras jamais ! » Dieu lui-meme n'aurait pas pu e'tablir cette limite, car Dieu e'tant de'fini « le Souverain Maitre de toutes » choses » cesserait d'etre Dieu, du moment que quelque chose cesserait d'etre souraisa sa loi, autrement dit, a sa volonte, qui est une et absolue par essence.

La raison politique que nous venons d'indiquer, jointe aux autres causes dans rexamen desiiuelles nous ncpouvons pas entrer ici, mais dont 1'infliience fut plus profonde encore, determinerent

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done la separation doctrinal? du temporel et du spirilucl. Des-lors, et comme consequence ne'eessaire, le monde, qui restait en dehors de la loi de Dieu , en dehors dc TEglisc de Dicu, dut etre considered et le fut en effet, comme le domaine de Satan . Satan rcsla une re'alite' dans le dogme, il devint meme une re'alite plus capitale qu'il ne l'avait etc dans la cosmogonie ante'rieure, car le royaume de la Terre lui fut conce'de a perpe'tuite et en possession legitime par le Christianisme ; remarquons bien que cela n'avait point e'te'dans la doctrine de Moise. Cette doctrine e'tablissait I'unite de la loi socialo et de la loi religieuse , et ne se'parait point le domaine teinporel du domaine spirituel pour livrer le premier au principe du Mai.

Ainsi les disciples du Christ, loin de faire subir au dogme ancien une transformation parallele a la loi morale nouvelle,consequente a la tradition et aux enseignemens de Jesus, et d'annoncer aux peuples l'approche du retour en grace, retomberent au conlraire sous la domination du dogme des religions e'trangeres. Au lieu de se poser avec Je'sus en avant de Moise, ils recurrent plus loin que Moise. Moise en effet avail donne au monde le premier degre d'initiation. Les religions antiques enseignaient aux peuples l'existence absolue de deux principes; le principe du Bien et le principe du Mai, dont Taction sur le monde devait etre pcrmanente. Moise subordonna le dernier principe, il enseigna qu'il n'avait qu'une existence relative et temporaire, car il enseigna que le Bien avait re'gne sur la terre a une epoque primitive, paradisiaque, heureuse, que les harmonies primitives y avaicnt etc' trouhle'es, mais qu'cllcs y renaitraient un jour. Ainsi, en faisant a son peuple l'histoire de la naissance du Mai sur la Terre, Moise en avait annonce la fin; il avait prcdit la rcntre'e en grace, le terme de la malediction et de la colere celestes, il avait annonce la bene'diction ulte'rieure de toutes les nations, en un mot, la Re'demption. La Terre n'a jamais e'te' considered par lepcuple Juif comme devant etre exclue du benefice de eclte Redemption ; seuleraent I'e'goisme et la grossieretc de ce peuple lui avaient persuade que la Redemption promise ne devait etre autre

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chose que son triompheet sa domination sur toutes les nations du monde.

Si les doginatistcs, les me'taphysiciens, les the'ologiens qui vinrent apres Jesus-Christ avaient suivi, dans sa purcte' et dans sa direction, la pense'e de leur Maitre, ils auraient continue la transformation de 1'ancicn dogrne commence'e par Mo'ise, en adoucissant les formes du dogme mosa'ique; en y melant plus de bonle, d'espe'rance et d'amour ; en annoncant l'apaisemcnt de la colere celeste au fur et a mesure que les peuples de la Terre re'aliscraient les prescriptions de la loi nouvelle; en faisant comprendre, d'apres la parole de Jesus, que la Redemption promise ne devait point s'entendre de la domination mate'rielle du peuplc juif sur les nations, mais de re'tablissement de la paix dans le monde et de la fusion des nations dans la grande unite de la famille humaine. 11 n'y avait aucune rupture a faire avec la Genese. Mo'ise avait ouvert les portes de 1'avenir par la promesse de la Redemption: ilfallaildonc, pourseconformera la tradition et aux revelations successives de Mo'ise el de Jesus, entrer dans cette voie magnifique, au lieu de subtiliscr sur la doctrine de la Redemption et de la fausser mise'rablement. J'appcllc ici l'atienlion du lecleur.

Lebut dont la doctrine de Jesus e'tait l'exprcssion et formulait le de'sir, e'e'tait que les hommes ve'eussent unis entre eux et avec Dieu par 1'amour; l'e'poque ulte'rieure on ce but scrait realise' e'tait le temps invoque' par Jesus, et la socic'te humaine de ce temps, son royaume. II est evident que la Redemption de l'homrne, la rcnlre'e en grace, le relour du Bien, de rilarmonie sur la terre, et la cessation de la malediction de Dieu, ne pouvaient et ne devaient s'entendre que du temps 011 la loi de Jesus, l'union des hommes entre eux et avec Dieu , serait realisee dans rHumanite. En disant aux hommes que la loi de Dieu e'tait quils s'aimassent entre eux comrae des freres, Jesus n'entendait cerles pas que les hommes seraient rachete's du mal, que la R6- Di£MPTiON serait op£r£e par cela seul qiTil aurait parle ainsi aux homines et q:i ll aurait scclle sa parole de sa vie. Cela cut e'te

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absurde. Jesus entendait que la Re'demption serait ope're'e, que l'Homine serait re'concilie avec Dieu, quand THorame (l'Humanite, et non pas tel ou tel individu) pratiquerait la loi de Dieu, que lui, Je'sus, e'tait venu annoncer; et il n'ignoraitpas, je le re'pcte, (jue la realisation ne suivrait point imme'diatement sa parole ; il savait qii'il faudrait du temps avant que son royaume fut de ce monde, avant que les hommes eussent universalise' entre eux l'amour, avant qu'ils eussent, pardesmoyensquelconques, constitue ('unite de la famille humaine et par suite la paix, l'barmonie et le bonheur sur la terre. Jesus aunoncait an monde la loi de Dieu; e'videmment la Re'demption du monde nepouvait re'sulter que de l'accomplisscment de la loi par le monde; clle ne pouvait en aucune fa$on re'sulter de la seule proclamation de la loi ; elle ne pouvait etrc qtfune consequence ulte'rieure de la venue de Jesus- Christ, un eilet de sa doctrine.

Eh bien ! les docteurs du Chrislianisme, ne comprenant ni les paroles de leur Maitre ni le sens de sa mission, au lieu d'enseigner que la Redemption du monde serait la consequence de l'accomplissement de la loi nouvelle, la consequence du regne de la justice et de I'amour, enseignerent que Tacte de la venue de Jesus et son sacrifice avaient commence, tcrmine, accompli la Re'demption. Jesus avail sanclionne de sa vie le grand de'sir de charite, de justice et d'amour, dont la realisation universelle devait ulte'rieurement ope'rer la Redemption du monde. Les disciples, au lieu de s'atlacher a la doctrine, a la parole, a l'esprit, aubul, A LA loi, absorbant tout dans la personnalite', el ne comprenant pas que la Re'demption, d'apres la parole et la pense'e de Jesus, result^rait de l'accomplissement de la loi par les hommes, voulurent qu'elle re'sultat do Vaccomplissement du sacrifice par Jesus.

Certes, il est facile de comprendre comment et par quelles causes ces erreurs s'introduisirent chez les disciples de Je'sus lorsqu'ils n'eurent plus leur Maitre pour les conduire; mais il n'en est pas moins vrai que ces erreurs capitales se produisirent dcs Torigine, que la doctrine du Christ fut bientot alte're'e par

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dies, et que la mysticite et la sublilite ties continuateurs reraplacerent irop vile la raison cleve'e et simple, le divinbon sens, i|iii caraclc'risaicnt la parole du Fondateur.

Qify avait-il de plus sense et de plus beau que la doctrine do la Redemption, telle qu'elle re'sultait des enseignemens de Je'sus? Les harmonies primitives avaient e'te' troublc'cs a une e'poque de chute ; des cetle e'poque le Mai physique et le Mai moral s'e'taient re'pandus sur la terrc , et la douleur avail subjugue THomme. Mais une grandc promesse avait e'te faite a THomme et a la Terre : les harmonies perdues devaicnt renal t re un jour, THomme et la Terre devaicnt etre delivre's du mal ; or, Jesus venait faire connaltre aux hommes la condition de la Re'demption en leur enseignant que baneantissement du mal et bc'tablissement du bien e'taient lie's a la pratique generate de ce grand commandement i|iii est toute la loi : Aimez-vous les una les autres.

Certes , cela e'tait aussi sense, aussi vrai que sublime; et il faut dire que e'e'tait une parole divine , celle qui enseignait aux hommes plonges dans la barbarie ou dans la corruption , engage's dans les voies de bego'isme , que la Re'demption du monde et le bonheur de rhumanite de'pendaient souverainemenx de bunion des hommes, de leur amour les uns pour les autres. II n'y a pas ici d'obscurite, il n'y a pas de mystere dans cette doctrine de la Re'demption : « Vous screz rachete's du Mal et la bc- » nediction de Dieu descendra sur la terre quand vous aurez » etabli sur la terre le royaume de Dieu et sa justice. Vous » vous ha'issez , vous vous de'pouillez par la ruse et par la vio- •< lence, vous vous combattez les uns les autres, individus, peu- » pies, nations; vous chcrchez par l'opprcssion et l'injustice la » possession des biens et des jouissances. Etmoi, je viens vous » annoncer qu'en faisantainsi vousperpe'tuez le mal sur la terre, » car la terre ne sera affranchie du mal , et ne rcntrcra en grace » aupres de Dieu que quand vous ferez re'gner sur ellc la loi de » Dieu en vous aimant les uns les autres ! » Quel avertissement sublime ! Quelle re've'lation lumineuse aux populations grossieres et bai bares, ou e'goistes et corrompucs,qui couvraient le monde !

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C'e'tait dire a l'activite liumaine engage'e j usque- la dans la voie de la guerre, de l'oppression, qiul e'tait temps d'entrer dans une route toute nouveile en se tournant du cote de la charite et de la justice, et que le salut de rHumanite, le bonheur des individus et des peoples et la benediction de Dieu ne seraient jamais obtenus par la violence, mais par 1'amour, par I'union des membres de la famille humaine !

Je'sus, en annoncant la loi de Dieu et la condition de la Redemption et du bonheur du monde, pre'sentait done a l'intelligence humaine, j usque-la engage'e dans la guerre, un but nouveau ; et ce but e'tait et est encore le vrai but. Sa mission consistait en cela. II donnait Timpulsion a la pense'e et au cceur de l'homme ; il introduisait Thomme dans la voie de la Redemption, et il disait au Genie de rHumanite', en parlant de ce royaume a la conquete duquel il l'excitait par le de'veloppement des hautes puissances religieuses : Cherchez et vous trouverez, frappez a la porte, et on vous ouvrira.

Gloire a vous done, 6 Christ ! non-seulement parce que vous avez e'te le type le plus e'leve, la plus pure manifestation , la plus complete incarnation de Tamour ; mais encore parce que vous avez montre la voie, indique le but, parce que vous avez voulu faire connaitre aux nations les conditions saintes et unitaires de la Redemption du raonde, a une e'poque ou le seul peuple qui l'espe'rat l'interpre'tait dans le sens brutal de l'asservissement des autres peuples a sa puissance !

Ainsi, en apportantune loi nouveile au monde, en versant sur ce monde de conque'rans corrompus et d'esclaves soufFrans et avilis la lumiere pure de Tamour, le sentiment de Tunite de la famille humaine et de la future realisation de la justice et de l'union, Je'sus, loin de rompre la tradition religieuse, proce'dait au de'veloppement de la promesse, et ouvrait la voie de Taccomplissement. II ne voulait point briser Tunite antique de la loi religieuse et de la loi sociale, il voulait, an contrairc, preparer la transformation sociale par le de'veloppement de la tradition et par la transformation de la loi religieuse.

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