J. -J. R01 --1 IV
Voila des fails. Ce sont des preuvcs malheureusement trop positives de l'influence morbifique et deletere du systeme de continuitc en exercicc de l'lndustrie, — seid systeme possible dans le Morcellement, ou chacun reste necessairement enferme dans sa fonction.
Lesfaits de ce genre , pour graves et nombrcux
hKVLl.ol'l'EMLM PHYSIQUE.
qu'ils soient, no constituent pourtant encore qu'une seule des faces de la question que nous trailons. Nous venons d'envisager les resullats de l'exces d'excrcice 3 de la fatigue produitc par la Irequente et exclusive repetition dune action, dun mouvement, qui extenuent ou atrophient un muscle, un membre, un organ e. II faudrail maintenant demander compte a notre socielc de toutes les santes perdues, de toutes les douleurs, de toutes Jes maladies aigues ou chroniques, de toutes les morts prematurees, dues a l'absence d' cxercice, a la •vie renfermee et sedentaire qu'elle impose a un si grand nombre de ses lonctionnaires. Voyez les santes des hommes de bureau, dans les administrations, des hommes des boutiques et des comptoirs, et ces populations ouvrieres , aux yeux enfonces el jaunatres, aux joues creuses et livides, aux visages haves, aux membres greles, qui entrent au matin, par centaines, dans les grandes manufactures, et en sont vomies le soir, avec les vapeurs chaudes et lair vicie dans lequel elles ont sejourne...
Et voyez les femmes, les femmes des villes surlout; chez elles il ne faul plus compter les alterations de sante sur les individus; car la sanle est
alteree dans la generality, dans lc sexe la
maladio en est l'etal normal. — Les medecins, sur
ce Irisle sujet, savent des choses effrayanles
Quel contraste honteux pour notre Civilisation raffinee , ne ferment pas d'ailleurs avec la sanlr miserable de nos femmes, les fraiehes, vigoureuses et florissantes sautes des femmes de ces populations paysannes demi-barbares . placees dans certaines conditions favorables, et dans lesquelles un air pur et un exercice varie ont conserve la premiere empreinte de la virtualile native des belles races humaines.
Ainsi la Civilisation deteriore , eslropie , empoisonne et tue l'liomme en sysleme compose ,
i°. En extenuant de fatigue un organc par exces d'exercice ;
2n. En privant 1'ensemble des autres organes dun exercice absolumenl necessaire a l'enlretien de la sante et de la vie.
On sent que c'est ici une these seulement indiquee. II faudrait une societe de medecins et dc physiologistes, etun travail immense pour la trailer dans tous ses developpemens, pour inslruire completement, en entendant tous les temoins, Ie proces criminel de l'lndustrie civilisee.
Nous venons d'envisagcr Taction physique de la continuite industrielle; passonsa son action morale,