‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 91 sur 116 · EDUCATION SUBVERSIVE — PARTICUL1K RE · texte numérisé non relu

EDUCATION SUBVERSIVE — PARTICUL1K RE

du bonheur et la theorie de l'Association. On peut se chauffer au soleil sans connaitre le systeme du monde; on dine bien sanssavoirlachimie etla cuisine; on digere son diner sans etre physiologiste.

Le sens de ma critique est si eloigne d'etre personnel et d'aller aux individus, que j'ai de tres-bons amis dans l'enseignement, que j'ai conserve dans le cceur gratitude et affection pour la plupart de ceux qui ont travaille a me fausser en mon temps de college, et que je suis, enfin, fils et frere de professeur. Plut au ciel seulement que mon pere vecut , et que je pusse lui faire hommage de cette critique ! il efit certainement ete, lui professeur, le premier a l'accepter.

Un systeme d'education , dans lequel les maitres sont appelesparleurseleves, pionSj chiens de cour ; etc. , est evidemment repugnant, et , par le fait , faux et absurde en soi. Les enfans sont les etres dependans, les victimes; c'est a eux que Ton inflige cette education repugnante : voila le fait saillant de la critique ; c'est pour cela, en premier lieu, que l'education est mauvaise, parce quelle fait souffrir l'etre a elever, qu'elle le deteriore au lieu de le developper : elleest mauvaise ensuite, parce qu'elle fait souffrir l'educateur lui-meme. — Ilya des gens qui di-

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sent : « Bah! si les en fans souft'rent, les maitres et les parens ont aussi a soutTrir — » Puis ils en restent la ; ils ont tout dil; le mal des uns leur semble compenser le mal des autres; s'ils croient qu'il y a equilibre ou a-peu-pres, c'est tout ce qu'il leur faut ! — Eh ! certainement, un des plus miserables sorts de Civilisation est celui de maitrc d' etudes , par exemple, dans un grand college; j'en conviens mille fois; mais ceci est un complement de critique ; c'est une nouvelle face du mal : moi, j'ai surtout insiste sur la plus importante. Tous les jours on plaint les parens, les maitres, les instituteurs, et ils se plaignent entre eux d'avoir a faire a des enfans qui leur donnent taut de maux : moi aussi je les plains; mais je plains surtout les enfans qu'on ne s'avise pas de plaindre, et qui sont iciles premieres et les plus interessantes victimes. — Et puis, je fais mieux que plaindre les uns et les autres, car ma critique,— comme toutesnos critiques, — n'aqu'un but, un seul, c'est de faire vivement sentir le mal, pour provoquer l'application du remede. — Ce qui met de l'amertumc dans notre critique, c'est un haut sentiment humanitaire, n'en deplaise a ceux qui ne comprennent pas cela. — La veritable philantropie ne consiste point a dire des sentimentalites philantropiques, et a conter des fadeurs a l'humanite.

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